Au menu du MOOC MOOC …

Et voilà ! Depuis vendredi dernier, les inscriptions au MOOC « Monter un MOOC de A à Z » sont ouvertes. xMOOC ou cMOOC, établissements publics ou entreprises, pour les lycéens ou pour la formation continue, il y en a pour tous les goûts. Venez avec votre projet pour former des équipes internationales, et tenter de gagner le prix du meilleur MOOC! Retour sur les quelques semaines que dure la formation.

Tout d’abord, le pré-MOOC, période au cours de laquelle les vidéos et les ressources pédagogiques ne seront pas disponibles. L’objectif de cette semaine est de se familiariser avec le fonctionnement du cours et de la plate-forme, mais aussi de permettre à ceux qui le souhaitent de former des équipes pour mettre au point un projet de MOOC.  Pour les porteurs de projets, c’est le moment de présenter leur idée sur les forums et les réseaux sociaux pour tenter de recruter une équipe (à moins qu’elle ne soit déjà formée). Pour les autres, c’est le moment de se présenter, car il est toujours plus convivial de savoir avec qui l’on suit la formation.

Semaine 1

L’objectif de la première semaine est de bien comprendre ce que sont les MOOC, et notamment ce qui les différencie d’autres formats comme les Ressources Educatives Libres (REL), l’Open Courseware ou la Formation à Distance (FAD ou FOAD). Nous discutons un peu de l’anatomie de ces formations: Quelles sont leurs principales fonctions, quels sont les ingrédients qui le composent ? Peut-on distinguer différents types de MOOC, sur la base du public-cible ou de l’approche pédagogique ? Dans la deuxième partie de la semaine nous abordons avec Audrey Ego les questions de propriété intellectuelle, particulièrement sensibles dans le contexte de l’enseignement en ligne, et à plus forte raison dans le cadre de formations ouvertes. Il s’agit de comprendre a minima les licences, libres et propriétaire, pour savoir ce qu’on a le droit ou non de faire avec les ressources disponibles sur Internet. A la fin de cette semaine, vous saurez reconnaître les différents types de MOOC, et aurez une meilleure compréhension des problématiques de propriété intellectuelle.

 Semaine 2

Au cours de la deuxième semaine, nous allons aborder la question de la scénarisation de la formation. Scénariser un MOOC, c’est faire un certain nombre de choix : Quels sont les objectifs pédagogiques ? Quelles sont les activités que l’on peut organiser compte tenu du caractère ouvert et massif de la formation ? Comment découper ces activités ? Faut-il faire un parcours unique pour tous les participants ou au contraire proposer plusieurs parcours possibles ? Combien de temps un MOOC doit-il durer ? Quelques semaines seulement ou plusieurs mois ? Autant de questions qui n’ont pas de réponse unique, d’autant que nous manquons cruellement de recul sur le phénomène. Concevoir un cours, et concevoir un MOOC, ce n’est pas si différent. Mais le caractère ouvert et massif de la formation impose néanmoins quelques adaptations. A la fin de la semaine, vous connaîtrez les principales questions qui se posent dès que l’on scénarise un MOOC, à défaut d’avoir les réponses.

 Semaine 3

Au cours de la deuxième semaine, nous avons volontairement mis en avant les activités par rapport aux vidéos pédagogiques, pour insister sur le fait que les MOOC sont des formations avant d’être des bibliothèques de ressources. Néanmoins, les vidéos de cours, qui représentent l’essentiel des ressources pédagogiques des MOOC à l’heure actuelle, sont un élément central de la formation. Il est donc nécessaire de se poser un certain nombre de questions. Des vidéos oui, mais pourquoi ? Faut-il nécessairement disposer d’un studio pour pouvoir tourner un MOOC ou peut-on se contenter de sa webcam ? Par ailleurs, quels sont les différentes possibilités ? Que penser de l’écriture numérique ? Est-il par exemple recommandé d’utiliser une tablette , ou de jouer les hommes-météo sur un écran vert ?

N’oublions pas que la question des ressources pédagogiques dépasse la seule question des vidéos. Quels sont les différents types de ressources que l’on trouve au sein d’un MOOC ? Que signifient par exemple les termes « ressources d’accompagnement » et « ressources d’animation » ? Par ailleurs, un certain nombre de questions de propriété intellectuelle se posent à nouveau. Qu’a-t-on le droit de faire avec les ressources disponibles en ligne ? Où trouver des ressources libres de droit ? Autant de questions que nous soulèverons au cours de la troisième semaine du MOOC.

