Faire évoluer son MOOC

mooc logo 14Le MOOC « Monter un MOOC de A à Z » se termine, et c’est maintenant l’heure du bilan. Il s’agit d’identifier ce qui a marché et ce qui a moins bien marché, l’idée étant de tirer les leçons de cette édition pour améliorer la suivante. En effet, selon toute vraisemblance, la formation sera relancée avant la fin de l’année. Elle sera plus complète, avec de nouvelles activités et de nouveaux parcours. Mais avant de foncer tête baissée, il s’agit de faire une pause et de faire le point sur l’édition qui vient de se terminer …

Entre les questionnaires de satisfaction, les remarques sur les forums et les réseaux sociaux et les discussions au sein de l’équipe pédagogique, il y a de quoi faire. Commençons donc par le commencement, le problème qui revient toujours sur la table : l’évaluation par les pairs. Le bricolage que j’ai fait n’a selon toute vraisemblance pas très bien fonctionné, ou du moins pas aussi bien que j’aurais souhaité. Je crois que j’ai compris; ça va, on me l’a bien fait remarquer. A priori le module ORA2 d’évaluation par les pairs d’edX sera pleinement fonctionnel donc le problème ne sera posera pas. Ensuite sur la question des mécanismes incitatifs. Mon erreur a été de supposer que cela marcherait suffisamment sur une base volontaire quand j’aurais dû l’imposer. Et j’ai rendu l’évaluation obligatoire pour obtenir l’attestation en cours de MOOC, voyant que le processus ne suscitait pas d’adhésion. La prochaine fois, ce sera obligatoire dès le début, comme ça il n’y aura pas de problème.

Toujours sur la question des évaluations par les pairs, les grilles de notation. J’ai donné pour chaque devoir des critères d’évaluation, mais il est vrai qu’il n’y avait pas de grille de notation à proprement parler (bien qu’à l’origine, j’en avais créé une). Plusieurs raisons à cela : beaucoup des critères étaient subjectifs (créativité, innovation), et il est délicat dans ces conditions de dresser un barème très précis. Ensuite, je voulais laisser un peu de marge de manœuvre et d’interprétation aux évaluateurs. Mais à la réflexion, l’intérêt des barèmes n’est pas tant de noter que de mettre la barre assez haut pour les producteurs de devoirs. Du coup ils seront nettement plus précis la prochaine fois (dans la mesure du possible, cela dépendra des critères), et fournis en amont de la conception des devoirs pour qu’il n’y ait pas de surprise. Par ailleurs, je n’avais pas de quoi « calibrer » ces barèmes. Vous vous doutez bien que c’était la première fois que j’organisais ces activités, et je n’avais pas encore imaginé tous les travers possibles et imaginables. Cette fois nous mettrons en avant les meilleures productions de la V1 (première édition du cours), sélectionnerons des exemples et des contre-exemples, pour donner aux participants une idée plus précise de ce qui est attendu. Y compris pour les commentaires donnés dans les évaluations.

Ensuite, peut-être rajouter des mécanismes de gamification ? Dans l’idéal il faudrait un système de badges mais c’est un défi il me semble, sur le plan technologique, mais il existe des alternatives … Quelques prix pour les meilleurs MOOC ? Prix du jury, des participants ? Si techniquement c’est facile à mettre en place, on le fera probablement. Avec pourquoi pas des goodies à la clef ? Un mug, des T-shirts et des stylos brandés MOOCAZ ?  Bon, là, il faut peut être pas charrier. Ce serait sympa mais on a d’autres priorités.

En termes d’activité, le parcours « Création » était clairement trop chargé, il faudrait peut-être supprimer une activité, ou la mettre dans un autre parcours. Nous allons sans doute laisser davantage de temps aussipour tout rendre. Nous hésitons quant aux deadlines intermédiaires… ne faudrait-il pas juste une deadline finale pour tous les devoirs, suivie de la période d’évaluation ? Il est vrai que cela offre davantage de flexibilité, mais j’ai peur que les équipes ne parviennent pas à se mettre dans le rythme et procrastinent. Les deadlines, cela aide à souder l’équipe, et j’avais justement souffert de l’absence de deadlines intermédiaires en tant que porteur de projet au cours du MOOC « Designing New Learning Environments » de Stanford, car cela aidait à fédérer l’équipe au début. Elles seront donc a priori maintenues, le mercredi soir (j’ai le sentiment que c’est mieux en milieu de semaine qu’en fin de week-end), mais nous laisserons probablement davantage de temps pour réaliser les devoirs, en particulier au début. Ou peut-être qu’il n’y aura plus qu’une deadline intermédiaire, et une deadline finale. Plus de flexibilité, tout en luttant un peu contre la procrastination.

Du coup, nous proposerons sans doute des modules courts, indépendants, et abordables. Cela permettra de caser toutes les activités que j’avais voulu donner au parcours débutant (mais on m’avait gentiment fait comprendre qu’il fallait que je me calme), et que chacun choisisse son module en fonction de ses intérêts (la vidéo, la scénarisation, etc). Avec trois activités maximum par module, mais des activités assez poussées et approfondies.

