Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur… les classements… sans jamais oser le demander

Une anecdote personnelle récente m’a interpellé : il y a quelques semaines un spécialiste du secteur des Grandes Ecoles m’interrogeait sur les raisons de l’exceptionnelle progression de l’EM Strasbourg dans tous les classements et me dit qu’il avait formulé l’hypothèse que nous ‘avions payé’ pour améliorer notre position. Tétanisé par l’assertion, je réponds qu’en effet l’EM Strasbourg a payé dans le recrutement d’un nombre considérable d’enseignants-chercheurs !….

Désormais, lorsque l’on me parle de classements, plusieurs formules me viennent à l’esprit :

-‘Couvrez ce sein que je ne saurais voir’    -‘Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe… (Tartuffe, Acte III, Scène 2)                          sans jamais oser le demander’ (Woody Allen)

Compte tenu de l’importance déterminante des classements sur les choix d’une école de commerce par les élèves, le choix de la seconde formule, c’est-à-dire de la transparence s’impose.

Nous savons tous en effet que les classements réalisés par les quotidiens ou magazines sont extrêmement lus par les familles et jouent un rôle essentiel dans le secteur des Ecoles de Commerce.

Dans un contexte de crise morale du management provoqué par la crise financière, où l’éthique devient une valeur mise en avant par les Ecoles, la crédibilité de celles-ci, mais aussi des média, va dépendre de la capacité à renvoyer aux publics une image de transparence.

La transparence doit à notre sens porter sur :
– Les données communiquées par les Ecoles et leur validité,
– Les critères retenus par les média pour établir les classements,
– La pondération des critères,
– Le mode de calcul du classement.

Les Ecoles et média ont tout intérêt à aller dans ce sens ! Il y va du respect des publics.

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Article du on lundi, novembre 15th, 2010 at 16:00 dans la rubrique Ecoles. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

7 commentaires “Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur… les classements… sans jamais oser le demander”

  1. Aurélien dit:

    Et donc ?

  2. Nicolas Burckel dit:

    Comme tous ceux qui ne sont pas le N°1 du classement , je me pose forcément des questions sur la méthodologie des classements et sur la véracité des chiffres données par nos confrères.Je suis donc tout à fait d’accord avec votre proposition de transparence .
    Malheureusement le système est bloqué depuis l’apparition de ces classements par le premier de la classe qui fonde sa stratégie de recrutement sur la notion même d’être « Premier ».
    Ceux qui ne connaissent pas le système ne savent pas qu’HEC est la seule école qui n’admette pas qu’un étudiant admis puisse choisir une autre école ; à tel point qu’ils n’ont pas de liste d’attente (même Harvard en a une) . Du coup les professeurs de prépa, dont les établissements sont eux mêmes classés en fonction du nombre d’étudiants intégrés dans chaque école avec un double coefficient pour HEC, conseillent unanimement à leurs étudiants de choisir HEC plutôt que l’ESSEC ou l’ESCP (s’ils ne le faisaient leur prépa risquerait de perdre des places et donc de bons candidats).
    Ce qui est malheureux et typiquement français ,au delà même de l’arrogance extrème dans laquelle sont formés les étudiants d’HEC et qui ne pourra que les desservir plus tard ,c’est qu’à aucun moment le système (professeurs, établissements et médias) ne propose aux étudiants les plus brillants d’un point de vue scolaire d’utiliser leur jugement critique pour choisir .
    C’est en partie la sclérose même de ce système qui pousse les journaux français à orienter la construction de leur classement pour faire en sorte qu’ils correspondent aux choix des étudiants .Ce faisant ils ne font qu’entretenir le système en influant le choix des nouveaux admis.

    L’initiative de l’Express /l’Etudiant mettant fin au classement unique aurait pu laisser croire à une approche nouvelle permettant d’orienter l’étudiant en fonction de ses aspirations.
    Las, les critères retenus et leur poids ont étrangement amené à mettre HEC en tête des 2 classements alors même que les revenus tirés des entreprises sont 2 fois moindres de ceux de l’ESSEC et que la durée moyenne des expériences en entreprise est de 17 mois contre 23 pour l’ESSEC.
    Ce qui est rageant c’est que les tours de passe-passe sont vraiment trop évidents : le journal évite soigneusement de prendre en considération l’apprentissage qu’HEC snobe depuis sa création et a créé de nouveaux critères (les nombres d’entreprises créés sur les 2 dernières années) en omettant soigneusement de vérifier les données pour le moins étranges fournies par les 2 leaders( HEC toujours annonce 47 créations d’entreprise alors même que le site de leur incubateur en annonce 8 , Idem pour l’ESCP petite soeur CCIP d’HEC).
    A qui profite le crime ? Certainement pas aux étudiants qui ,lorsqu’ils auront ouvert les yeux et se rendront compte que leur choix de vie pour 4 ou 5 ans ne correspond pas à leur réelle aspiration.
    En tout cas à l’étranger personne ne comprend vraiment pourquoi les français se sentent obliger de tous classer surtout pour mettre toujours les mêmes en tête (HEC : Jeannie Longo du championnat de France des écoles de commerce ? ).

