MOOC et webinaires

Les Hang Out on Air, vous connaissez ? Mais si, vous savez, cet outil de Google (ouvert seulement à ceux qui ont un compte Google+), qui permet de diffuser en direct sur Youtube des visioconférences. On l’utilise souvent dans le cadre des MOOC pour organiser des webinaires. A quoi sert ce type d’événement ? Quels formats adopter ? Comment organiser le tout ? Quels sont les problèmes courants ?  A travers les Hang Out on Air que l’on a pu organiser dans le cadre du MOOC « Monter un MOOC de A à Z », je vous propose de revenir dans ce billet sur différents formats possibles de sessions en direct …

J’avais déjà expérimenté les Hang Out dans le cadre du MOOC Gestion de Projet, de la première présentation de l’équipe GdP1 aux séances de question/réponse de GdP2. Mais aussi dans le cadre de certains MOOC de Coursera (comme celui de Vanderbilt sur le Terrorisme), où les enseignants avaient adopté le format « débat ». Jean-Marie Gilliot a pris la responsabilité de leur organisation dans le cadre du MOOCAZ et du coup on a pu en faire quelques-uns. Je vous propose de revenir brièvement dessus, sur ce qui a marché comme sur ce qui a moins bien marché.

Semaine 1 : présentation de l’équipe et de quelques participants

Premier Hang Out, on présente l’équipe élargie (il y a notamment des bénévoles comme Dorothée Le Vot), normal. Jean-Marie est venu chez moi pour la préparation de l’événement du coup on fait un duo de notre côté, il anime la séance, je relève les questions sur Youtube et sur Twitter (c’est pour ça que je regarde l’écran d’à côté). Par ailleurs, quelques participants comme Laurence Coutelas se présentent. Pas mal de commentaires, positifs dans l’ensemble. A noter que l’essentiel des vues ont lieu après coup. En fait ce sont des événements pseudo synchrones, et seule une minorité des consultations se fait en synchrone. Techniquement, la qualité de la vidéo n’est pas extraordinaire, très pixelisée. Mais on ne va pas se plaindre, Hang Out on Air est un outil gratuit. Si on veut un broadcast en HD, il faudra sans doute choisir une solution payante.

Semaine 2 

Deuxième Hang Out, un peu moins bien réussi. Pas de présentation de participant, surtout du format question/réponse. Dans la mesure où l’on était de toute façon très actifs dans les forums pour répondre aux questions, c’était un peu redondant. D’autant que l’information est nettement moins visible et accessible dans un Hang Out. Par ailleurs, on a pas fait de com par mail massif (mea culpa) car je voulais éviter de trop spammer les boîtes mail, on s’est contenté d’une annonce sur le mur d’annonce et les réseaux sociaux. Erreur. Il faut spammer les boîtes mail si vous voulez avoir du monde en synchrone. On a eu peu d’interaction, et du coup cela a duré pas plus de 15 minutes.

Autre erreur de com de ma part, mon vocabulaire un peu relâché, une faute même si un webinaire est plus informel qu’une vidéo de cours. Je regrette immédiatement mais le coup est parti (cela dit, j’ai vu des profs faire bien pire), ce sont les joies du synchrone. Nouveau couac, je m’étais arrangé pour ne pas être dérangé pendant une demi-heure, j’avais fait évacuer les lieux et tout ça, mais loi de Murphy oblige, un invité surprise a fait bruyamment irruption en plein direct. Et dans un cas comme dans l’autre, je n’ai pas pu couper au montage car cela posait des problèmes de compréhension. Bref, le résultat étant quelque peu insatisfaisant, la vidéo n’a même pas été diffusée par la suite dans le LMS ou sur les réseaux sociaux.

Maintenant, je pense que la principale valeur du Hang Out n’est pas la synchronicité, car de toute façon, les vidéos sont surtout vues après coup, mais le fait de faire tomber les barrières géographiques, dans le sens où l’on peut faire parler des participants (ou des intervenants) situés aux quatre coins de la planète, sans leur payer le billet d’avion. Cela permet de mettre un visage sur les personnes anonymes que l’on croise dans les forums, de réaliser que tout cela est bien réel, et de prendre la mesure de la diversité du public de la formation. Et c’est très appréciable en tant qu’équipe. On va donc recentrer les Hang Out davantage sur les participants.

Semaine 3

Où l’on découvre deux nouveaux participants du MOOC, dont Pascal Nordon, un serial MOOCeur comme il y en a peu en France et Thomas Alexander, un des porteurs de projet talentueux que compte la communauté de participants (avec le MOOC pour l’entraînement au TOEIC). Pour mémoire, les serial MOOCeurs sont des personnes qui se consacrent presque à plein temps au suivi de MOOC. Certains en ont suivi des dizaines; le plus connu est sans doute l’américain Jonathan Haber, qui s’est fait une réputation internationale à travers son blog Degree Of Freedom. Isabelle Gonon, qui est chef de projet MOOC au CNAM, a répondu présent à l’invitation. C’est très sympa aussi d’avoir des intervenants, cela permet de discuter de certains points du cours avec un regard extérieur à l’équipe. Un autre format encore qui diffère sensiblement de la présentation de participants.

