Ecrire le scénario de votre MOOC

http://www.dreamstime.com/royalty-free-stock-photography-3d-confused-man-image24019587Cela fait bien deux semaines que je n’ai pas diffusé de script de vidéo du MOOC MOOC sur le blog. Et je suis pourtant passé au rythme déraisonnable de trois billets hebdomadaires, alors que normalement deux billets est déjà un grand maximum, surtout en été où les lecteurs sont à la plage. Entre les analyses et les bilans du MOOC, les vidéos et autres, il y a une quarantaine d’articles en attente, et il faudrait que j’ai casé tout cela avant le lancement de la deuxième édition, en novembre. Les analyses peuvent servir de support de cours, et les retranscriptions des vidéos évitent aux participants d’avoir à trop prendre de notes (le format billet de blog est plus pratique que les simples sous-titres pour retrouver l’information), d’où ma démarche. Ce mois d’août devrait donc être placé sous le sceau des questions de scénarisation (la semaine 2 du MOOC MOOC, pour ceux qui se souviennent). Je vous propose donc dans cette vidéo de revenir brièvement sur les grandes étapes de la scénarisation de votre MOOC.

Une fois que votre projet de MOOC est bien cadré, que vous avez déterminé la ou les approches pédagogiques que vous voulez suivre, que vous avez identifié votre public cible, que vous avez mis au point votre stratégie sur le long terme,  eh bien les choses sérieuses peuvent commencer. Il va falloir plancher sur la scénarisation, à commencer par le choix des activités. Quelles sont les grandes étapes de la scénarisation d’une activité ?

Tout d’abord définir des objectifs pédagogiques précis. Il faut aller plus loin que les considérations d’ordre général, comme transmettre des connaissances, ou faire de la pédagogie par projet. Qu’est-ce que les gens qui suivent la formation doivent savoir ou savoir faire à la fin ? Par exemple, savoir faire un montage vidéo sur Camtasia, ou savoir compter jusqu’à 30 en coréen. La taxonomie de Bloom est un bon point de départ pour identifier des objectifs pédagogiques. Deuxième étape : identifier les activités et les ressources pédagogiques qui permettent d’atteindre ces objectifs. Ce n’est pas toujours facile, car le passage au numérique et au “massif” pose un certain nombre de problèmes. Troisième étape, adapter le tout aux contraintes du MOOC. Un MOOC, cela ne dure que quelques semaines, et la plupart des participants n’ont que quelques heures par semaine à consacrer à la formation.

Il va falloir trouver un compromis entre les objectifs pédagogiques que vous avez en tête, et les contraintes de temps de l’équipe et des participants. Trouver des activités qui permettent aux participants d’atteindre les objectifs que vous avez fixé, ça j’ai envie de dire, c’est au cas par cas et cela relève de la responsabilité de l’enseignant. Quelles sont les principales questions à se poser ? Tout d’abord, est-ce une activité individuelle, ou une activité collective ? Deuxièmement, l’activité est-elle strictement la même pour tout le monde ou les participants ont-ils une certaine marge de manoeuvre ? Par exemple, dans une étude de cas, peuvent-ils choisir le sujet de l’étude de cas ? Troisièmement, l’activité est-elle ou non évaluée, et si oui comment ? Ensuite, quels sont les outils nécessaires à sa réalisation ? Faut-il par exemple utiliser des outils externes au LMS, par exemple des applications Smartphone ?

Et du coup, le corrolaire à cette question c’est, quels sont les pré-requis pour réaliser cette activité ? En termes de compétences mais aussi en termes logistiques ? Faut-il posséder un matériel ou un logiciel particulier ? Et pour terminer: votre activité est-elle faisable ? Je vous propose de commencer à répondre à ces différentes questions. Commençons par la première : activités individuelles versus activités collectives. Si vous faites le MOOC dans une optique de certification et de validation des acquis, alors vous êtes probablement intéressé par la mise en place d’activités individuelles, qui permettraient de  valider des compétences ou des connaissances individuelles.

Le problème c’est qu’à part si vous faites appel à un système de surveillance payant, à distance ou en salle d’examen, vous n’aurez aucun moyen de vérifier si l’activité a bel et bien été réalisée par une seule et même personne. Cela dit, c’est un peu le cas aussi pour tout travail réalisé depuis chez soi, MOOC ou pas MOOC. Après, vous avez peut être d’autre motivations, par exemple parce que vous vous dites que l’activité n’a d’intérêt pédagogique que si elle est réalisée sur une base individuelle. Bref, quelle que soit votre motivation, il est très simple d’organiser des activités individuelles sur un MOOC. Vous pouvez demander aux participants de réaliser des quizz, ou de rendre des devoirs sur une base hebdomadaire par exemple. Après, pour ce qui est de l’évaluation de ces devoirs, c’est une autre histoire. La grande majorité des premiers MOOC se sont basés sur des activités individuelles. Du côté des activités collectives, il y a pas mal de possibilités aussi. Entre les projets par équipe, les groupes de discussion, des débats ou la veille collaborative par exemple. Bref, tout ce que l’on fait dans une classe a son équivalent numérique. On peut envisager ces activités à l’échelle de petits groupes comme à l’échelle du MOOC dans son ensemble.

D’une part cela permet de générer des interactions entre les participants, et d’autre part cela donne l’opportunité d’explorer les potentialités inexploitées du numérique en termes de travail collaboratif. Mais c’est un véritable défi, car parvenir à faire collaborer gratuitement et à distance des personnes qui ne se connaissent pas, ce n’est pas gagné d’avance. Déjà qu’il est parfois difficile de faire travailler ensemble des personnes qui travaillent au même endroit et qui sont payés pour … 

Que l’activité soit individuelle ou collective, se pose la question de la marge de manoeuvre laissée aux participants. Dans certains MOOC, on demande à tous les participants de plancher exactement sur la même activité, qu’elle soit individuelle ou collective. Du coup, on se retrouve à la fin avec 1000 ou 10.000 variantes du même devoir. D’un côté, cela peut être plus simple à corriger, mais de l’autre, on passe à côté d’un certain nombre d’opportunités. Il ne faut pas oublier que 1000 personnes qui planchent pendant 5 heures sur un devoir, cela représente tout de même 5000 heures de travail. En leur permettant de choisir eux-mêmes leurs cas d’étude par exemple, vous leur faites créer nettement plus de valeur qu’en leur imposant tous le même. Si on prend le cas du MOOC “Monter un MOOC de A à Z”, chacun des participants peut réaliser l’analyse du MOOC de son choix. Au lieu d’avoir au bout du compte 100 analyses différentes d’un seul MOOC, vous avez des analyses uniques de 100 MOOC différents. C’est un travail qui peut avoir une véritable valeur, si vous savez exploiter cette valeur.

Activité individuelle versus activité collective, la question de la marge de manoeuvre laissée aux participants, ce sont deux questions de taille. Si vous y avez répondu, vous avez déjà bien avancé dans votre réflexion. Je vous propose donc de nous intéresser à la question des modalités d’évaluation, et des pré-requis.

PS : la qualité du son de la vidéo est médiocre en semaine 2. La faute à Camtasia 8, utilisé pour le montage, pas au micro … comme quoi le software compte aussi pour la qualité technique

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