MOOC : utiliser les outils Google

mooc logo 14Alea jacta est. Le MOOC « Monter un MOOC de A à Z » a commencé cet après-midi avec 3000 inscrits ! Une taille modeste pour un MOOC, mais au-delà de mes espérances vu que le sujet est somme toute très spécialisé. Cette formation aura été un véritable défi, défi qui est loin d’être gagné. Car j’ai dû bricoler des fonctionnalités non disponibles sur la plate-forme edX à coups d’outils Google & Co. Et c’est bien la première fois que je les teste à grande échelle. On va voir ce que ça donne, croisons les doigts.  Retour sur quelques bricolages qui ont permis à cette formation de voir le jour …

Comme vous le savez sans doute, aucune plate-forme de MOOC n’est parfaite, et Open edX, la technologie derrière FUN, ne fait pas exception. Il y a quelques mois, le consortium edX annonçait que sa fonctionnalité d’évaluation par les pairs était défectueuse et recommandait à l’ensemble de ses partenaires de ne plus l’utiliser jusqu’à temps qu’une nouvelle version ait été développée (ce qui est désormais le cas). Du coup, cela limitait considérablement ce que l’on pouvait faire. Je découvris que le consortium edX (soit le MIT et Harvard tout de même) n’était pas aussi fiable que Coursera (qui a d’autres défauts on s’entend).

Tout d’abord, je voulais que les participants puissent former des équipes pour proposer des projets de MOOC. Ensuite, il y a quelques jours, j’ai pris la décision de finalement proposer un « parcours individuel » où les participants travailleraient seuls (car beaucoup n’ont ni le temps ni l’envie de monter des projets de MOOC en équipe). Il suffit de prendre un MOOC de son choix, et de l’analyser à travers quatre devoirs (très similaires à ceux des équipes projet soit dit en passant). Cela permet d’élargir le public cible, car les attentes sont très hétérogènes. Je vous encourage d’ailleurs vivement à suivre ce parcours si vous vous intéressez aux MOOC sans l’intention d’en monter un. Une heure ou deux par semaine en plus des vidéos, tout à fait acceptable somme toute non ?

Le problème, c’est qu’à cause des soucis du consortium edX (et c’est pas la faute à FUN, comme certains ont pu le penser), il n’y a pas de fonctionnalité pour soumettre des devoirs, pas de possibilité de rendre ces devoirs visibles, ni de les attribuer à des évaluateurs, ni d’intégrer les retours, ni de calculer les notes. Bref, nada, rien, que pouic. Mon directeur de thèse, qui pilote le MOOC Enseigner et Former avec le Numérique, a décidé de passer par un Moodle pour compenser (en plus c’est un des outils qu’il faut connaître quand on s’intéresse au numérique éducatif, donc ça tombe bien). En ce qui me concerne, je ne voulais pas externaliser la fonctionnalité, car souvent les participants n’aiment pas; et j’avoue que ça déboussole un peu, ça complexifie, de nouveaux outils à maîtriser, etc …

On s’est donc posés tranquillement un samedi après-midi avec Yannick Petit (le fondateur de Unow) pour un petit brainstorm. Ah, heureusement que les startups existent, c’est déprimant de bosser seul chez soi le week end. Du coup je vais passer régulièrement mes samedis et dimanches chez Unow près de Bastille pour trouver la motivation. J’adore l’esprit startup, ça va vite c’est efficace. Dieu sait si le service public gagnerait à intégrer cet esprit dans sa façon de fonctionner, et je pense que je vais passer ma vie à militer en ce sens. Quand j’ai un problème technique, une idée que je n’arrive pas à concrétiser, hop, un petit mail à Yannick, et en général en moins de 30 minutes, j’ai la réponse … même le dimanche. Je m’égare, fermons la parenthèse et revenons à nos moutons. 

Alors, comment on recrée l’évaluation par les pairs avec trois bouts de ficelle? Je voulais un formulaire qui permette de soumettre des pièces jointes (dont je maîtrise la taille et l’extension, pdf, etc), et pouvoir maîtriser l’espace de travail dans lequel les productions seraient envoyées (idéalement un Google Drive). Hop, une petite recherche dans Google, et en deux coups de cuillère, on trouve Jotform. Puissant, très puissant. En plus il est possible de faire un embed, c’est à dire l’intégrer via un code html (iframe et tout le touintouin pour les initiés) directement dans la plate-forme edX, de telle sorte que les gens ne se rendent même pas compte qu’ils sortent de la plate-forme (mis à part que je leur redemande leur mail pour garder le contact avec eux).

Jotform, super, sauf que c’est payant au-delà d’un certain nombre de soumissions, et puis pas toujours super simple à gérer. Du coup, j’ai préféré passer par l’option « Google ». On leur demande de mettre le devoir en ligne dans le cloud (par exemple avec Google Drive), d’obtenir une URL publique, et de la poster dans un formulaire de type Google Form. Pour les aspects techniques, je les redirige vers les tutoriels fournis par Google (d’autres choses à faire en ce moment que de faire des tutos Google). Ceux qui le veulent (et/ou qui sont fâchés avec Google) peuvent également utiliser Dropbox (voici un lien vers le tutoriel pour partager un fichier public), ou fichierpdf (très simple d’utilisation) pour l’hébergement des devoirs. Alors oui, il y en a qui vont râler. Mais j’ai envie de dire, si on ne sait pas mettre un document dans le cloud, on ne peut pas faire un MOOC, donc la question est réglée.

Une fois qu’ils ont donné l’URL publique de leur devoir via un Google Form (intégré sans que ça se voit trop dans edX par la magie du html ), j’ai ma petite base de donnée de devoirs (que je peux faire apparaître également dans edX via un code html, comme ça tout le monde voit les devoirs de tout le monde). Hop, un coup de Mail Chimp et tous les évaluateurs qui le veulent recevront dans leur boîte mail (si j’arrive à comprendre comment mailchimp fonctionne) les trois devoirs qu’ils devront corriger (avec un petit mot doux personnalisé). Magique non ? Et voilà comment on recrée une fonctionnalité « from the scratch » comme disent les anglo-saxons. Bon, j’ai fait quelques raccourcis, car c’est un peu plus compliqué; je dois maintenir l’anonymat de tout le monde (la CNIL, tout ça tout ça) et malgré tout être en mesure de tracer les différentes personnes. Mais passons.

C’est un peu risqué certes (le crash du MOOC Fundamentals of Online Education était dû à une mauvaise utilisation des outils Google), mais de toute façon, il était hors de question de niveler la qualité de la formation par le bas à cause d’une fonctionnalité absente. Je préfère prendre le risque de me planter pour avoir tenté quelque chose plutôt que de rester dans ma zone de confort et d’avoir la certitude que cela ne volera pas très haut. Mais avec tout ça, j’ai pris un retard considérable dans la conception des vidéos, fichtre. Cependant, je reste fidèle à ma philosophie : les activités d’abord ! C’est la priorité. Les vidéos, c’est secondaire (learning by doing, blablabla) … Mon petit doigt me dit néanmoins que je me suis donné beaucoup de peine pour pas grand chose et qu’il n’y aura guère plus de deux pelés trois tondus pour faire les activités proposées (et que j’aurais mis des dizaines d’heures à concevoir). Mais bon, que voulez vous, c’est une question de principe. Un MOOC sans activité, ce n’est pas un MOOC. Et je n’allais pas baisser les armes sous prétexte que c’était un petit MOOC, question d’honneur. Comme disait l’autre, la garde meurt, mais ne se rend pas.

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