De la créativité à l'innovation

Gaudification in Barcelona ! Quand la créativité et l’innovation amènent à se différencier !

Texte complet avec illustration à télécharger sur : Gaudification in Barcelona MOSAIC BCN 2014 (2)

Barcelone (BCN) la catalane, au pied du Montjuïc sous le regard de Christophe Colomb, entre le Parc Guël et la Sagrada Familia, deuxième semaine apprenante du 6 au 12 juillet 2014 avec HEC Montréal et l’Université de Barcelone. Un programme riche et varié nous a été proposé dans le cadre de l’Ecole d’Eté en Management de la Créativité, organisé par le Hub de créativité MOSAIC dans les univers de 22@DISTRICT, ROCA Gallery, MIBA, TELEFONICA, Fundacio ALICIA. Des rencontres riches et inspirantes qui se sont conclues avec un atelier de codesign animé notamment par la communauté de l’innovation de RENAULT dans l’une des villes les plus créatives d’Europe…

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Un an, presque jour pour jour, après avoir partagé avec vous le premier épisode à YUL (Montréal), je vous livre ici la suite pendant laquelle j’ai eu la chance de découvrir de nouveaux écosystèmes innovants où les universités, les entreprises et la cité elle-même tentent de construire leur avenir ensemble et de manière vraiment créative. En s’inspirant très certainement d’Antoni Gaudi, de Pablo Picasso, de Juan Miro ou de Salvator Dali, les créateurs et entrepreneurs catalans mènent leurs projets dans une véritable culture de la différenciation, dynamique et génératrice de valeurs. Une planète à parcourir, incontestablement…

L’ESPAGNE A SON « QUEBEC » ! Barcelona, business gateway to the Spanish market, and the magnetism of Barcelona : understanding the attractiveness of the city for creative and knowledge workers. Quelques chiffres et commentaires nous sont livrés en guise d’introduction par Alfons CALDERON, attaché économique au Bureau du Québec à Barcelone, et Montserrat PAREJA-EASTAWAY, docteur en économie à l’Université de Barcelone, pour décrire le contexte espagnol en 2014 : 26% de chômage (50% chez les jeunes de moins de 25 ans) alors qu’il était de 8% en 2007 avant la crise. La Catalogne avec BCN résiste un peu par rapport aux autres régions espagnoles avec 19% (40% chez les jeunes). BCN est une ville de 1,7 millions d’habitants (5 millions en comptant l’environnement de l’agglomération), mais c’est aussi un lieu d’accueil chaque année pour 35 millions de visiteurs (par son aéroport) et 3,6 millions (par son port). C’est la 3ème ville au monde par le nombre de congrès organisés et la 7ème par les foires commerciales.

De manière intéressante, la Catalogne peut être considérée comme le « Québec de l’Espagne ». Cette région qui défend sa propre langue s’étend sur une surface comparable à celle de la Belgique. Elle cultive sa propre culture, et souvent aussi son aspiration à devenir autonome. Elle compte 7,5 millions d’habitants (16% de la population espagnole), dont 600.000 étrangers. Ses exportations sont supérieures à celles de pays comme le Portugal, la Grèce ou la Colombie, soit 58% vers les pays de la Communauté Européenne, 7% vers l’Amérique et 6,7% vers les autres pays européens. Ses produits d’exportation sont dans un ordre décroissant : l’automobile, la chimie, l’alimentation, la métallurgie, les textiles, la logistique et le tourisme. On est très loin de l’image d’Epinal des olives et de l’huile ! 40% du PIB catalan est lié à l’import-export, dont 9% avec la France. Le pétrole et le gaz arrivant en tête des importations,… l’automobile pour l’exportation.

Dans le secteur du tourisme, l’Espagne se place au second rang européen derrière la France, surtout grâce à l’attractivité de BCN. La capitale catalane, tout comme Montréal qui l’a été en 1976, est devenue ville olympique en 1992, mais à la différence de cette dernière, elle s’est complètement métamorphosée si bien que l’on peut dire sans exagérer qu’il y a ici un « avant » et un « après » les JO. Cela sera souligné par la majorité de nos intervenants et pendant toute la semaine.

