De la créativité à l'innovation

Alors,… prêts à « renverser » la classe ? Les envies et les craintes des étudiants.

Texte téléchargeable en PDF en cliquant sur :  Réactions des étudiants L3 au DIY (2 décembre 2014)

Pour la deuxième année consécutive, la pédagogie de la « classe renversée » ou « Do it Yourself »(DIY) a été présentée à des étudiants de la FGES (Faculté de Gestion, Economie et Sciences de l’Université Catholique de Lille) en troisième année de licence de sciences de la vie. Elle sera appliquée lors de leur cours de génétique moléculaire qui commencera en février 2015. Suite à cette présentation qui a duré une heure et demi, il a été demandé à ces étudiants de rédiger en quelques lignes les points qui leur apparaissent plutôt positifs (ce qui leur fait envie) ou négatifs (leurs craintes) quant à cette pédagogie interactive, voire même de faire quelques suggestions. Il leur a été aussi demandé de voter pour savoir s’ils étaient d’accord ou pas pour suivre le cours de cette manière.

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POINTS PERCUS COMME ETANT PLUTOT POSITIFS. Méthode interactive (x2) – recherche d’information pour bâtir son propre cours – cours vivant (x2) et créatif – groupes avec des niveaux mélangés car on peut partager les savoirs – les 15 premières minutes avec des exercices différents – les « tableaux tournants » sont une excellente idée – bonne méthode : travailler en groupe (x3) et par soi-même permet de mieux retenir – cela permet d’avoir moins de boulot, le soir chez soi – nouvelle façon de travailler : le bon aspect du cours inversé sans les inconvénients de recherche individuelle – des salles qui s’y prêtent – une méthode nouvelle et intéressante qui insiste plus sur les échanges et le partage – une façon qui va éviter de dormir en cours – le système de « classe inversée » – l’interaction entre les différents groupes – le fait de pouvoir choisir l’angle d’attaque du chapitre – le fait d’évaluer aussi bien les compétences que les connaissances – je trouve que cette méthode est très moderne et intéressante – cours plus vivant et plus ludique – méthode innovante (x3) – méthode qui nous rend plus responsables – apprendre par soi-même – travailler à plusieurs (x3) – c’est différent et cela change de l’ordinaire (x2) – ce genre de cours permet d’être actif – le travail de groupe est enrichissant – travail en autonomie – pas de contrôle de connaissances individuel lors du DS – le contrôle continu – le fait que l’on travaille pendant les heures de cours et non chez soi comme pour les projets – le contrôle continu donne plutôt de bonnes notes – le concept (la méthode) est original(e) (x3) – cela permet un suivi régulier de la matière – cela donne un aperçu du travail en entreprise (mélange des deux mondes) (x2) – l’idée est sympathique ; cela pourrait rendre le cours dynamique et bien plus social ; chacun peut exposer ses idées et poser des problématiques ; c’est un bon principe – le projet est intéressant et il nous permet d’approfondir le sujet posé – une même note pour tous les membres du groupe, ce qui rend le travail plus participatif – la technique de ce cours en général – favoriser les échanges entre les étudiants (x2) et le professeur et donc permettre une bonne transition du savoir – le côté expérimental (x2) – une méthode favorisant la communication entre les différents acteurs du cours – les étudiants sont plus impliqués que dans un cours classique – le mode de fonctionnement qui se rapproche du monde professionnel, avec des étudiants plus autonomes – c’est une nouvelle pédagogie – c’est une façon d’apprendre plus agréable – le temps de travail parait mieux organisé – le travail en groupe nous prépare à la vie en entreprise et il est moins scolaire – le fait d’avoir des interactions entre nous, ce qui nous donne envie de venir en cours ; ce sera moins ennuyant – on ne reste pas toute la journée derrière une table à « gratter » – les groupes sont formés avec de bons élèves dans chacun d’entre eux.

