Donnons sa place à l’éducation dans le grand débat national

L’éducation est absente des thèmes du grand débat national.

Pourtant :

  • Le développement du système éducatif est un des moyens majeurs de lutte contre la pauvreté, la précarité et le chômage.
  • La question de l’école est aussi celle de la violence symbolique d’une croissante non-mixité sociale.
  • L’éducation est un atout décisif dans la lutte contre les affirmations des complotistes et les promesses simplistes.

Ouvrir le grand débat à la manière dont se construisent côte à côte, idées, principes … et rumeurs, n’était-ce pas intervenir au cœur de la réalité contradictoire d’aujourd’hui, faite à la fois de l’affirmation d’un sentiment d’exclusion et d’une complicité retrouvée dans les cahutes et sur les rond-points (voir à ce sujet le récit de Florence Aubenas https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/15/sur-les-ronds-points-les-gilets-jaunes-a-la-croisee-des-chemins_5397928_3224.html ).

Donner sa place à l’éducation c’est par exemple prendre en compte l’enquête TIMSS 2015 qui pointe la position de la France, la dernière parmi les pays européens de l’échantillon, quant aux résultats des élèves de CM1 en mathématiques et en sciences, c’est aussi prendre en compte la faible valorisation du métier d’enseignant dans la société, et la forte détérioration de son attractivité. Sur ces questions on consultera – par exemple – la récente Lettre électronique Trésor-Éco (élaborée sous la responsabilité de la direction générale du Trésor ;

Le risque majeur de ce débat tient précisément à ceux qui en sont l’occasion, ces « gilets jaunes », plus exactement la manière dont certains de leurs porte-paroles (?) envisagent analyses et discussions. Parallèlement, si au-delà des violences et des dérives, une stratégie d’ensemble est à établir et partager, le seul volontarisme ne peut être imposé au détriment de la négociation entre les acteurs sociaux.

Donner sa place à l’éducation, c’est, par exemple prendre en compte l’enquête YIMMS 2015 qui pointe la position de la France, la dernière parmi les pays européens de l’échantillon, quant aux résultats des élèves de CM1 en mathématiques et en sciences, c’est aussi prendre en compte la faible valorisation du métier d’enseignant dans la société française, et la forte détérioration de son attractivité. Sur ces questions on consultera – par exemple – la récente Lettre électronique Trésor-eco (élaborée sous la responsabilité de la direction générale du Trésor :https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/30e608dc-3e65-47a2-928c-fd7535f6d03b/files/090751dc-3251-4851-a3c9-e9309808c6b5). Ce avec d’autant plus de profit que le document plaide pour un mesure de l’efficience des mesures pour l’école, question ouverte !

La crise actuelle est analysée en termes de fractures, de « deux France » . Cette clef de déchiffrement a déjà été présentée, ainsi, pèle-mèle, par Alain Lipietz, éphémère candidat écologiste lors de la présidentielle de 2002 (« La Société en sablier », ouvrage paru en 1996, réédité en 1998), le journal « Le Monde » à l’occasion de la campagne opposant Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy (https://www.lemonde.fr/societe/article/2007/05/05/le-losange-ou-le-sablier-par-eric-le-boucher_905897_3224.html), Jean-Marc Vittori, dans son ouvrage intitulé « l’effet sablier » (pour une présentation voir ici : https://www.grasset.fr/leffet-sablier-9782246755418) … Ces quelques jalons exposent le passage de ce qui fut la structuration de la société en pyramide, petite pointe rassemblant une bourgeoisie fortunée et large base de travailleurs pauvres, au losange des Trente Glorieuses, marqué par un accroissement considérable de la classe moyenne, pour passer enfin au sablier où les couches intermédiaires sont raréfiées et où s’opposent deux catégories d’emplois, et donc de revenus, des postes de services faiblement qualifiés, et des postes de cadres hautement qualifiés.

La diffusion des nouvelles technologies et l’évolution rapide des moyens de communication créent naturellement un sentiment de facilitation des entreprises citoyennes, pétition, liste de citoyens validant la demande d’un référendum. D’intéressantes avancées démocratiques se profilent. A condition pourtant de mesurer que cette diffusion est aussi l’occasion d’une submersion sous les vagues d’infaux, d’une domination de la raison par l’émotion, de « débats » qui ne s’embarrassent ni d’authentifications ni de validations. On a récemment pu observer comment l’obscurantisme délibéré de falsificateurs s’est emparé du pacte de Marrakech ou du nouveau traité d’Aix-la-Chapelle.

En ces temps où, ici et là, la tendance est à se réclamer de la Révolution Française, que ne gagnerait-on pas à se rappeler les propos de Talleyrand développant, dès l’ouverture de son rapport sur l’instruction publique, cette idée que la Constitution serait incomplète si l’on n’y ajoutait l’Instruction publique « qui embrasse un ordre de fonctions distinctes qui doivent agir sans relâche sur le perfectionnement du corps politique et la prospérité générale » (rapport présenté à l’Assemblée nationale les 10, 11 et 12 septembre 1791, voir : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85454v/f2.image ).

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