Derniers éléments important dans ce décor, toujours d’ordre économique : la dette publique de l’Espagne reste importante, mais elle est du même niveau que celle des autres pays européens. C’est surtout la dette privée, celles des familles et des entreprises, qui est gigantesque. Les icônes à BCN ne sont pas gouvernementales, institutionnelles ou publiques. Elles appartiennent à l’économie privée et sont pour les 3 plus connues d’entre elles : le Barça, la Caïxa et la Sagrada Familia. Enfin, côté culture et communication, il est intéressant de noter que l’espagnol est la troisième langue la plus utilisée sur internet après l’anglais et le chinois,… devant le japonais, le portugais, l’allemand et l’arabe. Le français arrivant en huitième position, juste devant le russe.

LA GAUDIFICATION, UNE APPROCHE INNOVANTE ! Architecture and creative areas of Barcelona. Le magnétisme de BCN pour celles et ceux qui ont envie d’entreprendre ou de simplement venir y travailler, peut s’expliquer par l’influence de créateurs célèbres qui y ont exercé leurs talents, rendant au fil du temps la capitale catalane de plus en plus attractive : « attractiveness for creative and knowledge workers ! ». Antoni Gaudi (1852-1926), le père de la Sagrada Familia, la cathédrale la plus incroyable du monde, est la grande figure créatrice du début du XXème siècle à BCN. En 1904, quand il s’engage dans la rénovation d’une maison de maître située dans le Passeig de Gracia pour le compte de l’industriel Josep Battló Casanovas, il va réaliser quelque chose d’extraordinaire, mais surtout unique. Le guide qui nous accompagne nous explique comment l’architecte de génie métamorphosa cette maison de 1877 en une sorte de dragon géant, au dos recouvert d’écailles multicolores, terrassé par la lance de l’archange Saint-Michel. La « Casa Battló », surnommée à l’époque « maison de l’os » ou « maison des bâillements » sera terminée en 1907. Notre guide utilise alors, pour décrire cette œuvre, le néologisme de gaudification, sorte de tunning avant-gardiste rapporté à l’architecture. Gaudi n’était pas donc pas seulement un génie, mais un créateur,… un transformateur !

BCN s’inspire grandement de l’œuvre de ses artistes locaux. Le local est ainsi toujours relevant, même (et surtout) en situation de mondialisation. L’innovation est au cœur de la ville (innovation takes place in cities). Les villes sont les nœuds qui conduisent à l’innovation. Leurs communautés apprenantes les rendent créatives. A noter que BCN sera prochainement la première capitale européenne de l’innovation !

Pour créer des écosystèmes favorables à l’innovation, il faut combiner trois ingrédients qui sont la créativité, la culture et la connaissance (creativity – culture – knowledge). On s’en rend compte en écoutant les expériences réussies des participants à la semaine de créativité, dont celle de OUISHARE qui a construit en deux ans un « global network » réunissant citoyens et institutions autour de l’économie participative (peer-to-peer, open ressources, open data, crowdsourcing, crowdfounding,…) et dont l’événementiel annuel (le Ouishare Fest) a réuni en trois jours à Paris plus de 1000 personnes et 80 groupes de nationalités différentes pour des forums, échanges et ateliers participatifs (community building, think tank, do tank, services,…). Cette communauté se situe dans l’action (real people in real life) sans demander la permission à qui que ce soit pour s’engager dans de nouveaux projets remplis de sens (please, don’t ask for permission) et avec un certain utopisme pragmatique ! Interconnexions, réseaux, espaces publiques,… interactions entre ces lieux, tout cela doit être imaginé, puis organisé de la manière la plus intelligente possible,… à l’image de ce qui est fait ici à BCN !

« CANOPIA URBANA » AU COEUR DE LA PLACA DE LES GLORIES. The 22@district and future challenges of the cityavec Ana COELLO (Founder, Ana Coello Architecture) et Josep M. PIQUE (CEO, 22@district). Il faut tisser des toiles, créer des nœuds et dessiner de nouveaux espaces urbains. Le projet de l’aménagement de la « Plaça de les Glòries Catalanes » qui nous est présenté dans les locaux du 22@District (centre de l’innovation du quartier de Barcelone, tout proche de la magnifique Tour Agbar) nous donne une idée de l’anticipation catalane en matière d’urbanisation. Un concours d’architecture a permis d’aboutir à une proposition vraiment incroyable dans laquelle un gigantesque parc urbain (dedicated to nature) avec sa canopée (Canopia urbana) se mixte avec l’implantation d’entreprises. Ce projet est pensé pour relier les écosystèmes existants (connecting the existing parcs) et pour introduire plus de biodiversité dans la ville. Il s’intègre dans un chantier gigantesque dont le but est de transformer quelques centaines d’hectares industriels du centre de BCN en un quartier de l’innovation (point commun avec Montréal) consacré à la concentration et au développement d’activités en économie de la connaissance. C’est un projet d’aménagement urbain qui crée un environnement où les entreprises innovantes pourront cohabiter avec les centres de recherche, les écoles et les universités, mais qui accueillera aussi des commerces, des logements et de gigantesques espaces verts. Ce nouveau quartier est surtout considéré comme un véritable enjeu de renouvellement social, un peu à l’image de ce qu’avait été le quartier de l’Extension qui a démultiplié de manière géométrique le centre historique de la ville au milieu du XIXème siècle. Pour cela, il favorisera toutes les interactions possibles entre les différents « habitants » et « usagers » de ces nouveaux lieux, de manière à leur permettre de mener des projets en lien avec les nouvelles technologies et à créer de nouvelles activités créatrices de valeurs et intéressantes au plan économique. De là à en faire un jour un living lab, il n’y a qu’un pas !

