De la créativité à l'innovation

Réflexion

Chasse à l’innovation pédagogique… l’oeil affûté du trappeur québécois !

À la chasse aux innovations pédagogiques : retour sur le cours de génétique en DIY. Merci à Louis-Etienne DUBOIS, candidat Ph.D (management) à HEC Montréal et MINES ParisTech, chercheur associé à l’Université Catholique de Lille pour son regard aiguisé face à mon expérience d’innovation pédagogique pour des étudiants en licence de sciences de la vie. Peut-être parce que la pédagogie nouvelle s’appréhende mieux à la pénombre, un peu comme à la chasse où l’aurore, c’est bien connu, est souvent le moment le plus propice aux prises légendaires (on m’accusera au passage d’entretenir ici le mythe du canadien trappeur). Peut-être parce que les nouveaux modes d’enseignement se vivent mieux en état de semi-éveil, au beau milieu d’un cycle circadien ou encore en déficit de vitamine D dû au manque de luminosité d’un matin de février à Lille. Toujours est-il qu’il fallait se lever de bonne heure pour apercevoir la bête et prendre part à la nouvelle mouture du cours de génétique telle que proposée par Jean-Charles Cailliez. Un bien petit sacrifice pour être aux premières loges de cette expérience unique, sur laquelle je vous livre ici mes premières impressions.

Avec l’interro « 100% DIY », les étudiants se débrouillent seuls. Plus besoin du prof !

Peut-on imaginer une interrogation en début de cours, sans que le professeur n’intervienne, ni pour le choix ou la formulation des questions, ni pour la construction du barème, ni pour la surveillance de l’épreuve, ni pour la correction des copies ? Bref, seulement pour récupérer les notes ! L’expérimentation a eu lieu le jeudi 23 janvier 2014 à la Faculté Libre des Sciences et Technologies (FLST) de l’Université Catholique de Lille lors du cours de Génétique moléculaire en « Do It Yourself » en licence 3.

La cinquième discipline… vers l’art et la pratique d’une recherche apprenante ?

La recherche, une organisation « intelligente » ? Dans son ouvrage intitulé « La Cinquième Discipline » (The Fifth Discipline, the Art & Practices of the Learning Organization, Editions FIRST, 1991), réédité en 2012 (version française cosignée avec Alain GAUTHIER, collègue de l’auteur et consultant en développement d’équipes dirigeantes), Peter SENGE, professeur au Massachussetts Institute of Technology (MIT), directeur du Learning Center de la Sloan School of Management du MIT, associé fondateur du cabinet de conseil Innovation Associates et fondateur de la Society for Organizational Learning (SOL), décrit ce que sont les organisations « intelligentes », celles qui luttent contre le cloisonnement et la dilution de leurs forces pour penser et travailler de manière globale. Son ouvrage s’adresse aux manageurs désireux d’élever le niveau de performance de leur entreprise en y associant leurs collègues dans un véritable esprit d’équipe. Les cinq disciplines qui se combinent pour construire ces organisations dites « intelligentes » sont la maîtrise personnelle, la remise en question des modèles mentaux, la vision partagée, l’apprentissage en équipe et enfin, la pensée systémique ou cinquième discipline.

Comment gérer la créativité dans une organisation innovante ? Le point de vue éclairant d’un jeune chercheur.

Il ne suffit pas de favoriser la créativité ou de développer des méthodes de co-innovation en entreprise pour penser que tout ira mieux dans le meilleur des mondes. Encore faut-il construire des équipes de créatifs et les gérer dans toute leur complexité. Ceci est le sujet d’un article remarquable, publié récemment par un jeune chercheur de Montréal, Louis-Etienne DUBOIS (doctorant à HEC Montréal et à Mines PariTech, associé au Centre de Gestion Scientifique et à l’Université Catholique de Lille dans le cadre du Laboratoire d’Innovation Pédagogique et de l’Ecole des doctorants, cofinancement de thèse porté par « Lille Métropole Communauté Urbaine » dans le cadre de sa compétence Recherche) dans la revue Gestion vol. 38, n°3 (Automne 2013) et téléchargeable en cliquant sur ; « Dubois_2013_Gestion«  Comme le souligne l’auteur, si le développement de la créativité est une priorité dans les organisations innovantes, les défis que cela entraine en matière de gestion de ces nouvelles ressources humaines sont considérables. En faire abstraction serait une erreur. Dans son article, Louis-Etienne Dubois détaille les pratiques mises en œuvre aujourd’hui par les dirigeants qui croient en l’innovation et qui permettent de bien la gérer au quotidien et d’en évaluer les rendements. Il s’appuie sur des entretiens de managers de personnels créatifs et… Savoir plus >

Chercheurs innovants : quand le hasard fait bien les choses !

