Mixité dans l’enseignement supérieur, entre phantasmes et réalité

Posted by Joël Echevarria on avril 28th, 2016 under grandes écoles, Mixité, universités  •  No Comments

Aucun acteur de l’éducation, et au-delà, aucun citoyen, ne peut être insensible aux enjeux de la mixité sociale dans l’enseignement supérieur. Par-delà les clivages, parfois artificiellement entretenus, entre Université et Grandes Ecoles, les questions du renouvellement des élites et des plafonds de verre méritent un débat dépassionné. Avec l’ambition de trouver des bribes de réponses pragmatiques. L’Ecole d’économie de Toulouse pousse ses pions sur ce terrain.

La non-mixité dans l’enseignement supérieur atteint des proportions alarmantes, comme le montrent les chiffres froids et cruels des statistiques officielles. Et la forte sous-représentation des enfants d’ouvriers et la surreprésentation des enfants de cadres constatées sont encore renforcées dans les formations sélectives ou longues (CPGE, grandes écoles, Masters universitaires) : selon les données MENESR-DGESIP 2014-2015 sur l’enseignement supérieur, les enfants d’ouvriers représentent  moins de 11% des effectifs (alors qu’ils pèsent plus de 29% de la population des 18/23 ans) et les enfants de cadres plus de 30% (pour 17,5% dans la population). En CPGE, la proportion est de 50% de fils de Cadres et 6,4% de fils d’ouvriers et  dans les ENS c’est 53% de fils de cadres pour moins de 3% de fils d’ouvriers. Et des inégalités fortes au sein même de l’Université : les fils d’ouvriers sont  12,7% en Licence et seulement 7,8% en Master,, là où les fils de Cadres pèsent  28% en Licence et 33,5% en master.

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Prix Nobel d’Economie : t’as le bonjour d’Alfred (3)

Posted by Joël Echevarria on novembre 28th, 2014 under international, prix nobel, Recherche scientifique Tags: , , ,  •  No Comments

Comment expliquer l’engouement suscité par le Nobel de Jean Tirole ? Il est difficile d’imaginer ce que l’obtention d’une telle distinction engendre. Jean Tirole avait déjà reçu les deux plus hautes distinctions scientifiques françaises, la Médaille d’Or du CNRS et le Prix Claude Levi-Strauss. Mais ces décorations, si elles revenaient à un scientifique d’exception, n’avaient pas la portée médiatique du Nobel. Le monde entier connait ce prix, et même si bien souvent peu de citoyens lambda comprennent réellement la portée de la recherche ainsi récompensée, chacun décode qu’il s’agit de la plus haute distinction mondiale pour un chercheur.

Dans le cas d’espèce de Jean Tirole, trois facteurs viennent renforcer encore cet impact médiatique. Read the rest of this entry »

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Prix Nobel d’économie : « T’as le bonjour d’Alfred… » (épisode 2)

Posted by Joël Echevarria on octobre 28th, 2014 under prix nobel, Recherche scientifique Tags: , , , ,  •  No Comments

Malgré toutes les interviewes accordées par Jean Tirole depuis le 13 octobre dernier, il est toujours bien difficile d’appréhender le travail de chercheur et le plaisir qu’il trouve à retrouver son bureau, ses amphis et ses étudiants. Le chercheur n’est pas « programmé » pour hanter les plateaux télé ou les studios de radio. Si à 20 ou 24 ans il a fait le choix de s’orienter vers le doctorat, et donc vers la recherche, c’est avant tout par soif de savoir, envie de comprendre, goût pour la confrontation d’idées. Surement pas pour avoir un jour à compacter en 3 mn des travaux qu’il a mis des années à faire aboutir (même si la vulgarisation doit faire partie de ses missions, nous y reviendrons).

TiroleTableau Read the rest of this entry »

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Prix Nobel d’économie : « T’as le bonjour d’Alfred… » (épisode 1)

Posted by Joël Echevarria on octobre 19th, 2014 under prix nobel, Recherche scientifique Tags: , ,  •  No Comments

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Vivre de l’intérieur et en direct le tsunami « Nobel d’économie» est une expérience unique. Le sentiment pour toute une équipe d’être tombé depuis quelques jours dans le tambour d’un lave-linge en position « essorage ».