Seul problème rencontré, des problèmes de connexion du côté de chez Jean-Marie, du coup c’est moi qui anime la session pour changer. Les joies du réseau …

Semaine 4

Deux participants, François Duport et Jocelyne Turpin nous font quelques retours sur le déroulé de la formation. Dorothée Le Vot, qui est bénévole pour l’animation au sein de l’équipe mais qui s’est aussi engagée dans le parcours « Création », nous raconte un peu l’expérience qu’elle traverse … Au fait, comme on a toujours pas beaucoup de monde en synchrone, nous avons fait une enquête pour savoir quel était l’horaire que les participants préféraient pour le Hang Out. Le résultat est sans appel, sur un échantillon d’un peut moins d’une centaine de personnes, plus de 60% choisissent 20h ou 21h. Presque personne 19h (tout le monde est dans les transports), et assez peu de monde 17h. Les gens suivent beaucoup le MOOC sur leur temps libre … Mais bon, il se trouve que l’équipe ne peut pas y passer toutes ses soirées et a aussi une vie de famille (si si, on vous jure, on dirait pas comme ça). On rencontre là un des problèmes communs du MOOC.

Semaine 5 : le mot de la fin

Enfin, pour terminer, dernier Hang Out pour le mot de la fin, avec entre autres Dominique Rossin, prof à Polytechnique et qui a monté un MOOC sur Coursera, qui vient nous faire des retours d’expérience et un participant, Eric, qui nous parle des difficultés rencontrées au moment du montage du teaser. Au passage, on nous l’a fait remarquer d’ailleurs, il y a d’autres outils pour organiser des webinaires, comme Spreecast ou même des classes virtuelles comme Adobe Connect (beaucoup plus de fonctionnalités, mais audience limitée pour l’interaction, et c’est payant). Si on les a à dispo, pourquoi pas ? L’avantage, c’est qu’avec le Hang Out, même si on a une limite de 10 conférenciers en même temps, il n’y a pas de limite au nombre de personnes qui peuvent visualiser la conf de manière synchrone. Bon, après, on dépasse rarement les 200 (la plupart du temps, c’est entre 50 et 100), donc il faut voir si les limites des autres outils sont vraiment un problème.

Cela fait partie du travail de l’équipe que de créer des ressources d’animation, et les Hang Out sont emblématiques de ce travail d’animation. Après, je trouve que c’est un investissement conséquent pour un résultat mitigé. Pour les derniers Hang Out, on ne dépasse pas la barre des 100 vues. Je suis d’accord qu’ils peuvent avoir une valeur ajoutée, mais elle ne se situe pas tant dans la synchronicité que dans le fait de pouvoir mettre un visage sur des participants ou avoir des intervenants. Mais cet avis n’engage que moi.

Concernant les différentes étapes de la mise en place du webinaire, voici une petite checklist si vous êtes en mal d’inspiration, et un lien vers une explication plus précise sur commentçamarche. Pour résumer les grands principes … tout d’abord un travail de scénarisation (trouver le bon format, et les grandes lignes de l’intervention), de préparation (trouver les participants, les intervenants), ensuite un travail de communication (par mail massif pour avoir du monde, et de préférence le soir pour avoir du monde), puis le travail d’animation de la session (prendre en direct sur les chats et réseaux sociaux les éventuelles questions et remarques des participants), et enfin un travail de diffusion a posteriori (et éventuellement d’édition s’il y a des choses à enlever, jurons ou autres) …. Et vérifiez bien que vous êtes dans un endroit tranquille et que vous avez une connexion stable. Et coupez votre micro quand vous ne parlez pas …

Voilà donc, pour ceux que ça intéresse, le bilan des Hang Out du MOOC.AZ.1. Il y en aura peut-être pas autant pour le MOOC.AZ.2, mais on réitérera l’expérience, c’est certain …  A vous de trouver le format qui convient à votre MOOC, débat, interview, retour d’expérience, et votre propre tempo. A chacun son style …

1 Comment

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One Response to MOOC et webinaires

  1. Bonjour Mathieu et merci pour ce retour d’expérience(s).

    Les hangouts sont une belle idée de Google avec des possibilités de travail collaboratif pour des documents partagés sur le Drive. Par contre au niveau de la vidéo, ce n’est pas toujours ça.
    J’ai utilisé récemment JOIN.ME pour tester un webinaire. La version gratuite est limitée en terme de fonctionnalités, mais au niveau de la vidéo c’est très correct.

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