RE-INVENTE THE TOILET CHALLENGE ! Welcome to the Roca Gallery conceptavec Nathalie NAVAL (Manager, Roca Gallery) et Jordi CORRAL (Project Manager, Roca innovation Lab.). Peut-on innover dans tous les domaines ? Il parait que oui. Toilettes, chasses d’eau, robinets et lavabos échapperaient-ils à la règle ? La suite va nous montrer que non ! Bienvenue chez ROCA, plus exactement dans son showroom (Roca Gallery), l’un des leaders mondiaux dans la conception des toilettes et de la salle de bain. A l’origine en 1917, tout est parti d’une petite société familiale, catalane (Roca family), ayant une usine à Gavà près de BCN et qui fabriquait des radiateurs en fonte à usage domestique. Roca s’est lancée dans les robinets vers 1929, puis les salles de bains en 1936. Aujourd’hui, c’est une entreprise internationale qui s’étend sur plus de 135 pays avec 75 usines de productions et 21.000 employés. Son chiffre d’affaires est de 1,6 milliards d’euros.

La Roca Gallery de BCN est le premier showroom de l’entreprise. Ce lieu d’exposition a rapidement été transformé en brand experience (d’où le nom de « Gallery »), premier d’une série qui commence à s’installer dans les grandes villes (Madrid, Lisbonne, Londres, Shanghai). C’est la vitrine et le lieu d’exhibition d’une compagnie internationale qui souhaite communiquer sur ses quatre principaux attributs : Innovation – Design – Sustainibility – Wellbeing. L’entreprise renouvelle régulièrement et de manière innovante l’ensemble de sa gamme tous les 10 ans, ce qui correspond au cycle de vie moyen de ses produits. Elle expose ses créations dans ces galeries d’exhibition à la manière d’un grand couturier qui présenterait sa nouvelle collection. Roca ne fabrique pas des salles de bain,… elle invente de nouveaux concepts en alliant la recherche et le design, en faisant travailler ensemble des chercheurs, des designers et des architectes. Elle réinvente le challenge des toilettes ! (dixit Bill Gates). L’entreprise organise par exemple des concours avec de jeunes créateurs (designers, architectes,…), des rencontres avec les consommateurs (échanges avec les clients et/ou usagers), des interventions dans les centres de formations (écoles ou universités), des expositions, des salons et des événementiels en lien avec différentes thématiques dont le développement durable et responsable. C’est la culture de la marque qui détermine les programmes de recherche et d’innovation. Cela est clair dans chacune de leurs évolutions de gamme. Pour les dernières, il s’agit de s’engager dans le développement durable et responsable en intégrant la problématique de l’économie de l’eau. Une fondation « We are the water » a été créée qui permet de soutenir les travaux de la Roca Innovation Lab. et du Roca Design Center. Trois mots clés marquent leurs attentions : Brand – Product – Process.

