Le « système licence » : 1. Et si l’on osait vraiment ?

Publie par michel-lussault le mai 17th, 2011 dans la categorie Débats  •  8 Commentaires

Je sors d’une période de travail intense consacrée quasi exclusivement aux investissements d’avenir et notamment à la finalisation du projet « initiative d’excellence » lyonnais que je coordonne. Ceci m’a longtemps éloigné de ce blog, ce que je regrette, car j’avais pris goût à l’exercice. J’y reviens donc ce jour, pour de nouveau aborder la question du cycle licence.

Et ce parce que la conférence des présidents d’université a traité lors de son récent colloque annuel, qui s’est tenu à Toulouse (les 11, 12 et 13 mai 2011), du « système licence », avec la volonté, inscrite dans le titre, d’oser — Une ambition : la licence. Oser la cohérence, oser la réussite, oser l’innovation. Ce colloque, tout a fait bien venu, s’est fondé sur un très solide travail d’identification des problèmes.

C’est Daniel Filatre, le président de l’Université de Toulouse le Mirail (et sans doute un de nos meilleurs spécialistes de la question universitaire) qui a conduit remarquablement le groupe de préparation du colloque et a ouvert le débat en en posant très clairement les enjeux. Je vais en reprendre quelques-uns, dans des billets successifs. Daniel Filatre a tout d’abord rappelé que, dans un contexte où seul 1 bachelier sur 2 entre en licence générale, il est nécessaire de concevoir le premier cycle d’enseignement supérieur comme un système complexe. Je pense qu’il s’agit là d’une prémisse indispensable  à toute réflexion.

Lire la suite »

Face aux constats du médiateur de la République : innovons!

Publie par michel-lussault le mars 27th, 2011 dans la categorie Débats  •  Commentaires fermés

Le médiateur de la république, Jean-Paul Delevoye, vient de livrer, le 21 mars 2011, son rapport annuel (le dernier sous cette appellation puisque la fonction va être englobée dans la nouvelle instance de défense des droits). Une fois de plus ce rapport est une plongée pertinente dans la France d’aujourd’hui et dans ses malaises. La révélation de ceux-ci, au demeurant, ne pourra surprendre que ceux qui vivent dans leur bulle, tant il est vrai que la simple observation attentive de la vie quotidienne conduit nécessairement à des constats proches de ceux du médiateur.

Jean-Paul Delevoye, qui est devenu en novembre dernier président du Conseil Economique, Social et Environnemental vise juste quand, à l’occasion notamment de ses déclarations accompagnant la publication du rapport, il s’inquiète en particulier des conséquences de trois évolutions : à savoir, le consumérisme, l’exclusion par la réussite, le primat des normes et des procédures sur les contenus des actions. Trois tendances qui me paraissent avoir des implications dans la réflexion que l’on doit mener en matière d’enseignement supérieur, ce qui justifie que je m’y arrête dans ce billet.

Lire la suite »

Pourquoi refuser l’évaluation de l’activité de formation et des enseignements?

Publie par michel-lussault le mars 16th, 2011 dans la categorie Débats  •  3 Commentaires

J’ai déjà évoqué la question de la mesure de l’activité des universités, à travers mes articles consacrés aux classements. Je voudrais m’arrêter ici sur le problème plus particulier de l’évaluation de l’enseignement. Non pas celle des résultats de la formation, qu’on la considère à l’échelle de l’étudiant (la sanction est là celle de l’examen) ou à celle de l’établissement (et l’on peut relire ce que j’ai pu dire des questions d’insertion professionnelle), mais celle de l’activité elle-même.  Force est de constater qu’il s’agit d’un terrain polémique. Que l’on considère le problème sous l’angle de l’évaluation de l’enseignant-chercheur par ses pairs, dans les autres facettes de son métier que celle de la recherche, ou sous l’angle de l’évaluation de l’enseignement par les étudiants, on tombe rapidement, en France, sur des refus nets d’aborder ce sujet. Comment expliquer cet état de fait? Je vais tenter de donner mon point de vue, sans ménagement, une fois encore, non pour le plaisir de me fâcher avec qui que ce soit, mais parce que je pense que notre attentisme devient de plus en plus préjudiciable à l’avenir de notre service public.