Il faut dire que la France attendait un Nobel d’économie depuis Maurice Allais, en 1988. Et même si un heureux hasard a permis à la France d’être « primée » deux fois en 2014 (avec Patrick Modiano), l’impact médiatique d’un Nobel d’économie est sans commune mesure.

Un des mérites de tous ces projecteurs braqués sur Jean Tirole est de permettre au lauréat de parler de son métier de chercheur, lui qui était un inconnu du grand public jusqu’à ce lundi 13 octobre 13h.

Car si tous les journalistes sans exception demandent désormais au Nobel 2014 quelles sont ses recettes pour sortir la France ou l’Europe  du marasme économique, il répond sans relâche que le temps (et le rôle) du chercheur n’est pas celui du politique. A l’heure où tout va plus vite, où les technologies de l’information abolissent fuseaux horaires et frontières, où l’immédiateté prend le pas sur la prise de recul, le chercheur devient une bête curieuse ! Read the rest of this entry »

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La business school est-il un business comme un autre ?

Posted by Joël Echevarria on septembre 7th, 2014 under gouvernance des b.s., stratégie des b.s. Tags: , , , ,  •  No Comments

Educpros s’émeut dans un récent article sur les fusions à haut risque dans le monde des ESC françaises : http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/business-schools-le-modele-fusion-bat-il-de-l-aile.html

Sur les 4 principales fusions (SKEMA, KEDGE, FBS et NEOMA), Educpros évoque un relatif succès (SKEMA), une fusion qui tangue (KEDGE), une fusion trop récente pour être évaluée (NEOMA) et un échec massif, FBS.

Les ESC, qui enseignent le management, seraient-elles un business tellement atypique qu’il faudrait se surprendre de projets de fusions qui échouent ? Car la littérature spécialisée montre clairement qu’au royaume de la libre entreprise, les fusac (acronyme réservé aux initiés du CAC40 pour Fusions/Acquisitions) ne sont pas un long fleuve tranquille. Elles détruiraient même de la valeur, alors que leurs initiateurs les promeuvent auprès des actionnaires et des salariés comme étant justement, à terme,  créatrices de valeur. Dès 1987, le gourou des business schools, Michael Porter, considérait que 50% à 60% des fusac échouaient. Idem pour Copeland, Koller, Murrin dans “Measuring and managing the value of companies” (Wiley, New York, 1990) et sa mise à jour plus récente “Valuation: Measuring and Managing the Value of Companies” (University Edition,  McKinsey & Company Inc.,Tim Koller,Marc Goedhart,David Wessels 2010) qui parlent de 60% d’échecs.

Si les facteurs strictement financiers ou marketing sont souvent mis en avant, ce sont en fait bien souvent des questions managériales qui sont la clé de ces craches industriels. « Les Hommes sont le facteur oublié, ou caché, du succès ou de l’échec des fusions » (Cartwright, S. and C.L. Cooper, 1996, Mergers and Acquisitions: The Human Factor, second edition, Butterworth-Heinemann, Oxford). Read the rest of this entry »

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Enseignement sup : vers une reconnaissance d’un tiers secteur éducatif ?

Posted by Joël Echevarria on juillet 2nd, 2013 under Non classé  •  No Comments

La Loi Fioraso s’est enrichit d’un nouvel amendement, voté au Sénat et maintenu par la Commission mixte paritaire, qui vise à « reconnaître » des établissements d’enseignement supérieur privés à but non lucratif « en tant qu’établissements d’enseignement supérieur privés d’intérêt général ».