Dans un excellent billet intitulé « Innovation and Serendipity«  posté en juin 2013 par Ralph OHR, l’auteur met en évidence le fait que le hasard heureux peut se provoquer. On parle de sérendipité, c’est à dire de la façon de trouver quelque chose de nouveau sans le chercher spécifiquement, mais en créant toutes les conditions qui feront que cela arrive. Il ne suffit donc pas de penser que « le hasard fait bien les choses » comme dans le cas de nombreuses découvertes, de la pénicilline à la tarte Tatin en passant par le post-it, encore faut-il le provoquer ! On peut alors imaginer, et je ne m’en prive pas, que cela est vrai aussi dans le domaine de la recherche… et que c’est même incontournable dans celui de l’innovation au sens le plus large. Afin de faire de nouvelles découvertes, tout au moins de belles avancées dans le domaine de la connaissance, il faut emprunter de nouveaux chemins. Ceux-ci sont sans doute un peu moins académiques qu’attendus, mais qu’à cela ne tienne. Facile à dire, mais alors comment faire ?

Et si nos deux pouces nous invitaient à changer le monde ?

Avant d’enseigner quoi que ce soit à qui que ce soit, au moins faut-il le connaître. Qui se présente, aujourd’hui, à l’école, au collège, au lycée, à l’université ? Telles sont les premières lignes, en guise de préface, du livre de Michel SERRES « Petite Poucette », paru aux Editions Le Pommier. Mais qui est cette héroïne, nouvel humain du XXIème siècle, à laquelle l’auteur fait allusion ? Quelle est donc cette créature qui utilise nuit et jour ses deux petits pouces en complément de son cerveau ? Pour le savoir, il vous suffira juste de passer une heure à lire les 82 pages de son ouvrage remarquable dont le sous-titre est :« Le monde a tellement changé que les jeunes doivent tout réinventer : une manière de vivre ensemble, des institutions, une manière d’être et de connaître… »

Envie d’innover ? Imaginez que vous êtes une fourmi !

En matière d’intelligence, les animaux peuvent être de bon conseil. C’est sans doute vrai dans le domaine des interactions collaboratives avec le phénomène de la stigmergie. Ce terme barbare, s’il en est, désigne un mode de communication inspiré du comportement de certains insectes comme les fourmis ou les termites, chez lesquels les individus peuvent modifier leur environnement pour satisfaire à leurs besoins. Il s’agit d’un mode de communication indirect appartenant aux systèmes multi-agents. Les insectes coloniaux le pratiquent en utilisant des molécules chimiques, en l’occurence des phéromones, qu’ils fabriquent eux-mêmes avant de se les échanger entre eux ou de les déposer sur le sol. C’est la modification de l’environnement par certains qui provoque celle du comportement chez les autres. On notera par exemple la recherche de nourriture sur des pistes tracées ou la construction de certaines structures complexes (piliers, tunnels, arches, chambres,…) nécessaires à la vie de la colonie.

Et pourquoi pas une Habilitation à Diriger des Projets (HDP) ?

Depuis 1984 avec la loi Savary, l’Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) a fait son son nid dans l’enseignement supérieur et la recherche en France. Je l’ai décrochée moi-même en 1998, ce qui commence à dater un peu. Ce diplôme d’état franco-français qui fait suite au doctorat d’université permet de postuler à un poste de Professeur d’Université ou de Directeur de Recherche dans la fonction publique. C’est le diplôme universitaire le plus élevé en France, mais son mode d’obtention est très variable d’une université à l’autre. Pour l’obtenir, il faut en principe (car il y a bien sûr des exceptions) être titulaire d’un doctorat d’université. Il faut, comme dans le cas d’une thèse de doctorat, déposer son mémoire (synthèse de l’activité scientifique et publications) de manière à ce qu’il soit examiné par des rapporteurs. Puis, vient le jour de la soutenance devant un jury.

Plus de temps à perdre… il faut créer des innovateurs !

Créons des innovateurs ! Soutenons la créativité et l’innovation ! Progressivement, le message commence à se faire entendre en France par un plus grand nombre d’entreprises et d’organismes de formation, même si tout le monde n’a pas attendu aujourd’hui pour s’en préoccuper. Cela est une bonne nouvelle, mais nous n’en sommes qu’au début. Certains pays comme les Etats-Unis, le Japon ou la Corée ont pris de l’avance. L’Union Européenne les talonne de près. A l’échelle hexagonale, le chemin est encore long… mais petit à petit, le fossé se comble.

Soutenir sa thèse de manière innovante ? I have a dream !

La soutenance de thèse est un exercice imposé dans la majorité des universités françaises. Son déroulé est presque toujours le même. Elle s’exécute par l’impétrant, c’est à dire le doctorant qui la soutient, devant un jury de pairs composé généralement d’un président, de deux rapporteurs ayant livré leur avis d’experts sur la qualité du travail et d’autres membres éminents dont bien sûr le directeur de thèse. Son déroulé est presque toujours le même. Il commence par un exposé de 35 à 45 minutes, puis se poursuit par une série de commentaires et de questions provenant de chacun des membres du jury. Si tout se passe bien, ce qui est souvent le cas, la délibération qui s’en suit proclame « docteur d’université » celui (ou celle) vers qui tous les regards se sont concentrés durant l’épreuve.