Départementales: la gauche prend une claque, c’est l’école qui trinque

La déroute de la gauche aux municipales il y a tout juste un an avait conduit Vincent Peillon à la porte de son ministère. Qu’en sera-t-il au lendemain de la défaite du parti socialiste aux élections départementales? On savait qu’en terme de politique éducative, le quinquennat Hollande n’avait duré en réalité que quelques mois, le temps pour un ministre trop sûr de lui, auréolé de ses milliers de postes de cramer son crédit. Mais deux ministres plus tard, il n’est plus permis d’en douter: le rapport de force politique défavorable au gouvernement, cette faille spatio-temporelle qui rend 2017 imminent, le ronron syndical, tout cela a jeté sur le ministère de l’Education un voile d’immobilité. La Rue de Grenelle c’est la Belle au Bois Dormant: les années passent, les ronces envahissent le château et rendent impossible l’assaut d’un quelconque sauveur. J’ai sans doute vu trop de Disney, mais je n’ai pas trouvé mieux comme parallèle.

« Sortez-moi de là! »

J’ai écoute l’allocution de Manuel Valls ce soir qui se fit fort de détailler le train de réformes qu’il comptait mettre en oeuvre dans les mois à venir. D’école il n’a qu’à peine été question. « L’école et la laïcité  (…) seront au coeur de l’action de mon gouvernement ». Un  propos incantatoire qui prouve exactement l’inverse de ce qui est dit: l’école sera bien évidemment à la périphérie de l’action de ce gouvernement. Et la défaite politique dudit gouvernement conforte un peu plus cette intuition. Une fois de plus, les échéances électorales vont polluer le temps et les enjeux éducatifs. Rappelons que la ministre Najat Vallaud Belkacem a jusqu’au 10 avril pour négocier avec les organisations syndicales une réforme importante, celle du collège que l’on tente en vain de mettre à l’agenda politique depuis 15 ans. Au sein d’un gouvernement affaibli, aura-t-elle une assise suffisante pour imposer sa feuille de route originelle au Snes, le plus radical des syndicats, franchement moins proche du PS que ne l’est l’Unsa? La réponse est non. Et si je tente de me mettre à sa place ce soir je me dirais:

1 – Comment vais-je me sortir de là?

2 – Comment ne pas me saborder politiquement comme à peu près tous mes prédécesseurs?

3 – Est-ce qu’au regard de ma survie politique, la réforme du collège, la carte scolaire, les REP…est-ce que tout ça vaut le coup?

Halte au stop and go permanent

Il est clair que le début de la réponse consiste à ne pas trop tenter le diable sur des réformes qui suscitent de solides résistances chez les profs (pas tous!). Cette situation montre une nouvelle fois que les enjeux de l’éducation sont tels qu’ils ne peuvent plus être ballotés d’une élection locale à la suivante, victimes d’un stop and go permanent. Cela ne fonctionne plus. J’en viens parfois à penser que les conséquences de ce tempo politico-électoral sont tellement désastreuses pour la continuité des politiques publiques qu’il faudrait confier ce ministère à une forme de « Haute autorité », indépendante de toute influence partisane. Bref, sanctuariser pour de bon l’école.

 

 

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16 réflexions au sujet de « Départementales: la gauche prend une claque, c’est l’école qui trinque »

  1. En même temps, Najat n’est pas Raiponce…. elle n’a ni sa sagesse ni son humilité. .. et il est parfois préférable, vu les personnages en jeu et vu la carriérisme et la mauvaise foi de certains… d’avoir une petite phase d’immobilisme et de status quo que des mauvaises réformes faites à la va-vite à des fins purement démagogiques et électoralistes. .. !? . . Et en cela, je n’avais absolument aucune confiance en Najat pour mener à bien une quelconque réforme qui servirait réellement à l’avenir de nos jeunes plutôt qu’à sa propre pomme ou sa propre idéologie comme elle a précédemment su le faire remarquer avec son gourou De Hass…. donc je suis plutôt satisfait qu’elle se sache désormais epiée par une population qui ne laissera rien passer si cela ne sert pas RÉELLEMENT les intérêts de l’enfant… en dehors de tous les écrans de fumée auxquels elle nous aura habitués pour mieux nous « vendre » de l’idéologie pure et dure…. et je suis entièrement d’accord avec cette proposition d’une entité indépendante et a-politique pour mener à bien des réformes afin de servir le seul intérêt des enfants, faire remonter les classements Pisa, le niveau global, les partenariats avec les entreprises, la motivation des élèves. … mais ce n’est pas possible lorsque la ligne directrice est politique et qu’on fait plus du nivellement par le bas qu’une réelle réflexion sur les challenges qui nous concernent… et en cela, ce mauvais signal que vous voyez est peut être aussi qqch de provisoire et de salutaire.. très bonne soirée.

    • @ArcooRoc : da priviet mon ami… moi avoir croisé loui. . Et il plou être inquiet car il avoir compris ton explication sur « grand saut » qui il pas être dangereux (car toi beaucoup expérience sur sujet. . moi savoir. .). . Moi désolé pas pouvoir intervenir sur article car moi peu connaître système edoucation de France. .. et moi tout faire mon edoucation grâce à bon sens populaire de babouchka qui toujours donner moi beaucoup proverbes…. Il être oune proverbe mon doux pays qui être toujours très important pour moi et qui dire «  »toi pouvoir prier Dieu…oui…mais surtout toi continouer nager vers rivage » . . .da svidaniya … et paka.

