Quelques mots sur le sous-titrage dans les MOOC …

http://www.dreamstime.com/stock-photo-3d-small-people-complicated-question-image19385560Si vous lancez un MOOC, vous constaterez sans doute que l’une des premières choses que les participants vous demanderont, c’est de mettre des sous-titres dans vos vidéos.  Je ne l’avais pas fait au cours de la première édition du MOOC « Monter un MOOC de A à Z », mais je me suis rattrapé pour la seconde suite à quelques protestations, ce qui m’a permis de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de la question. Je vous propose dans ce billet de revenir brièvement sur la question.

Si vous avez écrit le texte de votre vidéo et que vous avez utilisé un prompteur, alors il ne vous faudra que quelques minutes pour transformer ce texte en sous-titres synchronisés avec votre vidéo. Il y a probablement plusieurs manières de faire. Personnellement, je ne m’embête pas et j’utilise Youtube (il faut se créer une chaîne, tout de même), je vais à la section sous-titres, Sélectionner la langue. Là, vous ne cochez pas Français automatique., vous faites Ajouter des sous-titres, et vous mettez Français. Si vous avez déjà votre texte tout prêt, vous faites juste « Transcrire et définir les paramètres temporels« , un petit copier-coller de votre texte, réglage du minutage, et le tour est joué. En quelques minutes, Youtube alignera tout seul votre texte sur la vidéo. On peut éventuellement télécharger le fichier srt généré pour le caser ailleurs. C’est d’ailleurs la méthode que j’ai adopté pour sous-titrer mes vidéos sur Dailymotion, en passant par le « synchronisateur » de Youtube dans un premier temps.

Bon, si vous n’avez pas fait la transcription en amont, et que le prof a improvisé face caméra, alors il faut entre les sous-titres manuellement. On peut le faire directement dans Youtube, ou passer par un site dédié comme Amara. Vous pouvez également proposer aux participants de participer au travail de transcription. Une poignée de participants très motivés nous ont beaucoup aidé sur le MOOC Introduction à la Statistique avec R. Enfin, si vous n’avez pas les moyens de réaliser ce travail de transcription vous-même, vous pouvez toujours compter sur les transcriptions automatiques (speech-to-text pour les intimes), mais il y a tout de même quelques soucis. Youtube le fait, il vous suffit de cliquer sur « Français automatique » au moment de rajouter les sous-titres. Mais vous aurez de nombreuses erreurs, avec des sous-titrages assez fantaisistes et des phrases surréalistes. Cela permet d’accélérer le travail mais il faut tout de même repasser derrière pour corriger les erreurs. Ce n’est pas pour rien après tout que des logiciels spécialisés de speech-to-text comme Dragon Naturally Speaking imposent de faire des séances de calibrage de la voix et demandent des conditions d’enregistrement très précises (être à une certaine distance du micro, etc). Mais bon, ce type de logiciel s’améliore et on peut espérer que d’ici quelques années, le module de speech-to-text de Youtube atteindra des taux d’erreur tout à fait acceptable. Sinon, autre option, vous pouvez passer par des entreprises spécialisées dans la transcription (contre monnaie sonnante et trébuchante, cela va sans dire).

C’est une bonne pratique de mettre des sous-titres dans ses vidéos, en particulier pour les publics qui n’ont pas le français comme langue maternelle. A faire absolument si les scripts sont déjà prêts par ailleurs, et si on peut dans le cas contraire (mais cela demande du temps).  En plus, avec des outils comme Amara, c’est idéal si on veut faire traduire ces sous-titres par la suite. Coursera a même mis au point une communauté internationale de traducteurs de sous-titres pour ses MOOC et collabore avec de nombreuses institutions, cf. ce billet de leur blog. On en est plus à l’époque des débuts de la startup où ils avaient juste une collaboration avec Amara (suspendue depuis), et qu’ils comptaient uniquement sur les participants du MOOC. Maintenant, ils s’organisent, et plutôt bien. Attention, je tire la sonnette d’alarme, ils vont finir par marcher sur nos plates-bandes et la barrière de la langue n’est pas si élevée que ça. Je ferme la parenthèse.

