De la créativité à l'innovation

La continuité pédagogique sans faire cours… c’est magistral !

Comment assurer la continuité pédagogique quand tous ses élèves sont confinés en période de pandémie ? Telle a été la question que se sont posée tous les établissements scolaires, jusqu’à universitaires, pendant le confinement dû à la COVID-19. Mais comment le faire 100% à distance quand la pédagogie de son établissement, inspirée de Freinet et Montessori, est entièrement basée sur un enseignement sans cours magistraux ? C’est pourtant le challenge qui a été relevé pendant 2 mois par l’équipe pédagogique du Collège Enjoy School de Cagnes-sur-Mer dirigée par Christelle CAUCHETEUX et qui m’a fait le plaisir d’échanger avec moi sur leurs méthodes « réinventées » d’enseignement à distance alors que tous leurs élèves se sont retrouvés confinés chacun chez eux comme partout en France et dans bien d’autres pays. Ci-dessous l’article de Christelle et de son équipe pédagogique, à prendre comme une très belle source d’inspiration illustrée de réalisations bien concrètes.

Le 12 mars 2020 soir, le Président de la République Emmanuel Macron annonce la fermeture des écoles. Dans la foulée, le soir même, Christelle, notre directrice pédagogique, utilise le fil WhatsApp des parents d’élèves pour annoncer que, dès le lendemain à 9H00, les cours auraient lieu 100% en visioconférence (classe virtuelle) de manière adaptée et qu’une réunion parents-profs se tiendrait le mardi soir suivant (soir du confinement) pour informer sur l’organisation qui serait mise en place pendant le confinement. La première journée du vendredi avec Chiara, pour les langues et les Arts s’est bien passée. Le lundi matin, Eva a expérimenté les maths. Le lundi 16 mars à midi, nous étions toutes réunies en visio pour échanger sur les deux premières journées de classe virtuelle, nous coordonner et décider de nos axes de travail pour les présenter dès le lendemain soir en réunion visio parents-profs. Rassurer les parents dès le début nous paraissait essentiel.

Pour assurer la continuité pédagogique, nous sommes parties sur deux axes :

  • Assurer un cadre structuré et rassurant pour continuer de développer l’autonomie de nos élèves sans sur-solliciter les parents
  • Conserver et adapter en classe virtuelle notre pédagogie hybride et créative qui s’inspire des pédagogies actives (Freinet, Montessori …), de la classe inversée et renversée, des découvertes des neurosciences (attention volatile à entretenir en séquençant nos séances, engagement actif (nombreuses interactions, pédagogie de projets, utilisation du jeu, des défis …), retour d’information (apprentissage par essai-erreur, quiz, flashcards, ceintures de compétences) et consolidation (répétition espacée, ré-évocation des notions).I. Un cadre structuré et rassurant

Le fil whatsapp, lien interactif de notre communauté éducative, cordon ombilical de la classe virtuelle

Nos élèves et parents d’élèves ont une habitude déjà établie du numérique puisque c’est un des piliers de notre pédagogie : depuis la rentrée de septembre, en plus des e-mails et du google drive Collège, nous avons créé, sur proposition d’un de nos parents d’élèves, un fil whatsapp “Enjoyschool parents”, un fil whatsapp “Enjoyschool enfants” et un fil “Enjoyschool Team” pour les échanges au sein de l’équipe pédagogique. Ces fils nous permettent d’être connectés, être en lien direct, ils sont le media de notre communauté éducative (Parents-Enfants-Profs). Sur le fil whatsapp parents, nous partageons les projets des enfants, les infos, le rappel des devoirs, des photos et mini-vidéo de ce qui se passe en classe … Les collégiens utilisent le fil whatsapp élèves pour se donner des rendez-vous, s’entraider pour les devoirs, nous l’utilisons pour rappeler les devoirs, encourager… Le fil whatsapp équipe nous permet d’échanger sur les projets inter-disciplinaires, sur l’actualité de la classe, sur les difficultés et réussites des élèves pour bien se coordonner et les accompagner au mieux. Pendant le confinement et encore maintenant, l’activité de ces fils WhatsApp a été exponentielle.

