Concevoir à la pelle des vidéos de qualité : quelques retours du terrain

Une fois n’est pas coutume, je vais donner quelques conseils pratico-pratiques sur la conception à la pelle de vidéos. Ces derniers temps, j’ai produit énormément de vidéos pour des MOOC, et l’expérimentation avec différents logiciels et appareils (dont RapidMOOC) m’a fait beaucoup gagner en maturité sur le sujet. Je voulais vous faire deux trois retours d’expérience à chaud. Je tiens à préciser que je n’ai aucune action ni chez ni chez Heraw ni chez Canva, et qu’il y a sûrement des alternatives très bien, à explorer. Il faut gagner en productivité partout où l’on peut, et j’espère pouvoir contribuer à ces évolutions.

Sur le plan technique, les conseils traditionnels sont de dire qu’il faut un micro de bonne qualité et un studio d’enregistrement permettant de capturer le son sans résonnance sont nécessaires pour passer à l’échelle la conception. Certes. Mais il faut beaucoup plus.

La gestion du contrôle qualité reste souvent un impensé de ce type de projet. Des problèmes d’enregistrement (d’origine technique, bruits de bouche, etc.) même ponctuels peuvent nuire à la crédibilité d’un projet. Il faut dès les premières étapes s’assurer de la qualité des premiers contenus produits, pour ne pas avoir à régler après coup des problèmes qui auraient pu être traités dès le début d’un projet. Cette suggestion qui semble une évidence est trop souvent négligée. Il convient dès lors de mettre en place une organisation qui permette de détecter précocement et à grande échelle tout défaut d’un fichier produit.

Une bonne pratique consiste à faire regarder la vidéo par une personne dédiée, que nous nommerons le bêta-testeur et qui ne doit idéalement pas être l’auteur. Evidemment, mais cela ne suffit pas. Il faut mettre en place une communication efficace entre l’auteur, le bêta-testeur et un éventuel technicien non seulement pour identifier des vidéos contenant des problèmes, mais aussi pour identifier les segments de l’enregistrement qui sont concernés.

Une approche simple de la question peut consister à donner les timings exacts du problème (ex. : grésillement entre 1’30 et 1’34) dans des fichiers partagés permettant d’effectuer une gestion de projet efficace. Cela peut marcher, mais cela reste amateur.

La professionnalisation du process du contrôle qualité impose néanmoins de dépasser de telles logiques artisanales. En premier lieu, les fichiers ne devraient pas transiter entre ordinateurs et devrait postés sur des dossiers partagés. En second lieu, si on a les budgets, aucune information sur le timing par exemple n’est transmise manuellement, il y a annotation directement sur les fichiers concernés. Dans un logiciel comme Heraw, l’on peut ainsi directement annoter sur le fichier pour attirer l’attention de l’acteur concerné sur les segments qui présentent des défauts, comme on pourrait le faire sur un commentaire dans un traitement de texte. Un système de tâches d’édition à réaliser est alors créé semi-automatiquement. Le gain de productivité permis par ces outils est significatif. Il faut enfin s’assurer que le ou les auteurs d’un fichier accepteront de consacrer du temps à reprendre un contenu. Le dicton « cent fois sur le métier remettez votre ouvrage » prend alors toute sa force.

Ensuite, il faut mettre dans les mains des monteurs et/ou des enseignants des services comme Canva, super pour illustrer des vidéos et faire apparaître le contenu comme professionnel. Le problème réside dans le fait que des outils comme Canva ou Heraw fonctionnent presque tous par abonnement. Et les établissements ont pour des raisons comptables le plus grand mal du monde à s’abonner à des logiciels. Ils préfèrent de loin une licence à vie avec un bon de commande. Les virements récurrents sont le cauchemar de tout service comptable. Du coup, il est parfois plus facile en tant qu’enseignant de travailler avec ses propres abonnements à des services pour créer son contenu, même si tout le monde sait qu’on ne devrait pas fonctionner ainsi. Il faudrait réformer la manière dont fonctionnent les souscriptions institutionnelles pour révolutionner la manière dont l’on crée des MOOC / tout projet numérique.

Autre élément si l’on veut faire des contenus vidéos de qualité, nous suggérons de réaliser autant que faire se peut la retranscription des audios, pour des raisons institutionnelles mais pas que. Des outils de « speech-to-text » permettent d’automatiser le processus. Youtube possède par exemple une telle fonctionnalité pour le français. Il convient alors de vérifier manuellement que la transcription a fonctionné de manière optimale. D’autres outils peuvent faire le travail. Dans certaines plateformes d’apprentissage comme Coursera, il est ensuite possible de lier techniquement le texte à l’image, de sorte que l’apprenant peut cliquer sur un endroit de la retranscription pour être amené à la partie correspondante dans le fichier audio. Un gros plus par rapport à des plateformes comme edX.

Que vous dire d’autre sur la modernisation de la production de vidéo ? RapidMOOC. J’ai presque fini de tourner un MOOC pour le consortium Hype 13, et la vitesse de traitement des vidéos est incroyable. Il y a certes des choses que je ne peux pas faire avec cet outil et que je pouvais faire quand je tournais en studio, mais le sacrifice en vaut la chandelle, je vous en parlerai un de ces quatre, le billet se fait déjà un peu long.

 

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