BEM – Euromed : fusion ou absorption?

Le secteur des ESC a à cœur d’appliquer ce qui est enseigné à leurs élèves dans les cours de stratégie !

L’annonce de la récente fusion entre Euromed et BEM en constitue une nouvelle illustration. La dynamique du secteur est caractérisée par une très forte intensité de la concurrence entre les Ecoles qui s’explique notamment par la caractéristique française des concours nationaux commun de sortie de classes préparatoires et d’admissions parallèles. Ce système, où les étudiants choisissent chaque année leur école, confère aux classements un rôle déterminant. Or ces classements donnent aux données de taille (effectifs étudiants et professeurs) et de budget, un rôle explicite et implicite primordiale. Il faut donc croitre et pour ce faire, après avoir développé la croissance interne (hausse de la taille des promotions, développement de programmes), les ESC s’orientent, compte tenue de la maturité de leur marché, vers la croissance externe !

Dans le contexte français, deux alternatives s’offrent alors à elles ; soit se rapprocher des universités, soit fusionner (ou s’allier) entre elles. Les relations souvent tendues entre Ecoles et Universités, les différences fondamentales de culture qui rendent le management des fusions Ecole-Université délicat poussent donc plutôt les Ecoles à se rapprocher entre elles. Cette solution s’impose aussi dans la mesure où les autorités et agences d’accréditation (AACSB, EFMD) approuvent ces mouvements stratégiques, que la pression des coûts académiques de recherche résulte des logiques d’accréditation et que les ressources des CCI décroissent.

Le mouvement est engagé et va profondément modifier le secteur. SKEMA (Nice, Lille) a initié le mouvement, Reims et Rouen ont suivi, Marseille et Toulouse ont évoqué une alliance, FBS annonce la fusion de plusieurs écoles. Ce qui est frappant, c’est l’accélération du mouvement et le retournement d’alliance, comme si la pression s’accentuait. Il est vrai que Bordeaux avait été très sévèrement jugé par un rapport AERES (PDF) sur le plan académique et se trouvait fragilisé.

Quels sont les avantages attendus d’une fusion ? Deux types de synergies sont escomptés : sur le plan des coûts (communication, concours, international, relations entreprises, alumni…) des économies d’échelle peuvent être attendues. Sur le plan de la création d’image et de valeur (recherche, classement, notoriété, …) des bénéfices sont envisageables.

Quand il y a fusion, la taille augmente mécaniquement, mais l’amélioration des performances n’est pas, elle, automatique. Comme dans les entreprises où l’on considère que plus de la moitié des fusions ne créent pas de valeur, les résultats vont dépendre de la façon dont la fusion est gérée. Les fusions se traduisent dans les faits par des absorptions posant des problèmes organisationnels qui minent l’amélioration de la performance et les synergies escomptées. On résume parfois les problèmes de fusions par des questions de chaises : il y en a deux avant, et… une après ! J Attendons donc les résultats et, en attendant, Bravo à « l’Homme du jour » : Bernard Belletante.

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Article du on mercredi, janvier 18th, 2012 at 16:19 dans la rubrique Alliances, Bienvenue, Ecoles, Fusions, Liens à lire, Non classé, Université. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

6 commentaires “BEM – Euromed : fusion ou absorption?”

  1. Fusion BEM / Euromed Management - Bordeaux EM | Actualités prepa-HEC.org dit:

    […] Quelques réactions sur le sujet: Fusion Euromed + BEM : Marseille, Bordeaux, 2 ports, une école, combien de Directeurs ? BEM – Euromed : fusion ou absorption? […]

  2. De diesel dit:

    Bonjour,

    2 remarques : (i) vous dites que le rapport AERES juge sévèrement BEM. Ce n’est pas l’impression qu’on peut avoir en lisant ce rapport. Il est plutôt équilibré et optimiste. (ii) Dans une fusion il y a 2 acteurs; pourquoi M. Belletante serait « l’homme du jour » ??

  3. michel-kalika dit:

    Bonjour,
    Merci pour votre lecture et votre commentaire.
    i)mon apppréciation est lié au § suivant (p.7 rapport aeres) concernant la recherche dont on sait l’importance pour le renouvellement des accréditations:
     »En revanche, la production en revues CNRS “étoilées” peine à augmenter : sur 2008, seuls neuf articles de revue
    ont été publiés et seulement deux l’ont été par des professeurs permanents (employés à hauteur de 4 ou 5 jours par
    semaine). À cet égard, il convient de noter l’apport de quelques professeurs d’université qui sont “affiliés” (contrat
    de 1 à 2 jours par semaine) à BEM et qui contribuent significativement au palmarès des publications. Si une telle contribution
    est positive et témoigne de la volonté d’ouverture de BEM vers l’université, il conviendrait, à l’avenir, d’augmenter la
    production des professeurs permanents. En 2009, un seul chercheur, d’ailleurs nouvellement recruté, a publié plus de la
    moitié des treize publications dans des revues référencées. Ce phénomène n’est sans doute dû qu’à la jeunesse du corps
    professoral et à la durée nécessaire pour mener à bien des études de terrain dans les sciences de management. Il est en
    tout cas indispensable pour BEM de continuer ses efforts dans ce sens, seule garantie de la pérennité de ses accréditations
    internationales et, sur le long terme, de la qualité de ses enseignements. »

