De la créativité à l'innovation

La classe renversée au lycée

Article avec illustrations en format PDF à télécharger sur : La classe renversée en lycée par Christelle CAUCHETEUX

La pratique de classe renversée est-elle réduite à l’enseignement supérieur ? Tel n’est pas l’avis de ma collègue Christelle CAUCHETEUX qui a décidé de l’expérimenter en lycée, tout d’abord dans sa classe de terminales ES, puis en classe de première. Une expérience enrichissante,pour elle comme pour ses élèves, qu’elle nous détaille ci-dessous :

Une expérience de classe renversée en lycée

Alors qu’apprendre à mobiliser les savoir disponibles (à portée de clics) et stimuler la « pensée créatrice » (Serres, M., 2010) en situation d’apprentissage apparaissent comme essentiels à l’ère digitale, la formule « classe renversée » peut être une réponse.

A la suite de ma participation à Ludovia en août 2017 où j’avais pu découvrir le principe de la classe renversée au cours de la conférence de Marcel Lebrun, je me suis lancée dans une première expérience en Sciences Economique et Sociale (SES) avec une classe de terminales ES sur le premier chapitre du programme (les sources de la croissance économique). J’ai ensuite visionné le Ted Talk et lu le livre de JC Cailliez (Cailliez, 2017). J’ai ainsi amélioré ma pratique forte de ses conseils. Nous avons ainsi travaillé un chapitre du programme de première ES (La monnaie et le financement de l’économie) avec une classe de première en classe renversée en fin d’année.

JC2 m’a proposée de partager avec vous mon expérience de classe renversée avec ses joies, ses forces et ses embûches. Il a été particulièrement intéressé par la façon dont j’ai pu initier la démarche en mettant en confiance les élèves. J’espère que ce partage vous donnera envie de vous lancer. Il est possible de le faire seulement sur un chapitre du programme, comme je l’ai fait. Cela permet aux élèves de vivre une expérience où ils sont profondément acteurs sans générer trop de stress, d’autres cours ayant lieu de manière plus classique.

Principaux Enseignements
– Bien prendre le temps d’installer la confiance et un climat positif (bienveillant) de classe pour créer une communauté apprenante (mode management participatif : voir expérience 1)
– Investir du temps au début pour répondre aux craintes et objections. Ne pas avoir peur de lancer le débat en proposant une vidéo introductive (par exemple le TED de JC2, voir expérience 2)
– Avoir un serveur partagé où tout est rassemblé (ex Google drive) pour permettre d’apprendre au fur et à mesure
– Prévoir la présentation par les élèves de concepts clés au fur et à mesure (versus exposé de fin de séquence) est essentiel pour éviter l’indigestion finale du cours dans sa totalité et la correction et mise en forme chronophages pour le professeur en fin de séquence
– Aménager l’espace n’est pas compliqué et ni coûteux : mise en ilots, wifi, BYOD, (téléphones, ordinateurs personnels de certains enfants), feuilles de paperboard, tableaux blancs si disponibles, nappes en papier pour écrire sur la table, une bonne boîte de feutres par groupe
– Définir clairement les livrables : notions, concepts, auteurs attendus et replacer les dans le cadre du programme (plan du cours).
– Présenter le plan du cours avec les notions et faire le point régulièrement des avancées pour encourager
– Présenter les modalités d’évaluation et deadlines
– Définir clairement les process et modes de fonctionnement (répartition des tâches, fiches de mission)
– « Faire le prof » de manière régulière, en réalisant soi-même des démonstrations de concept ou en faisant « nos devoirs » rassure les élèves.
– La découverte des talents des élèves : une telle est une facilitatrice graphique hors pair, un tel est ultra synthétique …
– Posture : être facilitateur, animateur en mode participatif
– Attitude : Accepter l’ambiguïté, le risque que les élèves soient en retard sur le programme, il faut lâcher prise.
Au final, les élèves réalisent à plusieurs un cours très bien fait car ils sont de nouveaux savants, ils ont encore en mémoire les éléments sur lesquels ils ont buté. Ils sont moins sujets que nous à la malédiction de la connaissance (Wieman, C., 2007) : quand on maîtrise bien un savoir, il est plus difficile de se mettre dans la peau de celui qui ne comprend pas.
Et… si vous êtes toujours inquiet, la trace écrite vérifiée par vous-même est une sécurité !
Axes de progrès
– Doit-on accompagner les élèves dans une prise de notes personnelle pendant les démonstrations ou exposés des autres étudiants ou les laisser simplement prendre en photo les éléments du présentateur?
– Sont-ils réellement au clair sur ce qu’il faut apprendre ?
– Comment mieux les accompagner dans l’acquisition du cours qu’ils n’ont pas réalisé ? => je n’avais pas mis en place les quizz réguliers qui me paraissent pertinents (répétitions espacées pour contrecarrer la courbe de l’oubli)
– Améliorer la gestion du temps
– Recueillir un feedback plus approfondi des élèves

Et voici le détail de mes 2 expériences, à télécharger en cliquant sur : La classe renversée en lycée par Christelle CAUCHETEUX

Bibliographie :

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