Les innovations chez Roca sont guidées par le design (design focused), exactement comme cela est pratiqué chez Apple. Par exemple, les sièges de cuvettes de toilettes peuvent être inspirés de baquet de voitures de course, les cuves de chasse d’eau peuvent ressembler à des meubles qui fusionnent à des chaises, les douches peuvent se limiter à des tapis de sol au milieu d’une pièce à espace réduit et situé juste sous le pommeau, les baignoires peuvent prendre des formes improbables qui permettent de prendre un vrai bain mais avec très peu d’eau,… chacun de ces meubles de salle de bain pouvant être couvert de « sensors » intégrés jouant le rôle de télécommandes électroniques. Les questions qui se posent aux innovateurs de chez Roca, tout en gardant l’esprit occupé par l’obsession du design, sont : Comment économiser l’eau ? Comment être le plus hygiénique possible ? Comment permettre le nettoyage le plus facile ? Quelle ergonomie optimale ? Quels sont les nouveaux besoins des consommateurs ? Chaque année, l’entreprise s’intéresse à une problématique différente comme la gestion responsable de l’eau, les personnes âgées, les toilettes publiques,… Elle les aborde en respectant toujours trois concepts inamovibles : transforming ideas into reality – significant business values – clearly differenciation and competitive advantage. Finalement chez Roca, il ne s’agit pas seulement d’être innovateur, mais aussi visionnaire et responsable !

UN IMMEUBLE QUI RESPIRE ! Visit of the Media TIC Building avec Enric RUIZ-GELI (Fondateur du bureau d’architecture Cloud 9). Dans un quartier populaire d’une grande ville, on pourrait s’attendre à une certaine homogénéité des bâtiments, avec bien sûr quelques surprises,… mais pas du niveau de celle-ci ! Le Media TIC de BCN est un immeuble exceptionnellement beau et moderne, translucide la journée et fluorescent le soir ! Il a été construit avec une structure métallique qui imite un pont suspendu, puis recouvert d’une membrane de « bulles respirantes » comme celles de la piscine olympique de Pékin. Quelle chance que de le découvrir avec son créateur.

Une visite passionnante tout autour du bâtiment, puis à l’intérieur, nous est proposée. A chaque angle, une surprise technologique accompagnée d’esthétisme. Cet immeuble des temps modernes assure une fonction qui colle bien à la façon avec laquelle il a été conçu, dans le cadre du 22@district de BCN. C’est un espace gigantesque destiné à accueillir des activités d’entreprises en technologies de l’information et de la communication (TICE). Les premiers étages sont entièrement et gratuitement ouverts au public qui peut ainsi, non seulement le découvrir de l’intérieur, mais aussi participer à de multiples activités, notamment d’initiation et de perfectionnement à l’informatique. Le bâtiment qui produit ses propres ressources énergétique est ainsi en capacité d’accueillir des milliers d’utilisateurs désireux de se former aux nouvelles technologies de l’informatique, tout en donnant l’exemple d’un point de vue environnemental. Assurément, l’une des visites les plus incroyables de la semaine !

YOU NEED TO BRAVE ! Visit of MIBA and discussion with the founder. Rencontre surprenante avec quelqu’un d’incroyable dans un lieu improbable où regorge une multitude d’inventions surprenantes ! Nous sommes au cœur du quartier gothique de BCN, plus exactement au Museum of Ideas & Ivents (MIBA) avec son fondateur Pep TORRES, véritable homme chimère, à la fois inventeur, créateur et entrepreneur. Sa devise est « You need to brave ! ». Donc, avec lui, il s’agit d’oser, d’essayer, d’expérimenter,… et ceci quelle que soit l’idée de départ, même la plus (et surtout si c’est la plus) saugrenue ! Le MIBA qui n’existe que depuis 3 ans ne se contente pas d’exposer des objets insolites et originaux, tous sortis de la tête des inventeurs les plus ingénieux de la ville. Il organise des concours tous les mois à destination de ceux qui ont envie d’expérimenter leurs idées et qui viennent s’exercer sur place pour peaufiner leurs inventions. Plusieurs de ces concours sont exclusivement réservés aux enfants. Les inventions les plus ingénieuses sont exposées entre les quatre murs du musée qui accueille près de 140.000 visiteurs par an (Big ideas make you feel small !) et leurs inventeurs sont accompagnés de manière à pouvoir déposer des brevets et protéger ainsi tout ce qu’ils auront créé et qui pourra ensuite être commercialisé.

