Monter un MOOC : combien ça coûte ?

budgetAvec le buzz qui monte rapidement, enseignants et établissements sont de plus en plus nombreux à vouloir se lancer dans l’aventure des MOOC, et la première question qui vient naturellement à l’esprit est celle du coût. Combien faut-il pour monter un MOOC de bout en bout ? Les chiffres qui circulent sont souvent contradictoires, on entend parfois 400 euros, parfois plus de  100.000 euros. Qui croire ? Petites réflexions personnelles sur le sujet …

La question du coût est souvent mal posée, car il n’y a pas de réponse unique. On peut très bien faire un MOOC à 5 millions d’euros si on le souhaite, embaucher Steven Spielberg pour faire la réalisation des vidéos et Bruce Willis comme community manager. La première question à se poser n’est pas la question de l’argent, mais celle du temps. Combien d’heures faut-il au minimum pour monter un MOOC, et combien d’heures faut-il pour réaliser un travail complet de qualité? Cela dépend de ce que l’on souhaite faire, mais en première approximation et pour la conception d’un nouveau cours, à mon sens il faut compter environ 600 heures pour faire un MOOC qui marche, et 1000 heures pour faire un travail à peu près complet. Nous allons entrer un peu dans le détail.

Commençons par revenir sur les principaux lots de travail. Comme nous l’avons souligné de nombreuses fois au cours des derniers mois (L’organisation d’un MOOC, un travail d’équipe), le montage d’un MOOC est avant tout un travail d’équipe. La pédagogie n’est qu’un des aspects de la conception du cours parmi d’autres; en plus de l’aspect pédagogique, il y a un énorme travail de gestion de projet, une partie technique liée tant à la conception des supports qu’à la gestion de la plate-forme, et enfin, toute une partie d’animation de la communauté des apprenants. Et c’est sans compter la phase d’avant-projet qui implique l’ensemble des échelons de la hiérarchie de l’établissement, ni la phase d’analyse des données, qui permet de comprendre un peu mieux ce qui s’est passé durant le cours. Pour la répartition des tâches, je vous renvoie à cette carte conceptuelle réalisée dans le cadre de la conception du Guide du MOOC et au billet Monter son MOOC en sept étapes pour une description plus précise des différents lots de travail.

Maintenant, il reste à chiffrer un peu tout cela en termes de charge de travail. Là encore, il n’y a pas de réponse unique. Cela dépend du type de MOOC que l’on souhaite faire et de la politique et des priorités de l’équipe pédagogique, voire de celle de l’établissement. On peut faire le choix d’investir principalement sur la qualité technique des vidéos, sur la scénarisation des activités proposées, ou sur l’animation du cours. C’est une question d’objectif avant tout. En gardant ces éléments à l’esprit, je vous propose tout de même deux budgétisations de xMOOC classiques: une budgétisation basse correspondant à ce que j’estime être nécessaire pour faire un MOOC de qualité et correspondant à environ 900 heures de travail, et une budgétisation haute où l’on se fait plaisir: équipe de tournage, studio d’enregistrement, équipe de communication, etc. Pour le coup on tourne plutôt autour de 1800 heures de travail, mais investir autant est à mon sens un peu excessif ; on peut faire un excellent MOOC avec “seulement” mille heures de travail.

Pourtant j’avais dit un peu plus tôt qu’on pouvait s’en tirer avec 600 heures de travail. C’est possible si une grosse partie du travail d’adaptation du cours à déjà été faite et qu’il existe déjà un certain nombre de ressources. Dans le cas contraire, pour s’en sortir à 600 heures, il faut s’affranchir du beta-test ou ne faire aucun retour d’expérience après le cours. Mais c’est prendre des risques dans le premier cas, et ne pas faire bénéficier la communauté de son expérience dans le second cas (le cas le plus fréquent malheureusement). On peut rogner ici ou là, mais je conseille cependant d’être prudent dans la mesure où ce sont des projets à forte visibilité tant pour l’enseignant que pour l’établissement, et il s’agit de ne pas se rater.

Dans ces deux budgétisations, vous constaterez d’une part que je n’effectue les chiffrages qu’en journées-homme (de sept heures), et d’autre part qu’il doit bien y avoir une quinzaine de postes au total, dont neuf pour l’équipe-projet à elle seule. Attention, cela ne veut pas dire nécessairement qu’il y ait besoin de 9 personnes dans l’équipe, car il est fréquent qu’une même personne prenne en charge plusieurs rôles dans le MOOC. Le Community Manager et le Responsable Communication sont souvent la même personne, de même l’enseignant est parfois le chef de projet. Toutes les combinaisons existent, nous allons donc tenter de dessiner les contours de quelques scénarios-type.

