Montre moi ta culture, je te dirai si on peut se marier !

Quels sont les facteurs qui renforcent les chances de succès d’une fusion entre institutions académiques ? On sait bien sûr que dans nos Ecoles (ou institutions universitaires) une fusion peut, comme dans les entreprises, échouer, laisser des séquelles coûteuses et durables ; et au final ne pas créer la ‘valeur’ attendue.

Au regard, des expériences observées, il ressort que c’est peut être là la première condition du succès: savoir clairement quel est le projet stratégique qui porte et justifie la fusion ? Quelles sont les synergies attendues ? Pour qui ? S’agit-il juste d’additionner des divisions, de réduire des coûts ? La place de la fusion dans un cadre stratégique de développement semble essentielle.

La deuxième condition du succès réside dans la proximité des institutions que l’on fusionne. Mais de quelle proximité parle-ton ?

Géographique ? NON ! 🙂

Statutaire ? NON ! 🙁

Culturelle ? OUI ! Car dans nos institutions, comme dans beaucoup d’autres, la ressources essentielle, que l’on peut considérer comme stratégique, est humaine et les échecs de fusions ont souvent pour explication des incompatibilités culturelles. Le succès de la fusion de Strasbourg (ex IAE et ex IECS) tient peu à la proximité géographique ou statutaire ; elle réside dans la proximité sur les traits culturels essentiels du métier d’enseignant chercheur dans une Business School : le souci de l’insertion professionnelle, la relation avec les entreprises, la professionnalisation. Une fusion entre une école post-bac et une Grande Ecole ou entre des départements de Gestion et d’Economie, peut être plus délicate à réussir qu’une fusion entre deux Grandes Ecoles de statuts différents et éloignées géographiquement.

La troisième condition est plus managériale et tient à la préparation en amont du projet, à la MOBILISATION des équipes : les fusions ne se décrètent pas et les fusions imposées se digèrent souvent mal !

Lien « How to merge a business schools? »

En anglais :

http://www.em-strasbourg.eu/docs/global_focus.pdf

En français :

http://www.em-strasbourg.eu/docs/global_focus_fr.pdf

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Article du on lundi, novembre 8th, 2010 at 15:25 dans la rubrique Non classé. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

2 commentaires “Montre moi ta culture, je te dirai si on peut se marier !”

  1. Saïd Assar dit:

    J’ai eu une fois l’occasion d’écouter un exposé de recherche de Suzanne Rivard, célèbre professeur en management et en TIC (HEC Montréal), sur les problématiques de fusions d’entreprises. Elle y présentait notamment quelques indications, recommandations et bonnes pratiques sur les différentes attitudes des acteurs de la fusion (employés, managers, dirigeants) qui ont favorisé l’opération de fusion, ou au contraire l’ont défavorisé, voir carrément saboté. Je lui ai alors posé la question si on pouvait s’en inspirer pour en déduire des recommandations pour la constitution d’équipes de recherche multidisciplinaires …

    Je me suis rappelé sa réponse en lisant ce post de Michel, et je ne peux qu’être d’accord sur sa recommandation concernant la culture et son importance sur le « mariage » de deux organisations, qu’elles soient des équipes de recherche, des PME, des multinationales, ou des institutions d’enseignement supérieur. Avoir une culture strictement identique est évidemment impossible. Mais si on construit le projet de fusion sur le rapprochement culturel, et si on prend conscience dès le démarrage du projet de fusion, de l’importance de la culture dans la collaboration, dans le travail en équipe, dans la construction d’une identité commune, il est effectivement plus facile d’envisager la fusion entre deux organisations, même si elles n’ont pas forcément la « même » culture.

    On peut judicieusement faire l’analogie avec le mariage entre homme et femme. Je suis moi-même issu de ce qu’on appelle « un mariage mixte ». Les questions culturels peuvent effectivement devenir un obstacle insurmontable si on n’adopte pas une attitude de rapprochement, d’imitation, de compréhension, de tolérance. L’analogie s’arrête toutefois là, car dans le mariage il y a un ingrédient majeur et magique qu’on ne trouve évidemment pas dans les fusions d’entreprises et d’université, c’est bien sûr l’Amour … Mais ça, c’est une toute autre histoire 😉

  2. Ecoles de commerce : fusions, alliances ….le mouvement va continuer ! | Le blog de Michel Kalika dit:

    […] Elles seront bénéfiques pour les étudiants (ce qui est l’essentiel en termes de mission) si elles reposent sur un projet stratégique ambitieux et mobilisateur, un projet pédagogique novateur qui répond aux attentes des étudiants et des entreprises (ce qui primordial pour les écoles), et si les cultures sont compatibles. […]

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