Ma thèse sur les MOOC, en 180 secondes

Connaissez-vous le concours « Ma thèse en 180 secondes » ? Initié aux USA et repris par nos amis québécois, il fait des émules en France. L’idée est de vulgariser son sujet de thèse – en juste trois minutes – auprès d’un auditoire qui ne connaît a priori rien à la question. Un entraînement au concours a été organisé par mon école doctorale (et comptait pour des crédits de formation). Je me suis prêté au jeu, et voilà ce que ça donne …


Matthieu Cisel par reseaux-enscachan

Est-ce qu’il vous est déjà arrivé d’avoir la nostalgie de l’époque de vos études, quand vous appreniez tous les jours? Oui ! malheureusement, vous n’avez ni le temps, ni l’opportunité de retourner sur les bancs de la fac.  Eh bien, il existe aujourd’hui une solution pour vous, les MOOC, pour Massive Open Online Courses.

Depuis 2012, les plus prestigieux établissements de la planète organisent sur Internet des cours gratuits, et ouverts à tous. De la sociologie à la poésie en passant par la physique quantique ou les mathématiques, il y a de tout. Ce ne sont pas de simples vidéos postées en ligne, mais bien de véritables formations interactives et adaptées à la pédagogie du Web.

Alors, pour voir, vous vous inscrivez à un MOOC, de management par exemple. Après une semaine de cours, le prof vous annonce que vous êtes 50.000 à suivre la formation. 50.000, vraiment ? Pourtant, sur les forums de discussion, il n’y a pas plus d’une centaine de personnes actives.

Cet écart mérite d’être étudié, et c’est là que commence mon travail de thèse. Je dois me plonger dans la masse des données récoltées par les plates-formes d’enseignement pour observer ce qui s’y passe vraiment. Combien d’utilisateurs vont regarder toutes les vidéos, participer aux activités proposées et interagir sur les forums ? Croyez-moi, il n’y en a qu’une minorité. Mon travail devrait permettre d’une part de relativiser les chiffres mirobolants annoncés dans les médias, et d’autre part de rassurer les enseignants, ils ne vont pas devoir chercher un nouveau job.

Dans un second temps, mes recherches me conduisent à centrer mon attention non plus sur le dispositif de formation, mais sur les utilisateurs eux-mêmes. Nous ne nous faisons pas qu’étudier l’âge ou l’origine géographique des participants. L’idée est de les catégoriser aussi en fonction de la manière dont ils utilisent le MOOC. Il y a des inscrits qui ont oublié qu’ils étaient inscrits. Il y a ceux qui, comme vous peut-être, ont regardé deux ou trois vidéos par curiosité, et puis qui ont laissé tomber faute de temps. Mais il y a tout de même un petit groupe qui rend tous les devoirs à temps, parce qu’il y a en général des devoirs à rendre.

Comment expliquer les comportements de ces différents groupes? Est-ce que c’est un problème de temps, de niveau, de motivation ou même de connexion internet ? A travers des questionnaires et des entretiens, j’enquête sur la diversité des intentions, des motivations et des contraintes des participants.

Mieux nous connaîtrons la diversité du public et de ses motivations, mieux la formation et la pédagogie pourront être adaptées aux attentes des uns et des autres. Et plus nous aurons de données précises, chiffrées, sur ce qu’il se passe vraiment dans les MOOC, plus il sera possible de mesurer leur efficacité, et d’imaginer la manière dont ils pourront s’insérer dans le système éducatif de demain.

FIN !

Voilà, c’est tout. Quelques remarques au passage :

  • Ce n’est pas mon sujet de thèse exact (je me concentre sur les conditions de succès des MOOC), mais je voulais insister sur les méthodes d’investigation.
  • Ensuite, vous verrez comme je bouge mes mains en permanence. C’est la raison pour laquelle je m’étais calé une tablette dans la main gauche au cours des tournages du MOOCAZ, pour m’empêcher de trop m’agiter. Une stratégie comme une autre.
  • Troisième point : ma chemise est un peu froissée (alors que je l’avais repassée), passage dans le RER oblige. Autant que possible, avoir du matériel de repassage et de maquillage à côté du studio, quand il y a de l’enjeu (ce qui n’était pas le cas). Mais bon, après il ne faut pas tomber dans le piège de la surqualité.
  • Faire une vidéo de trois minutes, est un excellent exercice, qui ne demande guère plus d’une journée de travail (montage compris), et qui permet de sensibiliser les uns et les autres à la pédagogie numérique. Très formateur pour de futurs enseignants-chercheurs. Une pratique à (peut-être) diffuser dans les Master et autres …
  • Ensuite si vous pouvez twitter et liker la vidéo depuis la page Dailymotion, ça m’aidera à peut-être gagner ce petit concours entre doctorants (vous pouvez d’ailleurs voir les présentations d’une douzaine d’autres doctorants de l’ENS Cachan).

Enfin, si vous voulez contribuer à ce travail de recherche, que vous avez suivi des MOOC et que vous êtes d’accord pour en parler, je cherche des volontaires pour réaliser des entretiens (autour de 30 minutes, et plus si affinités) pour comprendre que vous aimez ou non dans les MOOC. M’écrire à matthieucisel@gmail.com

PS : un alumnus du MOOC « Monter un MOOC de A à Z » lance une appli papier/crayon pour la lecture, l’écriture et la numération chez les petits, et lève des fonds via crowdfunding (Kisskissbankbank) ; si vous voulez en savoir plus, et éventuellement le soutenir, c’est à cette adresse !

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One Response to Ma thèse sur les MOOC, en 180 secondes

  1. je suis très content d’avoir vos connaissance et j’espère qu’on ferais une bonne route.je suis en thèse en sociologie politique et j’aurais besoin de beaucoup de document et j’espère que vous serai utile en moi.

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