Budgétiser son MOOC : la question de la promotion du cours

budgetSi vous avez continué à lire le blog cet été, vous vous souvenez sans doute que nous avions commencé à faire le bilan des dépenses a première édition du MOOC « Monter un MOOC de A à Z ». Je vous propose de revenir et de conclure sur la question de la budgétisation à travers quelques billets un peu terre-à-terre. Nous avions déjà discuté de la répartition de la charge de travail entre les différentes parties prenantes, de l’importance relative des principaux lots de travail en termes de charge horaire, avec notamment la question de l’avant-projet et du recrutement. Je vous propose maintenant de traiter brièvement la question de la promotion du MOOC.

Promouvoir son MOOC, c’est essentiel si l’on veut avoir des participants, on en a déjà parlé … Eh puis, c’est une question de vitrine, d’image du cours (et Dieu sait si j’accorde beaucoup d’importance à la question de l’image et de la réputation). Du coup, nous avons investi beaucoup de temps dans le travail de communication autour du MOOC. Presque 90 heures de travail, essentiellement dans la conception du teaser. Vous vous rappelez ? Cette bande-annonce qu’on a faite Rémi Sharrock et moi, sur fond de terre vue de nuit et avec la musique de Edvard Grieg pour rythmer le tout (tout en légereté). Et bien entre la scénarisation, rédaction des scripts, la captation et la post-production, on n’en a eu pour pas moins de soixante heures. Là on a été excessifs, il faut bien l’avouer. Je pense qu’avec une petite vidéo d’animation faite avec Explee ou tout autre logiciel similaire, on peut avoir un résultat tout à fait appréciable en une vingtaine d’heures tout compris.

Communication

Communication

Le passage face caméra est toujours un peu chronophage. Entre le matériel à installer, les hésitations à couper au montage, et les petites animations, on peut vite partir dans le décor question allocation du temps. Si c’était à refaire, je n’attribuerais pas plus d’une vingtaine d’heures grand max. Il faut être raisonnable. Pareil pour le logo. J’ai mis dix heures en tout et pour tout pour faire quelque chose qui ne plaît pas à grand monde, qui ressemble au logo d’M6, et dont je ne suis pas vraiment satisfait. J’aurais dû faire comme EFAN, acheter un logo sur Internet en deux temps trois mouvements… Alors certes le logo a une personnalité, il y a une symbolique derrière (la chouette du savoir), mais est-ce que cela justifiait l’investissement, je ne pense pas. Ensuite, un peu de temps pour faire la promotion dans les blogs, celui de la Tribune, MOOC&Co, et dans celui d’Educpros bien sûr. Mais dans ce dernier cas, je l’ai joué à l’économie en recyclant parfois des ressources qu’il fallait de toute façon faire pour le MOOC. Pas folle la guêpe.

Par ailleurs, il faut savoir que le service de communication de l’ENS a fait un communiqué officiel, et que j’ai fait une interview ou deux pour des médias spécialisés (MOOC Francophone, uTOP), et pour le Parisien Val de Marne + une ou deux radios. Une quinzaine d’heures au total, que j’estime bien dépensées. C’est un travail indispensable de faire la promotion de son MOOC. Et mieux vaut le faire avant le lancement qu’après….

Du coup, je n’ai pas refait de teaser pour la seconde édition – il est déjà très bien comme ça – et je me suis contenté d’une campagne Thunderclap, de quelques mails aux alumni de la première édition, et bien sûr de quelques coups de pub pour les nouveaux parcours. Bien sûr, il a fallu faire une légère refonte de la page de présentation, mais rien de bien méchant. Au total, quelques heures de travail – une dizaine grand max – pour la promotion de la seconde édition du MOOC, (contre près de 90 la première fois). Encore une nouvelle illustration du fait que les rééditions d’un MOOC sont nettement moins coûteuses que la production de la première édition, et que du coup ce n’est pas vraiment pertinent de faire des one-shots.

Pour conclure, je pense que le travail de promotion est très important, mais soyons honnêtes, le nombre de participants que vous aurez au lancement sera dicté essentiellement par trois facteurs : le choix du portail d’affichage du cours, le choix du sujet, et la langue d’enseignement. La question de la promotion est surtout importante pour les « petits » MOOC (<5000), où vous pouvez doubler votre audience en fonction de vos actions de com. Donc choisissez votre sujet judicieusement si vous voulez devenir « massif », tout le secret est là-dedans. La vie des chevaliers-paysans du Lac Léman au Seizième siècle est sûrement un sujet passionnant, mais pas sûr que ce soit le sujet le plus approprié pour l’organisation d’un MOOC.

PS : je profite de cet article pour caser deux trois infos qui n’ont rien à voir mais qui méritent d’être rapportées (mais qui ne méritent pas un billet entier). Après edX et son cours de grammaire chinoise, l’université de Pékin a lancé un cours de chinois pour débutants sur Coursera. Les rares MOOC de langues cartonnent et vont continuer à cartonner, n’en déplaisent à leurs détracteurs. Quoi d’autre ? On peut apprendre beaucoup de choses sur Internet mais pas des disciplines manuelles comme la chirurgie quand même (entends-je souvent) ! Chiche ! Allez jeter un coup d’oeil à la Surgeacademy et ses cours avec Google Glass, et on reparle. Bon, pour le moment c’est en beta, et on ne peut voir que la page de présentation. Mais au moins ils ont une belle page de présentation !

PS2 : petite chute d’activité sur le blog, (on repasse sous la barre des 40.000 pages vues par mois, et moins d’activité réseaux sociaux). C’est les MOOC qui n’intéressent plus ou c’est moi qui suis devenu barbant  (ou qui parle trop) ?

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