De la créativité à l'innovation

Archives par auteur: Jean-Charles Cailliez

Déjà 9 ans ! La classe renversée fait-elle encore envie ?

Pour la 9ème année consécutive, la troisième de l’ère COVID, la classe renversée a été présentée ce 2 décembre 2021 à une nouvelle promotion de 66 étudiants en licence de biologie de la FGES. L’année dernière, en raison du confinement, elle avait été menée entièrement à distance, c’est à dire sans que l’enseignement ne rencontre une seule fois ses élèves en présentiel. Un retour à une situation plus normale cette année, sous réserve de mauvaise surprise avec l’arrivée de la 5ème vague de la pandémie, est donc grandement apprécié qui va permettre tout en tenant compte de ce qui avait fonctionné à distance, de reprendre en classe des exercices intéressants qui stimulent les interactions entre étudiants, leur engagement et leur motivation à collaborer ensemble pour construire le cours. Voici comme les année précédentes, ci-dessous, ce qu’il en ont pensé, dans un premier temps les points jugés plutôt positif, puis leurs craintes, voire même leurs réticences : Impressions positives des 66 étudiants suite à la présentation de la méthodologie de classe renversée : La partie la plus intéressante pour moi est le fait d’inverser le cours car lorsqu’on inverse le cours, les élèves sont toujours 1000 fois plus investis et la… Savoir plus >

Renverser la classe… à chacun sa manière !

Il y a autant de classes renversées que de classes inversées. Cela peut paraître évident, mais il est toujours bon de le rappeler. En effet, plutôt que de vouloir « copier-coller » une nouvelle méthode que l’on trouve pertinente et qui répond aux objectifs que l’on se donne en matière d’innovation pédagogique, il est bien plus efficace de se limiter à s’en inspirer. C’est le contexte de sa classe, ou de son amphi, bien plus que sa matière (même si la nature de celle-ci entre aussi en ligne de compte) qui nécessite de créer soi-même son approche innovante, qu’elle soit renversée ou pas. A titre d’exemple, vous trouverez ci-dessous des descriptions de classes renversées, même si elles n’en portent pas toujours le nom, qui ont été expérimentées dans des contextes différents, que ce soit pour les matières enseignées ou le niveau des élèves concernés. Dans tous les cas, on peut considérer qu’il s’agit de classes renversées, et non uniquement inversées, car le contenu du cours n’est pas livré aux apprenants. Il est conçu par eux-mêmes en totalité ou en partie. L’enseignant va donc endosser une autre posture, tout au moins durant les séances dites « non académiques », qui peut se rapprocher de celle… Savoir plus >

Création d’un cours de Smurtz en atelier pédagogique hybride !

A l’occasion d’une journée d’immersion à l’Université Catholique de Lille, une quinzaine d’enseignants de lycées des Hauts-de-France a participé le 17 novembre 2021 à un atelier pédagogique organisé par HEMiSF4iRE au cours duquel il leur a été proposé d’inventer ensemble un nouveau cours, transdisciplinaire, baptisé cours de « Smurtz », terme ne voulant rien dire en soi, mais dont on peut faire ce que l’on veut. Pour cela, une méthode de travail co-élaborative (codesign) a été menée en regroupant les participants en 3 équipes (deux en présentiel et la troisième avec des participants à distance) et pour un temps de travail de seulement 2 heures et 30 minutes. Pas assez long pour produire de véritables modules, mais suffisant pour se rendre compte de la puissance créative que peuvent mobiliser des enseignants quand on les stimule à créer ensemble, bref, quand on les invite à décloisonner ! Des enseignants aux profils variés. En guise de brise-glace, on a demandé à chaque participant de se définir en une seule phrase de 7 mots, sans indiquer ni leur nom, ni leur prénom. Ce qui a donné : Biologiste curieux de tout et soucieux d’innover – Je suis enseignante de SVT en lycée – Je… Savoir plus >

Et si l’on renversait l’amphi pour un cours magistral plus collaboratif ?