Voilà, c’est à peu près  tout ce que je voulais dire sur la question. Je découvre les choses au fur et à mesure comme tout un chacun, et je pense qu’il est important de partager ce genre de petites astuces, même si d’autres le font également sans doute mieux que moi. Les retours d’expérience, cela fait gagner du temps mine de rien. Concernant l’impact du sous-titrage, c’est un fait. Personnellement, depuis que je me suis remis il y a quelques semaines à suivre des MOOC sur Coursera, je ne fonctionne que comme ça. Dans le métro et le RER, il me serait impossible de suivre le MOOC dans de bonnes conditions sans les sous-titrages (le fond sonore est trop important pour mes écouteurs à deux francs six sous). Du coup, je me cantonne aux MOOC qui sont sous-titrés en français ou en anglais pour pouvoir suivre les vidéos sans le son. Cela me permet d’avoir une « perfusion mobile de MOOC », histoire de ne pas rester trop longtemps sans ma dose de MOOC. Je sens que je vais redevenir MOOCoholique avec tout le retard que j’ai à rattraper … plus d’un an que je ne fais que de la conception et plus de consommation !

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9 Comments

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9 Responses to Quelques mots sur le sous-titrage dans les MOOC …

  1. caroline diaz

    Bonjour, je voulais réagir à cet article que j’ai trouvé bien décevant, attendant surement trop sur ce sujet et hier j’avais commencé un long post que la nuit a rendu plus court.
    Finalement j’y ai vu peu d’enjeux (et encore moins de valeurs, mais ce n’était pas dans le titre), si ce n’est les enjeux économiques. Pas mal de techniques avec beaucoup de doutes sur celles proposées pour permettre une utilisation du sous titrage comme un réel + dans un contexte d’apprentissage où allier les modalités orale et écrite va permettre une meilleure appropriation du contenu et non pas un sous-titrage de séries télé. Mais au delà, des problèmes de langue maternelle différente, il y a aussi le problème des personnes sourdes ou malentendantes qui ont le droit (et c’est une obligation légale) a avoir accès à des contenus. Là le sous titrage doit obéir à certaines normes qui ne sont pas évoquées du tout ici, mais dont tous reconnaissent les bénéfices pour le plus grand nombre. Mais reconnait-on à cette « minorité » le droit d’avoir accès à des formations supérieures ? C’est vrai que si l’on veut défendre ce droit et faire vraiment du web un outil pour la diffusion du savoir à tous, cela demande une plus grande précision et compétence et certains se font rémunérer pour ça. Quelques uns certainement y ont vu le moyen de gagner pas mal d’argent, d’autres juste une contribution à reconnaitre ce savoir-faire et comme tout travail une juste rémunération.
    De quel tarif est-il question ici ? Si je me balade sur les sites, il y a vraiment d’énormes différences. Pouvez préciser ?
    Pour mettre essayée à l’exercice, je sais bien que cette activité est très chronophage et si les professionnels comptent environ 5 à 6 heures de travail rien pour 1 heure de vidéo transcrite ( c’est à dire sans l’intégration et la synchronisation) cela ne me semble pas vraiment exagéré.
    Pour moi, la question sous-jacente est bien du pourquoi veut-on sous-titrer ?
    Bien cordialement, en espérant que des moins novices que moi en la matière apporteront aussi leur contribution.
    Caroline Diaz

    • matthieu-cisel

      Bonjour Caroline,

      vous me portez un coup au coeur en ce début de week-end. Autant on peut dire à un blogueur qu’il est allé trop loin, qu’il dépasse un peu les bornes. Mais « décevant », il n’y a pas vraiment pire pour un blogueur. Je reconnais que le titre n’est pas en adéquation avec le contenu, d’où votre sentiment, probablement. Vous n’êtes pas la première à faire la remarque, et le billet n’a pas eu plus de succès que ça, ce qui vous donne en partie raison. Première mesure, je change le titre pour le rendre plus proche de la réalité. Malheureusement je ne peux guère approfondir plus le sujet car je n’en sais pas plus que ça. Je suis bien conscient des problématiques d’accessibilité, et d’égalité face à la formation, mais je mets un bémol.