Dans toutes les budgétisations qui suivent, nous considérerons un xMOOC “complet”, où l’ensemble des lots de travail est réalisé avec la plus grande rigueur. En revanche, assez peu d’argent sera investi dans l’aspect technique de la conception des vidéos: dans ces scénarios, l’enseignant s’enregistre avec sa webcam. Dans la mesure où les supports de cours sont de bonne qualité et les activités bien scénarisées, peu importe à mon sens que le cours soit filmé en studio ou avec une webcam. Tout le monde ne partage pas ce point de vue, loin de là, mais je pense qu’il est plus pertinent d’investir dans la pédagogie que dans l’image. L’investissement dans la vidéo n’a de sens que s’il apporte une plus-value pédagogique, et la partie technique ne doit pas phagocyter les questions pédagogiques. Libre à ceux qui veulent dépenser 50.000 euros dans une boîte de production de rajouter une ligne budgétaire dédiée. Pour le calcul du coût d’une journée-homme de 7 heures, j’ai divise le salaire annuel chargé par le nombre de jours ouvrables (environ 224). Pour simplifier, cela correspond à peu près au montage du MOOC Gestion de Projet.

Tous les scénarios qui suivent auront un dénominateur commun: l’enseignant en charge du cours d’une part, et les béta-testeurs responsables du contrôle qualité d’autre part. Ces-derniers seront bénévoles dans ces scénarios (on prend en général des étudiants). Pour l’enseignant, j’ai pris comme référence le salaire d’un Maître de Conférence ayant quelques années d’enseignement derrière lui sans être en fin de grille pour autant (autour de 65 k€ en coûts chargés). Différents services de l’établissement peuvent être sollicités par ailleurs : studio d’enregistrement, administration, service juridique, nous en avons fait la liste au cours des budgétisations précédentes. Par souci de simplification, je regrouperai l’ensemble de ces services dans la colonne “Environnement Etablissement”. Par ailleurs, un peu de matériel (2000 euros) est acheté dans l’ensemble de ces scénarios (vidéo, etc). Je pars du principe que l’hébergement du cours sur la plate-forme est gratuit (cours hébergé sur Coursera ou sur France Université Numérique par exemple).

Ce qui va varier entre ces différents scénarios, c’est la répartition des tâches telles que la gestion de projet, les questions techniques, ou l’animation de la communauté. Nous allons distinguer cinq scénarios-type qui s’inspirent de situations concrètes que j’ai rencontrées moi-même ou qui ont été rencontrées par des collègues.

Scénario 1 : Enseignant en cavalier seul

Dans ce scénario, l’enseignant se lance seul dans la conception du cours. Cette approche à l’avantage d’être très simple du point de vue de la gestion. Pas d’équipe à coordonner, personne à encadrer, la simplicité est souvent synonyme d’efficacité. Mais la charge de travail pour l’enseignant est conséquente. 600 heures de travail, c’est presque l’ensemble de la charge d’enseignement d’une année de cours (192 heures équivalent-TD pour un Maître de Conférences si je me souviens bien). Par ailleurs, cela implique de devenir compétent en montage vidéo, de maîtriser la plate-forme, d’avoir le temps de surveiller les forums, etc. Il est fortement recommandé de ne pas avoir de vie de famille dans ce type de scénario.

On peut envisager que plusieurs enseignants unissent leur force pour diminuer la charge de travail individuelle, mais dans ce cas, il faut une bonne cohésion de l’équipe. L’avantage de ce scénario est que les coûts directs sont très faibles, et qu’il n’y a pas de recrutement à effectuer. Dans cet exemple de budgétisation, le budget est de 48.500 euros en coûts totaux, dont 2000 euros de coûts directs.

budget 1

Scénario : enseignant en cavalier seul (budget en euros)

Scénario 2 Equipe d’universitaires

Dans ce scénario, l’enseignant est aidé par des assistants issus du monde académique : doctorants effectuant leur charge d’enseignement, éventuellement ATER ou post-docs.  Je compte un doctorant pour la réalisation des activités et évaluations (cf. Fiche-mission : le responsable de la conception des évaluations), un pour l’assistance technique, un pour l’animation de la communauté, et un  pour la gestion de projet. Cela fait tout de même quatre doctorants qui consacrent leur charge d’enseignement complète (64 heures équivalent-TD soit à peu près 200 heures de travail chacun). L’avantage de cette solution est qu’elle bon marché, et elle permet de décharger l’enseignant d’une grande partie de son travail.