Niché au cœur de l’Article 42 de la Loi encore en discussion, le texte suivant pourrait constituer  une petite révolution dans le marais complexe des liens entre l’Etat et les établissements privés divers et variés :

« Art. L. 732-1. – Des établissements d’enseignement supérieur privés à but non lucratif, concourant aux missions de service public de l’enseignement supérieur telles que définies par le chapitre III du titre II du livre Ier de la première partie, peuvent, à leur demande, être reconnus par l’État en tant qu’établissements d’enseignement supérieur privé d’intérêt général, par arrêté du ministre chargé de l’enseignement supérieur, après avis du comité consultatif pour l’enseignement supérieur privé. Ne peuvent obtenir la qualification d’établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général que les établissements d’enseignement supérieur privés à but non lucratif créés par des associations ou des fondations reconnues d’utilité publique ou des syndicats professionnels au sens de l’article L. 2131-1 du code du travail. »

Jean-Philippe Ammeux, le Président de la FESIC (la fédération des écoles supérieures privées) se réjouit de la nouvelle dans une récente interview à l’AEF. Et pour cause. Le Saint Graal est désormais à portée : se retrouver légitimés et reconnus par l’Etat, à l’image de ce qui a été fait dans le secteur de la santé. La loi HPST (hôpital, patients, santé, territoires) portée par Roseline Bachelot en 2009, a en effet repensé la relation entre service public de la santé et structures privées, en créant le statut d’ESPIC (établissements de santé privés d’intérêt collectif), autrement dit des établissements gérés par des associations, des fondations, des congrégations ou des mutuelles qui participent au service public de santé.

Seule différence, et elle est de taille : dans le cas des ESPIC, la reconnaissance du rôle de « service public » permet à ces établissements d’être financés par l’Etat (via les Agences Régionales de Santé, ARS) selon les mêmes modalités que les hôpitaux publics, et avec les mêmes contraintes (service H24, égal accès à tous, etc.). 

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Loi Fioraso : le coup de l’amendement nocturne !

Posted by Joël Echevarria on juin 18th, 2013 under loi Fioraso Tags: , , , ,  •  3 Comments

Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur la Loi Fioraso : trop réformiste ou trop consensuelle, trop libérale ou trop libertaire, trop corporatiste ou trop sociétale. Et comme souvent en pareille circonstance, la vérité est probablement entre les deux. Telle mère, telle fille : La Ministre, comme la Loi qu’elle porte, est tiraillée entre pragmatisme et idéologie. Le pragmatisme forgé au long d’une carrière respectable au service de l’innovation et de la recherche. L’idéologie subie de la part d’entourages technocratiques et politiques, plus ou moins bienveillants et plus ou moins éclairés.

Mais nous ne nous attarderons ici que sur un de ces amendements venus de nulle part, qui en douce, introduisent des inflexions significatives sans débat digne de ce nom. Et pour cause, en prétendant s’attaquer à la réduction de la fracture sociale, on est quasiment assuré de bénéficier d’une majorité de « oui », sur fond de romantisme bobo ou d’idéologie « pédagogiste » et d’une grosse minorité d’abstentions,  mortifiées par la culpabilité de voter « non »

C’est ainsi qu’un amendement déposé en dernière minute, le 28 mai dernier, par deux députés socialistes, créant un droit d’accès aux filières sélec­tives (Sciences Po, classes pré­pas…) pour les meilleurs bache­liers des lycées de France a été voté par la gauche et l’UDI, les députés UMP s’abstenant.

Mais dans le milieu de l’enseignement sup, cette presque unanimité n’est pas à l’ordre du jour. Principale critique des détracteurs de cet amendement : flécher les meilleurs élèves de chaque lycée vers les filières dites sélectives (Prépas, IUT, IEP, etc.) revient à leur dire « vous êtes trop bons pour aller à l’Université ». L’Etat deviendrait ainsi le saboteur de son propre système universitaire.

