De la créativité à l'innovation

Comment challenger une idée créative et passer du codesign au codoing ? Par une expérimentation en mode FabLab !

Texte intégral avec illustrations en PDF à télécharger sur : Du codesign au codoing

A l’occasion de la Semaine de la Créativité intitulée « MAKE WALLONIA » et organisée par Creative Wallonia du 17 au 23 avril 2016, une « master class » sous la forme d’un atelier collaboratif a été proposée à Tournai sur la thématique des Makers et de l’approche FabLab. Cet atelier qui a réuni une cinquantaine de participants a eu lieu le 18 avril 2016 après-midi. Il a été animé par Jean-Charles CAILLIEZ et Delphine CARISSIMO du Laboratoire d’Innovation Pédagogique (LIP) de l’Université Catholique de Lille, suite à une conférence interactive introduisant le concept de fablabs technologiques par Stéphane CALMES, directeur du projet TECHSHOP chez LEROY MERLIN.

Game piecesL’atelier de l’après-midi a consisté à faire découvrir une méthode de travail en intelligence collaborative aux 50 participants de l’après-midi sur une interrogation multiple : « Comment optimiser une idée créative en la challengeant par mode interactif ? Peut-on améliorer une invention par l’expérimentation collective ? Quel chemin de la créativité à l’innovation ? ». Il a été réalisé en regroupant les participants en 6 équipes de 7 à 8 personnes à qui on a demandé d’inventer un nouveau jeu de société, un jeu qui n’existe pas et dont le thème serait « La Wallonie Créative ». Pour cela, chaque équipe a dû choisir un jeu de société existant parmi une dizaine de propositions, puis en tirer un autre au hasard. Les 6 associations improbables obtenues suite à ce mixage ont été : Monopoly et 421, Cluedo et Mille bornes, Echecs et Bataille navale, Jeu de l’oie et Mikado, Scrabble et Domino, Trivial poursuit et Bataille. Chaque équipe a ensuite disposé d’une heure pour inventer et construire réellement un nouveau jeu de société (en écrire les règles) avec les consignes suivantes : un jeu qui n’existe pas et qui s’inspire des deux jeux tirés au sort, puis associé, un jeu qui se joue de 2 à un nombre infini de joueurs et qui ne donne qu’un seul gagnant en fin de partie, un jeu avec un support plat (plateau fourni en début d’atelier) et qui comporte au choix des pions, des cartes, des dés, des jetons, des personnages (à fabriquer sur place),…, enfin un jeu dont la thématique est la « Wallonie Créative » quel que soit le domaine choisi (économie, culture, art, tourisme, sport,…).

A terme de l’heure de création et de construction du jeu, les équipes deux à deux ont échangé quelques-uns de leurs membres entre elles de manière à tester les prototypes, c’est à dire tout simplement en jouant une partie. A chaque table, des organisateurs et créateurs du jeu ont pu observer comment de nouveaux joueurs s’appropriaient les règles et s’engageait dans une partie. Cette expérimentation a permis aux inventeurs du jeu de se rendre compte de l’écart, plus ou moins grand, entre ce qu’ils avaient imaginé au départ en écrivant les règles et de ce qu’ils observaient pendant la pratique. Cela leur a permis d’adapter, voire de changer complètement, certaines de ces règles et ceci en fonction de l’avis des joueurs. Expérimenter pour améliorer le concept de l’idée créative, telle était l’idée !