L’équipe est jeune et dynamique, les personnes recrutées travaillant généralement dans le domaine enseigné, c’est un atout du point de vue pédagogique. Mais les doctorants ou assimilés doivent tout de même se former à un nouveau « travail », et ils sont en général accaparés par ailleurs par leurs recherches. Pas toujours facile de mêler les deux. Dans cette situation il faut vraiment que l’enseignant ait confiance en son équipe, car le succès du cours, et donc sa réputation, va en dépendre. Dans cet exemple de budgétisation, le budget est de 39.900 euros en coûts totaux, dont 2000 euros en coûts directs.

Budget 2

Scénario : équipe universitaire (budget en euros)

Scénario 3 : Personnel dédié

Dans ce scénario, un chef de projet est affecté au MOOC et y consacre une partie significative de sa charge de travail (l’équivalent d’un demi-poste sur six mois). Le profil idéal est celui de l’ingénieur pédagogique ou de l’ingénieur d’études. Je prends comme référence le salaire d’un ingénieur d’études en début de grille (60k€ en coûts chargés).  Si une telle personne est disponible pour s’investir sur le projet, c’est l’idéal. Le problème, c’est s’il faut recruter, car il faut trouver la bonne personne.

L’avantage de cette solution est que le projet avance régulièrement, dans la mesure où quelqu’un travaille dessus tous les jours. Moins de personnes, donc plus simple en termes de management. Dans cet exemple de budgétisation, le budget est de 45.600 euros en coûts totaux, dont 2000 en coûts directs si la personne concernée est déjà disponible dans l’établissement, et 22.000 euros en coûts directs si un CDD est recruté pour l’occasion.

Scénario : Personnel dédié (budget en euros)

Scénario : Personnel dédié (budget en euros)

Scénario 4 : Prestation de services

Dans ce scénario, une partie significative du travail est réalisée par une ou des entreprises spécialisées dans la conception de MOOC (ce que l’on appelle des MOOC Agencies: typiquement Unow, ou The MOOC Agency). Pour les prix, je donne des ordres de grandeur plausibles, sachant que je ne connais pas le détail des offres de ces entreprises. Cette solution est plus chère, en termes de coûts directs comme en termes de coûts totaux. On sort du fonctionnement en équipe-projet pour entrer dans la prestation de service. L’avantage est que l’entreprise est expérimentée et met en jeu sa réputation (le travail ayant une grande visibilité de par l’exposition qu’offre le MOOC). Le travail fourni est donc a priori de qualité.

A noter que dans les autres scénarios, je suis parti du principe que les personnes concernées étaient déjà compétentes et efficaces sur le sujet. Si ce n’est pas le cas, cela risque de prendre beaucoup plus de temps, et au final, il n’est pas sûr que le scénario « Prestation de services » soit beaucoup plus cher … Dans cet exemple de budgétisation, le budget est de 77.000 euros en coûts totaux, dont 53.000 euros en coûts directs.

Scénario : Prestation de services (budget en euros)

Scénario : Prestation de services (budget en euros)

Scénario 5 : Equipe de bénévoles

Enfin, dernier scénario : l’équipe de bénévoles. C’est la façon de fonctionner du MOOC Gestion de Projet de Centrale Lille, nous en avions parlé dans un billet récent. Cette solution à l’avantage d’être bon marché; c’est grâce au bénévolat que nous avions pu lancer avec Rémi Bachelet la première édition du MOOC avec un budget de 400 euros. Encore faut-il trouver ces bénévoles. Le simple fait d’être bénévole est une preuve d’engagement, et leur travail est en général de qualité. Inconvénient: aucune contrainte légale, et si un bénévole décide de lâcher le projet à l’approche d’une deadline, c’est son droit. Par ailleurs, au vu de l’engagement nécessaire, ces bénévoles devront faire une croix sur une bonne partie de leur vie privée pendant quelques temps. Avantage: flexibilité, réactivité, qualité du travail. Dans cet exemple de budgétisation, le budget est de 16.700 euros en coûts totaux, dont 2000 euros en coûts directs. C’est sûr, quand on ne paie pas les gens, cela coûte moins cher.

