Un symposium sur les MOOC dans le monde de l’entreprise

DiplomaChers lecteurs, je suis cette semaine à Lille pour participer au colloque e-formation des adultes et jeunes adultes organisé par le laboratoire CIREL. Avec quelques collègues doctorants, nous organisons un symposium sur les MOOC intitulé : « De la formation des salariés à la conception pour le grand public, regards sur les modes d’appropriation des MOOC dans le monde de l’entreprise ». Nous y soulèverons diverses considérations, de la conception de MOOC pour le grand public (c’est dans le titre) à la valeur des certificats en passant par leur utilisation dans les parcours de formation. Je vous donne dans ce billet le déroulé de notre intervention, qui pourrait intéresser certains d’entre vous (j’ai juste enlevé quelques références et un peu de jargon pour que ce soit plus proche du format billet de blog).

Si l’engouement médiatique pour les MOOC semble être en grande partie retombé, ces cours en ligne n’ont pas disparu pour autant de l’écosystème de la formation en ligne. Ils ont en particulier pénétré le monde de la formation continue en entreprise. Néanmoins, compte tenu de leur relative nouveauté et de l’absence de cadre réglementaire strict, les appropriations des MOOC sont toujours l’objet de nombreuses incertitudes.

Sur le plan juridique, l’investissement que leur suivi représente (temporel ou financier), n’est pas souvent encadré. À l’heure actuelle, les MOOC utilisés dans le cadre de la formation professionnelle continue sont pour ainsi dire « hors cadre juridique ». Cette relative absence de cadre soulève de nombreuses questions sur le plan organisationnel. Se pose ensuite la question de la conception des MOOC par les entreprises. Ces dernières cherchent parfois à ouvrir leurs cours au grand public notamment à des fins de communication. Cette évolution des fonctions de la formation en ligne ne va pas sans son lot de tensions et de constructions, consubstantielles des mutations à l’œuvre. Enfin, l’appropriation des MOOC dans le monde de l’entreprise soulève le problème de la perception, sur le marché de l’emploi, des certificats qui en sont issus. Les rares enquêtes sur le sujet laissent à penser que les MOOC et leurs certificats payants ou gratuits sont utilisés pour se signaler sur un marché de l’emploi volatile et concurrentiel, dans lequel les compétences sont rapidement obsolètes et demandent à être entretenues, complétées en permanence.

Nous traiterons du cas particulier des entreprises qui créent des MOOC. Des entretiens avec des concepteurs seront mobilisés pour mettre en évidence, au prisme de la théorie de l’activité, les contradictions portées par ces évolutions de la logique de la formation, entre nouveau et ancien système d’activité, et entre les différents pôles du nouveau système d’activité.

En guise de conclusion, nous montrons sur la base d’une méthode mixte que la logique de ces dispositifs favorise chez les participants l’apparition de formes d’utilisation susceptibles de questionner la valeur des attestations de suivi et de certificats délivrés par les MOOC, et par conséquent, des micro-crédits qui y sont parfois associés. Nous nous attacherons à interpréter certains de ces formes d’utilisation au prisme d’entretiens avec des concepteurs de cours ainsi qu’au travers de l’analyse d’une centaine de MOOC organisés sur FUN.

En croisant analyses de dispositifs, regards de concepteurs et d’apprenants, nous y abordons les problématiques variées que soulèvent la conception, l’intégration de ces cours dans les dispositifs de formation, ou la délivrance de certificats. Ce faisant, nous mettons l’accent sur un acteur largement négligé dans la plupart des travaux réalisés sur les MOOC à l’échelle française comme à l’échelle internationale : le concepteur, qu’il soit le chef de projet, l’enseignant ou le formateur à l’origine des cours. Mieux appréhender les logiques sous-tendant ces dispositifs nous amènera à renouveler le regard porté sur des phénomènes généralement abordés au prisme d’enquêtes quantitatives ou d’analyses de traces d’activité. Cette réflexion vise à jeter un éclairage nouveau sur les évolutions récentes du phénomène MOOC en général, et sur leur devenir dans le monde de l’entreprise en particulier.

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