En parcourant les deux étages de ce lieu surprenant, on se retrouve face à de curieux objets dont le point commun est qu’ils essayent toujours de résoudre un problème ou de répondre à une attente : un coussin avec une télécommande de télévision intégrée, une bouteille avec un filtre pour la boisson, une tasse avec une fleur gravée au-dessous pour transformer les marques de café en joli dessin, un coussin qui absorbe les bruits et les odeurs de pet, un édredon avec réveil matin incorporé, un « anti-mouille » pour protéger de la pluie les extrémités des chaussures, une tasse anti-moustache de lait ou de café avec un réservoir à mouchoir, des couverts qui servent aussi de salière ou de poivrier, un parapluie avec gyrophare, un réveil matin qui est capable de circuler seul dans la chambre et qui oblige à se lever pour l’arrêter, une assiette pour régime avec un miroir qui la sépare en deux et qui donne ainsi l’impression d’en avoir le double à manger, un miroir « vérité » qui montre son visage tel que les autres le voit et non tel qu’il se réfléchit normalement quand on se regarde, un coussin « cube » avec des trous qui permet d’entendre parfaitement alors que l’on a sa tête et ses oreilles appuyées contre lui, un lit « anti-monstre » qui rassure les enfants ayant peur d’aller dormir, un élastique à visage qui force le sourire, un « balai-micro » qui permet de faire le ménage tout en se prenant pour Freddy Mercury, un banc qui peut se transformer en table de camping, une boule de graisse en plastique mou que l’on place dans son réfrigérateur et qui dissuade de manger plus qu’il n’en faut, deux paires de gants qui n’en comportent que trois de manière à se donner perpétuellement la main, des chaussures avec capteurs sous les semelles de manière à ne jamais marcher sur les petits animaux, un téléphone portable pour personnes âgées qui contient un bloc note avec un agenda et des boutons à la place des touches, un rasoir pour ses raser derrière la tête, une chaise avec un trou pour pouvoir s’appliquer un suppositoire, une machine à rembobiner les serpentins, une serviette avec un aimant cousu dans un coin de manière à l’accrocher sur n’importe quel support métallique dans la cuisine,… et une boite qui ne sert à rien, mais qui s’ouvre toute seule !!!!

FROM TRADITIONAL TO DIGITAL TELECOM ! Visit of Telefonica R&D Lab (TBC) and the Wayra Barcelona accelerator of the the global ICT sector. TELEFONICA, le numéro un de la téléphonie espagnole nous accueille dans son showroom, au centre d’un building ultra-moderne à proximité de l’ancien village olympique de 1992. Il nous fait découvrir dans la foulée WAYRA, son accélérateur en R&D. Dans un premier temps, nous comprenons comment l’entreprise de télécommunication, créée en 1924 à Madrid, s’est métamorphosée pour passer d’une compagnie de service public à une multinationale privée au développement international. Elle est aujourd’hui au sixième rang mondial, devant FRANCE TELECOM, mais toujours bien loin derrière CHINA MOBILE, numéro un mondiale dans le secteur. Son chiffre d’affaires est de 57 milliards d’euros.

Le showroom est constitué d’une succession de pièces où sont présentées les activités les plus diversifiées de l’entreprise comme les dernières applications de la téléphonie numérique, des systèmes vidéo avec capteurs d’hologrammes, une domotique adaptée au handicap, des outils pour analyser la météorologie, des enregistreurs pour une médecine personnalisée, mais aussi capteurs de chaleurs sur combinaison de pompiers,… toute une série de nouvelles technologies pour moderniser encore plus le quotidien de chacun et partager les connaissances (« we need to share the knowledge »), voire le rendre plus ludique avec, par exemple, des tables à écrans tactiles permettant de « scroller » textes, images, films et photographies comme dans l’une des scènes de « Minority Report ».

L’accélérateur de projets WAYRA, qui nous est présenté par son directeur Julian VINUE, se trouve au dernier étage de TELEFONICA. Il est tout sauf un incubateur ou une pépinière. Ici, on ne « couve » pas les porteurs de projets, mais on les « booste » ! L’équipe qui l’anime se concentre sur un maximum de 10 projets de création d’entreprise par an, qu’il choisit de manière drastique par le biais d’un concours hyper-sélectif. Pour chaque projet retenu, ce sont 2 x 40.000 euros qui seront investis pour 10 à 12 mois de développement. Des accords de confidentialités et de participation aux bénéfices futurs sont pris dès le début de la période d’accélération. Les jeunes créateurs bénéficient alors d’un environnement exceptionnel leur permettant de lancer leur entreprise en challengeant régulièrement le business model, ceci de manière à le faire évoluer le plus efficacement possible et avec les plus grandes chances de succès. L’objectif pour TELEFONICA est de transformer ces jeunes talents en futurs partenaires, ce qui est la philosophie de l’accélérateur (« from talents to parners »). Ici, les méthodes d’accompagnement sont très nettement d’influence nord-américaine, voire bostoniennes !