Simplifier la vie des apprenants et des parents par des outils uniformisés et expliqués

Pour faciliter au mieux l’accès aux ressources, ainsi que le suivi pédagogique des élèves l’équipe a fait le choix d’uniformiser pour toutes les matières les plans de travail  (issus de la pédagogie Freinet et de la classe inversée) ainsi que les supports de communication. Les élèves et les professeures ont ainsi centralisé

  • les éléments pédagogiques sur les plans de travail regroupant tous les liens vers activités, vidéo etc… (pas besoin de chercher partout et c’est toujours présenté de la même façon),
  • les échanges d’informations sur le fil Whatsapp,
  • les ressources sur le Google Drive de l’école.

En limitant les formats de plans de travail et en limitant les supports de communication nous avons créé un environnement efficace et sécurisant pour les enfants comme pour les parents. L’idée : gagner en efficacité sans surcharger les parents, continuer de développer l’autonomie des élèves pour qu’ils deviennent entrepreneurs de leurs apprentissages.

Etre réactif, Accompagner, rassurer, informer

Nous avons également investi du temps au début pour vérifier la maîtrise des outils numériques (drive, visio, livre scolaire …) par les enfants et les parents et répondre aux craintes et objections. L’équipe pédagogique a tout de suite été OK pour se lancer dans cette aventure. Bravo à Chiara (Arts et langues), Victoire (Français) et Eva (Maths, Sciences) et Christelle (Coordination pédagogique et Histoire-Géo). Pour gagner en confiance, Christelle, férue de digital, a participé en binôme avec chacune des 3 autres enseignantes à la première semaine de classe virtuelle de chacune d’entre elles. Il s’agissait d’accompagner, d’aider à installer le cadre et de faire grandir les pratiques. Ensuite, chacune a mené sa barque en restant en lien avec l’équipe via le whatsapp Enjoyschool Team et des rendez-vous pédagogiques réguliers par visio.

Conserver les rituels et les rythmes

Météo intérieure, brain gym, célébration des réussites le jeudi à 14H00, quoi de neuf dans le monde ?, nous avons maintenu nos rituels d’éducation positive, repères essentiels à la bienveillance, la confiance et la sécurité intérieure de nos élèves.

Parler du coronavirus, du ressenti, des inquiétudes

Nous avons consacré des plages horaires à l’échange sur le virus, aux questions pour que les élèves puissent “déposer” leurs inquiétudes et ainsi bien préparer leur tête à travailler. Nous avons également travaillé sur un projet inter-disciplinaire sur le coronavirus, utilisant l’actualité pour apprendre. Nous souhaitions que les enfants comprennent de manière approfondie la crise pour augmenter leur confiance. Et puis, cette crise est un problème complexe à comprendre, donc un “cas d’école” parfait pour couvrir une partie du programme en étant ancrés dans le réel.

II – Un format de “classe virtuelle” adapté aux capacités d’attention des collégiens

Garder de jeunes collégiens concentrés 6 heures par jour en visioconférence nous paraissait difficile, voir impossible. Nous avons donc décidé d’accentuer le format séquencé des cours pour optimiser l’engagement actif et l’attention des élèves à distance. Nous avons de longues plages de classe virtuelle (9H00 à 12H30 et 14H00 à 16H30) qui sont notre lien, notre lieu de rendez-vous, de brief et débrief et en parallèle du travail en autonomie guidé. C’est l’équipe éducative qui briefe les élèves et les suit, et non les parents. Les parents sont de très bons supporters et ont été impliqués dans la mise en place du rythme de départ, ils sont également alertés personnellement dès qu’un élève semble “décrocher” pour venir en support.

Alterner mini-sprints d’attention, échanges collectifs et activité en autonomie seul ou en binôme

Concrètement, cela se traduit par un format “mini-sprints d’attention”, où nous alternons très régulièrement tâches en autonomie à l’aide des plans de travail uniformes et structurés, et correction/bilan/jeux/interactions entre élèves et avec l’enseignant en visioconférence. Ce format nous a permis de réellement engager les élèves et de les rendre responsables de leur travail personnel, tout en les sécurisant grâce aux rendez-vous en classe virtuelle zoom qui suivaient. Nous travaillons en classe virtuelle un peu comme dans le cercle de sécurité parental de Cooper, Hoffman, Marvin et Powell (1999). Notre classe virtuelle est la base de sécurité. Rendez-Vous le matin, brief, puis certains élèves partent en exploration/en activité pendant que d’autres échangent avec le professeur suite à une vidéo à regarder en amont ou sont en leçon, les explorateurs reviennent 30 à 45 minutes après à l’heure dite pour échanger puis repartent etc .. tout au long de la journée. On ne voit pas le temps passer !