Dans une récente interview à EducPros, Patrick Weil, politologue et directeur de recherche au CNRS, vante quant à lui les mérites de ce nouveau dispositif, inspiré de ses propres travaux, et balaye d’un revers de main ce soupçon de sabotage : « D’abord, les filières sélectives sont critiquées mais elles existent, y compris dans les universités à l’exemple des Instituts d’études politiques ou des IUT auxquels s’appliquera la loi. Or, venir d’un lycée peu coté réduit aujourd’hui les chances d’y accéder. Est-il légitime de maintenir une situation discriminatoire pour ces élèves, sous prétexte que les licences non sélectives à l’université les acccueillent ? » Un pur raisonnement par l’absurde qui se mord la queue et qui conforte en fait la critique initiale : puisque les filières sélectives existent déjà, autant les renforcer et creuser un peu plus le fossé avec les licences « ouvertes » ! On appréciera au passage l’assertion « venir d’un lycée peu côté réduit aujourd’hui les chances d’y accéder [aux filières sélectives] : pourtant les IEP sont accessibles sur concours (donc neutralité quant au lycée d’origine) et les IUT sur dossier en valorisant les notes de 1ère et Terminale (sans « pondération » en fonction du lycée) tout en devant déjà gérer un quota de places pour les bacs technos. Read the rest of this entry »

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Bachelor, le petit label qui monte, qui monte…

Posted by Joël Echevarria on septembre 17th, 2012 under stratégie des b.s. Tags:  •  7 Comments

A quoi reconnait-on qu’une initiative « privée » est en passe de réussir là où les initiatives publiques comparables échouent ?
Quand les gardiens du temple public s’en préoccupent, au point de la torpiller… ou de la récupérer !

Ainsi va la vie des diplômes, titres et autres labels. La puissance publique jouit d’un monopole de fait de la capacité règlementaire, et c’est très bien ainsi. Elle décide, via des lois, des décrets ou des circulaires, de la création de diplômes, de la reconnaissance de titres ou de labélisation de formations. Elle pilote directement ou indirectement les organismes et instances (Rectorats, CNCP, AERES, CTI, etc.) qui évaluent, sanctionnent,
gratifient les acteurs de la formation supérieure.

Par choix ou par défaut, des établissements d’enseignement supérieur, soucieux de la visibilité de leurs diplômes ou titres et de la pérennité de leur institution, réfléchissent à la meilleure façon d’exister dans un univers très réglementé et à tendance monopolistique.

Ainsi, il y a bien longtemps, la Conférence des Grandes Ecoles créa un label « Mastère spécialisé » afin de calibrer et promouvoir une offre spécifique, produite par des grandes écoles pour la plupart publiques (faut-il rappeler que l’essentiel  des grandes écoles d’ingénieur sont gérées par les Ministères de l’Enseignement supérieur, de la Défense ou des Transports et que la plupart des grandes écoles de management sont des établissements publics consulaires ?). Ce label, d’abord ignoré et raillé par le monde universitaire, finit par se faire une place au soleil. A tel point que l’Etat décida, à l’occasion de la réforme LMD, d’en « nationaliser » le
terme, éliminant au passage le « e » final, jugé sans doute trop franchouillard. Le Master passa ainsi en quelques années de sous-diplôme vaguement anglo-saxon promu par des écoles suspectes (parce qu’en dehors du système universitaire) à clé de voûte du nouveau schéma de l’enseignement supérieur, remisant au rayon des antiquités les DESS et DEA qui n’avaient pourtant pas (tous) démérité.

Rebelote visiblement avec le Bachelor, que Gilles Raby, président du comité de suivi de la licence vient de fustiger dans une récente interview à l’AEF. « Label « bachelor », un nom ambigu, qui risque de tromper les
étudiants » titre le fil d’information. Bigre…

Visiblement peu au fait de ce qui se passe pour les écoles non universitaires, il n’hésite pas à déclarer que « si on ne peut empêcher la création de nouveaux labels [avec des regrets dans la voix, à coup sûr…], il faudrait au moins les réguler par le biais d’évaluations. Les écoles privées sont libres de créer le label qu’elles veulent mais il ne faut pas tromper les étudiants. C’est pourquoi on pourrait imaginer un système où ces formations devraient répondre à une charte qualité. L’évaluation pourrait être menée, par exemple, par l’Aeres. » Mr Raby semble ignorer que par exemple, le réseau consulaire des EGC (écoles de gestion et de commerce, bac +3), qui affiche le
label « bachelor professionnel » (créé par l’ACFCI), est évalué notamment par l’AERES et la CNCP. Il semble aussi ignorer que l’articulation « licence-master » qui semble être devenue l’alpha et l’oméga de l’enseignement sup français a été inventé… dans ces écoles aujourd’hui stigmatisées. Quand les ESC lancèrent leurs bac+3 à la fin des années 80, elles trouvèrent les prédécesseurs de Mr Raby pour leur dire à l’époque « le 1
er vrai diplôme du
supérieur c’est le BTS, le DUT ou le DEUG ».