    (ii)la lecture des médias m’avait donné le sentiment que Euromed était moteur dans la mesure où Euromed a clairement affiché sa stratégie de croissance externe notamment au travers de la tentative précédente de rapprochement avec Toulouse.
    Bien cordialement,
    Michel Kalika

  4. Micky dit:

    Aucun khagneux n’a jmiaas attendu pour se recaser ailleurs sans proble8me .. Le passage en classe pre9paratoire procure un bagage et des me9thodes de travail efficaces : on passe examens et concours les doigt dans le nez.Par ailleurs, coller l’Ecole nationale des chartes dans les autres e9coles , comme lot de consolation de l’ENS, il faut le faire .. Ce sont deux pre9pa tre8s diffe9rentes et qui n’ont rien en commun : le0 ou le khagneux aura la bouche fleurie, le chartiste aura le verbe pre9cis et e9le9gant, la culture de l’authenticite9, l’amour du bon raisonnement critique et de la connaissance approfondie des sources. Ces diffe9rentes filie8res se9duisent des types d’hommes et de femmes qui n’ont ni la meame conception de la vie ni les meames valeurs.Pour avoir tente9 et re9ussi le concours de l’Ecole des chartes, je peux dire que l’ENS ne m’a jmiaas inte9resse9e (pas envie d’enseigner) et qu’aucune e9cole de commerce ne me tentera jmiaas !!!!!! Certains anciens e9le8ves de l’Ecole des chartes, apre8s un temps d’exercice comme conservateur, passent le concours de l’ENA ou du Quai d’Orsay, sans trop de difficulte9, semble-t-il. Ces mesures sont de la poudre aux yeux, sans doute pour abaisser le niveau de Normale sup et tenter d’inte9resser de bons e9tudiants e0 la chose marchande (pour mieux vendre les collections patrimoniales, une ide9e e0 la mode en ce moment au ministe8re de la culture, malgre9 les exemples calamiteux enregistre9s partout of9 ces mauvaises manie8res ont e9te9 mises en oeuvre, et notamment aux Etats-Unis ?????).

  5. profbs dit:

    Sur l’évaluation de la recherche dans les écoles de management, un problème évident se pose : celui de ne prendre en considération que la production « étoilée » faite dans les revues de la liste éco-gestion du CNRS.
    Un rappel : en France, ce n’est pas le CNRS qui évalue la recherche mais l’AERES. Et l’AERES produit ses propres listes de revues de référence englobant des disciplines autres que l’Economie et les Sciences de Gestion.
    Dans des école de management désireuses de mettre en perspective les concepts ou pratiques fondamentaux de l’Economie et de la Gestion, il est d’ailleurs admis, depuis un certain temps, la nécessité de faire intervenir, dans les enseignements et la recherche, d’autres disciplines comme la Sociologie, l’Histoire, la Science Politique, les Relations Internationales, le Droit, l’Intelligence Economique, etc.
    Des enseignants-chercheurs, issus de ces disciplines font d’ailleurs partie du corps professoral permanent de ces grandes écoles de management (les plus éclairées, celles qui ont compris que l’environnement de l’entreprise ne se résumait pas à la micro ou la macro-économie). Et ils publient dans les meilleures revues de leur discipline identifiées par l’AERES et non par la liste éco-gestion du CNRS.
    Pour évaluer la qualité de la recherche d’une école, il est donc essentiel de prendre ces listes en compte comme le font d’ailleurs les meilleures unités de recherche (et les accréditations internationales qui retiennent le critère de « revue à comité de lecture » pour cribler les contributions des enseignants du corps professoral permanent).
    Dernier point : l’évaluation de la production des enseignants ne saurait se limiter, comme le rappellent d’ailleurs les associations de référence dans le domaine de la gestion, à la production d’articles. Elle doit également prendre en considération les ouvrages et chapitres d’ouvrages académiques qui constituent d’ailleurs, au sein du CNRS, un élément essentiel de l’évaluation des chercheurs.
    Ma question est donc la suivante : pourquoi ces éléments, biens connus de la communauté académique, n’ont pas été intégrés dans les classements des écoles de management réalisés par les médias?
    profbs

  6. école supérieure de commerce de Toulouse dit:

    Super article.
    Un bonjour d’un étudiant en dernière année de BTS MUC de l’école supérieure de commerce ISCT Toulouse

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