Quelle vie après le fund raising ?

Beaucoup a été dit et écrit sur la nouvelle génération de fund raisers dans l’enseignement supérieur; l’essor rapide en France, durant ces 10 dernières années, des fondations et des campagnes de levées de fonds, a suscité l’émergence d’une famille de professionnels, qui était restée jusque-là relativement confidentielle. Les métiers du fund raising ont été largement décrits : directeur fund raising, directeur de fondation, responsable major donors, responsable fonds annuel, prospect research manager, responsable stewarship donateurs, etc … Le lien avec la gestion des alumni et les associations d’anciens diplômés est direct. Ces métiers sont depuis 2011 décrits dans un référentiel rédigé par l’APEC et l’AFF.16 fev 14_1_logo AFF
Tous ces nouveaux métiers ont créé un appel d’air auprès de professionnels arrivant d’horizons variés ; d’où viennent-ils ?
9 mars 14_2_logo-apprentis-auteuilDes métiers fund raising caritatif bien sûr : les ONG disposent depuis plusieurs années d’équipes et d’organisations de fund raising confirmés. Les « pionniers » du fund raising dans l’enseignement supérieur viennent principalement du secteur caritatif.
– Mais aussi de métiers d’entreprise plus classiques tels que les fonctions commerciales et marketing en entreprise (c’est mon cas ; j’étais directeur des ventes dans l’industrie avant de rejoindre l’Ecole Centrale Paris, malgré un tout début de carrière dans la recherche vite interrompu).
Des métiers de la communication, notamment grand public (direct marketing)
De quelques filières plus confidentielles telles que par exemple la gestion de fortune dans les banques, qui ouvre sur le fund raising par le biais du conseil en philanthropie pour les grands clients.
L’Association Française des Fund Raisers (AFF) regroupe et accueille la plupart de ces nouveaux professionnels ; Il suffit de participer à l’une des conférences annuelles de l’AFF pour sentir l’attractivité de ces métiers, et le profond renouvellement des gens qui les exercent : la proportion des « nouveaux venus » à ces conférences reste très élevée depuis plusieurs années. L’AFF contribue également à leur formation, par le biais du Certificat Français du Fundraising.

Il n’y a en revanche pas beaucoup d’études, à ce jour, sur ce que deviennent ces fund raisers après quelques 3 mars 13_3_personnage rigolo avec bagageannées dans ce métier. Les cadres les plus anciens engagés dans ce métier restent généralement dans le fund raising, en faisant souvent des aller retours entre les différents secteurs concernés : enseignement supérieur, recherche, caritatif, culture, religion. Cela est normal car ces métiers sont jeunes, mais pose une question fondamentale à mon avis : y a-t-il une vie après le fund raising dans l’enseignement supérieur ?

photos-20-mai_1La question est d’autant plus importante que ces métiers restent perçus comme « marginaux » dans nos établissements : précaires, car souvent de statut privé, et issus le plus souvent de la volonté ponctuelle de tel ou tel président d’établissement convaincu que le fund raising est important ; le successeur de ce président pouvant prendre l’option inverse. Et considérés comme loin du « cœur de métier de l’enseignement », car non directement engagés directement dans la production d’enseignement et de recherche ; et un peu suspects, car touchant au sujet sensible de l’argent.

Nous sommes loin des Directeurs de Développement des universités américaines, dirigeant des équipes de plusieurs dizaines de personnels, véritables directions commerciales gérant les grands donateurs et les fondations philanthropiques comme de grands comptes stratégiques …

La question des évolutions de ces professionnels est importante, car elle conditionne l’attractivité de la filière à l’avenir ; attirer de bons professionnels est crucial pour nos établissements, qui auront de plus en plus besoin des ressources issues du fund raising, du fait de la diminution des financements publics.
Elle est importante aussi pour faciliter leur reconnaissance et leur pérennité au sein des établissements, et du coup le soutien que la direction générale de leur établissement leur apporte, et l’efficacité de leur action. Car il n’y a pas de fund raising efficace sans appui durable de la direction de l’établissement.
Quelques pistes d’évolutions professionnelles pour les fund raisers apparaissent depuis quelques années, dans la foulée du concept « d’advancement » qu’on trouve en Grande Bretagne. Ce sera l’objet d’un prochain billet ……Camera 360

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This entry was posted on dimanche, mars 9th, 2014 at 10:27 and is filed under Fund Raising. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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