De l’agilité

Si nous préparons nos cours ainsi que nos supports et un planning précis, nous avons constaté qu’il fallait souvent faire preuve d’une grande souplesse, lâcher prise et adapter le contenu à l’ambiance et à la fatigue de la classe. Alors que le jeu fait déjà partie intégrante de notre pédagogie, nous avons augmenté sa part dans notre classe virtuelle. Ainsi, lorsqu’un peu de lassitude ou de décrochage se fait sentir, nous relançons la classe via l’organisation de jeux et défis, stimulants par leur côté ludique. Par exemple, un concours de calcul de mental, ou des compétitions/quizz. Le kahoot fonctionne très bien en ligne en partageant notre écran.

Prise en compte du feedback des élèves et “amélioration continue” en équipe

Pour rester très attentif à l’attitude et à la motivation des élèves, il faut favoriser la collaboration élèves professeurs. A la fin de chaque séance, nous avons ritualisé le “mot de la fin” : nous discutons de leurs ressentis, difficultés, facilités sur cette séance, de ce qu’ils ont aimé faire ou non. Nous sommes donc dans une logique de construction pédagogique continue et adaptons sans cesse nos contenus et méthodes en utilisant les idées et les envies que les collégiens nous communiquent. Ainsi nous assurons également la continuité d’un de nos piliers pédagogiques : construire un cours en se basant autant que possible sur les envies et les intérêts des élèves. Au sein de notre fil whatsapp Enjoyschool équipe et régulièrement, nous échangeons en réunion pédagogique virtuelle sur ce qui a marché/pas marché, nos difficultés pour pouvoir progresser et maintenir l’engagement.

III – Des support numériques ludiques adaptés

Des supports numériques adaptés

L’atout clé pour garder les élèves motivés et engagés dans cet enseignement à distance a été la qualité et la diversité des activités pédagogiques numériques que nous avons utilisées. L’utilisation du numérique étant, en temps normal, un de nos piliers pédagogiques, nous avions tout au long de l’année réuni de nombreuses ressources ludiques. Le confinement a été l’occasion pour nous d’utiliser massivement ces ressources, et elles ont fait leurs preuves :

  • Les activités interactives présentes par exemple sur le site https://www.pccl.fr/ qui permettent de conserver l’aspect manipulation des sciences, aspect essentiel et ludique que les élèves adorent. En plus de l’interactivité, cela permet de ne pas sacrifier l’expérimentation scientifique et de continuer à faire des sciences vivantes. Nos élèves ont adoré !
  • L’utilisation de vidéos de la classe inversée grâce aux contenus en ligne comme le livre scolaire ou la classe d’histoire.
  • De courtes vidéos qui permettent aux élèves de saisir en quelques minutes de nouveaux concepts théoriques ou de nouvelles méthodes sans passer par un cours magistral. Nous pensons notamment aux vidéos d’Yvan Monka pour les mathématiques ou encore, sur un ton plus léger, les vidéos du professeur moustache sur la chaine arte.tv “Tu mourras moins bête” ou celles d’”Un jour, une question” sans oublier les “C’est pas sorcier”, Nota Bene pour approfondir un sujet.
  • Le site playbac abonnés regorge de ressources numériques et vidéos éducatives pour prendre appui sur l’actualité et découvrir les notions clés du programme
  • Des dossiers de recherches avec des sources multiples (sourcées par le prof) qui permettent aux élèves de préparer des présentations aux autres élèves sur une partie de la séquence à la manière de la classe renversée. Ils sont si fiers de partager un slideshow construit par leur soin sur Henri IV ou Louis XIV. Ce sont eux les profs ! Les élèves ont beaucoup avancé dans leur ceinture de compétence “journalistes”.

Mais comment conserver une trace écrite ?