  3. JessicaG dit:

    Bonjour Nicolas.

    Quelques précisions concernant tes remarques sur notre classement des ESC.

    1- Nous n’avons pas pris en compte l’apprentissage dans le classement car nous considérons qu’il ne s’agit pas vraiment d’un critère distinctif, mais plutôt de stratégies d’établissements. De plus, vous savez comme moi que le nombre de places dépend beaucoup de la politique des conseils régionaux dont dépend l’école. En revanche, nous avons précisé le nombre de places en apprentissage dans notre tableau « d’autres critères pour choisir ».

    2- Concernant les entreprises, nous avons bien sûr effectué des vérifications à partir de la liste des entreprises créées que nous ont transmis les écoles (existence de l’entreprise, et année de sortie du diplômé). Ces listes sont à ta disposition si cela t’intéresse. Nous ne nous sommes pas limités à celles issues de l’incubateur, qui forment une toute petite partie des entreprises créées.

    3- Nous tentons de faire un classement qui ne reproduit pas le « classement » des étudiants, par définition conservateur. C’est d’ailleurs pour cela que nous ne prenons pas en compte la sélectivité du concours ou le « classement » SIGEM à l’issue des prépas.

    4- Il nous semble en effet qu’HEC continue à avoir une longueur d’avance sur les autres, en termes de réseau, de budget, et de rayonnement académique, et de réputation des entreprises…(http://www.letudiant.fr/palmares/classement-esc/mapping.html)
    Pourtant, au final, les salaires de sortie des diplômés des 5 « parisiennes » sont très similaires, comme nous le montre bien le classement « entreprise ». Ce qui relativise tout cela.
    Concernant l’arrogance des étudiants qui suivent cette formation, c’est un autre débat !

  4. Ecoles de commerce : Classer les classements ? | Un œil sur le Management... dit:

    […] l’illustre ce billet publié par Michel Kalika (DG de l’EM Strasbourg) sur son blog ou les réactions diverses sur le forum prepa-hec.org, cette fébrilité se transforme […]

  5. Florent. dit:

    Il y a quelques chose qui me désole un peu dans ces classements, c’est que finalement deux écoles peuvent entreprendre les mêmes choses (ou des choses similaires) mais ça ne sera jamais vraiment considéré avec autant d’importance si cette école est en haut ou en bas des classements ou si l’on parle d’une école de management implantée dans un ville importante ou une ville moyenne. Strasbourg méritait une grande école de commerce et avec votre arrivée et le nouveau développement stratégique de l’école c’est le cas et je trouve ça très bien. Maintenant je suis étudiant à l’ESC Brest et les classements ne sont pas très flatteurs malgré beaucoup d’initiatives innovantes mises en place ces dernières années (cf cet article du Ouest France http://bit.ly/eqHSyC). La dernière en date concerne le projet de fusion avec l’IAE de Brest comme ça a été le cas à Strasbourg mais concernant les classements je ne suis pas sûr que cela changera vraiment quelque chose… Du coup je ne sais pas, j’imagine que certaines villes sont peut être plus faciles à dénigrer que d’autres.

  6. Arthur Cattier dit:

    Mais finalement si l’EM Strasbourg souhaite rentrer dans la « cour des grands » comme le suppose la determination de la CCI, son budget va devoir encore doubler, et qu’en est il du réseau d’entreprise encore faible au regards des autres écoles? Et surtout, en quoi l’implantation de locaux sur les champs elysées va permettre de l’améliorer?

  7. michel-kalika dit:

    Très pertinent,
    La croissance du budget est prévu et est déjà en œuvre.
    Quand on développe une Ecole il faut développer les différents aspects (académiques, entreprises, etc. ) ; c’est ce que nous faisons.
    Coté entreprises, l’EM a actuellement un réseau de 160 entreprises partenaires et trois CCI (Strasbourg, Mulhouse, Colmar) qui l’a soutiennent via EM Strasbourg Partenaires et l’implantation à Paris s’inscrit dans une logique de rapprochement des sièges sociaux des entreprises et d’extension du réseau des entreprises.
    En fait comme nous augmentons actuellement la taille des promotions, nous travaillons dés maintenant au développement du potentiel d’insertion professionnel de nos étudiants qui sortiront de l’EM Strasbourg dans 3 ans.

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