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POINTS PERCUS COMME ETANT PLUTOT NEGATIFS. Risque d’être submergé par le travail (x2) – risque de surnotation (est-ce que cela reflète réellement notre niveau ?) – quel est l’intérêt de préparer des tests pour interroger le prof ? – les élèves ayant tendance à préférer travailler seuls (apprendre par cœur,…) sont peut-être désavantagés ? – le fait de ne pas avoir, à la fin, un support de cours « certain » (comme dans un cours classique), car malgré l’aide du professeur, le cours ne sera pas aussi complet – le DS « 100% étudiant » est un peu flou, cela me fait peur – j’ai peur qu’il n’y ait pas une bonne entente dans le groupe – comment être certain d’apprendre des choses correctes lors des séances ? (avant d’avoir les chapitres finaux pour la période des révisions) – problème d’avoir un malus pour cause de retard si ce dernier n’est pas volontaire – bien connaître les chapitres que l’on a fait et apprendre ceux des autres – le fait que les groupes soient hétérogènes (en ce qui concerne le niveau des étudiants) – la composition des groupes qui est faite au hasard – trop de travail et pas assez étalé dans le temps – les cours qui commencent seulement en février (x2) – le fait que certains étudiants ne bossent pas dans le groupe – l’idée que des élèves doivent créer, répondre à, et corriger leur DS ne m’emballe pas beaucoup : 2 heures pour un DS, c’est assez court et en plus, il est difficile d’être objectif quand on se corrige soi-même – il est difficile de s’adapter à ce genre de méthode – résultats qui sont apparemment moins bons à l’examen (x3) – on n’a pas l’habitude de travailler comme cela : est-ce que cela ne va pas nous donner plus de travail qu’une méthode classique (x2) ? – le fait d’inverser les rôles : le prof devient élève et inversement – de tout faire nous-mêmes avec l’idée du DS « 100% étudiant » qui est perturbante (mais pas dans le bon sens) – peur d’une quantité de travail importante à fournir – que tous les membres du groupe n’aient pas la même motivation – il est plus difficile d’apprendre ce qui a été construit par les autres – la tranche horaire de 8h à 10h – des « passagers clandestins » possibles dans un groupe – les séquences de « classes inversées » – la classe inversée demande un certain mode de fonctionnement : ce qui est compliqué est d’avoir un seul cours inversé au milieu de cours classiques – difficulté de trouver des sources d’information fiables – on ne peut pas choisir nos groupes (il est possible de se retrouver dans un groupe avec des personnes non motivées) – si on a 3 cours dans une même semaine, peut-être qu’il sera difficile de faire de bonnes recherches entre les cours (sources et documents fiables) – difficile de gérer cette nouvelle méthode de travail – l’envie et la volonté ne risquent pas d’être constantes – les différences de pédagogies sont trop grandes entre les matières et c’est donc difficile de s’immerger totalement dans ce genre de cours en « do it yourself » – la forme est peut-être un peu trop libre ? – le cours ne sera pas forcément aussi complet qu’un cours classique – cela demande beaucoup trop de travail à la maison (peur de délaisser les autres matières) – pour le DS « 100% étudiant » non surveillé, c’est bizarre, mais à voir – quid de la qualité du cours – original au premier abord, mais à voir en pratique (x2) – le DS « 100% étudiant » non surveillé (x3) – une vérification des données un peu absente et peut-être une synthèse assez complète pour minimiser les révisions – nécessite peut-être plus de construction (structure) comme un cours magistral (x2) ? – peut-être trop de changement par rapport à un cours classique ? – peur du changement ? – cette méthode est-elle vraiment efficace ? – difficulté d’apprendre 6 chapitres (120 pages) – arriver sur un poste (un chapitre déjà commencé depuis plusieurs heures) et retravailler dessus ; difficultés pour rattraper le travail déjà fait – une quantité importante d’informations à assimiler – c’est un peu un saut dans l’inconnu – DS « 100% étudiant » assez bizarre – des séances de 2 heures semblent courtes pour faire tout cela – si ce sont les étudiants qui préparent le cours, je pense qu’ils vont mettre trop d’informations dans les chapitres – je ne veux pas de malus si j’arrive en retard – si un groupe est démotivé, alors le cours qu’il produit pourrait être de mauvaise qualité.

SUGGESTIONS. Un groupe pourrait présenter son travail sur l’un des deux chapitres pour que tout le monde puisse profiter du travail des autres – avant les 5 dernières minutes pour l’enquête de satisfaction, faire une sorte de « mini-colloque » où chaque groupe parmi les 6 dit ce qu’il a appris ou découvert : cela permettrait au prochain groupe arrivant sur le sujet (lors du cours suivant) de savoir de quoi on parle (on peut faire cela en plus des cours mis sur internet) – faire régulièrement quelques récapitulatifs sur les connaissances fondamentales (toutes les deux séances) (x3) – il est important de bien vérifier le niveau de connaissances apporté par le cours – il faut continuer ce système – faire moins d’interruptions pendant le cours – faire 15 minutes d’échauffement sous la forme d’un « petit goûter » – essayer un cours avec ce genre de méthode (x2) et faire un vote pour savoir ce que préfèrent les élèves – peut-être guider plus les étudiants pour le plan des chapitres et pour le DS « 100% étudiant » ? – le projet est bon, mais dans ce cas il faut uniformiser le semestre avec toutes les autres matières – donner une base de travail pour lancer le projet (documents, informations, sites,…) – pourquoi ne pas faire des QCM (à mettre sur la plateforme) dans certaines séances pour veiller aux contrôle des connaissances ? (x2) – peut-être demander une synthèse à chaque groupe en fin de séance avec des éléments clés ? – il faut peut-être essayer de trouver une « balance » entre le cours classique et la classe « renversée » ? – ne pas avoir plus de 2 cours par semaine dans la même matière (x2), sachant que nous avons d’autres cours à côté.

RESULTATS DU VOTE PONDERE. Il a été demandé, en fin de séance, à chaque étudiant de voter de manière pondérée (avec des pourcentages) de manière à répondre à la question suivante : « Etes-vous d’accord pour suivre le cours de génétique moléculaire de manière renversée (do it yourself) plutôt que de manière académique ? ». Voici les résultats en nombre d’étudiants par rapport à chaque pourcentage exprimé : 100% = 3, 95% = 2, 90% = 1, 80% = 3, 75% = 4, 70% = 5, 65% = 1, 60% = 1, 55% = 1, 50% = 5, 40% = 1. Au final, 7 étudiants sur 28, c’est-à-dire un quart, sont plutôt d’avis mitigé (pas plus de 55% d’envie de suivre le cours de cette manière). On verra dans quelques mois s’ils changent d’avis ?

 

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