Lire la suite »

Quelques idées au passage…

Publie par michel-lussault le mars 8th, 2011 dans la categorie Débats  •  3 Commentaires

La lourde de tâche de finalisation des dossiers que l’université de Lyon propose dans le cadre des investissements d’avenir m’a soustrait depuis quelques temps à ce blog. Je m’en excuse auprès des lecteurs, mais tout agenda possède une limite qu’on ne peut dépasser : celle du temps disponible à la réflexion et à l’écriture. Je vais tenter dans les prochaines semaines de revenir à une plus grande régularité de livraison des textes. En attendant, et pour relancer la discussion,  je propose, une fois n’est pas coutume,  d’organiser ce billet autour de commentaires brefs, en forme de réaction à trois informations. Le sujets évoqués ont déjà été abordés et le seront encore, tant ils se situent au cœur des débats que j’estime indispensables de mener.

Lire la suite »

Professionnalisation — encore! Aujourd’hui : la licence.

Publie par michel-lussault le février 10th, 2011 dans la categorie Débats  •  7 Commentaires

Décidément, le thème de la professionnalisation suscite beaucoup d’intérêt, si j’en crois les réactions (écrites et orales) nombreuses qu’ont suscitées mes précédents textes. Je trouve que cela conforte l’idée qu’il importe d’en discuter vraiment. Je précise que n’étant candidat à rien et ne désirant a priori plaire ni déplaire à qui que ce soit, je me permets simplement une liberté de ton et de parole qui devrait être celle de la contribution de chacun au débat public sur des thèmes d’intérêt général. J’insiste donc : que les contradicteurs ne se gênent pas pour poster leurs réactions sur ce blog, j’y ferai toujours bonne place. Et ce d’autant plus que je ne suis jamais sûr d’avoir raison sur des sujets délicats, que j’aborde avec comme principal bagage mon expérience d’enseignant-chercheur et avec la volonté d’écrire franchement et sans détour ce que je crois. Et comme je crois au premier chef que les critiques font progresser la pensée, je suis heureux lorsque des argumentaires contradictoires s’expriment.

Je continue donc cette série (qui promet d’être longue) en tentant aujourd’hui d’aborder un terrain diablement miné : celui de  l’insertion professionnelle en fin de cycle de licence.

Lire la suite »

Professionnalisation : (très) brève.

Publie par michel-lussault le février 3rd, 2011 dans la categorie Débats  •  1 Commentaire

Je conseille à tous les lecteurs de lire avec attention les commentaires que Pierre Dubois vient de poster au sujet de mes deux précédents billets. Il y a là toute une série de remarques importantes et je me propose de réagir à quelques-unes lors de mon prochain texte. Notamment, je signale de suite que je partage les réserves de Pierre Dubois au sujet de la manière dont le Ministère envisage aujourd’hui de « teinter » la licence générale de professionnalisation. Je dois même avouer que c’est en large partie du fait de cette perspective que je me suis décidé à aborder de manière un peu « frontale » le problème de la professionnalisation. Car j’ai vu dans cette immixtion de l’obsession du stage dans la licence générale une étape de plus dans ce que je considère comme une dérive — à partir d’un objectif initial louable et de la possibilité de l’utilisation raisonnée d’un outil (le stage) qui ne devrait être qu’un des instruments à notre disposition, parmi beaucoup d’autres.

J’expliquerai donc prochainement ce que je propose, en lieu et place de cette facilité de la réponse : stage, afin de préparer les étudiants aux questions liées à la leur préparation aux problématiques de construction des parcours d’activité.