Six nouveaux prototypes de jeux

Wallorabble (Scrabble et Domino). Un jeu qui consiste à déposer l’ensemble de ses dominos sur un plateau. Chaque joueur reçoit 5 dominos vierges et un « point rouge » qu’il peut placer à un moment du jeu sur le plateau. Les joueurs réalisent eux-mêmes les dominos au cours de la partie en y écrivant les mots qui leur passent par la tête. C’est le joueur le plus jeune qui commence, puis on tourne dans le sens des aiguilles d’une montre. Le premier joueur écrit un mot en rapport avec la Wallonie. A chaque mot qu’il place sur le plateau, il doit argumenter de manière à ce que les autres joueurs puissent accepter son mot. Ils le font en votant « pour » ou « contre ». Dans le premier cas, on laisse le mot sur la piste du jeu. Dans le second cas, le joueur reprend son domino et c’est au suivant de jouer. Il est possible pour chaque joueur d’utiliser une seule fois un domino blanc (sans aucun mot inscrit dessus). Chaque joueur doit placer son domino à côté d’un autre dont le mot sera en lien avec le sien. Si un mot est placé sur un point rouge (il y en a autant que de joueurs), le joueur qui l’a placé peut rejouer. Le gagnant est celui arrive le premier à placer tous ses dominos. Il existe des variantes dans lesquelles on peut échanger ses dominos, en avoir plus ou moins, ou imposer des thèmes, donner des limites dans le temps de jeu,… ou qui demande au joueur qui a placé tous ses dominos de raconter une histoire avec le plus de mots possible parmi celui figurant sur la piste du jeu.

La route de la Wallonie (Trivial pursuit et Bataille). Un jeu dont le but est de collecter pour nos « cerveaux » (matérialisés par des pions) un maximum de « neurones » réactifs (matérialisés par des baguettes que l’on pique dans les « cerveaux »). Le nombre de joueurs par partie varie de 2 à 8. Au départ, tous les cerveaux (un par joueur) sont dépourvus de neurones. Ils se trouvent dans une boîte nommée « parc à cerveaux ». Le joueur le plus jeune commence la partie en lançant le dé et déplace son pion d’entrée. Quand celui-ci arrive sur une case « Hub » (il y a 7 cases « Hub » sur la piste qui représentent les 7 Hubs de créativité de Creative Wallonia), le joueur tire une carte « défi ». Il dispose ensuite d’une minute pour le relever, c’est-à-dire pour donner un maximum d’idées créatives pour la ville concernée et en fonction des thématiques tirées au hasard (grâce à un jeu de cartes). Lorsque l’on passe par un Hub, on s’y arrête même si le nombre donné par le dé est supérieur à celui nécessaire. Il y a des cases « bataille » qui obligent à désigner des opposants à chaque joueur. Ceux-ci doivent opposer leurs idées à celle du joueur lorsqu’il argumente les siennes. On ne peut donner deux fois la même idée. Le gagnant d’une bataille gagne un « neurone » qu’il prend à son adversaire. Il y a des cartes « chapeau » qui font perdre un neurone à chaque fois qu’un joueur les tire. C’est toujours le voisin de gauche du joueur qui lit la carte tirée. Les 7 thèmes abordés dans ce jeu et associés à un Hub sont : tourisme (Arlon, Luxembourg), gastronomie et bistronomie (Liège), éducation (Louvain-la-Neuve), patrimoine (Tournai), culture (Mons), sport (Charleroi) et politique (Namur). Un exemple de questions : « Quels sont les événements culturels de Mons ? Quel est le nombre de clubs de foot de Charleroi ? Citez 4 monuments de Tournai. Quelles sont les spécialités culinaires de Liège ? Quel tourisme possible à Arlon ? ». A la fin du jeu, il faut encoder ses idées sur le site www.routedelawalloniecreative.be.

Wallopoly (Monopoly et 421). Dans ce jeu où chaque joueur incarne une région, le gagnant est celui qui arrive le premier à développer 10 initiatives sur son territoire en allant s’inspirer de ce qui se fait dans les territoires voisins. Une partie se joue de 2 à 5 joueurs, un « bac de boules numérotées de 0 à 4 » (qui font office de dés) et 40 cartes « initiatives ». Le joueur le plus jeune commence là où il le souhaite sur son territoire. Il pioche une boule au hasard et avance du nombre de cases indiqués sur celle-ci, dans le sens des aiguilles d’une montre. Quand il tombe sur une case occupée par une initiative, il peut récupérer la carte correspondante. S’il tombe sur une case vide (sur un autre territoire), il ne se passe rien. On peut avancer de 0, 1, 2 ou 4 cases à la fois. Quand un joueur tombe sur la case « 421 », il peut piocher 4 boules. S’il arrive à rassembler au moins une « boule 4 », une « boule 2 » et une « boule 1 », il peut alors placer directement sur son territoire la carte initiative de son choix. Le jouer qui tombe sur une case portant un « point d’interrogation » peut choisir l’initiative qu’il souhaite récupérer et les autres joueurs se mettent d’accord pour lui poser une question. S’il répond correctement à cette question, il gagne la carte « initiative ». S’il répond mal, il se place temporairement sur la case du « centre de formation » et passe son tour. Il redémarrera ensuite de la case où il avait mal répondu à la question.

