Les MOOC au sein de l’entreprise : avis aux DRH

http://www.dreamstime.com/stock-photo-3d-small-people-complicated-question-image19385560Les premières recherches sur les MOOC se sont dans une large mesure basées sur l’analyse des traces d’apprentissage, qui permettent de mesurer de manière précise ce qui se passe sur la plate-forme d’enseignement. Mais une approche purement descriptive de ces usages pose problème si l’on veut comprendre les tenants et les aboutissants de ces comportements d’une part, et ce qui se passe hors de la plate-forme d’enseignement d’autre part. Pour aborder ces questions, les approches plus qualitatives issues des Sciences Humaines et Sociales sont incontournables : enquêtes, entretiens, observations de terrain, ne serait-ce que pour répondre à une question aussi simple que « Pourquoi s’inscrit-t-on à un MOOC ? ». Dans ce billet j’aimerais vous faire une liste à la Prévert des recherches qu’on mène au labo, et vous solliciter pour une recherche qu’un collègue doctorant mène auprès de personnes qui jouent un rôle clef dans le processus : les DRH.

Un certain nombre de recherches ont ainsi été réalisées de manière transversale au sein d’un échantillon de cours représentatif pour mieux comprendre les motivations des participants.  L’université de Pennsylvanie a ainsi réalisé un rapport intitulé Qui suit les MOOC et pourquoi sur la base d’une enquête qui a réuni près de 40.000 réponses. Nous avons nous-mêmes diffusé nos propres enquêtes. Imaginons que l’on veuille savoir si de manière générale les participants sont intéressés par l’obtention du certificat et si oui pour quelle raison. On diffuse une enquête dans une dizaine de MOOC pour constater que les trois quarts des répondants sont intéressés par l’obtention d’un certificat ou d’une attestation de réussite, même si cela ne constitue pas leur motivation principale.

On distingue alors les cours qui attirent un public poussé essentiellement pour des motifs professionnels de ceux qui correspondent davantage à un loisir, les répondants cherchant alors le certificat plutôt comme une satisfaction personnelle. Des entretiens complémentaires peuvent alors permettre de capturer toute la diversité de situations que recouvrent chacune de ces positions. Ces analyses pourront contribuer à expliquer les différences observées entre cours en termes de taux de certification, mais aussi servir de base de réflexion pour les concepteurs de MOOC sur des questions qu’ils seraient amenés à se poser comme : Faut-il mettre ou non en place des certificats ou des attestations de réussite dans les MOOC ? Si oui, quel niveau d’exigence le certificat doit-il représenter ?

Avant-dernier point, la recherche ne se cantonne pas aux seuls participants ; pour comprendre la diversité des usages, il faut s’intéresser au fonctionnement des dispositifs. Quels sont les publics ciblés par les équipes pédagogiques ? Un public d’étudiants, de professionnels, le grand public ? Comment ces différents éléments se traduisent-ils dans la structure des dispositifs ? Les recherches sur le sujet sont encore balbutiantes, et suivent globalement la même démarche que celles que nous avons présentées jusqu’à présent : observation détaillée des dispositifs, entretiens avec les concepteurs.

Enfin, l’observation de terrain peut s’avérer nécessaire pour comprendre certains phénomènes, notamment si l’on s’intéresse à la manière dont un certain nombre de structures de tailles et de natures diverses ont intégré les MOOC dans leur politique de formation. L’hybridation des MOOC existe aussi bien au sein de l’enseignement supérieur qu’au sein du milieu professionnel, et préfigure peut-être une évolution intéressante tant dans l’enseignement supérieur que dans le domaine de la formation d’adultes.

L’approche la plus adaptée pour comprendre les tenants et les aboutissants de ce phénomène consiste parfois à se déplacer au sein de ces structures pour y recueillir des données sur la manière dont se déroulent la formation, les sessions de travail en commun, et s’entretenir avec les acteurs clé du processus. Pour appréhender l’émergence de tels phénomènes, certains chercheurs suivent une démarche d’études de cas et réalisent des observations de terrain, notamment dans des petites entreprises ou associations. C’est justement le boulot d’un co-doctorant du laboratoire, pour lequel on aimerait vous solliciter, chers lecteurs de ce blog.

Doctorant en sciences de l’éducation à l’Ecole normale supérieure de Cachan, Jean Condé mène une thèse consacrée à l’usage des MOOC en entreprise. Dans le cadre de ses travaux, il est amené à décrire et à comprendre les variétés d’usages des MOOC dans différents types de dispositifs, s’insérant dans des programmes de formation plus ou moins formalisés au sein d’organisations professionnelles.

Il recherche des responsables des ressources humaines qui seraient prêts à lui accorder entre 30 et 45 min pour lui faire partager leur expérience. Quels usages des MOOCs ? Pour quel public et quels objectifs ? Quels moyens de contrôle?… Le traitement des données ainsi recueillies permettra de dresser un panorama des pratiques actuelles de formation, indispensable pour appréhender les évolutions des pratiques de formation à une époque ou la transformation digitale des entreprises et la formation continue des collaborateurs sont présentés comme des enjeux majeurs de développement.

L’entretien est un espace privilégié pour prendre du recul sur ses pratiques, se situer dans un ensemble des possibles, connaitre les tendances de formation dans les entreprises de profils différents. Il enverra aux participants les résultats de cette enquête. Si vous êtes intéressés, vous pouvez le contacter par mail : jconde@ens-cachan.fr.

Voilà voilà, n’hésitez pas à lui envoyer un mail …. et je vous dis à la semaine prochaine !

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