 Semaine 4

Maintenant que la notion de MOOC a été clarifiée, que nous avons exploré les questions de scénarisation et de conception des vidéos pédagogiques, il est temps de se jeter à l’eau. Mais avant de foncer tête baissée, il est nécessaire d’avoir les idées claires et de pouvoir identifier les principales étapes du projet : Avant-projet, production, beta-test, promotion, pilotage, analyse et bilan. Faire un MOOC, ce n’est pas uniquement concevoir des ressources et mettre au point des activités; c’est aussi savoir attirer des utilisateurs, car les participants sont libres de s’inscrire, mais savoir aussi les conserver, car ils sont libres de quitter la formation quand bon leur semble. C’est pouvoir animer une communauté de plusieurs milliers voire dizaines de milliers de personnes. Bref, mettre au point un MOOC requiert une équipe multidisciplinaire. Quelles sont les principales étapes du montage d’un MOOC ? Quelles sont les compétences qu’il faut réunir ? Comment dimensionner l’équipe et répartir les tâches ? Comment collaborer et avec quels outils ? Comment faire la promotion d’un MOOC ? Comment l’animer, le piloter ? A la fin de la semaine, vous aurez les idées claires sur les différentes étapes de la mise en place d’un MOOC et disposerez de tous les éléments nécessaires pour piloter un projet à la fois complexe et ambitieux.

 Semaine 5

Au cours de la cinquième semaine de cours, nous vous proposons maintenant de prendre un peu de hauteur et de réfléchir ensemble à la question du bilan et de l’analyse de la formation, mais aussi des enjeux de recherche et des enjeux économiques. La question du bilan d’abord. Les MOOC permettent de générer une quantité impressionnante de données. Que la formation ait été ou non un succès, il est très important de faire le bilan de ce qui s’est passé. Tout d’abord en termes de public : Qui s’est inscrit ? Quel type de public le MOOC a-t-il attiré, mais aussi en termes d’usages. Combien de personnes sont allées jusqu’au bout de la formation ? Combien ont été actifs sur les forums ? Il faut réaliser tout un travail d’analyse, qui s’appuie essentiellement sur des statistiques descriptives. Enfin, nous travaillerons sur les enjeux économiques, et plus précisément sur les modèles économiques des MOOC, car c’est une question qui doit être posée dès la première étape de la conception.

Avant de conclure et comme je le fais dans cette interview dans MOOC francophone, je souhaiterais insister sur le fait que je me considère comme un passionné davantage que comme un expert. J’ai suivi des MOOC, participé à la conception de certains, je fais de la recherche sur le sujet, mais vous l’aurez compris, c’est bien la première fois que j’en monte un moi-même de A à Z. J’ai encore beaucoup à apprendre, en particulier sur le plan de la technique audio-visuelle, où je reste un débutant complet. Même après deux ans H24 sur le sujet, je suis encore loin d’être un « expert », et je vois d’ailleurs mal comment on pourrait être expert d’un sujet qui évolue aussi rapidement et qui nécessite autant de compétences.

Cela signifie deux choses. D’une part qu’il faudra être indulgent, et d’autre part que c’est aux participants d’apporter une grande partie des ressources et de la réflexion. Si nous fournissons un squelette de réflexion (une structure cela peut aider tout de même), c’est à la communauté d’apporter la chair ! Enfin, les sujets que l’on traite sont particulièrement variés, comme vous avez pu le constater, et dépassent largement le cadre des MOOC. Si vous avez en tête des projets qui se rapprochent (open courseware, formation à distance, etc), cela vaut sans doute le coup de jeter un oeil à la formation ! L’équipe vous attend de pied ferme pour l’ouverture de la formation, alors inscrivez-vous !

11 Comments

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11 Responses to Au menu du MOOC MOOC …

  1. Marc

    Bonsoir,

    Je viens de découvrir votre blog,remarquable,merci de faire partager aux internautes votre sentiment sur cette révolution en cours,un mots trop souvent galvaudé,et à plus forte raison dans l’économie numérique(comme si connecter un pot de fleur était un progrès…).

    Même si je n’ai pour l’heure que survolé le blog je suis surpris que l’équilibre financier laisse perplexe(sans même parler d’éventuels bénéfices plantureux…).
    Pourquoi un MOOC attirant plus de 100 000 personnes(j’ai cru comprendre que les MOOCs à succès attiraient près de 200 000 personnes!)ne serait pas rentables(!)?