Scénario : équipe de bénévoles (budget en euros)

Scénario : équipe de bénévoles (budget en euros)

Conclusion

Je ne pense pas qu’il existe de scénario idéal. Certains sont plus adaptés à des situations que d’autres, et à vrai dire, je pense que les scénarios hybrides sont souvent les meilleurs. Un peu de prestation de service de la part d’une MOOC Agency pour les aspects techniques, une équipe universitaire pour la conception des ressources, et quelques bénévoles pour la flexibilité et la réactivité. Eventuellement un personnel dédié pour coordonner le tout. Il n’y a pas de recette magique, il faut trouver le bon équilibre et s’adapter aux contraintes locales.

Pour clore ce billet (un peu long vous m’en excuserez), n’oublions pas que ces chiffres sont valables pour une première édition du cours. Dans la mesure où la plupart des ressources sont réutilisées telles quelles par la suite – à quelques ajustements près – les rééditions d’un cours sont nettement moins coûteuses. Pour illustrer ce principe, je vous propose deux budgétisations (qui correspondent à une situation réelle) basées sur un scénario de type « équipe universitaire ». On constate dans ce cas précis que la réédition du cours est trois fois moins coûteuse que la conception de la première édition. Pour la seconde édition, on peut s’en sortir avec un doctorant pour la gestion de projet, et un autre pour l’animation de la communauté, soit l’équivalent de 13.000 euros environ, pour une première édition qui tourne autour de 40.000.

budgets

Budgets (en journées-homme) associés à la conception d’une nouvelle édition d’un MOOC (en bleu) et à une réédition du cours (en rouge)

Si on part du principe que la première édition du cours attire 5.000 personnes, et la seconde 15.000 (ce qui est proche de la dynamique observée pour le MOOC Gestion de Projet), on arrive potentiellement à un coût par étudiant de l’ordre de 10 euros pour la première édition, et d’un peu moins d’un euro pour la seconde. Si on considère que seuls 20% des étudiants vont au bout du MOOC (plus de 35% pour le MOOC Gestion de Projet) et qu’il faut prendre en compte ce biais, alors cela fait quelque chose comme 50 euros par étudiant pour la première édition, et 4 euros pour la seconde. Sachant que l’on parle de formations de 4 à 7 semaines impliquant parfois jusqu’à 10 heures de travail hebdomadaires, je pense que l’on peut commencer à parler de démocratisation de l’enseignement … Des chiffres à méditer ….

7 Comments

Filed under Non classé

7 Responses to Monter un MOOC : combien ça coûte ?

  1. Merci Mathieu pour ce billet très intéressant.
    Cependant vous ne distinguez pas les couts de conception et de réalisation des couts de fonctionnement. C’est dommage.

    L’hypothèse que vous faites est que tout confondu un bon MOOC doit se faire en 900 h. soit 128 j. homme. Cela me semble très important au regard du type de ressources produites (beaucoup de textes et des vidéos). Il y a assez peu de multimedia dans les MOOC finalement et fort heureusement beaucoup de réutilisation.

    Si en plus on regarde le nombre de jours travaillés par an, disons 220 en moyenne, même si la plupart des enseignants-chercheurs en font plus, dans l’hypothèse 1, cela représente plus d’un mi-temps pour un seul cours pour 1500 personnes « formées/certifiées ».
    Ce qui est acceptable mais si on regarde le nombre de personnes qu’un EC forme par an, on est peut-être pas si loin (1 cours d’amphi de 1ère année avec 300 étudiants, 3 TD à 70, quelques stages…) et si on considére qu’un MOOC ne s’inscrit pour le moment dans aucun « parcours » ou cursus, on peut discuter.

    Voici rapidement les calculs que je propose :

    Hypothèses :
    - L’enseignant est spécialiste du sujet (heureusement) et le cours a déjà été donné en présentiel.
    - L’enseignant fait appel à sa cellule TICE pour la création des contenus multimedia et pour certaines taches de conception
    - Les couts sont en jours homme et ne distinguent pas les profils (EC, ingénieur pédagogique, réalisateur, tuteur …)
    - Le MOOC visé dure 5 semaines
    - Chaque semaine est constituée des grains pédagogiques suivants : 5 vidéos, des slides PowerPoint revues et éventuellement passées dans un outil auteur type Captivate pour en faire des contenus scormés, un quiz final, un exercice/activité, les textes de présentation, d’introduction de la plateforme.
    - Les vidéos durent en moyenne 10 minutes, le quiz est constitué de 20 questions, l’activité est un devoir que l’élève fait seul ou en groupe.