FUNDACIO ALICIA. The sense of Alicia, Fundació Alicia, Sant Fruitós del Bages. A une heure de bus de la Plaça Catalunya, en pleine campagne catalane, nous sommes accueillis dans les magnifiques jardins arborés de la Fondation ALICIA,… soit ALI pour « alimentaciò » et CIA pour « ciencia ». Bienvenue dans un monde où « science and cooking work togetherto improve the quality of life with people needs ».

Ici, tout a été pensé pour accueillir et former (car c’est aussi une école) le public en mal d’apprendre à cuisiner différemment. La fondation est avant tout éducative. Elle apprend à cuisiner ce qui est bon pour le goût, mais aussi pour le corps et l’esprit (« Eating is not only to survive »). Elle marie pour cela les sciences et la gastronomie comme cela est illustré dans le hall d’accueil par une surprenante classification périodique des confitures ! Mendeleïev à la « sauce » catalane, il fallait y penser !

Les centres d’intérêt d’ALICIA sont au nombre de trois : Technological research (process, products,…) -Health and eating habits (creativity for helping people with problems, alergy,…) – Food heritage and sustainibility. Ses partenariats sont multiples et variés. Ce sont les universités et les écoles avec leurs équipes de recherche, mais aussi les grands chefs, parfois étoilés, avec leurs cuisines et restaurants. Chez ALICIA, on vous rappelle d’abord ce que sont les cinq sens (le goût bien sûr, mais aussi l’ouïe, l’odorat, la vue et le toucher) et comment s’en servir intelligemment : « making sense of our senses ». L’école propose une série de programmes éducatifs, ciblés sur les enfants, qui leur apprennent grâce à des ateliers participatifs à découvrir de nouveaux aliments et à les cuisiner. De la variété dans les mets et dans la façon de les préparer, tout cela pour dénicher de nouvelles « ideas for eating well every day » ! On y travaille le mélange des saveurs et la découverte de nouveaux goûts, en mixant le respect des traditions avec les pratiques innovantes. L’origine des produits, leur terroir et leur histoire, sont associés à chaque composition. La culture est omniprésente. Ici, chez ALICIA, ce sont de véritables laboratoires, où les chercheurs-cuisiniers ne manquent pas d’imagination et font preuve de créativité. C’est leur métier ! Cuisine créative, dialogue avec d’autres disciplines comme l’architecture, le design, les sciences,… Cette nouvelle cuisine n’a rien à voir avec de la « cuisine moléculaire », terme impropre et plutôt réducteur inventé par des journalistes pour décrire la cuisine de Ferran ADRIA (et de son restaurant « El Bulli »). Il s’agit plutôt d’une petite révolution qui se veut spontanée, une cuisine créative et inspirée, remplie de spontanéité : réalisations originales qui respectent les traditions et l’origine des produits autochtones… tout en s’inspirant des cultures culinaires d’autres pays avec lesquelles elle compose. Les mots-clés pour la réussir sont : fusion (et non confusion) – inspiration (création artistique) – association (combinaison de produits) – adaptation (révision) et déconstruction (désagrégation des composants et modification des textures) – déclinaison (exploration) – minimalisme (search for simplicity). Finalement tout ce qui peut convenir à n’importe quel processus créatif !

ADIOS BCN 2014 ! Les meilleures choses ayant une fin, la semaine s’est achevée,… nous laissant l’impression d’un temps qui a filé trop vite. Nous quittons BCN avec de nombreux témoignages, imprimés dans nos mémoires, qui continueront très certainement à nous inspirer dans nos projets à venir, pour peu qu’ils soient créatifs et innovants. Adios BCN 2014 et sans doute à très bientôt !

Notes de Jean-Charles Cailliez, 13 septembre 2014. Un grand merci à Jaume VALLS et son équipe dynamique pour l’organisation exceptionnelle de cette semaine apprenante au cœur de la Catalogne. 

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Commentaire (1)

  1. LOECHEL

    Bonjourt,
    La Fondation des Territoires de Demain a eu l’occasion d’analyser nombre de points évoqués dans votre blog dans le domaine de l’économie de la connaissance et de la place notamment des Living Labs dans les flux cognitifs d’aujourd’hui et de demain. Aussi serions-nous heureux de vous rencontrer, lors de l’un de vos passages à Paris par exemple.
    Très cordialement
    André Jean-Marc Loechel
    Tél. 06 64 78 66 78

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