L’après-STRANES

Aucune des lectures du rapport STRANES ne propose que cette Stratégie Nationale de l’Enseignement Supérieur soit effectivement l’outil stratégique majeur de la décennie à venir.

L’enseignement supérieur et la recherche ont besoin d’un outil stratégique partagé, pas n’importe lequel, pas un outil faufilé par des politiques … que d’autres auront tôt fait de défaire. Voilà, jointe au découragement qui gagne les personnels, la cause de l’apparent immobilisme. Les moyens existent de cesser de (se) dire, à propos du monde enseignant, « l’immobilisme est en marche! Il ne s’arrêtera plus! »… Il est urgent de mettre fin au mépris.

La première urgence sera de rompre (enfin) avec la langue de bois qui se croit politique et n’est jamais que trompeuse, de se défaire des pièges accumulés au fil du temps où les démagogies rivalisent avec les intérêts particuliers, où la myopie des uns se mesure à l’aveuglement des autres, enfin, surtout, de cesser de gaspiller, de réformes vaines en épuisantes rodomontades, ces trésors de loyauté envers l’institution universitaire, qui pourraient tellement mieux servir le progrès de la science, les étudiants, leurs formations.

Fonder une stratégie c’est identifier les besoins et définir les moyens d’accueillir vraiment les étudiants dans de bonnes conditions et d’attirer  les enseignants-chercheurs, c’est à dire expliquer comment financer les établissements et leurs politiques à hauteur des nécessités, y compris en allant chercher les financements dont l’Etat ne dispose(rait) pas.

C’est aussi cesser de (faire) croire que tous les établissements dispensent les mêmes formations, toutes unies, de la prestigieuse université renforcée par les IDEX et le PIA, aux universités de proximité que vante Thierry Mandon … car il y trouve -à frais réduits- les structures où affecter ces jeunes que tant de formations post-bac refusent et que le marché de l’emploi n’est pas en mesure d’absorber.

Même au pays enchanté des bizounours tout ne vaut pas tout, pas même réciproquement …

Que ceux qui en doutent interrogent les parents d’étudiants qui appartiennent aux fameuses  » CSP  »  pour savoir où ils inscrivent leurs enfants pour le premier cycle du supérieur (non compris les filières où la formation n’est dispensée que par l’université, ainsi le droit ou la médecine)

 

Fonder une stratégie, pour en revenir à une formule trop peu appliquée, passe par l’analyse concrète de la situation concrète … Qui parmi les ors de la République est prêt à sortir du rang, dire « Chiche » et se mettre au travail ….

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