Bref, la stigmatisation ne fait pas avancer grand-chose et il serait souhaitable que dans le domaine de l’enseignement sup (comme dans d’autres), on prenne la peine de regarder de près ce qui marche et ce qui ne marche pas, et pourquoi. Une formation n’est pas bonne ou mauvaise selon qu’elle ait été conçue dans un ministère ou sur le terrain. Dans les écoles privées comme dans les Universités, il y a de bonnes et de mauvaises formations, et il y a même parfois des Universités et des écoles privées qui co-pilotent des dispositifs
efficaces (un truc de dingue).

Les propos très menaçants de Mr Raby sont regrettables aussi à la lumière de ce que l’histoire récente nous enseigne. Si le Bachelor finit par s’imposer comme un vocable qui désigne clairement une formation homogène,
de 6 semestres, comptant 180 crédits ECTS, incluant un volet international et ayant la double vocation de préparer à l’insertion professionnelle ou de permettre la poursuite d’études, il y a fort à parier que les successeurs de Mr Raby s’approprieront le terme « bachelor » en justifiant leur OPA par … la clarification des formations au niveau européen !

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La Gouvernance des business schools : peut mieux faire…

Posted by Joël Echevarria on juillet 2nd, 2012 under gouvernance des b.s. Tags: ,  •  No Comments

Les business schools françaises sont lancées dans un processus de changement profond qui ne pourra pas épargner leur mode de gouvernance.

Celles qui sont encore dans le giron des CCI sont gouvernées peu ou prou comme il y a 20 ans : dotées d’un conseil d’administration souvent fantoche, parfois simple conseil d’orientation, très rarement véritable centre de décision, elles sont gouvernées par le Président de la CCI et quelques élus influents. Ce qui n’est d’ailleurs pas anormal, dans la mesure où elles demeurent des services gérés de leur Chambre de Commerce. La transparence est rarement la qualité première de ces modes de gouvernance, comme le montrent certains récents projets de fusion, réussis ou avortés. Read the rest of this entry »

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FBS : le dernier pari de François Duvergé

Posted by Joël Echevarria on juin 30th, 2012 under gouvernance des b.s., stratégie des b.s. Tags:  •  4 Comments

A l’orée d’une belle et longue carrière au service de l’Etat, des CCI et des ESC, François Duvergé tente un dernier pari : fusionner 4 « petites » ESC françaises pour en faire un ensemble cohérent capable de concourir avec les meilleures business school hexagonales et européennes. Pour gagner ce dernier combat, il bénéficiera des enseignements tirés de sa dernière réussite (la fusion réussie entre les ESC Tours et Poitiers pour en faire l’ESCEM) et de son dernier échec (le projet mort-né de fusion des écoles de Rennes et de Brest, une sorte de Bretagne Business School qui n’aura pas résisté aux guerres entre bardes, druides et autres tailleurs de menhirs qui sévissaient encore, à l’époque, autour de Brocéliande).

Si le temps est aux fusions dans le monde des ESC françaises, nous avons eu l’occasion de souligner que la tactique l’emporte souvent sur la stratégie dans ces mouvements de rapprochement. Il est donc intéressant d’analyser le projet « du vieux sage » (il me pardonnera l’expression) qui ne s’embarrasse pas de langue de bois et qui a le mérite de réfléchir par lui-même, ce qui devient presque une vertu dans un univers plus prompt au mimétisme qu’à la différenciation. Read the rest of this entry »

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