Nous nous sommes posées la question de la trace écrite. Leur envoyer tous les cours sans exiger de prise de notes de leur part, ou leur faire recopier des cours tapés depuis l’ordinateur ? Notre solution est de donner accès aux cours sur le drive comme c’est déjà le cas dans notre pédagogie, et de leur demander de continuer de construire des cartes mentales et des flashcards à partir d’un cours déjà rédigé. Ils doivent partager leurs cartes sur le fil whatsapp. Cela nous permet ainsi d’assurer une appropriation du cours et d’ancrer de nouvelles notions en limitant la lecture passive. Les flashcards sont utilisées en classe virtuelle sous forme de défis révision.

IV – Focus sur la pédagogie de projet à distance : Etude d’une épidémie du 12 mars au 10 avril 2020

Depuis début janvier, chaque jeudi, lors de notre “Quoi de neuf dans le Monde ?”, nous suivions la progression de cette épidémie. Le 12 mars, nous décidons de lancer le projet “Etude d’une épidémie”. A la manière de journalistes d’investigation, dans l’objectif d’écrire en équipe un article de synthèse, nous sommes partis à la découverte des causes de l’émergence de l’épidémie du Covid 19 et de ses impacts sur les hommes (conséquences sociales, économiques, …). Ce projet a permis de mieux comprendre l’actualité et d’étudier la propagation d’une épidémie d’un point de vue mathématique, scientifique, géopolitique… et médiatique ! Il a réuni les professeurs de sciences/maths, de français et d’histoire-géographie. Chez Life Bloom, nous aimons partir d’une expérience, d’un jeu, du concret pour aller ensuite vers l’apprentissage des fondamentaux. Nous sommes partis d’un “jeu” développé par la main à la pâte, qui permet de découvrir comment un virus se propage différemment dans deux villages. Puis nous avons fait le point avec les élèves sur ce qu’ils savaient déjà et souhaitaient savoir sur la Covid-19. Nous avons structuré leurs questions autour d’un plan de “recherche” : Comment cette épidémie a-t-elle démarré ? L’Histoire peut-elle nous éclairer ? Quelles sont les causes? Qu’est ce que le covid-19 ou coronavirus ? Quels symptômes ? Comment le soigner ? Qu’est ce qu’une pandémie ? Comment les gouvernements réagissent-ils ? Comment protéger les citoyens ? Quels sont les impacts, les conséquences de cette épidémie ? Ces questions nous ont amenés à aborder les épidémies de l’Histoire (Peste, Grippe espagnole ..), comprendre le rôle de la censure, parler démocratie et régime autoritaire, localiser Wuhan, rappeler ce qu’est un pays émergent, une politique de prévention, une crise sanitaire (programme de géographie), apprendre à déjouer les fake news car de nombreuses rumeurs circulaient et circulent encore sur le virus, comprendre le rôle du gouvernement, les pouvoirs du président (programme d’EMC). Nous avons fait le lien avec le programme de SVT au collège : système immunitaire, bactéries, virus, vaccins et les Maths : travailler les calculs de pourcentages quand on parle d’immunité collective, comprendre ce qu’est une courbe exponentielle. Finalement, il a fallu rédiger l’article, le structurer sans fautes d’orthographe.

Tout au long du projet, les élèves prenaient en charge des missions en fonction de leurs envies pour faire avancer le projet. Il y avait une grande motivation car c’était l’actualité. Nous avons finalisé l’article avant les vacances de Pâques car il était temps pour nous de continuer de suivre l’épidémie de manière moins intense. Pour ancrer les notions découvertes pendant ce projet, un quizlet et un kahoot ont été développé. Nous rejouons régulièrement sur les notions pour consolider les apprentissages via la répétition espacée.Ce projet visait à permettre à nos élèves de développer les compétences clés du XXIème siècle : esprit critique, résolution de problème complexe, créativité et coopération.

Nous vous invitons à découvrir la production de nos élèves. : https://www.lifebloomacademy.com/post/pour-en-conna%C3%AEtre-plus-sur-le-coronavirus

V – Conclusion – communauté apprenante + progrès fulgurants de certains élèves

Notre bilan sur ces deux mois de cours en ligne ? A vrai dire, si il est vrai qu’aucune réunion zoom ne pourra remplacer le collège en présentiel… Les cours en ligne ont révélé de sacrés talents chez nos élèves!