Make « cœur » Wallonia (Jeu de l’oie et Mikado). C’est un jeu qui consiste à se déplacer sur un parcours en forme de W d’une case « Départ » jusqu’à une case « Arrivée Make Cœur ». On commence la partie en choisissant un pion (un par joueur). On désigne le joueur qui commence, puis on lance des baguettes de Mikado (à l’aide d’un « cornet de frites » transformé pour l’occasion en « cornet à baguettes »). Tour à tour, les joueurs essayent de tirer une baguette du tas de Mikado sans faire bouger les autres. On avance sur le parcours du nombre de points indiqué sur la baguette de Mikado que l’on a pu extraire du tas. Il y a des cases qui permettent d’avancer plus vite lorsque son pion tombe dessus. Ce sont les cases « fablab ». Si deux joueurs (c’est-à-dire deux pions) se retrouvent sur la même case, ils avancent alors ensemble grâce à « l’effet collaboratif » (qui fait toujours avancer ensemble !). Le gagnant est celui qui arrive le premier sur la case « Arrivée » (avec le nombre exact de points, pour ne pas retourner en arrière d’autant de cases que de points en trop) ; il gagne alors un crédit d’une heure pour avancer sur son projet (réel en l’occurrence) avec la mise à disposition des autres joueurs qui devront l’aider. Dans ce jeu, les joueurs peuvent avancer ensemble, mais ils reculent toujours seuls sans emmener les autres avec eux.

Super Wallonie (Cluedo et Mille bornes). Un jeu dont le but est de récupérer, en les repêchant avec des cannes, des fûts toxiques répartis un peu partout et au hasard sur le territoire de la Wallonie. Un parcours avec une case de départ au « Pont des Trous » à Tournai et une arrivée au « Pont du Cheval Bayard » à Namur. Le jeu consiste à tirer des cartes portant des instructions de type « avancer d’une case » ou « stop ». A chaque fois qu’un joueur tombe sur une case contenant un fût toxique, il reçoit une indication sur l’auteur du crime, celui qui a disséminé le fût dans la nature. Le jeu comporte un dé « personnage » avec des couleurs (rouge, bleu, vert) qui donne de nouvelles indications aux joueurs au fur et à mesure que leurs pions se déplacent sur le plateau.

Tout est bon dans le Coq Wallon (Echecs et Bataille navale). Un jeu dont le but est d’aller de Tournai à Liège en « bateau-coq » et qui se joue de 2 à 10 joueurs. Chaque coq sur le plateau porte deux plumes qu’il faudra faire sauter à distance avec un élastique en guise de fronde de manière à le « mater ». C’est le joueur le plus jeune qui commence la partie. Il retourne une carte proche de son coq et obéit aux consignes qu’elle lui donne. Lorsqu’il a effectué ce qui est écrit sur la carte, c’est au joueur à sa gauche de jouer à son tour.

Quelles inspirations en fin d’atelier ?

En fin d’atelier, il a été demandé à chaque participant de répondre librement aux questions suivantes : En quoi l’expérimentation du jeu vous a-t-elle aidé à le faire évoluer ? Comment utiliser cette technique dans votre métier ? Quelles inspirations vous viennent quant au fait de transformer la créativité en innovation, par une méthode de type « fablab » ? 

