De la créativité à l'innovation

MOSAIC Lille 2018,… une école créative et multicolore !

Article avec illustration en format PDF téléchargeable en cliquant sur : MOSAIC Lille 2018

La 4ème édition de l’Ecole de Printemps en Management de la Créativité (MOSAIC Lille 2018) s’est tenue à l’Université Catholique de Lille du 15 au 18 mai 2018. Elle a réuni une cinquantaine de participants provenant d’origines diverses, du monde de l’entreprise à celui des universités, et de cultures vraiment différentes. Jugez-en plutôt : une dizaine de nationalités… françaises, québécoises, américaines, australiennes, turques, moldaves, libanaises, belges, nicaraguayenne et nigériane.

L’événement a été organisé dans les espaces collaboratifs de l’université par une vingtaine de collaborateurs, enseignants, chercheurs, cadres, administratifs, techniciens, vacataires, de la Design School HEMiSF4iRE de l’Institut Catholique de Lille (ICL) et des ADICODE (Ateliers de l’Innovation et du Codesign) du groupe YNCREA Nord de France. La thématique de cette édition a été centrée sur les problématiques de mobilité en milieu urbain et sur l’évolution des pratiques en la matière, sous le titre résumé : « Mobilité du futur. Tous acteurs ! ».

Une plus grande diversité ! Une nouveauté cette année a été d’élargir la variété des participants à une dizaine d’étudiants de la formation ADIMAKERS et de créateurs d’entreprise de l’incubateur-accélérateur HEMiSF4iRE. Une ouverture de profils qui a permis, non seulement de rajeunir l’événement, mais surtout de permettre à ces jeunes étudiants et start-upeurs de découvrir les secrets du codesign et du travail co-élaboratif, le tout en mode de collaboration intelligente. De la jeunesse mixée à de l’expérience universitaire et entrepreneuriale, voilà qui a favorisé la diversité des productions créatives lors de la semaine.

Créativité et intelligence co-élaborative ! Comme lors des précédentes éditions, MOSAIC Lille 2018 a invité l’ensemble de ses participants, animateurs compris, à venir expérimenter les processus de créativité au service de l’innovation. Elle leur a montré comment susciter la créativité au sein d’une équipe de manière à être capable de transformer chaque idée produite en innovation. Plutôt que de procéder par approche individuelle, la méthodologie choisie par MOSAIC est celle de la pratique de l’intelligence collective. C’est une pratique en équipe mixte qui conduit par des étapes de divergence et de convergence, de construction et de déconstruction, à la co-élaboration d’idées créatives. Cette année, il s’agissait de s’exercer dans un cadre en lien avec les préoccupations actuelles de l’Université Catholique de Lille qui est impliquée dans une réflexion sur la mobilité dans le futur au sein du quartier Lille-Vauban Esquermes.

Le premier jour de la formation a été consacré à une démarche d’imprégnation du sujet. Il a donné la parole à des institutions et des entreprises déjà impliquées dans cette thématique de la mobilité urbaine, sous toutes ses formes : « Créativité, innovation, mobilité, … Différents regards pour planter le décor ». Un panorama des besoins de la population et des solutions déjà en cours de développement a été dressé. Des échanges avec les participants ont permis de mieux cerner les problèmes et de commencer à entrevoir les enjeux sociétaux qui en découlent. S’en est suivi un temps de prospection sur le terrain par une découverte en marchant du quartier Vauban-Esquermes… avec une mission particulière d’observation pour les participants. Une plongée en conditions réelles qui a permis à tous, même aux lillois, de se rendre compte de visu des problématiques actuelles de déplacement en milieu urbain. L’imprégnation comme première étape de la démarche de design thinking, une étape plutôt logique pour HEMiSF4iRE et ADICODE !

