Les MOOC sur le lieu de travail

DiplomaChers lecteurs, je vous ai dit il y a quelques semaines qu’un article vient d’être publié dans Distances et Médiation des Savoirs, sur les interactions entre utilisateurs de MOOC. Je ne vais pas le mettre en entier sur le blog, évidemment, mais je tenais à vous en présenter quelques extraits pour vous donner envie d’aller voir l’article. Ce premier extrait est centré sur les interactions entre collègues autour du MOOC, sur le lieu de travail, et entre étudiants sur leur lieu d’études.

« Il arrive que des collègues s’organisent de manière spontanée pour travailler sur un MOOC donné. Nous prendrons comme exemple deux salariés d’une petite agence de consulting, regroupant moins d’une dizaine d’employés. Le premier a la quarantaine, et souhaite se former à la conception de MOOC depuis un certain temps. Pour cela il suit une formation nommée Monter un MOOC de A à Z, ou MOOCAZ. Il entraîne une collègue de bureau, qui lui sera précieuse pour la réalisation commune des activités prescrites évaluées par l’équipe enseignante :

Ouais, c’est on va dire, y a pas eu d’attentes formulées par ma direction, à l’égard de, de ma démarche, euh c’était à mon initiative. Je pousse la démarche, ainsi qu’une autre collègue qui a suivi aussi la formation MOOCAZ avec moi. (E4)

Il précise que la complémentarité de leurs compétences et le fait qu’ils ont l’habitude de travailler ensemble constituent un atout susceptible de favoriser la réussite des projets qu’ils entreprennent, comme le suivi d’un MOOC :

Alors euh, on se connaît bien, on travaille beaucoup ensemble avec Élodie. Non, ça s’est plutôt bien passé parce qu’on a déjà une bonne connaissance de nos personnalités respectives, moi je suis assez consciencieux, méticuleux, un petit peu organisateur, j’aime bien que les choses soient faites en temps et en heure, et puis elle, elle a de la créativité, des idées, elle est assez terre à terre, ça peut rappeler des choses assez simples quand moi je pars en sucette, donc c’est assez intéressant parce qu’elle a une approche complémentaire, et on se connaît. (E5)

Notons enfin que les étudiants d’un même cursus peuvent être incités, voire contraints, à s’inscrire à un MOOC. C’est notamment le cas de ces étudiants, qui ont choisi une option non obligatoire où ils se voient demander de travailler sur un MOOC. Encadrés par une ingénieure pédagogique, qui organisait une formation sur le e-learning. Ils se retrouvent une fois par semaine, dans la même salle, pour réaliser de manière conjointe les activités évaluées, que celles-ci soient ou non individuelles.

On était à trois avec une collègue mexicaine et une Française. C’était vraiment bien, c’était même nécessaire. On regardait les vidéos chacune de notre côté pour tout ce qui était test et on se retrouvait pour répondre aux questionnaires ensemble, à la fac ou à la bibliothèque. On a essayé de le faire ensemble parce que c’était aussi le moyen de discuter, d’échanger, de se poser des questions. Ensuite, pour tout ce qui était devoir on était en ligne sur Google Drive. On complétait chacune son tour, on enrichissait. Pour ce qui est écriture finale, on s’est réparti les tâches. (E6)

Les interactions relatives à ces extraits se déroulent essentiellement en face à face, et concernent principalement la réalisation des activités évaluées ; néanmoins, il peut également y avoir des interactions asynchrones entre étudiants pour la réalisation des devoirs. Jusqu’à présent, nous nous sommes concentrés sur les interactions de personnes se connaissant en amont du MOOC. Nous allons maintenant montrer que les interactions peuvent se mettre en place entre des apprenants qui se rencontrent pour la première fois sur les forums de discussion du cours. Elles nous permettront d’illustrer davantage le cas de l’usage des réseaux sociaux. »

Au fait, je voulais aussi vous dire qu’un autre article a été publié en ligne hier dans la Revue Internationale des Technologies en Pédagogie Universitaire (RITPU pour les intimes), intitulé Les MOOC, entre transposition de cours universitaires et adaptation à la massification des audiencesJ’y fais une analyse des pages de présentation de cours de FUN, assez similaire dans la démarche à ce qu’a fait Eléonore Vrillon dans un article récent publié dans STICEF. Si vous avez le temps d’aller y jeter un coup d’oeil, je vous mets ci-dessous le résumé, qui vous donnera une idée de la thématique :

« À travers l’analyse des pages de présentation de la plateforme française FUN, nous suggérons que les concepteurs de MOOC, bien qu’exerçant majoritairement dans l’enseignement supérieur, n’ont pas ciblé en priorité un public d’étudiants. La stratégie qui semble dominer consiste à adapter le cours à la massification des audiences, notamment en n’imposant que peu de prérequis. Néanmoins, les adaptations réalisées par les concepteurs de MOOC pourraient avoir été insuffisantes au regard des attentes du public d’apprenants adultes, ce qui ne manquerait pas d’induire un certain nombre de barrières épistémiques ».

Vous noterez au passage que je reste tout au conditionnel, et mon interprétation passe après un travail de nature avant tout descriptive … A vous de me dire ce que vous en pensez.

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