Ci-dessous leurs réactions, chacune d’entre elles entre deux tirets provenant d’une personne différente :

Dans cinq têtes, il y en a plus que dans une ; la créativité de certains permet de sortir du cadre et d’aborder les choses différemment (et de manière créative) ; de plus, cela permet de bénéficier de l’expertise et du savoir-faire de chacun ; cela permet finalement de tester et voir ce qui se fait ailleurs, ce qui débouche sur des ajustements ; le fait que de tierces personnes participent aux phases tests permet de mettre en exergue les incohérences ou les dysfonctionnements du jeu – essayer et faire des erreurs permet de s’adapter – on constate que les premières expérimentations permettent de faire des améliorations ; l’humour a été l’ingrédient secret du jeu ; on commence avec le prototypage et on l’adapte grâce à la pression des usagers – rien ne remplace un test pour se rendre compte des forces et des faiblesses d’un concept ; le regard des autres (« neutres ») dès la mise sur pied du jeu permet d’identifier les défauts et les failles ; les règles du jeu sont « mises à l’épreuve » et on peut les adapter en direct ; expérimenter met en lumière la réalité de la concrétisation ; c’est pour faire vivre l’idée afin d’améliorer le processus ; c’est aussi permettre de valider ou non les idées – les réactions des joueurs ont permis de relever des choses qui devaient être améliorées pour gagner en rythme et en plaisir – l’expérimentation du jeu m’a permis de voir sa lenteur ; plusieurs autres solutions sont donc venues la compléter pour accélérer les parties ; je travaille actuellement sur un projet de start-up ; cette expérience m’a permis de mettre en évidence qu’il ne fallait pas attendre d’avoir un produit fini pour le tester, mais plutôt d’avancer par petites étapes et expérimenter davantage – l’expérimentation du jeu a permis de comprendre l’interprétation que le joueur a des règles qu’on lui annonce, la manière avec laquelle il s’approprie le jeu ; en observant les joueurs, la mise en pratique du jeu, on remarque ce qui fonctionne bien et ce qui ne marche pas du tout ; le partage fait évoluer l’idée rapidement ; on développe un concept sur un court terme ; cela donne envie de tester et de partager des idées (voire sur de faire la même chose avec des produits) et comprendre comment les bénéficiaires se les approprient – l’expérimentation permet de faire aboutir l’idée ; passer à l’expérimentation permet de vérifier la faisabilité du jeu au niveau de sa dynamique, de sa durée (temps d’attente des autres joueurs), de sa technique (lisibilité du plateau + pions adaptés ou non au plateau) ; écouter les commentaires des joueurs est quelque chose qui m’a plu (« avancer d’une case ensemble » est une chouette idée ; cela donne envie de s’entourer pour concevoir un projet) – l’expérimentation dès le début de notre création nous a permis de mieux cerner et diriger notre projet créatif ; après avoir posé de nombreuses idées, il était temps de les tester pour pouvoir vérifier leur valeur et faire des sélections ; si nous n’avions pas expérimenté, le jeu ne serait pas aussi abouti, tant il y avait un grand nombre d’idées ; tous les jours, je teste, je prototype… car mon projet est artisanal et je suis à la recherche du produit final idéal ; on doit faire beaucoup d’essais et … d’erreurs – l’expérimentation permet de tester les limites de l’idée, de concrétiser les règles, de faire des essais-erreurs, d’améliorer et de prototyper ; c’est un test auprès de la cible et une adaptation (ici du jeu) aux besoins par rapport aux difficultés, qui permet aussi de voir la façon de raisonner des autres ; cela inspire à travailler vers la cible avec ses collègues pour faire évoluer une idée – c’est une inspiration à rechercher de nouvelles méthodes d’animation et de brainstorming dans le cadre de réunions de travail ; c’est en faisant qu’on observe ses erreurs et que l’on trouve les adaptations à effectuer – en expérimentant, on voit tout de suite les problèmes dans le jeu et on peut tout de suite changer les règles ; dans mon métier d’animateur de musée, j’ai envie de reprendre l’idée de mélanger des jeux qui n’ont rien en commun