      La question de l’accessibilité doit être dans les esprits au moment du développement des plates-formes et des cours, mais comprenez bien que nos moyens sont limités et que l’entrée à ces formations est gratuite, ce qui a mon sens nous libère de ce type d’obligation légale. J’ai mis des moyens et du temps sur cette question des sous-titres, mais de là à respecter des normes et à rajouter des aménagements spéciaux pour un public très réduit, je ne pense pas que cela soit possible du point de vue des ressources que nous avons à disposition. J’ai eu ce débat avec les collègues de l’UNED (université à distance espagnole). Eux sont tenus à faire des améliorations spéciales pour les personnes malvoyantes ou malentendantes car ils vendent leur formation à travers le monde, et ils voulaient m’imposer la même chose pour le MOOCAZ dans le cadre d’une collaboration. En fait, cela prend un temps fou si on veut faire les choses bien et cela va bien au delà des sous-titres. A moyens constants, c’est au détriment d’une autre partie du MOOC, l’évaluation par les pairs, ou des activités mieux scénarisées, ou des vidéos mieux léchées, et qui concernent pour le coup 99.99% de la population du MOOC. Je suis bien évidemment sensible au discours sur l’accessibilité aux publics malentendants et malvoyants, et de manière générale sur l’égalité des chances. En revanche, je pense que cela doit être envisagé dans des étapes ultimes de la finalisation du MOOC, quand les problèmes principaux ont été réglés, et le scénario et les contenus stabilisés. Je ne veux pas tenir un discours politiquement incorrect quand je dis ça, je veux juste rappeler l’ordre des priorités. Faire des améliorations sur un contenu qui n’est pas encore stabilisé (il faut en général plusieurs éditions pour arriver à un matériau stable), c’est de manière générale une erreur, quel que soit le domaine. Je l’ai appris « the hard way » comme on dit … Un point de vue qui n’engage que moi, cela va sans dire.

  2. caroline diaz

    Je crois que je n’avais pas bien compris que gratuité voulait dire au plus grand nombre et pas à tous ! et je ne sais pas si ce principe dégage des obligations légales.
    Mais toujours est il que si l’on veut qu’un sous-titrage soit utile, il faut que s’affiche qu’un certain nombre de mots, compatible avec une lecture visant l’apprentissage, que les phrases ne soient pas coupées n’importe comment pour faire sens, etc… c’est bien quelques conseils techniques de bases qui auraient été ici pertinents, plus que des outils.
    et si j’en crois des commentaires sur Google + , une justification du pourquoi le sous-titrage dans une même langue, qu’est ce que cela apporte à l’apprenant ?
    Je suis ravie pour les espagnols
    cordialement.

    • matthieu-cisel

      Absolument. Gratuit ne veut pas dire ouvert à tous, mais bien au plus grand nombre. Il y a de toute façon un certain nombre de pré-requis pour suivre un MOOC, ne serait-ce qu’avoir le matériel nécessaire. En soi, c’est déjà une forme de discrimination si l’on veut aller par là.

      Des conseils techniques de base auraient pu être pertinents, mais je n’ai pas la compétence pour les donner, sinon croyez-moi, je me serais empressé de le faire. Le sous-titrage en même langue est intéressant en particulier pour des intervenants qui parlent trop vite, ou pas assez distinctement (ce qui serait mon cas si j’ai bien compris)

      • Récalde

        Bonjour,
        Je réagis juste pour apporter mon expérience personnelle de Moocs sous-titrés.
        J’ai suivi des Moocs en anglais, et étant plus à l’aise à la compréhension de l’écrit en anglais que de l’oral, je suis bien contente de pouvoir disposer des sous-titres (en plus, cela me permet de progresser en anglais …).
        Même si quelquefois les sous-titres ne sont pas parfaits, je préfère disposer de sous-titres ‘moyens’ que de rien du tout.
        J’imagine, peut-être à tort, que c’est aussi le cas pour des francophones dont la langue maternelle n’est pas le français.
        Peut-être que des sourds et malentendants se satisfont également de cette imperfection, plutôt que d’être totalement exclus d’un Mooc sans sous-titres.
        … en attendant des progrès techniques pouvant facilement répondre à une exigence de qualité supérieure.
        Merci en tout cas, Matthieu, pour votre partage d’expérience.