Je me réjouis, comme Pierre Dubois, que les Blogs éducpros puissent commencer à dialoguer. Les sujets que nous évoquons le méritent. Et si je ne suis pas en accord avec Pierre Dubois sur un certain nombre de questions, son blog est un des plus décapants du moment en matière de réflexion sur l’enseignement supérieur.

La professionnalisation, pour suite à donner. (Le « mythe » etc.2)

Publie par michel-lussault le janvier 31st, 2011 dans la categorie Débats  •  4 Commentaires

Le billet intitulé le mythe de la professionnalisation suscite beaucoup de réactions. J’en suis heureux, cela prouve l’importance du thème. Séjournant pendant quelques jours à New York, pour mon travail de recherche de géographe, avec un programme chargé,  je ne peux trouver le temps d’écrire comme je le voudrais la suite de mon argumentaire. J’assure tous les lecteurs du blog que je remédierai à cela la semaine prochaine. Mais, je me dois de préciser rapidement deux ou trois points, en commentaire des commentaires qui m’ont été adressés. Je répète d’abord, pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, que je suis favorable à ce que les universités préparent (aussi) les étudiants à l’insertion professionnelle. Le : (aussi), pour signaler qu’en revanche, je ne suis pas enclin à considérer qu’il s’agit de leur seule mission de formation et de transmission des savoirs.

Lire la suite »

Le mythe de la professionnalisation-1

Publie par michel-lussault le janvier 23rd, 2011 dans la categorie Débats  •  14 Commentaires

Il est bien un postulat en deux temps qui paraît aujourd’hui peu contestable, une sorte de vérité absolue : il faut professionnaliser les études supérieures ;  la fragilité des filières universitaires classiques tient à leur trop faible professionnalisation, à laquelle il importe de remédier par des actions énergiques, essentiellement de mise systématique en situation professionnelle « réelle » des étudiants via des stages. En la matière, toutes les politiques menées depuis déjà 20 ans convergent. J’ai moi même pratiqué quelque temps la méthode Coué qui consistait à voir dans la professionnalisation l’instrument magique qui permettrait de régler la plupart des problèmes. J’en suis aujourd’hui assez largement revenu et je pense même qu’il devient urgent de renoncer à cette vulgate. Car l’obsession professionnalisante, telle qu’elle est aujourd’hui exprimée et déclinée à travers les instruments d’excellence de sa réalisation, notamment le fameux stage en entreprise, est peut être le plus beau piège que  nous nous sommes collectivement tendus et dans lequel nous sommes, béats et heureux, tombés.

Au risque de surprendre, je pense donc qu’il faut en finir avec une idéologie dominante qui, comme toute les idéologies dominantes, aliène la pensée. Mon propos n’est pas de nier l’idée que la professionnalisation de certains cursus (ou de périodes de cursus) puisse être utile – notamment pour les filières qui ont légitimé l’empire de celle-ci, celles d’ingénieurs au premier chef, puis d’IUT et de BTS, et enfin les cursus pro des universités. Mais je crois qu’on doit contester la généralisation de celle-ci comme valeur essentielle et de critiquer le registre allégorique qu’elle prend actuellement. On ne résout rien en pariant uniquement sur les voies classiques de la professionnalisation généralisée. Comme en matière de boissons alcoolisées, il est possible d’en goûter le plaisir, mais l’abus est dangereux (et le réveil difficile).

Lire la suite »

L’excellence, à quelles conditions?

Publie par michel-lussault le janvier 12th, 2011 dans la categorie Débats  •  2 Commentaires

On le sait, la démarche dite des grands investissements d’avenir tout à la fois provoque  une mobilisation importante d’énergie au sein des universités et suscite des craintes, nourrit des inquiétudes. Du côté des inquiétudes, on insiste souvent sur le caractère partiel et partial d’une politique qui restreindrait par trop le soutien des pouvoirs publics à l’enseignement supérieur et la recherche. Et ce d’abord en ne ciblant que quelques sites en France où se concentreraient la manne, puis en opérant un second criblage, au sein même des sites choisis , permettant de ne mettre en valeur que quelques laboratoires et quelques formations dites d’excellence.

