Intérêt professionnel pour les certificats de MOOC

DiplomaC’est la rentrée, et je vous ai épargné pendant les vacances, mais je reviens à la charge pour cette rentrée avec une vingtaine de billets, qui seront probablement mes derniers avant un certain temps, car je ne vais pas tarder à réorienter les thématiques du blog, car je commence à travailler de moins en moins sur les MOOC. Pour conclure, je vous propose une série de billets consacrés à l’intérêt que les apprenants peuvent avoir pour le certificat.

Les enquêtes montrent que l’obtention du certificat pour un usage dans un contexte professionnel ne représente que rarement la principale motivation pour suivre le MOOC. Néanmoins, la situation existe, et nous allons voir deux motifs récurrents. Dans un premier cas, le certificat a pour fonction de démontrer les capacités du participant à s’autoformer, ainsi que sa volonté de le faire, indépendamment de la thématique du cours. C’est l’argument que nous appellerons Appétence pour l’autoformation, que nous distinguerons de l’argument de la recherche de légitimité.

Dans ce dernier cas, le participant cherche à gagner en légitimité sur un sujet ou sur une discipline en particulier ; nous avons identifié deux variantes : soit le participant cherche à gagner en légitimité dans une discipline en général, comme l’informatique, le numérique éducatif, soit il cherche à gagner en légitimité spécifiquement sur la thématique enseignée dans le cours. L’objectif peut être de valider de l’acquisition de nouvelles connaissances ou compétences ou de formaliser la maîtrise de connaissances ou compétences acquises en amont. Ces deux motifs recouvrent comme nous allons le voir une certaine diversité de situations.

Nous allons voir que ces deux motifs, appétence pour l’autoformation et recherche de légitimité, peuvent être avancés aussi bien par des interviewés s’inscrivant dans une logique vocationnelle, qu’ils soient en recherche d’emploi ou en reconversion professionnelle que par des participants ne cherchant pas à changer d’emploi. Ces éléments peuvent constituer la principale motivation sous-tendant l’inscription.

L’argument de l’appétence pour l’autoformation est dans nos entretiens le plus souvent avancé par des interviewés en mobilité professionnelle qui suivent les MOOC dans une logique vocationnelle. Certains utilisateurs en recherche d’emploi avancent notamment que la création d’un portfolio de certificats de MOOC peut servir à démontrer à un employeur potentiel une capacité à s’autoformer et à s’adapter. C’est par exemple le cas de ce chercheur d’emploi, qui se forme à l’informatique, d’une part via des formations en présentiel, et d’autre part via des MOOC.

Bah on arrive chez un employeur déjà on arrive avec son espèce de petit portfolio où d’un coup on dit voilà, et puis j’ai suivi des formations on est capable d’ouvrir le petit portfolio on a les certifications avec marqué le nom de l’établissement, le type de certification. Même si c’est que cinq jours la personne elle dit d’accord, vous avez été formé à tel truc, bon c’est intéressant puis il voit que oui on a envie d’apprendre, qu’on est dans cette dynamique-là, et qu’au contraire on est en demande et que du coup on se dise bah oui c’est quelqu’un qui va rapidement s’adapter au niveau des connaissances ou des compétences.

Cette position n’est néanmoins pas l’apanage des personnes en recherche d’emploi. Cette enseignante d’anglais suit des MOOC dans une optique professionnelle. Le certificat montre qu’elle est capable de s’investir pour monter en compétences. Face à la question de l’intérêt qu’elle porte au certificat, elle répond comme suit :

Je ne sais pas encore du point de vue de l’employeur comment c’est utilisé. D’après ce que j’ai vu et entendu à la formation de Cécile Dejoux à la FNEGE sur les MOOC et dans le dernier numéro de Challenges, je pense que vu qu’on est obligé de faire ça sur son temps personnel, on peut essayer de faire ça le soir et le week-end même si on est marié et on a des enfants. […] Ce n’est pas non plus à la portée de tout le monde. Le certificat il montre ça. J’ai envie de monter en compétences et des fois je peux me donner des moyens de le faire si je veux.

Ces propos suggèrent que, dans un cas comme dans l’autre, c’est davantage la démarche d’autoformation que reflète l’obtention du certificat que les acquis qui y sont éventuellement associés que les interviewés mettent en valeur. Ne nous attardons pas outre mesure sur ce cas de figure pour nous appesantir davantage sur l’argument de la légitimité, qui est quant à lui avancé aussi bien par des participants s’inscrivant dans une logique vocationnelle que par des participants ne cherchant pas à changer d’emploi.

3 Comments

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3 Responses to Intérêt professionnel pour les certificats de MOOC

  1. Lucas Grimont

    Ravi de lire cet article et Matthieu, et surtout ravi de ton retour de vacances ! Tes billets m’ont manqué !

    Sujet très intéressant qui me parle particulièrement :)
    Oui, les moocs peuvent aider à trouver un job, tu connais ms expériences à ce propos.