pour créer quelque chose de neuf pour les écoles et les parcours famille (jeux ludiques avec pédagogie) – la ressource principale pour faire évoluer le jeu est d’entendre les idées collectives, de voir devant notre esprit un panneau de différents choix qui fait naître d’autres idées et façonne le projet ; je suis en train de créer un oasis-ressources et le fait d’avoir vécu ce « temps » de création collective me fait prendre conscience de la nécessité de faire de même à grande échelle – il faut plusieurs interactions pour arriver à un « produit fini » ; la vision extérieure est importante pour améliorer et consolider ; cela m’inspire de faire des travaux en équipe sur une problématique donnée, des optimisations à faire ; cela m’inspire de faire de la co-création (expérience en groupe positive, les liens entre les membres de l’équipe, solution en commun) – l’approche par « essai-erreur » permet de vite se rendre compte de ce qui bloque ; on a un feed-back direct des utilisateurs qui permet une correction quasiment en temps réel et une amélioration « continue » ; très utile pour tester le lancement d’un nouveau produit, mais aussi applicable aux méthodes de travail en général – « bug en live », réaction des gens, mise en situation ; délivrer est la meilleure manière d’innover ; donner un « packaging » – l’expérimentation nous a permis de nous poser des questions (quel est l’intérêt du jeu,… à quoi sert-il,… s’amuse-t-on ?), de voir que l’on a besoin de règles pour tous les cas de figure – co-construction ; divergence et convergence d’idées pour innover – l’expérimentation est une aide à l’amélioration (test d’hypothèses, crash tests, fonctionnement sur le terrain, association d’idées, critiques ou remarques positives et négatives, retour des utilisateurs, user-expérience) ; cela inspire pour diminuer les cycles d’itération pour tester les idées le plus rapidement possible ; une pédagogie de méthodologie de projet, une inspiration chez d’autres dans la même démarche ; avoir des outils de prototypage – très peu de règles nous ont été dictées ; le travail de groupe fût intéressant, mais peu coordonné ; expérimenter le jeu nous a permis de mettre à jour ses failles, de voir tous les éléments qu’on avait oublié ou pas encore imaginé ; le processus de créativité collaborative m’intéresse au plus haut point car je pense que les forces et les idées se multiplient dans l’échange ; je mettrais volontiers ce genre de réflexion dans la création de scénarios (création de films d’entreprise) – prise de conscience sur la clarté des règles ; le fait d’y penser a permis de clarifier et d’améliorer ; j’applique ce type de stratégie de création dans mon métier d’architecte (esquisse, avant-projet, projet) – le fait de tester le jeu permet de voir ce qui fonctionne ou pas ; on peut voir ce qu’il faut améliorer, changer ; cela permet également de découvrir la dynamique et l’interactivité du jeu ; je travaille en psychiatrie, donc avec de l’humain ; il n’y a pas beaucoup de place pour l’expérimentation ; il faut sans cesse s’adapter et travailler dans la cohérence ; un grand bravo pour cet atelier – l’expérimentation permet une amélioration d’office ; cela confirme notre manière de travailler au quotidien ; comme Monsieur Jourdain, on fait cela dans notre boulot de tous les jours, mais sans le savoir forcément ; cela inspire pour du design de projet, pour croiser les regards sur des actions, pour remettre en œuvre des lieux de concertation – It’s a fluent way to build up ideas, very natural momentum of creativity ; I have already practiced similar methods and already using them within my professional engagement - une confrontation avec la réalité et avec des personnes différentes (un regard neuf) ; j’expérimente déjà le codesign, notamment le lean start-up – nous n’avions pas pensé à intégrer des « difficultés », des « ralentissements » dans le jeu, or cela contribue aussi au challenge ; je travaille dans l’axe « éducation » ; il y a nécessité de conscientiser le monde enseignant à la démarche « lean » – essayer, c’est évoluer ; tester le jeu nous a permis de l’adapter pour le rendre encore plus ludique, plus réactif ; tester ses limites