De la créativité à l'innovation

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Au revoir les notes sur 20,… la classe renversée préfère les bons points !

Dans la classe renversée, puisque les étudiants produisent eux-mêmes le cours en se connectant sur internet ou en consultant des ouvrages disciplinaires, il n’est plus nécessaire de focaliser le contrôle continu sur la seule évaluation de leurs connaissances. On réservera cela à l’examen final. La méthode de contrôle continu qui est choisie est alors celle de l’attribution de points, additionnables sans maximum de manière à obtenir des scores à la place de la sempiternelle note sur 20. Utiliser des points en guise de scores, comme on utilisait auparavant à l’école primaire des « bons points » n’est pas un problème. Il est toujours possible ensuite de les transformer en notes sur 20 à la fin du module, ne serait-ce que pour pouvoir les moyenner, éventuellement, avec celles d’un devoir surveillé ou d’un exposé qui serait noté en conditions « normales ». Les scores correspondent à une addition de points que les étudiants obtiennent, soit à titre individuel, soit par le travail en équipe. Ils constituent un véritable capital qui ne demande qu’à être bonifié.

Les étudiants sont-ils prêts à être évalués de manière innovante ? Leur avis après un semestre de classe renversée.

Peut-on faire de l’innovation pédagogique sans changer son mode d’évaluation ? Cela semble peu probable, pour ne pas dire impossible. Ceci dit, on ne choisit pas toujours le mode d’évaluation final qui est généralement imposé par la formation. Il faut alors essayer d’innover lors du contrôle continu qui est souvent plus libre, c’est-à-dire laissé à l’initiative de l’enseignant. Dans la classe renversée telle que nous l’avons expérimentée à Lille, le contrôle continu est consacré presqu’exclusivement au mode d’organisation de chaque groupe d’étudiants, au comportement et à l’implication de ses membres pendant les séances, au respect des livrables. Le contrôle des connaissances y est inclus de manière plus exceptionnelle. Il se fait notamment par des interrogations posées à chaque groupe avec attente de réponse collective. Une seule note est donnée par groupe, mais avec un système de bonus (participatif) et malus (absence non justifiée, par exemple) permettant de moduler l’évaluation d’un étudiant à l’autre.

L’évaluation inversée,… une autre façon d’aborder l’innovation pédagogique !

A lire ci-dessous, une interview de Jean-Charles CAILLIEZ par Aurore ABDOUL-MANINROUDINE (AEF) intitulée : « L’évaluation inversée permet d’évaluer les compétences et non les connaissances » À l’Université catholique de Lille, « nous avons décidé de changer certaines de nos approches en essayant de partir de l’évaluation pour aborder l’innovation pédagogique », indique Jean-Charles Cailliez, vice-président Innovation et développement de l’université et directeur du Laboratoire d’Innovation Pédagogique (LIP), dans un entretien à AEF le 12 janvier 2015. « En effet, poursuit-il, innover dans l’évaluation oblige à faire évoluer son enseignement. L’inverse n’est pas vrai. » Il revient notamment sur les expérimentations d’ »évaluation inversée » menées dans le cadre de son cours de génétique moléculaire de L3 depuis l’an dernier : « Les étudiants construisent le cours eux-mêmes et le professeur qui les accompagne peut se transformer en ‘étudiant‘. Ce changement de posture va permettre aux étudiants d’évaluer ses connaissances et à ce dernier d’évaluer en retour leurs compétences ». Do it Yourself ! Des étudiants de L3 ont expérimenté le 13 février 2014, lors d’un cours de génétique moléculaire, « un DS dans lequel le rôle de l’enseignant se limite à ouvrir la porte aux étudiants, les laisser s’organiser de manière autonome et à attendre les notes en fin d’épreuve« …. Savoir plus >

La peur de l’examen disparait-elle avec l’innovation pédagogique ? Sans doute pas !!!!

La peur de l’examen, le stress au moment de le passer,… peuvent-ils disparaître lorsque l’on emploie des méthodes pédagogiques innovantes ? Ou bien, est-ce le contraire ? Les innovations pédagogiques n’augmentent-elles pas le risque de stress pour une population d’étudiants tellement habituée à être interrogée de la même manière ? C’est ce que l’on a voulu savoir dans le cadre du cours de Génétique moléculaire en DIY. Comme vous l’avez lu dans les épisodes précédents, les étudiants qui construisent le cours eux-mêmes ne sont plus évalués sur la base de leurs connaissances en contrôle continu, mais sur leurs aptitudes à respecter les délais de livraison d’un chapitre et à se transmettre les chapitres d’un groupe à l’autre pour la phase d’apprentissage. Ils organisent eux-mêmes les QCM, interrogations et même le DS. La seule chose qui ne change pas est l’examen final qui sera individuel, sans document et rédigé de manière anonyme (normal pour un examen universitaire). Aussi, les étudiants commencent à se poser des questions… le stress monte ! Voici ci-dessous leurs satisfactions et leurs appréhensions quant aux méthodes d’évaluation qui leur ont été proposées pour le contrôle continu (évaluation des compétences) et pour l’examen (évaluation de connaissances) :

L’interro inversée… quand les étudiants posent les questions et notent le prof !

Imaginez que l’on inverse les rôles et que ce soit aux étudiants d’évaluer les profs ? Je ne parle pas d’évaluation de la qualité de leurs enseignements, mais bien de leurs connaissances ! En d’autres termes, imaginez que des étudiants rédigent eux-mêmes une interrogation écrite ou un devoir surveillé en lien avec leur cours et qu’ils construisent en même temps le barème. Ils pourraient alors interroger leur professeur… et même le noter sur 20. Ce serait le monde à l’envers ! Et bien, l’expérience a été tentée cette semaine à la Faculté des Sciences et Technologies de l’Université Catholique de Lille avec des étudiants en troisième année de licence de biologie dans le cadre du cours de génétique moléculaire en DIY (http://blog.educpros.fr/jean-charles-cailliez/2013/11/25/do-it-yourself-et-serious-game-pour-une-pedagogie-innovante-a-luniversite). On leur a demandé de formuler des questions à 5 points avec un barème de leur choix. Les questions ont été rédigées par 6 groupes construisant chacun 2 chapitres du cours. Charge au professeur, en l’occurrence votre humble serviteur, de répondre à ces questions et de rendre sa copie à l’ensemble de la classe. L’interro inversée… plus fort que la classe inversée ! Angoisse de l’attente de la note pour celui qui avait plutôt l’habitude de corriger ses copies et non de les rédiger. Les… Savoir plus >

Avec l’interro « 100% DIY », les étudiants se débrouillent seuls. Plus besoin du prof !

Peut-on imaginer une interrogation en début de cours, sans que le professeur n’intervienne, ni pour le choix ou la formulation des questions, ni pour la construction du barème, ni pour la surveillance de l’épreuve, ni pour la correction des copies ? Bref, seulement pour récupérer les notes ! L’expérimentation a eu lieu le jeudi 23 janvier 2014 à la Faculté Libre des Sciences et Technologies (FLST) de l’Université Catholique de Lille lors du cours de Génétique moléculaire en « Do It Yourself » en licence 3.