Un échauffement par la gymnastique des zygomatiques ! L’après-midi s’est poursuivie à « La Luck » jusque tard dans la soirée, soit dans un « bar à jeux » lillois d’inspiration québécoise. Ce lieu inspirant a permis dans un premier temps de débriefer sur les observations faites dans l’après-midi, puis de créer par la pratique du jeu un véritable esprit d’équipe entre participants et animateurs. Dans le cadre de cette brasserie ludique, chacun s’est laissé guidé par un « sommelier du jeu » pour découvrir les règles de jeux divers qui permette ensuite de s’amuser, de rire, d’inventer, de refaire le monde, de prendre des risques, d’oser… bref de se rencontrer différemment par l’interface du jeu de société. Une source d’inspiration très certainement pour monter des protocoles d’ateliers ou de cours par la ludification (gamification, serious game) qui permet d’être plus créatif et de faire les choses sérieusement sans toujours se prendre au sérieux !

Le deuxième jour, ainsi que la matinée du troisième, ont été consacrés à des ateliers méthodologiques d’une durée de 3 heures. Il s’agissait de faire découvrir à tous les multiples façons de libérer sa créativité (idéation), ceci par des moyens très différents les uns des autres. Ces ateliers thématiques ont été animés ou co-animés par des collègues d’ADICODE et d’HEMiSF4iRE et par des intervenants extérieurs. Chacun a eu la possibilité d’en vivre 3 différents du mercredi matin au jeudi midi.

Au programme de ces demi-journées, ont ainsi été proposés un atelier de « Prise de conscience de son potentiel créatif », animé par Annie GIREAU-GENEAUX, France LEFEBVRE du PREY, Ana RUIZ-BOWEN et Delphine CARISSIMO, un atelier de « Prise de notes visuelles et créative » par Philippe BOUKOBZA, un atelier de « Bouffonnerie à la mode du Cirque du Soleil » par Massimo AGOSTINELLI, un atelier de « Voyage en improvisation » par Anne-Sophie LOISON et Yasmine LIGEROT, un atelier d’« Entrainement à l’écoute empathique » par Annie GIREAU-GENEAUX et France LEFEBVRE du PREY, un atelier de « Construction d’un Business Model Canvas en 3D » par Mariana STEFANET et Jean-Charles CAILLIEZ, un atelier « Lego Serious Play » par Virginie DERAM. Ces temps de créativité en équipe ont invité les participants à s’extraire « un peu » de leur zone de confiance pour prendre des « risques » et oser être plus créatifs. Ils les ont emmenés dans des univers, remplis d’outils et de méthodes de créativité qui sont indispensables à la pratique du codesign et du travail co-élaboratif.

Des temps de réflexivité animés par Olivier IRRMANN ont permis à la fin de chaque journée de se détacher un peu des mises en situation vécues lors des ateliers pour réfléchir aux mécanismes qui permettent de stimuler la créativité par ces approches collectives. Ils ont apporté un regard critique et une réflexion plus en profondeur sur ces méthodes de travail co-élaboratives. Ces temps de réflexivité sont nécessaires pour comprendre de manière conceptuelle ce qui facilite ou pas les mécanismes de créativité par intelligence collective, essentiellement pour ne pas rester à celui plus basique de la simple analyse des techniques et des méthodologies. Ils sont menés par des chercheurs de l’université qui s’intéressent notamment à l’impact de l’innovation sur les personnes qui la pratiquent et à l’étude des écosystèmes d’innovation de la Région des Hauts-de-France.

