Les MOOC « outils de propagande » et les MOOC « expérimentation »

Nous poursuivons aujourd’hui notre série de billets sur les motivations des concepteurs de MOOC. Aujourd’hui, nous allons traiter de deux types de motivations. La première consiste à considérer le MOOC comme un outil visant à diffuser un message. Il joue en quelque sorte le rôle « d’outil de propagande ». Dans le second cas, le MOOC constitue avant tout une expérimentation pour l’enseignant, qui souhaite notamment tester un format innovant.

Le MOOC comme outil de propagande

Le cas de figure « Diffusion d’un message » se distingue du précédent dans le sens où la volonté de diffuser un message ne répond pas nécessairement à un besoin de formation identifié. Ce concepteur d’un MOOC d’entrepreneuriat veut par exemple diffuser l’idée selon laquelle entreprendre est à la portée de tous ; il qualifie lui-même sa démarche de « propagande ».

C’est un MOOC d’initiation mais un peu plus que ça, c’est quasiment de la propagande. C’est un message qui me tient énormément à cœur, de voir que les gens l’ont compris, c’est extrêmement satisfaisant

Le MOOC est considéré dans ce cas de figure comme un média à même de diffuser un message, dont la teneur est souvent relativement spécigique. Cet enseignant de marketing veut faire passer le message selon lequel que la vente peut s’enseigner et ne s’apprend pas uniquement de manière informelle.

Une partie des commerciaux sont persuadés que la vente ça s’apprend pas, et donc il y a un changement un petit peu de mentalité là-dessus, attention la vente ça peut être des super salaires, des super carrières, quelque chose de très intéressantes, et la vente ça s’apprend, donc ça s’enseigne et donc bah l’université a un rôle là-dedans, donc c’est un petit peu ça aussi de faire bouger les choses et de dire la vente, c’est pas aussi bien perçu que le marketing, mais côté emploi en ce moment ça marche beaucoup mieux.

L’objet n’est pas nécessairement de diffuser le message au plus grand nombre, mais qu’il atteigne le public ciblé. Cet enseignant d’entrepreneuriat explique par exemple qu’il lui suffit que le message atteigne quelques centaines de personnes.

Moi, j’étais convaincu qu’il y aurait 300 personnes. Le succès c’est le fait que les gens aient compris et apprécié le message parce que c’est un MOOC un peu idéologique au sens où il y a un message qui dit que l’entreprenariat ce n’est pas ce que vous croyez, c’est plus simple que vous ne pensez, c’est plus simple donc c’est pour vous.

Le MOOC comme expérience

Les MOOC ayant suscité un certain engouement médiatique, nombre d’enseignants ont participé à un projet de MOOC dans le seul objectif de mieux comprendre le phénomène, comme l’illustrent les propos de ce concepteur d’un MOOC d’entrepreneuriat.

C’était plus de se dire que je serais trop bête de ne pas faire ça. Tu vas apprendre plein de trucs. Je me suis dit que je n’avais pas grand-chose à perdre.

C’est ce qu’exprime cet enseignant d’économie, qui explique que monter en compétence sur la création du MOOC représente l’objectif premier du projet. Quand l’expérimentation représente la motivation principale, la simple existence du dispositif constitue en elle-même un critère de succès.

Les motivations principales, c’est d’être une sorte d’éclaireur pour le département que je représente. On sait qu’il est possible que l’on fasse des MOOC dans les années qui viennent, mais la question qui se pose, c’est de savoir comment on les fait. […] Plutôt que de succès, un motif de satisfaction, c’est que ça existe. Ça existe, c’est cohérent ; on a réussi à passer la plupart des obstacles techniques.

Un certain nombre d’enseignants s’inscrivaient dans cette démarche d’expérimentation avant l’essor des MOOC et voient dans ces dispositifs une occasion supplémentaire d’expérimenter. Cet enseignant d’informatique expérimente de manière continue différents modes d’utilisation des technologies dans son enseignement, et a vu dans l’intérêt de son institution pour les MOOC l’opportunité de mener une expérimentation supplémentaire.

Personnellement, j’enseigne depuis plus de dix ans et j’ai toujours essayé d’innover pédagogiquement dans les cours que je donnais que ce soit par l’utilisation de vidéos, supports pour des tutoriels ou par du vote en cours par l’utilisation de téléphones portables. Naturellement, l’objet MOOC comme objet pédagogique était intéressant, pour voir cette innovation pédagogique, ce qu’on pouvait en faire, et essayer a toujours été ma philosophie. Après cette envie a été concomitante avec l’impulsion donnée par l’Institution.

Les enquêtés que l’on range dans cette catégorie utilisent régulièrement le terme « innovation », certains considérant comme critère de succès le caractère innovant du dispositif, notamment par rapport aux autres formats de MOOC. C’est le cas de cet enseignant de gestion de projet, qui insiste notamment sur le renouvellement du dispositif au fil des itérations.

Je voulais faire quelque chose d’innovant en formation ; ça je le fais un peu tout le temps quand je lance des formations, j’essaie de faire des choses intéressantes et toujours axées sur la technologie. L’idée était de dire qu’on peut innover en formation, faire un MOOC avec trois parcours. Je voulais faire quelque chose qui soit nouveau. Une des particularités du [Nom du MOOC] c’est qu’on ne rejoue pas. En fait on ne rejoue pas le même MOOC, on le refait à chaque fois. Un MOOC ça doit progresser.

La motivation de type « Expérimentation » revient de manière récurrente dans les travaux sur les motivations de concepteurs de MOOC. Je pense qu’elle a joué pour une bonne part dans l’essor du mouvement. Les expériences ayant été faites, la mode étant passée, il est normal qu’elle perde en importance maintenant, et la production de MOOC avec  …

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