    1. Conception générale du MOOC : 5 jours
    2. Conception détaillée du MOOC : 10 jours
    3. Adaptation du contenu de l’enseignant : 5 jours
    4. Captation des vidéos : 25 séquences vidéos de 10 minutes soit globalement 4 h. de vidéo.
    Bien préparé on est à 1/2 journée h. par vidéo (enseignant plus technicien).
    Soit 12 jours pour produire les ressources vidéo.
    5. Quiz : 1/2 journée par quiz, soit disons 3 jours pour les quiz.
    6. Activités : 1/2 journée par activité soit 3 jours pour les activités. On réutilise des choses existantes mais dans l’hypothèse où l’on crée un nouveau cas pour le cours, on dépasse rarement 1/2 journée, rédaction inclue.
    7. Rédaction des textes d’introduction : 3 jours
    8. Mise en ligne des vidéos, saisies des questions, autres joyeusetés : 5 jours
    9. Tests et recettes : 5 jours
    10. Diffusion et suivi : 2 jours par semaine, soit 10 jours.
    11. Marketing du MOOC : 5 jours

    Total : 66 jours, soit 462 heures.

    Qu’en pensez-vous ? Je sous-estime ?

    Pour se détendre un peu je me permets de poster ce billet en forme de blague : http://ingefor.aptilink.com/breve/17-phrases-entendues-a-la-sortie-dun-mooc

    Très cordialement,
    Emmanuel

    • matthieu-cisel

      Bonjour Emmanuel,

      je pense qu’il est tout à fait possible de monter un MOOC avec « seulement » 462 heures. Tout dépend de l’objectif que l’on se fixe et du type de MOOC que l’on souhaite mettre au point. Si l’on fait les choses dans les règles de l’art, cela prend beaucoup beaucoup de temps. Je pense que Rémi Bachelet (qui suit un peu le scénario 1) consacre facilement la moitié de son année au MOOC. C’est un peu comme écrire un livre en fait, c’est un travail d’auteur, et pas seulement un travail d’acteur. S’il est vrai que l’on peut faire un MOOC en moins de temps, je préfère donner une version plus « lourde » du montage pour ne pas encourager à sous-estimer le travail que cela représente.

      Concernant votre calcul, c’est jouable, cela dépend de ce que l’on cherche? Je pense que le temps de conception des vidéos est légérement sous estimé (je m’en réfère au doc de l’EPFL http://goo.gl/tb131Z)
      Cordialement
      Matthieu

  2. Je m’interroge tout simplement sur l’investissement. De telles durées de conception-réalisation ne sont pas tenables sur le long terme. Un MOOC c’est avant tout un cours mis en ligne sur un LMS.
    Il serait intéressant de comparer les couts de conception d’un MOOC comme le MOOC GDP aux couts de conception de formations complètement en ligne comme certains masters proposés à Paris 3 ou à Rennes 1, très proche dans leur facture.

    • matthieu-cisel

      Disons que l’investissement initial est important, très important. Après, le coût de réédition est divisé par trois ou quatre, avec une audience multipliée par trois ou quatre. Un facteur 10 en un coût en terme de rentabilité. La comparaison serait très intéressante en effet…

  3. Le MOOC GdP et un paradoxe c’est à la fois un MOOC « zéro budget » …et des MOOC chers. Zéro budget parce que je n’ai dépensé en cash que 400€, MOOC chers parce qu’on a plus de 1000 heures de travail.

    Première observation : si on avait commencé par demander même 5000€ de financement, le MOOC GdP n’aura pas encore vu le jour, et encore moins deux éditions !

    Ma thèse favorite c’est donc qu’un MOOC n’est « pas cher »
    https://plus.google.com/u/0/115161620525224497395/posts/95ywX6zoVP9

    reste bien sûr que si l’on veut rémunérer l’équipe à sa juste valeur ET faire de la qualité (interaction, cours, rapidité de réponse…), un MOOC peut revenir à 90k€.. le problème étant qu’en France dans un contexte de réduction forte des budgets de l’enseignement supérieur, on n’a tout simplement pas cet argent.

  4. matthieu,
    Vu le temps de réalisation d’un mooc et son cout,
    il faut donc un expert d’un sujet qui puisse « créer » des cours complets (quels sont les droits, faut il les acheter, les commander, via des assemblages de contenus éparts. Un assembleur plutôt qu’un auteur ?

    • matthieu-cisel

      C’est sans doute une des pistes qu’il faudra explorer. Saylor.org est un peu dans cette philosophie … cela dépendra beaucoup du type de formation. J’y crois pour les langues en tout cas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>