L’après-midi du 3ème jour a été consacré à des expériences d’inspiration qui ont été animées par l’équipe de Nicolas KARASIEWICZ, fondateur de TYRESIAS, une entreprise innovante en sensibilisation sensorielle. Une expérience en extérieur a plongé les participants dans une mise en situation réelle pour expérimenter la mobilité en milieu urbain et ceci en complète cécité visuelle. Les participants se sont organisés en binôme, l’un des deux ayant un bandeau sur les yeux le plongeant dans le noir absolu. Le second ayant alors comme consigne de jouer le guide, c’est-à-dire les « yeux de l’autre », pour emmener son partenaire marcher dans le quartier Vauban-Esquermes, traverser les boulevards, prendre le bus et s’engouffrer dans une station de métro. Sur le chemin du retour, les rôles se sont bien sûr inversés : l’aveugle devenant le guide et le guise l’aveugle. D’autres expériences, cette fois-ci menées à l’intérieur, ont proposé aux participants de vivre différentes situations dans le noir le plus complet : une réunion de travail, la dégustation de produits, la pratique du braille ou la relaxation musicale. Un débriefing a permis ensuite d’échanger sur le développement de nos sens en toutes situation, leur rapport les uns avec les autres… leur complémentarité. Il a permis aussi de se rendre compte de l’importance du travail en équipe solidaire et de l’intérêt de conjuguer les compétences de chacun au profit du collectif. Une expérience sensorielle qui n’a laissé personne indifférent !

Le dernier jour de la formation a été consacré entièrement à vivre un atelier co-élaboratif au service du projet de manière à mettre en application les méthodologies découvertes lors des jours précédents. Pour cela, un parcours créatif en 6 équipes a été construit dont l’objectif était de produire des idées créatives pour améliorer la mobilité dans le quartier de l’université pour les années à venir. Il a été demandé à chaque équipe d’imaginer des solutions de services qui seraient proposées aux habitants du quartier pour que celui-ci soit plus agréable à vivre et devienne un lieu démonstrateur de la mobilité du futur en milieu urbain. La présentation des 6 projets a été faite l’après-midi, laissant à chaque équipe 5 minutes pour présenter sa maquette et ses propositions imaginées pour la réinvention des modes de circulation dans le quartier. Le commanditaire de l’étude, en la présence de Benoit BOUREL, Vice-Recteur en charge de la Responsabilité Sociétale de l’Université et Directeur de la Chaire « Explorateurs de la Transition » a posé des questions à chaque équipe. La Chaire qu’il anime est un institut qui œuvre à l’étude des comportements et à l’accompagnement des nouvelles pratiques de mobilité, de consommations d’énergies, de modes de vie… et qui amène chacun à devenir acteur du changement au sein du campus créatif de l’Université Catholique de Lille et du quartier Vauban-Esquermes. Elle était donc particulièrement intéressée par la production de cet atelier. S’en est suivi enfin pour clôturer la semaine un débriefing général et une évaluation de la formation par l’ensemble des participants. Le cocktail de clôture a permis comme à l’habitude de finir MOSAIC Lille 2018 sur une note un peu plus festive, avant que tous ne se séparent… la tête et le cœur remplis d’énergie positive.

Organisation et animation de MOSAIC Lille 2018 : Une vingtaine de personne, pour 55 participants, ont participé à l’organisation de la semaine et à l’animation des ateliers, soit Massimo AGOSTINELLI, Adélaïde AUBERT, Laurent BODIN, Philippe BOUKOBZA, Benoit BOUREL, Jean-Charles CAILLIEZ, Delphine CARISSIMO, Patrick COHENDET, Christophe DENOYELLE, Virginie DERAM, Céline DUBOIS-DUPLAN, David FREMY, Annie GIREAU-GENEAUX, Olivier IRRMANN, Nicolas KARASIEWICZ et ses collègues de TYRESIAS, France LEFEBVRE du PREY, Marie LEFRANCQ, Guillaume LEROY, Yasmine LIGEROT, Anne-Sophie LOISON, Emilie MORVILLERS, Elise RAVAU, Ana RUIZ-BOWEN, Laurent SIMON, Mariana STEFANET et les équipes techniques et groupement de services de l’Institut Catholique de Lille, d’YNCREA, d’HEMiSF4iRE et de l’AEU.

Notes de Jean-Charles Cailliez, 27 mai 2018

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