Les Business School : entre internationalisation et localisation

Le dernier numéro de Management International[1] et un récent blog de Bruno Dufour[2] nous rappellent que ce que l’on enseigne à nos étudiants dans nos cours de stratégie[3]  s’applique aussi aux Business School (BS) !

Depuis plusieurs années les BS ont mené, dans un contexte de mondialisation et sous l’influence bénéfique des systèmes d’accréditations, des stratégies d’internationalisation de leurs activités : recrutement d’étudiants et de professeurs internationaux, ouverture de campus et de programmes à l’étranger, partenariats internationaux, enseignement en anglais, etc. Les étudiants des BS ont été les premiers bénéficiaires de ces développements, leurs CV se sont internationalisés et leur employabilité internationale a notablement progressé.

Mais, en s’internationalisant, les BS se sont aussi, pour certaines, progressivement éloignées de leurs territoires d’origine et ont oublié leurs racines et les acteurs qui ont contribué à leur création et  développement.

En janvier 2011, lors du meeting annuel de l’EFMD à Lyon, le Pr Pierre Louis Dubois, Délégué Général de la FNEGE a eu l’idée d’un processus permettant de mettre en valeur la contribution des BS (Ecoles & IAE) à leurs régions. Après une vingtaine d’entretiens avec des acteurs du secteur et une analyse des travaux sur l’impact, est né au sein de la FNEGE le BSIS (Business School Impact Score). La méthodologie a été testée puis appliquée dans sept BS françaises (ESC La Rochelle, IAE LYON, Groupe ESC Troyes, Audencia, EM Normandie, IAE Grenoble et Toulouse Business School). Compte tenu de l’intérêt international de la démarche, un travail d’internationalisation a été engagé avec Gordon Shelton de l’EFMD (l’un des fondateurs d’EQUIS) et a conduit à l’annonce, fin janvier 2014, du partenariat EFMD-FNEGE pour le déploiement international du BSIS (devenu Business School Impact Survey). Trois institutions internationales ont permis de tester le ‘nouveau’ BSIS : San Telmo (Espagne), Corvinus (Hongrie) et St.Gallen (Suisse).

Quels impacts appréhende le BSIS ? Le rapport rédigé par les experts souligne à la fois les impacts quantitatifs [financiers (budgets, dépenses étudiants) et économiques (emplois)], mais aussi qualitatifs en termes de contributions aux territoires sur le plan intellectuel, de l’image et de l’attractivité. En pratique, la méthodologie permet de prendre conscience et de mettre en évidence les contributions de la BS à son territoire.

Dans cette perspective, on observe d’ailleurs que l’internationalisation et le souci de développer l’impact de la BS sur sa région ne sont pas du tout antinomiques. Ainsi, la stratégie d’internationalisation de la BS a de nombreux effets sur le territoire initial (tourisme, affaires, etc.). La démonstration organisationnelle nous en a été apportée lorsque nous avons visité l’université de St.Gallen où nous avons rencontré la vice-présidente en charge à la fois de ‘l’International et du Régional’ !.

Il ne fait donc pas de doute à nos yeux que loin d’être antinomiques, internationalisation et localisation des BS vont de pair. Il faut cependant prendre le temps de l’expliquer et de le démontrer. C’est aussi probablement en ce sens que BSIS est complémentaire des processus d’accréditations.

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Article du on lundi, février 10th, 2014 at 22:15 dans la rubrique Ecoles. Pour suivre les flux RSS de cet article : RSS 2.0 feed. Vous pouvez laisser un commentaire , ou un trackback sur votre propre site.

Un commentaire “Les Business School : entre internationalisation et localisation”

  1. TOUSSAINT SOKOTY,EMBA dit:

    J’ai l’impression que BSI applique déjà cette stratégie d’internationalisation et localisation.Culturellement cela est aussi très enrichissant.

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