L’incubateur Centrale Paris fête ses 10 ans

Une fois n’est pas coutume, je vais décrire un événement particulier, qui s’est déroulé dans mon Ecole.

Il s’agit de l’événement organisé par cette Ecole à l’occasion des 10 ans de son incubateur, dans les locaux d’Ernst & Young à La Défense, lundi 21 mai.

L’objet de ce blog n’est pas événementiel, mais permettez-moi une exception pour cette fois-ci ; je crois en effet que cet événement est emblématique du rôle que les Ecoles et les Universités peuvent jouer dans la création d’entreprises.

L’incubateur de Centrale Paris a été créé il y a 10 ans, sur l’initiative spontanée d’un entrepreneur-professeur (Jean-François Gallouin, actuel directeur de Paris Région Innovation Lab) et du Directeur de la Recherche de l’époque (Hervé Biausser, l’actuel directeur de l’Ecole).

Son ambition à l’époque était de soutenir les vocations d’entrepreneurs chez les Centraliens, qui se dirigeaient alors massivement vers des carrières salariées dans des grands groupes.

Il visait principalement à accompagner les élèves issus de la filière de 3ème année Création d’Entreprise, en leur proposant locaux et accompagnement pendant un ou deux ans.

Déjà s’affirmait ce qui est le cœur de l’incubateur de Centrale : l’accompagnement du créateur. Accompagnement réalisé par des entrepreneurs confirmés (et non des permanents salariés) ; accompagnement portant plus sur la personne de (des) l’entrepreneur que sur le projet lui-même. L’incubateur a pu dès son origine accueillir des projets à peine ébauchés, ou amenés à changer du tout au tout en cours d’incubation, pourvu que l’équipe entrepreneuriale ait le potentiel de réussir.

Coaching des hommes plutôt que coaching des projets.

L’incubateur a démarré quasiment sans moyens : coaching bénévole ; entreprises logées dans les laboratoires de l’Ecole ; pas de budget dédié ni de permanets.

10 ans après, où en sommes nous ?

Le bilan est réconfortant : 8 à 10 projets nouveaux entrent à l’incubateur chaque année, issus de Centraliens mais aussi d’entrepreneurs externes ; une capacité d’accueil de 20 entreprises en même temps, quasiment saturée aujourd’hui ; des locaux neufs ; des coachs professionnels et rémunérés ; plusieurs centaines d’emplois créés et un taux de survie des start ups à 5 ans supérieur à 80% ; quelques très belles réussites telles qu’Anevia, Making Prod, Naskeo …

L’événement des 10 ans était l’occasion de partager la fierté de cette réussite avec l’ensemble de l’écosystème qui soutient l’incubateur : incubés, coachs, anciens incubés investisseurs et business angels, professeurs ….

Qu’est l’événement des 10 ans, en quelques mots ? Dans les locaux neufs d’Ernst & Young à La Défense, dans la tour First : un concours de pitchs de projets, issus d’un appel à projets totalement ouvert (aucune exclusivité centralienne dans cet appel). Sur 128 projets, 8 ont été préalablement pré-sélectionnés ; ces 8 projets disposent de 5 minutes pour se présenter devant une audience de 200 personnes et un jury de 7 personnalités ; suivent quelques questions, puis on passe au projet suivant.

A la fin, le jury remet 2 prix, tandis que le public vote avec des clickers pour attribuer le Prix spécial du Public.

Le tout tonique, rythmé et rapide.

8 projets portés par des jeunes bourrés d’énergie, et finalement pour la plupart très à l’aise dans ce genre d’exercice.

Le 1er prix et le Prix Spécial du Jury ont été attribués à WANDERCRAFT, projet très abouti d’exosquelette pour personnes paraplégiques. Un dispositif de haute technologie, permettant à des personnes handicapées de retrouver la capacité à marcher, de manière rapide et stable.

Le 2nd prix est allé à MARBOTIC, concepteur d’outils pédagogiques pour les très jeunes enfants, alliant design, innovation pédagogique et technologie.

Citons également :

– LIWIO (sites web modulables pour améliorer l’impact des sites marchands) ;

– 3,14 INNOVATION (peintures intelligentes pour le bâtiment) ;

– EGGSEED (solution de sauvegarde de données en mode SaaS) ;

– CHARLIE JASMIN (cosmétiques innovants et naturels) ;

– MANZALAB (création d’interlocuteurs virtuels dans le domaine de la relation client) ;

– MUSE ET PYGMALION (personnalisation dans la création de vêtements).

Pourquoi une Ecole telle que Centrale Paris organise-t-elle de tels événements, qui représentent une mobilisation non négligeable de ressources en temps et en argent ?

Pour l’Ecole, l’événement des 10 ans est principalement un outil visant à dynamiser et fédérer l’écosystème entrepreneurial qui lui permet d’accompagner efficacement ses start ups et ses élève créateurs d’entreprises.

En effet, la création d’entreprise est largement une affaire de réseau, de rencontres et de croisements. Une Ecole peut servir de lieu de convergence, de fédérateur, mais sa réussite repose largement sur l’engagement d’entrepreneurs amis, de coachs, de business angels, de chercheurs, d’associations de professionnels, d’anciens incubés, etc …..

Comme tout réseau, cet écosystème se dynamise à l’occasion de rencontres professionnelles et festives à la fois, durant lesquelles on a plaisir à se rencontrer, échanger de nouvelles idées et découvrir des projets.

Les retombées sont multiples. Les 10 ans de l’incubateur de Centrale Paris ont permis de remercier et de mettre à l’honneur les entrepreneurs-coachs qui s’impliquent auprès des start ups depuis des années ; de faire connaître les entreprises actuellement incubées auprès d’un public plus large ; de faire savoir que l’incubateur de Centrale Paris n’est pas réservé aux Centraliens ; de donner un coup de pouce médiatique aux 8 projets pré sélectionnés, et un appui matériel aux 2 lauréats ; et probablement d’avoir généré des contacts individuels qui pourront donner lieux à d’autres aventures entrepreneuriales ultérieures.

C’est bien sûr de la communication, mais elle est vitale car elle permet de reconnaître l’engagement de parties prenantes très diverses sans lesquelles l’effort de l’Ecole en faveur de l’entrepreneuriat ne pourrait réussir. L’écosystème qui porte la création d’entreprise autour d’un point focal tel qu’une Ecole est largement informel et virtuel ; mais de ce fait il a besoin d’occasion de rencontres physiques pour se ressourcer et se renforcer.

Là aussi nos Ecoles et nos Universités ont un rôle à jouer.

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This entry was posted on dimanche, juin 3rd, 2012 at 23:14 and is filed under Non classé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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