        Thérèse

  3. Bonjour Mathieu,

    Merci pour ce billet sur la traduction des vidéos des MOOCs. Je me demande quel était le titre précédant, parce que celui-ci me semble pertinent. Je suis traductrice, doctorante en linguistique et passionnée des MOOCs (j’ai d’ailleurs suivi la formation MOOCAZ que tu as animée). J’ai rejoint l’équipe de traducteurs bénévoles de Coursera il y a quelques mois parce que je voulais savoir comment ça fonctionnait et vérifier si le niveau des traductions était satisfactoire. Mon constat : c’est une bonne idée de faire appel à des bénévoles, mais il n’y a pas de garanties concernant la qualité et l’homogénéité de la traduction (plusieurs bénévoles peuvent travailler en même temps sur une même vidéo). Il y a des relecteurs, mais je ne sais pas s’ils sont aussi bénévoles. Sinon, au niveau technique, leur plateforme de traduction me semble très ergonomique, même pour un débutant.

    Je pense que les Moocs qui sont financés par des institutions publiques ou privées (et surtout ceux qui demandent des frais pour l’édition des certificats) devraient se donner les moyens de faire traduire leurs contenus par des traducteurs professionnels afin d’assurer des traductions de qualité. Évidemment, il faudrait faire une étude préalable pour savoir si ça vaut vraiment la peine de sous-titrer les vidéos, et ensuite décider quel type de sous-titrage il convient de proposer au public : sous-titres pour sourds et malentendants ou sous-titres pour un public étranger.

    Pour ceux qui souhaitent apprendre les notions de base du sous-titrage en tant, je vous conseille de lire Le Guide du sous-titrage et du doublage de l’Association des traducteurs / adaptateurs audiovisuels : http://www.ataa.fr/blog/le-guide-du-sous-titrage-et-du-doublage-de-lataa/

    Sur ce site vous trouverez aussi quelques paramètres à tenir en compte lorsque vous sous-titrez une vidéo (temps, nombre de caractères, règles typographiques, découpage des syntagmes, etc.) : http://www.permondo.eu/fr/benevoles/introduction-au-sous-titrage/

    Pour les aspects techniques, ça dépend du logiciel que vous utilisez. La plateforme de sous-titrage de Youtube me semble assez simple, par rapport à d’autres interfaces que j’ai déjà utilisé dans le cadre de mon travail ou de mes études. Donc je vous invite à essayez par vous même, si vous en avez le temps (et beaucoup de patience !)

    Bon courage !
    Karen

    • matthieu-cisel

      Bonjour Karen,

      votre message fait chaud au coeur. C’est très intéressant d’avoir le point de vue de quelqu’un qui a une expérience concrète du domaine, et les liens que vous avez posté complémentent parfaitement cet article qui manquait un peu de substance je l’admets. Le titre original était MOOC et sous-titrage : technique et enjeux, qui n’était vraisemblablement pas adapté. Je ne me creuse pas systématiquement la tête. En tout cas, merci pour le partage d’expérience.

      Cordialement

      Matthieu

  4. Aurore

    Bonjour Mathieu,

    La question se pose aussi sur le mooc que nous développons en ce moment en matière de sous-titrage. Le temps nécessaire à l’intégration de soustitrage dans la vidéo me semble vraiment épouvantablement chronophage.

    Pour notre part, nous avons tranché en mettant sous les vidéos un fichier PDF permettant de récupérer la retranscription de la vidéo avec les schémas clé. L’avantage est que l’apprenant peut conserver une trace du cours et peut effectuer des recherches dans ce document très rapidement sans avoir à revoir toutes les vidéos.

    Je ne sais pas si notre démarche est bonne. Mais, j’ai le souvenir dans votre mooc AZ de m’être agacée plusieurs fois à chercher une phrase précise perdue dans les nombreuses vidéos.

    Bref, la suite au prochain épisode à son ouverture en novembre.

    Cordialement,

    Aurore

  5. Bonjours,
    Déjà, c’est bien d’évoquer le sujet du sous-titrage dans les Mooc.
    Nous sommes professionnels du sous-titrage et avons mis au point des méthodologies spécifiques pour le web vidéo et en particulier pour le traitement des Mooc à des tarifs adaptés, qui n’ont rien à voir avec ce que l’on pratique en broadcast.
    Vous invite à consulter notre site http://www.phone-m.com, et me permets de vous relayer sur facebook. Bien à vous.

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