Quelles ressources devez-vous produire pour votre MOOC ?

BOOKSQuand vous vous lancez dans la conception d’un MOOC, vous allez devoir mettre au point un certain nombre de ressources. Pas seulement des vidéos de cours et des énoncés de devoir; il faudra aussi faire des tutoriels, des FAQ, et des dizaines de documents de toutes sortes. Dans cette vidéo issue du MOOC « Monter un MOOC de A à Z », nous allons faire un bref tour d’horizon des différentes ressources que l’on peut trouver au sein d’un MOOC.


Je vous propose trois grandes catégories plus ou moins informelles :

  • Premièrement, les ressources pédagogiques à proprement parler, dont l’objectif principal est d’apprendre quelque chose. Bien sûr, les vidéos de cours, que vous les ayez produites vous-même ou que vous les ayez trouvées sur Internet. Eventuellement des textes ou des ressources complémentaires. Mais aussi des éléments plus interactifs comme des quiz ou des énoncés de devoir.

  • Deuxièmement, les ressources d’accompagnement. C’est à dire, tout ce qui contribue au bon déroulement de la formation : FAQ, explications sur le fonctionnement du cours ou des forums, didacticiels pour l’utilisation des outils. Par exemple, une capture d’écran qui détaille le rôle de chaque bouton. Dans un certain sens, même les newsletters peuvent entrer dans cette catégorie. Bref, tout qui n’est pas à proprement parler une ressource pour apprendre, mais qui reste néanmoins indispensable pour appréhender le déroulement du MOOC.  Il ne faut pas oublier qu’il y a des gens qui débarquent complètement et pour qui votre MOOC est le premier qu’ils suivent. Il faut penser à eux.

  • Pour terminer, les ressources d’animation. Elles ne sont en général pas indispensables au bon déroulement du cours. L’objectif n’est ni d’apprendre, ni vraiment de comprendre la formation. Ce sont des ressources qui sont là pour agrémenter le cours, le rendre plus vivant. Alors, cela peut être des billets de blog qui résument les événements marquants d’une semaine, une carte qui montre la localisation géographique des participants du MOOC, une interview d’une célébrité ou même un événement organisé en direct sur Internet.

Bien sûr, les frontières sont parfois un peu floues, et une même ressource peut avoir plusieurs rôles, mais on ne va pas pinailler. Quand vous vous lancez dans la mise au point de ces ressources, il faut avoir un certain nombre de choses en tête, pour les différents types de ressources. Pour ce qui est des ressources pédagogiques, j’ai envie de dire, ce qui compte, c’est l’usage. Si vous arrivez à trouver sur Internet une ressource qui est plus jolie que ce que vous pourriez faire vous-même et qui explique aussi bien voir même mieux que vous le concept que vous voulez développer, il ne faut pas hésiter à l’utiliser dans votre cours. Vous avez tout à fait le droit de faire un lien profond sans demander d’autorisation, par exemple un embed d’une vidéo Youtube. Après, si vous trouvez que ça déstructure votre formation, ou encore si vous adorez faire du montage vidéo et créer vos propres ressources, c’est un autre problème.

Mais je vous recommande de raisonner en termes d’usages, et pas de ressources. Cela ne sert à rien de passer des dizaines d’heures à créer des vidéos si personne ne les regarde. A choisir, il vaut mieux se concentrer sur les activités. Par ailleurs, pensez au problème de l’obsolescence. En particulier dans vos vidéos, ne mettez pas trop d’éléments qui se périment rapidement, sinon vos ressources vont être obsolètes au bout de quelques mois, et les mises à jour coûtent cher.

Revenons un peu sur la question des ressources d’accompagnement maintenant. Déjà, vous allez avoir des milliers de personnes qui vont les regarder. Donc la moindre ambiguïté, le moindre problème est détecté. Et si l’ambiguité ou le problème n’est pas résolu, ou si vous êtes passé à côté de quelque chose, vous pouvez être sûrs que des problèmes vont apparaître.

Un exemple, dans le cadre du MOOC Monter un MOOC de A à Z, nous avons demandé aux personnes qui voulaient monter des projets de rendre visible une adresse de type boîte mail collaborative, à laquelle tous les membres de l’équipe pourraient accéder, et qui permettrait à tout le monde de les contacter. Typiquement Google Groups. Et bien, par défaut ces mailing lists sont fermées, et quand on envoie un mail, on a un retour du type “vous n’êtes pas autorisé à leur envoyer un mail”. Beaucoup n’ont pas changé les paramètres car ils ne savaient pas. Du coup, cela a posé quelques problèmes pour la formation des équipes. Et bien, si l’équipe avait fait dès le début un tutoriel pour expliquer comment faire pour changer les paramètres, on aurait pu éviter ou au moins minimiser le problème.

 Et tout est comme ça. Il ne faut rien prendre pour acquis. Parfois, il vaut même mieux créer des redondances dans l’information, en dire trop que pas assez. Par exemple, vous pouvez faire une présentation qui explique en une quinzaine de diapositives le fonctionnement du cours, et un texte explicatif beaucoup  plus détaillé en dessous. La présentation permettra de comprendre les choses en quelques clics. Mais si quelqu’un veut aller dans les détails, ou que l’on pose une question dans les forums, un texte c’est pratique, il suffit de faire un copier coller pour répondre, ou alors on pointe vers le paragraphe qui donne la réponse.

Après, il y a un moment où il faut savoir s’arrêter, sinon on passe des centaines d’heures à ne faire que des ressources d’accompagnement. S’il y a quelque chose de bien fait en ligne, par exemple un tutoriel pour utiliser un outil que vous suggérez, pointez vers cette ressource plutôt que tout redévelopper vous même. Une ressource, ou même une formation. Si votre MOOC est basé sur la pédagogie par projet, cela ne veut pas dire que c’est à vous d’expliquer comment faire de la gestion de projet. Donc ou vous dites stop, là cela ne relève pas de ma responsabilité, ou vous pointez vers quelque chose qui existe déjà. Bien sûr, certains vont se plaindre d’un manque d’accompagnement. Mais, à moins que vous n’ayez un modèle économique et/ou que vous puissiez embaucher des tuteurs, je vois mal comment faire autrement.

 Quand vous concevez vos ressources, vous devez penser en termes d’économie, mais aussi de flexibilité. Par exemple, une vidéo prend beaucoup de temps à modifier. Si vous faites une vidéo pour expliquer le fonctionnement du cours, et que vous voulez faire une mise à jour, ou bien que l’on vous dit qu’il y a quelque chose qui manque ou qui ne va pas, eh bien vous devez refaire toute la vidéo en général. Et cela peut prendre tellement de temps que parfois l’on se décourage. Alors que pour un texte ou une présentation, cela va beaucoup plus vite.

Bref, nous vous recommandons de suivre la loi du moindre effort, tout en maintenant un standard de qualité suffisamment élevé pour ne pas donner une image trop “bas de gamme” d’une part. Comme d’habitude, c’est l’art de trouver le juste milieu.

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