Construire son parcours d’apprentissage en ligne (avec ou sans les MOOC)

http://www.dreamstime.com/royalty-free-stock-photography-3d-confused-man-image24019587Avec la multiplication des cours en ligne, MOOC et autres, l’enjeu sera à terme de trouver la ressource qui correspond à votre besoin à un moment donné, afin d’éviter aux internautes de se noyer dans la masse d’information. Nous ne parlons pas seulement d’annuaires qui listent des cours, comme Class Central, ou de moteurs de recherche comme Educadis. Il faudra aller à une échelle nettement plus fine. Pour illustrer ces propos, je suis allé chercher quelques idées sur des plate-formes d’apprentissage de langue (pour changer) …

Dans les sites d’apprentissage de langues, vous avez deux extrêmes. Ceux comme Busuu qui proposent un parcours pré-défini par l’équipe, linéaire, dont il est difficile de dévier. Au moins, il n’y a pas à réfléchir. Et les autres, comme Memrise, qui sont des places de marché désorganisées, où il est relativement difficile de se construire un parcours cohérent tant l’offre de cours est abondante et de qualité hétérogène. Alors, certes, il y a en général un petit descriptif reprenant le contenu des cours (Figure). Cela peut être une liste de 1000 mots à retenir, l’apprentissage d’un alphabet étranger, etc. Dans certains cas, on peut même creuser plus loin et voir en amont l’ensemble du contenu du cours (Figure, Iknow) ….

Mais même l’autodidacte le plus averti ne dispose pas nécessairement du recul nécessaire pour effectuer le bon choix. Et il y a un juste milieu entre la place de marché « façon souk » et le parcours linéaire. Certains sites proposent par exemple des sortes de cartes de navigation, comme sur le modèle de la Khan Academy (Figure, Khan Academy, qui se base sur un outil de Google Maps), ou Open Classrooms. Quand ces cartes sont orientées sur la compétence, on parle de graphe à épistèmes.  On a vu apparaître également des petits algorithmes de recommandation qui vous recommandent tel ou tel cours à suivre (Figure, Babbel). Daphne Koller m’a dit l’autre fois qu’elle pensait développer le concept d’ici peu dans Coursera. C’est un peu comme dans Amazon, si vous avez aimé cela, alors vous aimerez cela.

Attention, ce n’est pas de l’apprentissage adaptatif. L’apprentissage adaptatif consiste à adapter la séquence des activités à chaque apprenant en fonction des résultats obtenus, la granularité est donc beaucoup plus fine. En plus, dans l’apprentissage adaptatif, on vous dit quels exercices sont bons pour vous (dans votre Zone Proximale de Développement), cela veut pas dire que vous allez nécessairement aimer ! Au contraire je dirais, n’oublions pas que l’apprentissage nécessite d’être mis en difficulté, ce qui est loin d’être toujours agréable. Outre le choix des exercices d’apprentissage, il y a aussi celui du rythme hebdomadaire, que l’on peut calibrer dans certains sites (Figure ,  nombre d’items à apprendre par semaine dans Iknow), ou de la méthode d’apprentissage (Figure, Memrise, choix de la méthode de travail, lecture vs. prononciation).

Je suis certain qu’à terme, les sites d’apprentissage en ligne développeront de plus en plus ces approches. Vous fixerez vos objectifs, vos méthodes et votre rythme de travail, et le site fera le reste pour vous. Il vous proposera les cours, sélectionnera les activités, vous enverra des rappels. Mais bon, on en est encore loin, car cela implique une véritable cohérence entre les contenus, et une coordination sur le plan pédagogique. Pour le moment, les MOOC, c’est un vrai bazar et les équipes sont complètement indépendantes les unes des autres. Difficile (mais pas impossible) dans ces conditions de proposer des parcours cohérents (cela dit c’est parfois un peu pareil à la fac, les profs ne coopèrent pas plus que ça entre eux pour la construction des cours). On voit déjà ces parcours apparaître dans Open Classrooms (Devenir développeur Web, etc). Le principe va s’étendre, cela ne fait aucun doute.

En attendant, nous touchons là à deux concepts phares de l’autoformation. Tout d’abord, l’auto-direction, c’est-à-dire que c’est l’apprenant lui-même qui fixe ses objectifs, et ensuite, l’auto-régulation, c’est l’apprenant qui régule sa façon de travailler. Les deux ne sont pas nécessairement associés, car on peut avoir le choix des objectifs (comme les cours électifs) sans avoir la liberté de choisir sa pédagogie (elle est en général imposée par l’enseignant), ou à l’inverse, ne pas pouvoir choisir les thématiques à étudier, mais avoir une certaine liberté dans la manière de les aborder (mais c’est plus rare). Vous vous en doutez, je suis un fervent défenseur de l’introduction de l’auto-direction et de l’auto-régulation dans le supérieur et la formation (mais en formation des adultes, ces concepts sont adoptés depuis bien longtemps). Et je pense que la multiplication des cours en ligne pousse bien évidemment dans cette direction …

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