  2. On le verra plus le temps du muguet …… . ;-( Comme une élection bien pliée. ….. ;-( On le verra plus flâner le long des quais…..;-( Jusqu’au banc où je t’attendais…. ;-( J’verrai plus refleurir ….;-( L’éclat de ton sourire ….;-( Aujourd’hui plus seul que jamais ….;-( . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le temps du muguet ne dure jamais …… ;-( Cette année n’ira même pas au mois de mai …..;-( Quand tous ses bouquets déjà se sont fanés…..;-( . . . . . . . . .

    • @ArcooRoc : ça il être oun chanson que moi il beaucoup connaître car il être oun chanson mon doux pays de babouchka et qui appeler « Podmoskovniye vechera » (nouits de Moskva)… . . .Sinon, ton « smileys triste », il mal cacher toi être joyeux..même si moi savoir toi il avoir voté pour eux 2012..toi avoir expliqué déjà. .. na zdarovié .paka.

  3. Comme il est question de contes de fée (et que les comptines de @Normand14 ne sont pas adaptées à cet article), je pense qu’un avis éclairé de @BlancheN ou bien de @AnastasiaN pourrait nous éclairer !?

    • @ArcooRoc : à mon humble avis, je dirais « marche arrière toute ». Tout n’est pas à reinventer. On connaît les formules qui fonctionnent : pas de passage au secondaire sans une connaissance minimum du programme du primaire. Tous les enfants n’ont pas les mêmes dispositions à l’étude (ou la même capacité de travail), l’aide doit commencer à ce niveau.

  4. Ping : Quel avenir pour l’école après la défaite de la gauche aux départementales ? - Letroisg

  5. L’analyse d’ArcooRoc est bonne, celle de Mimi2aussi, mais le problème est plus profond que cela. Dans notre éducation nationale tout est faux, de l’école primaire à l’université et ceux qui en sont en charge sont d’une incompétence notoire (excepté celui, qui, avait dit qu’il fallait dégraisser le mammouth). La responsabilité est multiple (administrative, syndicale, politique, influence des psychologues et des bien pensants). Considérons le cas de l’école primaire et des instituteurs. Dans l’administration, les enseignants sont payés en fonction de leur indice qui lui dépend du diplôme de l’enseignant (et non de ses compétences). Au début (il y a 100 ans et plus) le diplôme pour être instituteur était le baccalauréat (difficile d’obtention à l’époque et concours d’entrée à l’Ecole Normale). A cette époque le traitement de l’instituteur était supérieur à celui d’un « manuel ». Il était respecté car il avait la « culture ». Qu’en est-il maintenant avec l’augmentation des salaires de l’industrie et le « blocage » du salaire de l’instituteur par décision syndicale (tout le monde évolue à l’ancienneté, 1 pt d’indice par an, qu’on soit bon pédagogue ou non). La qualité de l’instituteur est la pédagogie, mais cela n’est pas un diplôme!. Pour corriger le déficit indiciaire, on a créé les professeurs des écoles (IUFM niveau licence), mais la formation dans les IUFM était réalisée par des universitaires incompétents en pédagogie et plus spécialisés en psychologie, ce qui a conduit à des propositions de programmes aberrantes. Dans ces conditions, bas salaires, travail beaucoup plus pénible qu’on ne le croit, manque de considération, contraintes syndicales …comment voulez vous recruter les meilleurs….et pour faire quoi ? Il y en a encore de très bons, mais pour faire quoi avec quelle considération ?

  6. Bataille de chiffre ,revendication de victoire pour les un defaite pour les autres .
    on nous vend un bipartisme qui n’existe pas au niveau local.

    Les chiffres officiel http://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Resultats-des-elections-departementales

    On voiq ue

    PS :(SOC ) 23,22%
    UMP 26,34%
    DVD 21,93%
    FN 1,51%

    ce que je retient c’est la tête de gondole que l’UMP qui d’attribut les ellu Divers Droite …
    Cette election à donné lieu à une grande manip dans les media

  7. MC va être fâchée. .. mais j’adore ce post de blog… : le dernier refuge de la terre d’Ebany…. j’en connais qui se réfugient chez Camille.. moi c’est ici…;-)….. . . . . . aah, et j’oubliais. ..: si vous croisez une espèce de « Golum » normand qui crie « mon précieux, mon précieux », dites lui que vous ne m’avez pas vu….;-)

  8. C’est marrant cette idée utopique que l’indépendance totale, des juges ou d’un Ministère dédié à l’enseignement, serait la clé pour tout débloquer, la solution ultime pour que des anges tombés du ciel prennent des décisions parfaites ! Le fait que ce soit complément et parfaitement anti-démocratique n’effleure manifestement pas les tenants de ce genre de solution, alors que la base de la démocratie c’est que toute autorité doit venir du Peuple, donc de la majorité, donc de ceux qui ont été choisis pour gouverner.
    La seule solution alternative est l’élection directe ( comme les juges aux Etats-Unis), ou sinon assumez de changez de régime politique !

    • @Stephy05 :

      Aaah cette vieille illusion de la l’autorité émanant du peuple, comme si cela changeait quoi que ce soit (en bien) !
      L’idée qu’un système serait plus acceptable parce qu’émanant du peuple est tout autant une utopie que celle dont vous parliez…
      Ce n’est qu’un hochet…

      • @Raph33 : je suis parfaitement d’accord sur les défauts que presente la démocratie, et sur l’illusion de la légitimité du pouvoir issu du peuple ; je soulignais juste la contradiction de fervents défenseurs de la démocratie qui prônent une soi disant « indépendance » de certains Ministères alors que c’est totalement à l’encontre des principes démocratiques !

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