    Tu le mentionnes à un moment mais j’ai l’impression (peut-être à tord), que dans le cas de recherche de légitimité, c’est très souvent lié à l’informatique.
    Dans mon cas, j’ai eu un entretien de rêve où tout s’est passé comme sur des roulettes, puis j’ai fini par montrer pattes blanches comme j’aime le faire :
    « Enfin, voici mes diplômes, relevés de notes, lettres de recommandation de précédents employeurs. Je vous invite à les contacter pour vérifier la véracité de ces documents ».

    Tout simplement, prouver que notre CV n’est pas gonflé. La majorité des candidats ne le font pas, le faire, c’est »prouver » que vous ne trichez pas, et ça peut même mettre le doute du recruteur sur les autres candidatures…
    Donc déjà, c’est un gros plus en fin d’entretien !

    Si on a suivi des moocs, c’est le jackpot ! Dans mon cas :
    – J’avais une 20ène de certificats dans le domaine, quand tu poses tes diplômes, relevés de notes, recommandations, puis 20 certificats moocs, le recruteur est très agréablement surpris…
    – Dans ce cas toujours, j’ai pu dire « j’ai vu que votre site est sous bootstrap, en HTML5, je maîtrise ce langage de programmation et le framework, vous faites vos newsletters avec MailChimp, je suis certifié MC, vous utilisez Google Adwords et Analytics, certifié etc… »

    Là, ça change tout ! Vous prouvez maîtriser des outils que l’entreprise utilise quotidiennement ! Vous êtes donc opérationnel pour des tâches pratiques, concrètes ciblées.

    Je ressors toujours le même argument mais dans mon cas c’était clair et net, mes certificats de moocs ont bien plus pesé dans la balance que mes 2 BAC+5. Le recruteur me l’a confirmé, j’ai eu le poste (CDI Responsable Communication Digitale).

    Ayant un regard très subjectif sur la question, je me fourvoie peut-être un peu mais pour la légitimation de compétences (du concret, pas des connaissances théoriques !), les certificats moocs sont plus impactant que des diplômes « d’études classiques » qui sont au final souvent touche à tout.

    J’irai encore un peu plus loin dans cette réflexion assez dure, j’en ai cosncience.
    Le travail est un marché, la formation aussi.
    Le marché du travail est incroyablement plus concurrentiel qu’il y a encore quelques années. Celui de la formation également.

    L’opportunité d’avoir des formations pratiques et courtes, occtroyant un certificat qui légitime une compétence, est un atout incroyable en employabilité.
    Je pense qu’il y a une hausse des exigences et prérequis pour les recruteurs, un accroissement de la concurrence entre demandeurs d’emplois, et que les certificats de mooc sont un graal que les plus motivés souhaitent cumuler, pour améliorer des compétences pointues, ou au contraire, diversifier leurs domaines de compétences.
    Dans les deux cas, ces certificats sont rapidement devenu un poids important dans la balance, avec un impact positif sur les recruteurs.

    Dernier point : C’est sympa tout ça, mais on le fait quand ?
    Quand on veut et peut !
    Pour ma part, je suis en concubinage, non marié, sans enfants.
    A temps plein, à bien plus de 35h hebdomadaires. Je me suis organisé pour suivre et finir beaucoup de moocs qui m’intéressaient, principalement dans une démarche professionnelle mais également parfois par passion, soirs et week-ends.
    C’est pas toujours facile, ça c’est clair.

    Par contre, ça c’est mon choix, le faire sur mon temps perso.
    Parfois, on a d’autres possibilités.
    Par exemple, dans mon entreprise, on forme réellement les nouveaux venus sur plusieurs jours avec le matin une formation par son responsable (souvent moi), puis l’après-midi des exercices pratique set concrets à faire, corrigés le soir par le formateur interne. Plusieurs jours comme ça, des feed-back, révisions de certains points si nécessaires puis c’est parti.

    Le nouveau venu commence alors ses tâches avec un temps quotidie alloué à sa formation. En premier temps, il s’agit souvent de suivre un ou plusieurs moocs lui permettant d’améliorer ses compétences utilisées dès le début, puis ensuite ça devient du e-learning ponctuel.
    Ces personnes ont donc une partie de leur temps de travail dédié à l’autoformation.

    On a d’excellents résultats comme ça. Je suis persuadé que ce type de process va se démocratiser.

  2. dee

    Excellent article !
    Je suis actuellement une formation composée de plusieurs MOOC et de projets concrets qui ressemblent à ce que je serai amené à faire et je suis totalement accro.
    J’ai connu la révolution MOOC pendant la fac et je savais que c’était par ce biais que j’ai voulu me former.

  3. dee

    C’était par ce biais que je devais me former.
    Il y a plusieurs avantages à suivre des moocs. On apprend ce qu’on veut, quand on veut à notre rythme, allant droit au but et à moindre coût. Notre système éducatif est archaïque. La révolution MOOC est en marche ;)!

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