Ingénieur : vers un équilibre homme-femme ?

A l’occasion de la Journée de la femme du 8 mars, nous publions une tribune de Laurent Hürstel, directeur associé du cabinet de recrutement Robert Walters. Ce dernier confirme un changement de mentalité au sein des écoles d’ingénieurs et plus globlement au sein des entreprises et chez les femmes ingénieures elles-mêmes.

« Jusque dans les années 1970-80, les formations scientifiques en général, et ingénieures en particulier, avaient une connotation très « masculine ». L’image d’Epinal étant les défilés militaires où Polytechnique arborait fièrement ses premières recrues féminines. Depuis, les choses ont changé et les femmes ingénieures prennent progressivement du terrain. Pour une meilleure parité !

Arrivées plus tardivement sur le marché du travail, les femmes ont dû rattraper leur retard. Un tournant s’est amorcé au début des années 90, en raison notamment de la féminisation du monde de la consommation (grande consommation, automobile, ameublement, hight tech), mais aussi de l’image studieuse associée aux femmes : écoute, conciliation, retenue et rigueur. De plus en plus, les sociétés ont recherché la parité au sein de leurs équipes afin d’être au plus proches des attentes de leurs clients. Bien qu’encore inégalitaires, les promotions se sont de fait féminisées, autant dans les écoles dites « élitistes » (Polytechnique, Centrale), que dans celles qui proposent des débouchés hors production. Désormais, en Recherche & Développement, Biotech, Chimie, Laboratoire Pharmaceutique et Télécommunications, la population de cadres issus de formations techniques type Bac + 5 est féminine à 60%, avec une meilleure employabilité et des niveaux de rémunération plus élevés.

Aujourd’hui, 28% des ingénieurs placés par des cabinets de recrutement sont des femmes contre 10 % dans les années 90. Cette féminisation du métier est exhortée par certaines écoles d’ingénieurs (organisation de conférences sur le sujet) et par des associations telles que Mademoiselle fait Centrale, Tu seras ingénieure ma Fille, Pascaline et Elles bougent (compagnes pour inciter les jeunes filles à devenir « ingénieures »). Chez Robert Walters, cette tendance est largement confirmée. Nos clients sont de plus en plus sensibles à la parité. Preuve en est : plus de la moitié des candidats approchés sur les métiers en R&D, Bureaux d’études et fonctions « support » (Supply Chain, Procurement, QHSE) sont des femmes avec 5 à 15 ans d’expérience.

Nous constatons également un changement de mentalité chez les femmes ingénieures. Certaines d’entres elles n’hésitent plus à faire passer au second plan un projet familial, susceptible de ralentir leur carrière et leur salaire. La priorité est aujourd’hui tournée vers l’épanouissement professionnel : elles sont de plus en plus nombreuses à convoiter des postes à haute responsabilité. Néanmoins, il est parfois plus difficile pour elles d’atteindre rapidement des hautes fonctions de management, les postes sus cités étant moins exposés au management direct que dans l’industrie lourde, par exemple. Les éventuels écarts de salaire s’expliquent en partie par le fait que jusqu’à la fin des années 1990, « la femme suivait l’homme » lors d’une mutation professionnelle. Aujourd’hui, les « suiveurs » sont indifféremment des hommes ou des femmes, ce qui a pour effet de niveler les salaires en globalité. Les différences que l’on peut encore observer aujourd’hui semblent être davantage le résidu d’un passé que le reflet de l’actualité. Nous observons depuis plus de 10 ans une nette tendance à l’équilibre. Nos clients veulent d’abord et avant tout des « excellents » candidats et sont prêts à payer le prix pour s’attacher leur service. Et ce, au-delà du sexe, de l’environnement social ou de l’origine. »

Laurent Hürstel, directeur associé chez Robert Walters

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Article du on lundi, mars 5th, 2012 at 17:56 dans la rubrique Non classé. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

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