Peut-on imaginer renverser un amphithéâtre de 120 étudiants pour rendre son cours magistral plus collaboratif ? That is the question ! Tout au moins celle que je me pose depuis un mois, plus exactement quand on m’a demandé de construire pour le prochain semestre un nouveau cours en faculté de médecine. Contrairement à ce que je fais d’habitude dans ce blog, c’est à dire partager avec mes lecteurs des expériences en cours, je vais m’essayer à présenter un projet de pédagogie innovante, tel que je viens de l’imaginer, mais qui ne verra le jour qu’à partir du mois de janvier prochain. Pratiquant la classe renversée depuis 2013 dans mon cours de génétique moléculaire en licence de biologie, je ne me suis jamais posé la question d’innover aussi en amphi de médecine et ceci pour deux raisons. J’y préparais mes étudiants au concours de PACES, aujourd’hui en PASS, et j’en avais bien trop devant moi, jusqu’à 650 candidats il y a deux ans, avant la réforme et les deux confinements dus au COVID-19. Aussi, cette année, lorsque l’on m’a demandé de créer un nouveau cours de biologie cellulaire pour des étudiants en deuxième année de Licence Santé, donc toujours en lice… Savoir plus >

Le casting idéal en travail collaboratif !

Lorsque l’on décide de travailler en équipe avec ses collaborateurs, voire avec ses élèves si l’on est enseignant, il est important d’en constituer la composition de manière spécifique. En d’autres termes, il est déconseillé de laisser les personnes se répartir en groupe de manière aléatoire, souvent par affinité, pour au contraire construire  des équipes au fort potentiel, donc réunissant le plus de compétences complémentaires. L’union fait la force, mais seulement si elle est construite de manière efficace ! Comment constituer ces équipes ? Dans une pédagogie collaborative ou dans un atelier de codesign [1], le travail se déroule toujours en équipes. Leur constitution est l’un des facteurs clés de succès du travail qui sera effectué. Aussi pour la constitution de ces équipe, on privilégiera toujours la qualité à la quantité. Il ne s’agit pas de réunir forcément le plus grand nombre de participants, mais de veiller à disposer du maximum de profils différents et complémentaires. Cela permet de réunir les bonnes compétences en faisant appel, par exemple, à toutes les expertises de la classe, quand il s’agit d’innovation pédagogique, ou de l’entreprise quand il s’git d’un atelier de codesign. Les équipes peuvent rester les mêmes du début jusqu’à la fin… Savoir plus >

Vive la résistance au changement !

Il faut lutter contre la résistance au changement ! Combien de fois a-t-on entendu ce leitmotiv dans la bouche de celles et ceux qui nous encouragent à innover ? Très souvent, bien sûr. Mais de quelle résistance et de quels résistants parle-t-on ? S’agit-il de perturbateurs de l’innovation, d’immobilistes radicaux, de frileux du changement dont on s’accorde à dire qu’ils représentent au moins les deux-tiers d’entre nous, pour ne pas dire plus ? Parle-t-on d’une majorité, souvent écrasante, qui aurait forcément tort face à une minorité de créatifs et d’innovateurs qui, de leur côté, auraient raison de vouloir transformer le système de manière radicale ? La question se pose notamment dans le domaine de l’éducation quand on aborde le sujet de l’innovation pédagogique, comme s’il y avait des enseignants créatifs, souvent incompris par le système, voire combattus par les collègues, plus classiques, fervents défenseurs des méthodes académiques. Cette opposition entre deux comportements distincts est-elle normale ou pourrions-nous l’éviter car tout simplement stérile ?     La résistance au changement peut se comprendre. Pour expliquer ce qui nous pousse à lutter contre toute forme de changement, il convient d’en lister les causes principales[1]. Cela commence souvent par une mauvaise compréhension des raisons… Savoir plus >

Suffit-il d’évoluer pour innover en pédagogie ?

Suffit-il d’évoluer pour innover dans ses pratiques pédagogiques ? C’est assurément une condition nécessaire, mais est-elle pour autant suffisante ? Avec l’essor croissant du numérique et des « nouvelles » technologies de l’information et de la communication en enseignement (TICE), dont certaines commencent à dater d’ailleurs, il n’est pas rare de constater que bon nombre d’enseignants pensent innover dans leur pédagogie alors qu’ils se limitent à « introduire quelque chose de nouveau dans un domaine particulier », ce qui est le sens littéral du verbe intransitif « innover » provenant du latin « innovare » (de novus, nouveau). Donc, au plus simple pour innover, on pourrait se limiter à faire la même chose, mais en utilisant des méthodes et des outils différents ? Prenons par exemple un enseignant qui a l’habitude de dispenser son cours de façon magistral. Au début de sa carrière, il utilise un tableau noir et une craie pour reporter au tableau ce qu’il pense être utile à la bonne compréhension de son exposé par ses élèves. Au fil du temps, il s’adapte aux innovations technologiques. Il troque ce tableau noir aux allures d’ardoise pour un nouveau, cette fois-ci blanc, en Velléda sur lequel il peut continuer à faire les mêmes… Savoir plus >

Je déteste l’innovation !

