Stratégie de recrutement des participants de MOOC : partenariats et growth hacking

Créer des MOOC ou des applis éducatives, c’est déjà quelque chose. Mais réussir à attirer des utilisateurs, c’est une autre paire de manche. D’autant que l’offre grandit tous les jours et que l’on ne sait plus où donner de la tête. Plutôt que de chercher à créer une communauté de novo, il est intéressant de tenter de mettre en place parallèlement des partenariats avec des communautés existantes et de s’en servir comme tremplin, comme les communautés de pratique et communautés spécialisées dans la création de contenus. Ne peuvent-elles pas d’une manière ou d’une autre participer au succès des MOOC ? Je vous propose de revenir sur quelques communautés de pratique intéressantes dans le cadre de la problématique des MOOC de langues, mais la démarche s’applique bien évidemment à toutes les disciplines.

Pour commencer, bref tour d’horizon de quelques types de communautés de pratique dans le domaine des langues. Après tout, c’est le genre de communauté qu’on vise quand on développe ce genre de projet de MOOC non ? Les communautés de correspondance sont sans doute parmi les premières communautés de langue, et il n’a pas fallu attendre l’avènement d’Internet pour cela. Mais bien sûr, ce type de communauté à son équivalent virtuel (exemple: Mailfriends). L’apprentissage en tandem, s’envoyer et se corriger mutuellement ses mails, c’est bien, mais si en plus on peut se rencontrer dans la vie réel pour pratiquer, c’est mieux. C’est pour cette raison que  des réseaux sociaux comme le club Polyglotte ont émergé en France, et conquis de nombreux pays.

La communauté est déjà forte de plusieurs centaines milliers de personnes, et particulièrement active en France. A Paris, plusieurs rencontres hebdomadaires sont organisées dans des cafés ou autres. Outre les fonctions habituelles associées aux réseaux sociaux (recherche d’amis, messagerie, etc), on retrouve sur le site une certaine quantité de liens vers des ressources pédagogiques. Le club ajoute régulièrement de nouvelles fonctionnalités, comme la possibilité de faire corriger des productions écrites par la communauté sur le site, ou une chat room qui permet aux membres du club d’interagir dans une salle virtuelle.

Il existe de nombreuses autres communautés de pratique, qui se distinguent par leur taille, leur dominante linguistique, ou leur mode de fonctionnement : la guilde MezzofantiMy language exchange, ou the Mixxer spécialisée dans les échanges linguistiques via Skype. Enfin, il existe des communautés basées sur l’intercompréhension (entre langues proches) comme Miriadi pour les langues romanes (français, italien, espagnol, portugais, catalan), mais ce principe peut être appliqué à d’autres familles de langues comme les langues slaves.

Enfin, last but not least, les communautés structurées autour d’entreprises comme Busuu, Rosetta Stone ou Livemocha. Elles sont beaucoup plus grandes (plusieurs dizaines de millions d’utilisateurs), mais dans la mesure où les MOOC entrent en compétition avec leur business models, je ne suis pas persuadé que leurs dirigeants soient enchantés par l’idée de monter des partenariats pour l’organisation de formations gratuites (mais le growth hacking, ça consiste justement à se passer de ce type d’accord, allez découvrir ce concept issu de la Silicon Valley). Voilà un petit tour d’horizon de communautés de pratique assez variées. Si jamais vous en connaissez d’autres de taille raisonnable (i.e. au-dessus des 50.000), n’hésitez pas à les poster un lien dans les commentaires, cela peut toujours servir.

Les communautés de pratique, c’est bien, mais des communautés capables de générer des ressources éducatives libres à grande échelle, c’est mieux. Pour tout ce qui est cours de grammaire, de conjugaison, etc, vous avez bien sûr Wikipedia, mais on trouve également pas mal de choses autour de Wordreference. Wordreference est à la base constitué de dictionnaires en ligne, en partie gratuits, en partie payants, autour desquels s’est organisée une communauté. Un forum permet de poser des questions sur des problèmes de grammaire ou de traduction sur un grand nombre de langues. Malheureusement, alors que tous les contenus développés au sein de Wikipedia sont libre, la communauté Wordreference n’est pas du tout dans cet esprit.

Il faut chercher des communautés de taille importante, de préférence un peu centralisées (c’est plus facile pour faire passer des messages), et qui s’inscrivent dans la dynamique du libre. On trouvera également probablement des gens motivés chez les gens de Tatoeba. Après, bien sûr, on peut s’intéresser aux universités et aux structures de formation? Mais dès qu’on veut s’insérer dans des cursus de formation, les choses se compliquent …

Pourquoi m’être attardé aussi longtemps sur les communautés de pratique ? Parce que le recrutement des participants au sein d’un MOOC nécessite une véritable stratégie, comme nous l’avions souligné dans le billet Où trouver 10.000 étudiants et Faire la promotion de son MOOC. Certes, il n’existe pas dans l’ensemble des domaines académiques des communautés de pratique de la taille de celles de langues. Mais déjà si on peut entrer en relation avec des communautés de quelques milliers de personnes à défaut de plusieurs millions, c’est un début. Reste alors à fixer les termes des arrangements pour finaliser les partenariats et lancer les recrutements …

1 Comment

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One Response to Stratégie de recrutement des participants de MOOC : partenariats et growth hacking

  1. Tom

    Bonjour,

    J’étais aujourd’hui à la recherche d’articles sur le growth hacking, et je suis tombé sur cette page : http://blog.educpros.fr/matthieu-cisel/2015/01/02/strategie-de-recrutement-des-participants-lexemple-des-mooc-de-langues/

    J’ai remarqué que vous aviez redirigé vers d’autres bons articles.

    Je voulais juste vous prévenir que j’avais créé quelque chose de similaire. Si vous souhaitez y jeter un oeil, vous pourrez le trouver en cliquant sur ce lien :

    https://www.tomlangdon.fr/growth-hacking

    Si vous le voulez, vous pouvez le mentionner sur votre page.

    En tout cas, continuez ainsi, j’aime beaucoup vos articles.

    Cordialement,

    Tom

    PS: S’il y a quoi que ce soit que je peux faire pour vous aider, n’hésitez pas à me le dire.

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