et adapter les règles en fonction de la réalité de la partie ; la collaboration, la co-création, est le meilleur moteur pour concrétiser une idée – j’ai remarqué qu’il était très important de tester pour valider le mécanisme du jeu ; grâce au test, on a pu rebondir sur les idées des uns et des autres de manière ludique et enrichissante ; pour certains, les idées fusent lorsque l’on expérimente le jeu et qu’on le teste ; ne pas avoir peur d’essayer, de tester, d’aller au bout de son idée pour la faire évoluer, s’en servir pour rebondir et aboutir à une idée bien plus intelligente et intelligible pour les autres – expérimenter permet de se rendre compte des différences entre ce que l’on pense de la réalité et la réalité elle-même ; cela permet aussi de rassembler les « feed-back » des utilisateurs, rapidement et à moindre coût et de faire des adaptations rapides et faciles ; dans mon métier, cela me pousse à ne pas tergiverser et à ne plus perdre trop de temps en réunion, mais à aller directement voir sur le terrain pour me rendre compte de ce qui est le plus approprié – ce jeu m’a permis de pouvoir réfléchir profondément afin d’élaborer des règles qui vont rendre le jeu plus interactif, ludique et intéressant ; la flexibilité est le point majeur que je tire de ce jeu car il me permettra de réajuster mes objectifs ainsi que les contraintes qui leur sont associées – c’était une expérience intéressante ; l’absence de cohérence (au départ) dans la règle du jeu a eu pour effet que les joueurs ont créé en jouant leurs propres règles, ce qui a permis de les remanier pour donner quelque chose de plus cohérent ; le travail en équipe, les idées, les critiques, les ratés, les plaisanteries ont permis de créer une œuvre commune sur la base d’une idée simple au départ ; une idée, un prototype, une réalisation sont toujours améliorables – sortir de la sphère de création et mettre en œuvre le jeu pour le faire fonctionner en live avec des utilisateurs, par essai-erreur ; on se rend compte, on analyse la logique, on identifie les manquements et les biais ; les participants ont pu apporter leur regard, faire des commentaires qui nous ont permis de revoir certaines règles ; pour ma pratique de tous les jours, je retiens l’importance du partage, de la mise en commun, de la collaboration pour évoluer – la collaboration de chacun permet l’évolution ; une idée en entraine une autre ; habitué à créer seul, le travail collaboratif me plait de plus en plus – la phase d’expérimentation a été très utile pour valider nos idées de départ qui partaient dans tous les sens ; en jouant, je me suis rendu compte que j’avais trop ou pas assez de cartes en main ; nous avons amélioré notre jeu car certains trajets sur la piste du jeu n’étaient pas faisables ; on peut expérimenter dans le cadre de notre travail, collaborer et proposer de nouvelles idées ou des solutions que l’on pourra tester et valider à petite échelle – l’expérimentation a permis de mettre en exergue les faiblesses du jeu ainsi que ses incohérences ; elle a permis de mieux définir à certaines règles qui venait d’être créés ; simplifier le jeu, le rendre plus ludique, plus attractif et moins compliqué pour avancer plus vite dans la partie.

Note de Jean-Charles Cailliez, le 27 avril 2016             

Commentaires (3)

  1. Wannez Elodie

    Merci pour ces supers retours sur ce qui s’est passé chez nous dans le cadre de la semaine de la créativité, Jean-Charles!
    Ça nous sera aussi très utile pour continuer à faire évoluer notre hub créatif!
    Je n’ai eu que des échos positifs sur cet atelier ! Merci

    Répondre
  2. trimeur

    Les chercheurs parlent aux chercheurs!!!!!
    Les autre: on s’en fout. Abscon et inutile. Est-on payé pour faire ça?

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    1. Jean-Charles Cailliez (Auteur de l'article)

      Un grand merci pour votre réaction spontanée. Je suis à votre disposition pour essayer de répondre à vos interrogations légitimes, pour peu que vous les explicitiez intelligemment, sans ironie, sans condescendance, ni parti pris. Très cordialement, JC2

      Répondre

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