Venez faire votre thèse sur les MOOC

http://www.dreamstime.com/stock-photo-holder-master-s-degree-image11200570La recherche française sur les MOOC se met peu à peu en ordre de marche. Dans ce contexte, une thèse est proposée dans le cadre de l’Université Paris-Saclay. Axée sur les Sciences Humaines, l’objectif est de mieux comprendre les participants des MOOC, leurs motivations, le contexte dans lequel s’inscrit leur démarche. Et comme nous sommes à la recherche de candidats talentueux et motivés, je profite de ce billet pour relayer la proposition. Avis aux amateurs …

Problématique

L’objectif de la thèse est de mieux connaître les apprenants de différentes formations de type MOOC. Il s’agit d’une part de caractériser les intentions des apprenants de MOOC et les contextes (lieux, temps) dans lesquels les formations sont suivies et les activités réalisées et, d’autre part, de rendre compte de leur comportement et de leur parcours au sein des activités proposées. On souhaite ainsi savoir pourquoi les personnes décident de suivre une formation, ce qu’ils souhaitent faire ensuite, comment ils s’organisent, comment ils gèrent leur temps, s’ils suivent isolément ou à plusieurs, à quel moment, dans quel ordre ils font les activités…

Ainsi, par exemple, trois types d’intentions ont été repérés (Quentin et Bruillard) : mieux connaître les dispositifs MOOC, se former sur le thème abordé, étancher une soif personnelle de connaissances. On a pu également remarquer que les lieux dans lesquels se placent les apprenants pour réceptionner le MOOC influencent fortement les termes qu’ils utilisent pour le décrire. La recherche devrait faire émerger d’autres caractéristiques générales issues des observations et des discours des apprenants.

A partir d’une première catégorisation des offres de MOOC, notamment selon le sujet traité, le niveau requis, les activités individuelles ou collectives proposées, devraient se dégager des profils caractéristiques d’apprenants. On devrait aussi déterminer des comportements en regard des intentions des apprenants et des contenus pédagogiques mis à disposition, dans la manière dont ils seront organisés et utilisés par les apprenants pour soutenir leur engagement durant l’apprentissage.

Méthodologies de travail

Les méthodologies mises en œuvre sont classiques en sciences humaines et sociales, à base d’observation (qui peut être participante) et d’entretiens, éventuellement de questionnaires (dans un second temps). Elles seront complétées par l’analyse et la mise en perspective d’autres sources de données : les données analytiques fournies par le MOOC sur l’activité de l’apprenant et des données qualitatives récoltées auprès des apprenants au niveau des interactions multiples et leur articulation. Des données externes pourront également être analysées. Ainsi Isabelle Quentin (2014) a analysé une série de billets de blog dans lesquels des personnes témoignent de leur propre expérience d’apprenants de MOOC. L’analyse des discours fait ressortir les thématiques dominantes et l’analyse du contenu montre notamment l’importance de rendre visible l’obtention de badges ou de certificats. Il pourra être opportun de récolter des données issues des réseaux sociaux tels Facebook ou Twitter.

Remarque : la thèse sera menée au sein du laboratoire STEF de l’ENS de Cachan, dans le cadre des travaux du pôle elearning de l’institut de la société numérique (ISN) de l’université Paris-Saclay. Elle s’effectuera sous la co-direction d’Éric Bruillard (ENS Cachan) et de Yolaine Bourda (Supélec), en coordination avec les chercheurs et doctorants qui travaillent sur les MOOC.

Matthieu :

Bon, voilà, j’ai relayé. N’hésitez pas à contacter  mon directeur Eric (directement de préférence, via eric.bruillard@stef.ens-cachan.fr, et avec moi en copie matthieucisel@gmail.com) si vous êtes motivés par le sujet, avec CV et mémoire de M2 si vous voulez être pris en compte. Sélection des dossiers en septembre, commencement de la thèse en octobre a priori. L’avantage, c’est qu’on a une ambiance de travail très sympa au labo, on commence à être une équipe dynamique de jeunes doctorants sur le numérique éducatif et on est toujours ravis d’accueillir de nouveaux arrivants. Ce travail est assez complémentaire de ma propre thèse;  je reste plus ancré dans une approche quantitative, et clairement je serais ravi de pouvoir travailler avec des personnes qui ont une démarche plus qualitative, qui souhaitent aller à la rencontre des apprenants.

Je vois un certains nombre de doctorants qui commencent à se pencher sur ces sujets, même parfois sans financement (c’est courageux). Cette proposition est une thèse financée, dans un environnement propice à des recherches de qualité. On commence à avoir de la bouteille sur la question au STEF, avec plusieurs MOOC dans les pattes (EFAN, MOOCAZ, plus toutes les collaborations), et pas mal de recherches en cours. En plus, l’ENS Cachan, c’est à 5 minutes de Paris en RER B (quand il n’y a pas grève ou un accident sur la ligne).

A l’échelle globale une communauté de recherche se met en place. On le voit en marge de conférences « anciennes » (i.e. lancées avant 2012) comme Educationnal Data Mining (EDM), Learning Analytics and Knowledge, ou à de conférences spécialisées Learning @Scale aux Etats-Unis, ou EMOOCs en Europe. Ou dans le cadre de la MOOC Research Initiative menée par Georges Siemens, on a également vu un certain nombre de projets de recherche voir le jour (sur cette page, quelques rapports intermédiaires). En France, la communauté EIAH commence à se pencher sur le sujet, comme on a pu le voir à l’école d’été organisée (entre autres) par Jean-Marie Gilliot (qui revient dessus dans ce billet). On est beaucoup moins nombreux qu’aux Etats-Unis (quelques dizaines de chercheurs et doctorants en comptant large contre quelques centaines aux USA), mais on commence à se structurer et à travailler de manière efficace. En plus, on a de la matière et des données.

Bref, c’est une opportunité en or. Je suis bien placé pour vous dire que cela ouvre des portes, que l’on souhaite poursuivre sa carrière dans le milieu académique ou dans le secteur privé. Pour avoir été approché à de multiples reprises par différentes entreprises, des TPE aux grands comptes en passant par les PME, je peux vous assurer qu’à la fin de votre thèse, si vous faites un travail de qualité, vous n’aurez que l’embarras du choix. Un luxe inestimable quand on sait les difficultés que rencontrent un certain nombre de docteurs en SHS qui ne souhaitent pas continuer dans le milieu académique. Bref, si vous n’êtes pas intéressé vous-même, n’hésitez pas à relayer à toute personne qui pourrait l’être, francophone, anglophone, on est ouverts … A bon entendeur salut.

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One Response to Venez faire votre thèse sur les MOOC

  1. « Axée sur les Sciences Humaines, l’objectif de la thèse est de mieux comprendre les participants des MOOC, leurs motivations, le contexte dans lequel s’inscrit leur démarche ».

    S’il y a une thèse sur les motivations des producteurs de MOOC et en particulier les modèles d’affaires, je suis partant.

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