    Openclassrooms par exemple produit ses contenus pour « rien »,ou pas grand chose(l’entreprise fonctionne sur un mode « collaboratif »…),et son pôle édition est manifestement une mine(les simples retranscriptions de cours,vendus pas loin de 10 euros,se vendent très bien)…

    Sans même considérer ce modèle « extrême »(la production collaborative du contenu)vos évaluations financières quand aux coûts de création d’un MOOC me paraissent bien élevées.

    Je suis tombé sur les prix de The MOOC Agency(mise en place plate-forme,mise à jour mensuelle,mise en ligne contenu,vidéos,animation communauté),de mémoire ils sont raisonnables,à plus forte raison parce que c’est la possibilité de s’affranchir des plate-formes sangsues,typiquement Coursera(de qui se MOOC t-on?)…
    Et puis l’économie est un éternel recommencement,on sait bien que les pré-séries sont hors de prix(comme l’EPR finlandais du géant Areva…),et puis qu’ils dégringolent en même temps que le marché monte en charge.

    Enfin si je ne m’abuse vous ne faites pas grand cas de Khan Academy(de mémoire 6 millions de visiteurs par mois…),un genre de modèle qui pourrait bien bousculer non plus l’enseignement supérieur mais tout le cursus scolaire(renversement entre cours magistraux à l’école/devoirs à la maison et le contraire?)…

    En somme on peut penser que vous avez tendance à voir midi à votre porte,que votre prisme,celui de « l’enseignant entrepreneur »,vous leurre quelque peu.
    A coup sûr dans le domaine de la formation par exemple des entreprises vont payer au lance pierre les enseignants(même pas en mode « écrivain/éditeur »,ils seront salariés)…

    Attendez un peu que de jeunes entrepreneurs secouent ce cocotier là, attaquent de front les dinosaures du secteur(plus justement le dinosaure,l’Etat main dans la main avec le patronat).
    L’Etat dépense chaque année plus de 30 milliards d’euros dans la formation professionnel!
    Pour quel résultat?
    Un désastre(financier,économique,pédagogique,et social)!
    Contrairement à beaucoup j’ imagine très bien les bénéfices des futurs géants du secteur(naturellement après un épisode comparable à la pitoyable guerre taxis/VPC…).

    Je vous rejoins sur un point;tout reste à inventer(!),on a encore rien vu,et Coursera et son cortège de vieille universités(ses profs et leurs slides…) feront bientôt figure d’antiquités.

    Longue vie au blog,et bon vent pour tous vos projets autour des MOOCs.

    Cordialement

    • matthieu-cisel

      Merci beaucoup pour cette encouragement. Je vous rejoins sur nombre de vos réflexions. Concernant la rentabilité, nous sommes confrontés au problème de la monétisation de l’audience, car 100.000 fois 0 vaut malheureusement toujours 0. Il faut compte 40.000 euros tous coûts compris pour faire un MOOC … Et peu de gens achètent les certificats. La chasse au dinosaure est ouverte …

  2. Marc

    FUN…

    Une coquille dans les modalités du MOOC MOOC.
    La date limite pour s’inscrire est la même que celle marquant la fin du MOOC.
    A moins que le MOOC soit vraiment Open?
    :)

    Est ce que les internautes qui voudraient se libérer des contraintes liées aux planning des cours,et qui seraient près à faire l’impasse sur le « social learning »,pourront les télécharger(en « bloc »)?
    Si oui doivent-ils respecter quand même la date limite d’inscription?

    Cordialement

    • matthieu-cisel

      Bonjour Marc,

      Les inscriptions sont bien ouvertes jusqu’à la fin de la formation, et
      les vidéos seront disponibles sur ma chaîne Youtube en permanence, en plus de l’être sur la plate-forme FUN. En revanche, je pense que la plate-forme impose de télécharger les vidéos une par une.

      Cordialement

      Matthieu

  3. Marc

    Merci beaucoup.

    Si les vidéos seront disponibles sur Youtube le téléchargement depuis la plate-forme devient superfétatoire.

    J’ai lu que vous étiez attiré par la création d’un MOOC de langue,Vous voulez proposer des cours de français(à destination de francophones ou de francophiles)?

