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Les statistiques de la rentrée 2018

Parmi les traditionnels documents de rentrée, deux documents dressent des bilans important pour l’ESR : le bilan des dépenses intérieures de R&D et le bilan de la campagne de recrutement des enseignants-chercheurs.

Le bilan des dépenses intérieures de R&D

La Note Flash du SIES NF2018_15 présente les dépenses intérieures de R&D en 2016 sur la base d’une enquête annuelle après des entreprises et administrations. 

Pièce principale de cette note flash, un tableau récapitule les dépenses de R&D et leur évolution sur un an. Ce dernier fait apparaître une dépense globale en légère augmentation (1%), une fois corrigée de l’inflation.

Cependant, cette augmentation cache de forte disparité, puisqu’elle est de 1,4% pour le secteur privé, et de seulement 0,1% pour le secteur public, lui-même en forte disparité entre les universités, les EPST et les institutions sans but lucratif.

Le bilan de la campagne de recrutement des enseignants chercheurs

La note de la DGRH ‐ Enseignement supérieur ‐ n° 6 ‐ Septembre 2018 présente la campagne de recrutement et d’affectation des maîtres de conférences et des professeurs des universités Session 2017.

On y trouvera ne nombreuses informations, y compris sur les qualifications et mutations, par secteur et disciplines. Le tableau suivant résume tous les postes mis au concours :

Mais pour comprendre ces chiffres, il faut les mettre en perspective avec leur évolution dans le temps :

Ce graphique se passe de commentaire… La baisse du nombre de postes s’inscrit dans la parfaite continuité de l’austérité amorcée au moment de l’adoption de la loi LRU, comme le montre le graphique issu du bilan 2012 :

Mais quel est l’effet de cette austérité sur l’accès au métier d’enseignant-chercheur ?

Comparaison entre 2007 et 2017

Entre 2007 et 2017, le nombre de postes de Maîtres de conférences est passé de 2135 à 1254, soit une baisse de 40% en 10 ans. Comparativement, les nombres de candidats comme de candidatures sont restés à peu près stables : 9584 candidats et 56009 candidatures en 2007, et 9034 candidats et 47569 candidatures en 2017.

 

Il en résulte une augmentation de 60% du nombre de candidats par poste (de 4,5 à 7,2) et de 45% du nombre de candidatures par poste (de 26 à 38).

Ainsi, l’accès au métier d’enseignant-chercheur s’est nettement durci en 10 ans. Sous le seul effet de la baisse des postes, la compétition entre les candidats s’est grandement accrue. Ceci peut avoir un effet non seulement sur l’attractivité du doctorat, mais également sur les inconduite scientifiques, dont certaines permettent effectivement d’améliorer les dossiers de candidatures. Il devient donc urgent d’agir, soit en relâchant la pression sur les postes, soit en révisant les critères d’évaluation afin de neutraliser les avantages conférés par les inconduites scientifiques dans la compétition entre candidats au métier d’enseignant-chercheur.

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