Du coup, nous maintiendrons sûrement un module « Initiation » avec document de cadrage, teaser et page de présentation, mais aussi un parcours « vidéos pédagogiques » où l’on insistera sur la qualité de la vidéo. Un parcours centré sur la scénarisation, avec la rédaction de la séquence pédagogique détaillée (avec calendrier du cours), la mise au point d’une activité, et peut-être du calendrier du cours. Un parcours centré sur l’animation et la communication, avec la réalisation d’un Hang Out on Air, la réalisation d’une ressource de communication (billet de blog), et d’une ressource d’accompagnement (document détaillant le fonctionnement du cours). Je pense que cela a du sens de proposer ces itinéraires distincts dans la mesure où cela correspond à peu près la manière d’on se répartit les rôles au sein d’une équipe pédagogique. Chacun pourra y trouver son compte, et une équipe qui aura réalisé les trois spécialisations en sus du parcours « Initiation » sera prête pour se lancer dans l’aventure …

Pour le parcours « Analyse », où l’on doit réaliser l’analyse d’un MOOC de son choix, il y aura probablement quelques modifications mineures, mais de forme. Nous serons sans doute plus exigeants sur la profondeur des analyses demandées. En tout, nous avons aurons 5 parcours. 1 parcours analyse, et 4 parcours différents pour ceux qui veulent créer un MOOC, chaque parcours étant plus « light » que ce que nous avons pu proposer cette fois-ci. Compter une vingtaine d’heures par module sur deux mois (soit environ 3 heures/semaines), contre environ 40 heures sur 7 semaines.

moocit

Travaux des participants du MOOC MOOC, déposés sur MOOCIT

Bon, il y a pas mal d’améliorations à faire, mais dans l’ensemble il y a eu beaucoup de points positifs. Tout d’abord, à mes yeux, le nombre de personnes qui se sont investies dans les parcours analyse et création, malgré la difficulté du travail demandé. Plus d’une cinquantaine de projets de MOOC poussés jusqu’à leur terme, avec vraiment des idées originales et du travail de qualité. J’ai été époustouflé par le rendu des projets, avec notamment Yvain Démollière, un participant qui a proposé ses services pour héberger les embryons de MOOC créés par les participants sur une plate-forme Open edX. Franchement ça rend bien, allez jetr un coup d’oeil … Mais naturellement, il y a toujours matière à s’améliorer, et nous allons tirer les leçons de cette première édition. En tout cas, si vous avez participé au MOOC de près ou de loin et que vous avez des suggestions, n’hésitez pas, le blog est fait pour ça (mais juste sur les activités, pour le contenu du cours, on fait un nouveau billet la semaine prochaine).

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2 Comments

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2 Responses to Faire évoluer son MOOC

  1. Pierre-Laurent

    Bonjour Matthieu,
    Je pense que nous sommes nombreux à avoir apprécié le contenu de ce mooc, la disponibilité des intervenants et la richesse des informations fournies. Voici quelques propositions qui se veulent uniquement constructives :
    1) Il faudrait peut-être éviter la dispersion dans les forums. Il est difficile de suivre et de participer à la fois sur Fun, sur google+ et sur tweeter. Et même sur Fun, les forums sont trop nombreux pour être productifs. La formule google+ (que je ne connaissais pas avant) me semble la plus pertinente, car on peut aller facilement sur ce qui intéresse chacun (sans limite du nombre de caractères).
    2) Il serait peut-être nécessaire d’insister au début sur la maîtrise des outils collaboratifs et leur utilisation (drive, google+, etc.).
    3) La constitution des équipes pourrait être mieux encadré pour le parcours « création » (ou être un préalable au mooc ?)
    4) L’idée de créer des modules différents peut poser des problèmes pour ceux qui souhaitent concevoir un mooc complet (et non une partie de celui-ci). Pourquoi ne pas envisager 2 moocs : l’un pour l’initiation et l’autre ensuite pour l’approfondissement et la mise en œuvre (sur la base des projets réalisés de manière satisfaisante dans le mooc initiation), en prévoyant éventuellement un coaching à distance ou non.
    5) D’où la proposition suivante également : faire jouer à Fun (c’est son intérêt si cette plateforme veut se développer) ou à une autre plateforme (proposition Yvain Démollière ou autre) le rôle de catalyseur pour réaliser et faire tourner véritablement les moocs issus de la phase 2 (mooc d’approfondissement et de mise en œuvre). Il est un peu frustrant (et décourageant) de se lancer dans un projet sans véritable perspective de mise en œuvre. C’est aussi un moyen de développer les moocs en France. Par exemple, on peut utiliser les procédures qui sont employées pour la création des startups (mais pas uniquement).
    Il faut bien voir que la création de moocs se heurte en France à une forte résistance.
    6) Enfin, j’ai constaté qu’il y avait au moins deux sortes de participants au moocaz : les amateurs et les professionnels (sans que cela soit péjoratif, bien entendu). Les professionnels ont peu à peu abandonné (sauf les projets « enseignement » de ceux qui avaient déjà une plateforme ou des projets déjà validés par leurs établissements). C’est dommage que les projets centrés sur l’entreprise (ex. : lean management) aient été abandonnés. Il y a peut-être deux (ou trois) types de besoins pour les créateurs potentiels de moocs (et donc 2 ou 3 approches à définir) avec des modèles économiques différents : les amateurs et les formateurs (établissements d’enseignement et entreprises). Mais c’est juste une impression qui mériterait d’être affinée…. peut-être dans le cadre de la thèse de Matthieu ?

  2. Bonjour,

    La problématique des MOOC concerne, soit la connaissance, soit
    l’information, soit les deux (conférences par exemple). Il semble y
    avoir entropie ; on parle de MOOC, de POOC, de polémic tweet,
    aujourd’hui pour des enseignements, soit appliqués, soit magistraux. On
    pourrait aussi imaginer des formations de type « ateliers pratiques » pour
    enfants, voire des informations pour stages pratiques pour adultes,
    comme à la cinémathèque, jusqu’aux simples vidéo, aux pages web (bien
    que classé(e)s d’un point de vue « économique », parfois par une seule
    « personne morale »). Qu’en pensez-vous?

    Cdt

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