Innover, innover… il faut innover ! Toujours le même discours, la même injonction, comme s’il fallait absolument innover quelle que soit la situation, comme s’il était urgent de s’y mettre rapidement pour ne pas disparaître, comme s’il était évident que l’on n’ait plus le choix ! Nombreux sont ceux qui nous poussent à franchir ce pas, sous peine de nous plonger irrémédiablement dans la catégorie des « has been », des dépassés, de ceux qui n’ont pas encore compris que le monde avait changé et qu’il fallait absolument ne plus se comporter comme avant. Refuser d’innover nous stigmatiserait comme ceux qui, non seulement ne veulent rien changer, mais s’emploieraient de plus à mobiliser leurs forces pour organiser la résistance au changement. La bonne question serait peut-être de se demander pourquoi innover si l’on n’en perçoit pas la nécessité ou simplement si l’on n’en a pas envie ? Pour quelles raisons céder alors à l’injonction ? Est-ce suffisant de s’entendre dire qu’il faut absolument le faire et… point barre ? Qui plus est, quand cette « invitation » provient d’experts ou de sachants qui s’évertuent à vous faire comprendre, avec très peu d’humilité, qu’ils ont perçu la complexité du monde, et qu’après vous l’avoir expliquée, vous allez avoir immédiatement… Savoir plus >

Comment innover par intelligence co-élaborative ?

S’il y a bien une chose que vous n’avez jamais rencontrée, tout simplement parce qu’elle n’existe pas, c’est un « cactus à roulettes » ! Pourquoi telle bizarrerie aurait-elle été imaginée d’ailleurs… quel intérêt ? Aucun et c’est sans doute pour cela que personne ne l’a jamais inventée ! Cet ouvrage de Jean-Charles CAILLIEZ et Delphine CARISSIMO-MARQUIZEAU, illustré par Charles HENIN avec plus de 150 dessins, est une invitation à voyager à travers les étapes qui mènent de l’inspiration à l’innovation en passant par la créativité. Il vous offre pour cela une boîte à outils assez bien fournie et des illustrations de terrain basées sur l’expérimentation. On est bien dans le « faire » et pas uniquement le « penser » ! La réflexion qui nait de la métaphore du cactus à roulettes nous aide à répondre à cette question : Comment peut-on insuffler une dynamique d’innovation dans son écosystème et quelles sont les conditions favorables à l’émergence d’une communauté apprenante ? Tout ce qu’il faut pour s’engager dans une démarche d’innovation durable ! Cet ouvrage n’a pas été conçu comme une production scientifique. Il ne s’agit pas non plus d’un manuel de pratiques tel qu’il en existe pléthore dans les rayons de… Savoir plus >

La classe renversée en 100% distanciel… qu’en ont pensé les étudiants ?

Après plus de trente ans d’enseignement à l’université, je n’aurais jamais imaginé passer un semestre complet à faire cours 100% en ligne à des étudiants que je n’avais jamais vus, que je ne pourrais pas voir et que je ne verrais jamais plus ! Il aura fallu un nouveau confinement en raison de la pandémie de COVID-19 pour que je vive cela. Pour la première et dernière fois de ma carrière je l’espère ! La classe renversée qui s’inverse à distance. L’année dernière à partir de mars 2020, la situation avait été un peu différente car j’avais déjà terminé les deux tiers de mon cours en classe lorsque nous avions dû passer à distance. Je connaissais donc bien tous mes étudiants, 48 au total, et il m’a été assez facile de m’organiser avec eux pour poursuivre le semestre en distanciel. Ma classe « renversée » dans laquelle je leur demande de construire le cours en équipes, s’était ainsi transformée en classe « inversée » à distance. Cela a consisté à leur faire des mises au point sur des notions de génétique, à répondre à leurs questions pour leur apporter un renforcement de connaissances en lien avec leurs chapitres. La classe reversée en 100% distanciel…. Savoir plus >