ComUEs d’initiative citoyenne ?

Cinq ans après sa promulgation, la loi ESR Fioraso est largement relue avec la publication de l’ordonnance du 13 décembre.

voir :https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/une-ordonnance-au-secours-des-comue-chancelantes.html pour une présentation du texte

Même si l’annonce n’en est pas aussi claire qu’elle pourrait être, le constat qui a mené à cette ordonnance reste celui de la grande difficulté qu’ont les ComUEs à s’implanter efficacement comme en témoigne notamment l’impasse où se trouve la ComUE de Bourgogne-Franche-Comté comme celle où s’est enfermée la ComUE de Bretagne-Loire.

Plus globalement, c’est la stratégie de site voulue par le MESRI, qui est en difficulté. Le redécoupage des régions en Régions de plus grande ampleur modifie le périmètre des sites sur lesquels les ComUEs avaient d’abord été pensées. Simultanément ces sites ont été structurellement modifiés par la création progressive d’universités métropolitaines fusionnées.

La situation en Nouvelle Aquitaine offre ainsi un exemple probant des contradictions et apories à l’oeuvre. La création d’une grande Région Aquitaine a pu, un temps, fonder le souhait exprimé début 2016 par le président de la Région Aquitaine, Alain Rousset, que sa Région s’intéresse à l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur implantés sur son territoire. Les universités de La Rochelle, Poitiers et Limoges auraient alors intégré la ComUE Aquitaine. Cette même ComUE Aquitaine , à l’épreuve de la réalité a montré qu’elle ne répondait pas aux attentes de ses membres, notamment celles de l’université de Bordeaux dont le conseil d’administration, en décembre 2017, par 19 voix pour, 7 contre et 6 abstentions, a adopté une délibération engageant le processus de retrait de la ComUE. Rappelons pour mémoire que lors de la création en 2014, de l’université de Bordeaux, l’université Bordeaux 3 a résolu de ne pas se fondre dans le nouvel établissement, désormais elle coexiste avec lui, sous la dénomination Bordeaux-Montaigne.

On conviendra que les conditions de la clarté et de l’efficacité ne sont pas réunies !

On observe aussi que le modèle ComUE n’a jamais trouvé de légitimité en Ile France et n’y a finalement pas pesé dans la création des idex.

La notion de chef de file qui semblait importante, sinon centrale, dans le dispositif original de la loi ESR, est abandonnée avec l’ordonnance. En fait, ce texte fait des ComUEs les outils possibles d’une coopération sans modèle commun imposé à tous mais à la discrétion des partenaires, selon leurs ententes.

On pourrait aussi dire que les ComUEs sont devenues optionnelles ou encore que le projet va désormais l’emporter sur la structure, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise idée …

… encore une étape dans l’analyse et la question du maintien de ComUEs se posera. Les ComUEs, en effet, ne sont pas simplement des entités abstraites, ce sont des établissements avec des besoins, souvent importants, en locaux et en personnels. Il paraît normal que les évaluations menées, notamment par le HCERES, examinent la valeur ajoutée par l’existence de cette couche supplémentaire du mille feuilles ! A l’heure où les budgets sont si contraints mais aussi où les labellisations idex et i-site marquent les regroupements et où les ComUEs n’ont plus la fonction préfiguratrice qu’elles ont pu (sembler) avoir, n’est-il pas logique de concentrer les moyens sur les objectifs annoncés plutôt que de les disperser ?

Le nouveau défi est à rapprocher de l’aspect facultatif des ComUEs ; que les établissements qui estiment devoir les maintenir le disent et en fixent les objectifs et les moyens dédiés.

Pour poser la question dans un contexte concret : ne faudrait-il pas s’interroger sur la fonction réelle, les missions et le périmètre de l’actuelle ComUE du Nord Pas de Calais alors que la région est devenue celle des Hauts de France et que la fusion des universités lilloises est faite ?

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1 Comment

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One Response to ComUEs d’initiative citoyenne ?

  1. Sirius

    Il faut dire les choses franchement. La loi Fioraso et ses Comues sont une réforme ratée. Elles exprimaient le rêve socialiste d’une université unique obligatoire dans chaque région. Les Comues doivent donc disparaître en tant que telles. Elles sont couteuses, inutiles et même néfastes. Elles font un tort immense à la réputation des (vraie) universités françaises dans le monde en portant le nom d’université. Qu’elle ne sont pas.

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