    • matthieu-cisel

      Oui, je trouve ça idiot d’investir autant de temps pour produire des vidéos et de ne pas les mettre à disposition en permanence …

      Pour les MOOC de langues, en fait, ce qui m’intéresse le plus c’est l’aspect apprentissage adaptatif sur la base de corpus alignés (je vais m’expliquer sur le concept à travers des billets dans les mois à venir). C’est depuis une dizaine de langues vers une dizaine de langues … (Russe, Chinois, Anglais, Français, Espagnol, Allemand, Indonésien, Tibétain, Italien, Japonais ?, Portugais ?)

      • Marc

        Bonjour,
        J’attends avec une certaine impatience ces prochains billets,parce que « celui » qui va proposer de vrais MOOC de langues va attaquer de front un marché énorme,de gros intérêts(se faire beaucoup d’ennemis…),à plus forte raison si il est capable de proposer « des dizaines de langues »(comme vous l’écrivez).
        De fait si je ne m’abuse les propositions tardent(?).
        Pour l’apprentissage de la langue française l’Alliance française est le candidat idéal,mais probablement le dernier qui va bouger(pourquoi se tirer une balle dans le pied,même dans l’intérêt général,ou plus justement national)…

        J’ai quand même un peu de mal à imaginer qu’une seule « équipe » soit capable de proposer des MOOC permettant l’apprentissage sérieux de multiples langues,et dans les « deux sens »,espagnol/chinois,chinois/espagnol,grec/coréen,coréen/grec(sur le plan pédagogique le problème de la singularité,des langues mais aussi des cultures, se posent non?)…
        Et si les américains réussissaient ce serait à coup sûr un nouveau coup dur pour la diversité dans le monde(apprendre à parler ou à écrire c’est aussi apprendre à penser…).

        « Malheureusement » je crois plus à l’avènement de traducteurs « informatiques »,vocaux,instantanés,intégrés dans les téléphones « fixes »,les mobiles(même en vis à vis;je parle en français et dans ma main mon mobile traduit en chinois,mon interlocuteur me répond en chinois et mon mobile traduit en français),ou dans les systèmes de visioconférences.Des systèmes vraisemblablement assez « mécaniques »,réducteurs,favorisant des échanges in fine assez pauvre…

        A propos d’ambition un peu folle,
        Je travaille avec un entrepreneur qui commence à phosphorer sérieusement sur un projet éducatif philanthropique(vraiment Open et on ne peut plus Massif…),lui aussi risque de ne pas se faire que des amis…
        Il commence à réfléchir à la constitution d’un « groupe de travail »,le problème de la pédagogie,déterminant, se pose.
        Entre parenthèse je trouve que c’est trop souvent le parent pauvre de beaucoup trop de MOOC,sans une bonne pédagogie le meilleur contenu devient imbuvable.
        Si vous le voulez bien je vais l’orienter vers vous(peut être que vous pourriez me communiquer par mail une adresse mail?),il gagnerait à échanger avec vous.

        PS:Merci de proposer le MOOC MOOC que je vais suivre en différé sur Youtube.

  4. Rafidinarivo

    Je viens de m’inscrire au cours « Monter un MOOC de A à Z ».
    Avec la disposition et la disponibilité qu’il faut.
    Et ce, dans un objectif précis pour notre établissement et partant notre système d’enseignement supérieur.

  5. Surgand

    Inscrit dans plusieurs MOOC je constate que l’outil utilisé est très mauvais et pas adapté aux besoins et enjeux de ces formation.
    C’est une plateforme de formation très primitive, non fini et globalement non utilisable.
    Pour quelles raisons Moodle n’a pas été choisi alors que pour plusieurs activités, il a été nécessaire de s’inscrire également a un Moosle pour suivre le Mooc dans son intégralité ?
    Il y aurait il des dessous politiques dans ce choix, car d’un point de vue technique il n’y a pas photo.

    • matthieu-cisel

      Il y a eu quelques MOOC sur Moodle, mais la plate-forme n’est pas vraiment adaptée aux très grands nombres, même si elle dispose – je vous rejoins – de beaucoup plus de fonctionnalités qu’edX. Mais on peut recréer certaines de ces fonctionnalités à conditions de bien savoir utiliser les outils Google et en faisant de l’intégration via iframe. Le choix de la techno n’est stratégiquement pas complètement idiot à condition de faire des développements derrière et de savoir bien l’installer et l’administrer…

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