La création d’une communauté d’apprenants numériques

Nous avons constaté au cours de notre progression que tous nos efforts pour installer coopération, stimulation et bienveillance depuis septembre 2019, se sont traduits par l’éclosion d’une véritable communauté d’apprenants en ligne. Grâce à la familiarisation avec les outils numériques, un fort esprit de coopération s’est développé entre les élèves. Lors des travaux en autonomie, nous avons constaté plusieurs fois que les élèves choisissent spontanément de créer des réunions zoom pour travailler à plusieurs, ou pour s’interroger sur les dernières leçons apprises. Sur le fil Whatsapp, les collégiens ont également pris l’habitude d’échanger les résultats de leurs expériences et de s’entraider lorsque certains sont en difficulté mais aussi se donner rendez-vous pour jouer, poster des gifs et des blagues. Ce phénomène s’est observé de manière spectaculaire à distance. La communauté s’est aussi renforcée grâce aux coordinations pédagogiques internes et aux réunions parents. Ne pouvant nous croiser à la sortie des classes, nous avons planifié des réunions et avons encore plus privilégié la communication sur Whatsapp, ce qui a eu pour effet d’augmenter considérablement les échanges.

Une gestion de classe différente

Lors de la gestion de classe, nous avons dû nous adapter à des écarts de comportements d’un nouveau type. Lors des moments de dissipation, certains élèves changent de pseudo semant la confusion. D’autres, coupent parfois micro et caméra prétextant des problèmes de connexion, ce qui rend la communication laborieuse. Il est arrivé parfois que l’enseignant se retrouve seul face caméra, et doivent insister pour que les élèves rallument micro ainsi que webcam. D’autre part, pour certains enfants d’un naturel un peu distrait, il nous a paru évident que l’attention et l’apprentissage ne peuvent faire l’économie d’un cours en présentiel.

Et au contraire pour certains élèves, des conditions plus favorables à l’apprentissage

Pour certains de nos élèves, la classe à distance a été l’occasion de trouver chez eux un cadre où les sources de distraction étaient limitées et ont donc fait preuve d’une capacité de concentration parfois bien supérieure à celle observée en classe. Derrière leur écran d’ordinateur, casque sur les oreilles,  à l’abri des distractions, ils ont décuplé leur capacité de concentration et ont ainsi progressé de manière spectaculaire.

Une vraie coopération élève-prof et de belles avancées

Dans tous les cas, ces 2 mois ont renforcé la coopération Enseignants-élèves. On sent nos collégiens, conscients que nous faisons équipe avec eux. Nous sommes à l’heure dans le programme et sommes tous fiers des progrès que cette classe virtuelle a généré chez chacun : enfants, parents et enseignants. Lundi 18 mai 2020, la moitié de nos élèves étaient de retour en classe. Nous continuons d’assurer 100% de classe virtuelle pour ceux restés à distance et nous apprenons à enseigner en présentiel+distanciel avec les gestes barrières.

Cet article a été rédigé en mai 2020 par Christelle CAUCHETEUX et Eva ANDRE pour l’équipe pédagogique du Collège Enjoy School qui est un collège privé situé à Cagnes-sur-Mer, Alpes-Maritimes (06). Cet établissement laïc accueille ses élèves pour leur dispenser un enseignement du second degré de la classe de 6ème à la 3ème. Ses programmes pédagogiques sont définis « Hors-contrat » d’association.

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Commentaires (5)

  1. Véronique Beugnet

    Beau travail, la classe comme je l’aime et l’ai toujours aimée. Bravo

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  2. Gehanne

    Beau travail de synthèse qui nous permet de comprendre comment «fonctionne » concrètement cette pédagogie qui privilégie l’ implication de chaque élève pour qu’il soit réellement un apprenant.. et quel travail cela suppose pour les enseignants !! BRAVO Enjoyschool qui permet à ses élèves de vraiment aimer l’ecole et en profiter pour avancer !!

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  3. Philippe

    Merci beaucoup pour cet article qui nous montre une pédagogie innovante au service des élèves de cet établissement pendant cette période troublée du confinement.

    Permettez-moi d’ajouter quelques éléments qui pourront intéresser les familles souhaitant y inscrire leurs enfants.

    Selon le site Internet qui est cité à la fin de l’article, cet établissement privé est hors contrat d’association avec l’Etat.

