Montre moi ta culture, je te dirai si on peut se marier !

Publie par michel-kalika le novembre 8th, 2010 dans la categorie Non classé  •  2 Commentaires

Quels sont les facteurs qui renforcent les chances de succès d’une fusion entre institutions académiques ? On sait bien sûr que dans nos Ecoles (ou institutions universitaires) une fusion peut, comme dans les entreprises, échouer, laisser des séquelles coûteuses et durables ; et au final ne pas créer la ‘valeur’ attendue.

Au regard, des expériences observées, il ressort que c’est peut être là la première condition du succès: savoir clairement quel est le projet stratégique qui porte et justifie la fusion ? Quelles sont les synergies attendues ? Pour qui ? S’agit-il juste d’additionner des divisions, de réduire des coûts ? La place de la fusion dans un cadre stratégique de développement semble essentielle.

La deuxième condition du succès réside dans la proximité des institutions que l’on fusionne. Mais de quelle proximité parle-ton ?

Géographique ? NON ! 🙂

Statutaire ? NON ! 🙁

Culturelle ? OUI ! Car dans nos institutions, comme dans beaucoup d’autres, la ressources essentielle, que l’on peut considérer comme stratégique, est humaine et les échecs de fusions ont souvent pour explication des incompatibilités culturelles. Le succès de la fusion de Strasbourg (ex IAE et ex IECS) tient peu à la proximité géographique ou statutaire ; elle réside dans la proximité sur les traits culturels essentiels du métier d’enseignant chercheur dans une Business School : le souci de l’insertion professionnelle, la relation avec les entreprises, la professionnalisation. Une fusion entre une école post-bac et une Grande Ecole ou entre des départements de Gestion et d’Economie, peut être plus délicate à réussir qu’une fusion entre deux Grandes Ecoles de statuts différents et éloignées géographiquement.

La troisième condition est plus managériale et tient à la préparation en amont du projet, à la MOBILISATION des équipes : les fusions ne se décrètent pas et les fusions imposées se digèrent souvent mal !

Lien « How to merge a business schools? »

En anglais :

http://www.em-strasbourg.eu/docs/global_focus.pdf

En français :

http://www.em-strasbourg.eu/docs/global_focus_fr.pdf

Bon week-end d’intégration !

Publie par michel-kalika le septembre 30th, 2010 dans la categorie Ecoles  •  Pas de commentaires

Les incidents graves qui se sont déroulés lors des WEI d’Ecoles nous rappellent que le regroupement de plusieurs centaines de personnes de 20 ans dans un contexte de bizutage d’un autre âge présente de très graves risques. Risque tout d’abord pour les jeunes qui subissent des sévices susceptibles de les traumatiser très longtemps, risque pour les coupables, risque pour les organisateurs étudiants susceptibles d’être poursuivis au titre de leur responsabilité d’organisateurs, risque enfin pour les Ecoles et leur directeur, même s’ils ne sont pas organisateurs directs du WEI. A ceux qui en doutaient, Madame la Ministre rappelle que les Ecoles sont responsables.

Le concept d’intégration dans une Ecole, de création d’un groupe, de diffusion d’une culture commune devant faciliter le travail futur est aux antipodes de ces excès. Aussi bien dans l’environnement académique, que dans les entreprises, on utilise des techniques d’intégration qui n’ont rien à voir avec un exercice collectif de défoulement.

Il appartient à mon sens aux Ecoles, avec leurs Bureaux Des Elèves (BDE), de définir le cadre de ce qui est acceptable et de contrôler de A à Z le déroulement des activités si l’Ecole est impliquée. Organise-t-on des manifestations de spectacles, de sports, réunissant des foules sans maîtriser l’organisation ? L’on sait tous que le risque zéro n’existe pas, mais il nous appartient d’en finir avec des pratiques qui ne sont pas l’honneur des Ecoles. Cela signifie que dès les oraux d’admissibilité, l’Ecole doit clairement afficher sa politique en matière de consommation d’alcool, de bizutage et de WEI ; ensuite, elle se doit d’assurer la sécurité de l’organisation.

Si, l’Ecole n’en est pas capable, elle ne devra en aucun cas cautionner le déroulement des WEI !

Ceci étant, il faut être clair et cesser de stigmatiser de façon démagogique les directeurs d’Ecoles. Il faut savoir que les étudiants (majeurs) et leur associations (autonomes juridiquement) ont la possibilité d’organiser (et organisent) week-end, soirées, etc., en dehors des locaux de leur Ecole, et sans aucune forme de contrôle de la direction de celles-ci.

Au-delà de l’organisation de la sécurité, il ne fait pas de doute que l’Ecole a aussi une responsabilité morale et éducative qu’il ne faut pas abandonner : celle de transmettre des valeurs et de montrer qu’elles ne font sens que si elles sont appliquées.

Alliances, Fusions, soyez tendance !

Publie par michel-kalika le septembre 20th, 2010 dans la categorie Alliances, Fusions  •  1 Commentaire

Les universités fusionnent, les alliances se multiplient au plan national et international. Dans le monde de la gestion, le sujet préoccupe les directeurs comme le montrent les résultats de la récente enquête de la FNEGE présentée au congrès des IAE organisé par l’EM Strasbourg. Les manœuvres stratégiques ne sont pas en reste : à l’est, un IAE et une Grande Ecole fusionne ; au centre, au sud et au nord deux Grandes Ecoles font de même, à l’ouest, gestionnaires et économistes s’allient, une Grande Ecole absorbe des Ecoles de CCI, etc.

Pourquoi tant de manœuvre et avec quelles chances de succès ?

Pourquoi ? Les raisons sont connues : mondialisation, classements, accréditations, masses critiques, visibilité, etc. ; toutes ces raisons renvoient à l’environnement concurrentiel qui caractérise nos institutions.

Quelles sont les chances de succès ? On sait que dans les entreprises les fusions et alliances ne se passent pas toujours bien…on enseigne même à nos étudiants que plus de la moitié des fusions ne créent pas de valeur, ce qui évite de dire clairement combien sont des échecs. Il n’y a aucune raison pour que dans notre secteur des business school il n’en soit pas de même. J’ai même la conviction que cela pourrait être pire compte tenu de la difficulté à gérer les académiques ! Il faudra étudier les raisons des succès et des échecs… (à suivre).

Un blog ? Non certainement pas !

Publie par michel-kalika le septembre 20th, 2010 dans la categorie Bienvenue  •  Pas de commentaires

Les raisons pour ne pas faire un blog et ne pas en lire sont très nombreuses. Le développement des TIC a en effet multiplié les canaux de communication et les managers comme les universitaires sont désormais sollicités simultanément par leur intranet, leur forum, leurs emails, les réseaux sociaux, etc. La surcharge informationnelle, la vérification de la théorie du Millefeuille, ‘l’infobésité’ nous menacent tous.

Alors pourquoi se lancer dans un blog? Par malice académique pour accroître la surcharge informationnelle des collègues ? ! Non tout de même pas !

La vraie raison est probablement ailleurs. L’environnement des Grandes Ecoles, des IAE, des universités se transforme profondément. Et quand au fil de sa carrière on a connu la mobilité institutionnelle et géographique, on peut ressentir le besoin d’écrire et de contribuer au changement des organisations. Deux précisions avant de commencer : mon propos sera celui de l’académique que je demeure quelle que soit la fonction exercée ; ensuite, je ne prends, pour les raisons évoquées dans le premier paragraphe, aucun engagement de fréquence !