    Les frais de scolarité sont donnés sur le site internet de Life Bloom Academy. Le tarif « social » pour les droits de scolarité s’élèvent à 6800 euros pour une année. Ce tarif est appliqué aux familles dont les revenus sont inférieurs à 95000 euros net par an. Il y a deux autres niveaux de droits 8600 et 12000 euros (ce dernier tarif s’applique aux familles dont les revenus sont supérieurs à 140000 euros net par an). A ces droits de scolarité s’ajoutent des frais d’inscription (250 euros) et des frais pour les sorties et voyages plafonnés à 500 euros hors repas.
    Je n’ai pas trouvé sur le site les frais de demi-pension ou d’internat dans l’hypothèse où ces prestations sont proposées par l’établissement.

    Autant dire que l’établissement accueille des enfants certes intellectuellement précoces comme indiqué sur le site internet cité à la fin de l’article mais aussi dont les parents appartiennent à une catégorie socio-professionnelle supérieure, ce qui facilite sans doute la continuité pédagogique à domicile.

    Ces éléments matériels ne m’empêchent pas de reconnaître le mérite de l’équipe pédagogique.

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    1. Jean-Charles Cailliez (Auteur de l'article)

      Merci Philippe pour votre message,
      J’ai partagé cet expérience sur mon blog car je l’ai trouvée très inspirante et ceci indépendamment du statut de l’école. C’est juste le côté pédagogique qui m’intéresse. Ces élèves sont peut-être des privilégiés, je n’en sais rien. Comme il y a aussi beaucoup d’innovation pédagogique dans les établissements publics, je ne pense pas que cela soit une question de budget ou de sélection d’élèves, mais plutôt en lien avec l’ingéniosité des enseignants. Dans mon université qui est privée, les frais de scolarités sont de 6000 euros par an en moyenne et pourtant certaines de nos filières sont très peu innovantes… les classes préparatoires par exemple… alors que dans le public pour des filières plus professionnelles et à des scolarités de 300 à 500 euros par an, les pédagogies sont très innovantes (car les enseignants n’ont pas le choix avec des élèves brillants, mais pas adaptés à l’enseignement académique). C’est vrai qu’il est plus facile d’innover quand on a les moyens, mais cela n’en est pas la cause. Je trouve que l’expérience de ce lycée à Cagnes-sur-mer montre juste que l’on peut imaginer de le continuité pédagogique qui ne soit pas de juste mettre le cours en ligne. Merci encore pour votre commentaire que je trouve pertinent et bien argumenté. Il nous donne l’occasion de réfléchir intelligemment au fait que l’environnement est un élément important du contexte scolaire quand on veut innover. Cdt, JC2

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      1. Caucheteux

        Bonjour Philippe, Merci beaucoup pour votre commentaire et vous avez raison, les parents qui ont scolarisé leur enfant dans notre établissement, ont fait un choix et en assument, en partie, les conséquences financières. Nous serions très heureux d’être un établissement sous contrat, les salaires des professeurs seraient ainsi pris en charge par les impôts des français. Nous pourrions ainsi faire encore plus baisser les frais de scolarité de nos élèves. Nous cherchons d’ailleurs d’autres mécènes. A ce jour, les parents des élèves pionniers paient une scolarité de 5100 euros et 6800 euros par an pour un coût par élève de 8600 euros par an. A ce jour, les tarifs proposés sont inférieurs au coût réel de la scolarité de chaque élève. La différence est prise en charge par un « mécène ».
        Les frais de scolarité payés par les parents, servent à payer les salaires des professeurs (qui ne sont pas supérieurs à ceux du public) et le loyer de l’établissement.
        Comme vous pourrez le découvrir sur le site du ministère, le coût moyen de la scolarité d’un élève de collège (public, privé sous-contrat) est de 8700 euros par an et par enfant. L’éducation « gratuite » coûte cher et ce coût est « transparent » pour la très grande majorité des français mais réel dans le budget de l’état. Merci encore d’être venu sur notre site internet et ce serait un plaisir de pouvoir échanger avec vous plus avant. Christelle Caucheteux, directrice pédagogique
        https://www.education.gouv.fr/le-budget-et-les-finances-du-systeme-educatif-89252#:~:text=Le%20co%C3%BBt%20d'une%20scolarit%C3%A9,-En%202017%2C%20la&text=Mais%20elle%20varie%20fortement%20suivant,aux%20grandes%20%C3%A9coles%20(C.P.G.E.).

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