En ce qui me concerne, je suis chargé, comme président du Pres Université de Lyon, de la maîtrise d’œuvre des propositions Lyonnaises et stéphanoises aux divers appels d’offres lancés par l’État. En particulier, j’ai investi beaucoup de temps et d’énergie dans notre projet d’initiative d’excellence intitulé : Imagine : Lyon-Saint-Étienne, métropole d’innovation et de création. Je me suis posé la question de savoir comment aborder cette question des investissements d’avenir dans ce blog. J’ai pris le parti de le faire en donnant ci-après le texte des 6 premières pages de la réponse de l’université de Lyon à l’initiative d’excellence. Et ce parce que j’ai rédigé personnellement ces pages pour expliquer au jury la conception que l’on pouvait avoir d’un tel programme, aussi éloignée que possible de toutes les approches schématiques qu’on a pu lire, tant sous la plume de partisans des investissements d’avenir que sous celle de contempteurs. Mon but, et mes collègues de Lyon et de Saint-Étienne (ainsi que le Ca du Pres, à l’unanimité moins 1 voix contre et 1 abstention) ont adhéré à cette vision, était de montrer à quelles conditions pouvait-on s’engager pleinement dans une initiative d’excellence de grande ambition, sans renoncer à des principes et des valeurs de service public.

Ainsi, en livrant ce texte (allégé de certains passages qui décrivent le potentiel de formation et de recherche de Lyon-Saint Étienne, qui n’ont pas d’intérêt ici), je souhaite contribuer à la réflexion sur l’évolution du dispositif français d’enseignement supérieur et de recherche. Non pas en donnant à lire quelques propos généraux, éloignés du terrain d’action, mais en offrant au débat ce qui constitue le cœur même d’un projet engagé. On voudra bien excuser que ce document « brut de fonderie » sacrifie aux exigences de style des réponses à des appels d’offre, ce qui donne un texte passablement pesant et pataud. Mais  je pense que tout lecteur un peu courageux y trouvera matière à réflexion, bien au-delà d’une simple connaissance de l’état local d’une démarche. Car ce qui est évoqué ici renvoie bel et bien à des problèmes génériques, qui concernent tous les sites français. Et nul doute que j’y reviendrai à l’occasion de nouveaux billets.

Lire la suite »

Effondrement-2

Publie par michel-lussault le janvier 4th, 2011 dans la categorie Débats  •  1 Commentaire

Après les résultats de l’enquête Pisa 2009, je souhaite aborder un phénomène très différent, mais qui me semble aussi témoigner d’un effondrement de nos certitudes, de nos modes d’organisation de la formation supérieure et de nos pratiques actuelles. Au risque de surprendre, je partirai des récentes et turbulentes manifestations d’étudiants anglais contre l’augmentation spectaculaire des droits d’inscription (Tution Fees annuels qui passeraient d’environ 3200 Livres Sterling à un plafond de plus de 9000 Livres en 2012 !!) programmée par le gouvernement de David Cameron en Angleterre (L’Ecosse et le Pays de Galles possèdent un système spécifique). Selon moi, même si cet évènement possède des caractéristiques spécifiques liées à la nature même du système universitaire britannique, il donne la possibilité d’aborder un problème majeur : aujourd’hui, la question de l’avenir du financement des études supérieure est particulièrement cruciale et on doit penser que nous devrons instamment inventer de nouvelles solutions en la matière.

Lire la suite »

Meilleurs vœux

Publie par michel-lussault le janvier 4th, 2011 dans la categorie Débats  •  Pas de commentaires

Je souhaite à tous les lecteurs de ce blog une très bonne année 2011. Je continuerai ici, dans les prochains mois, de tenter de contribuer à ce que le débat public sur l’université soit le plus dynamique possible. J’ai choisi, vous l’avez constaté, de publier assez peu de textes, mais relativement longs, pour éviter de verser dans le travers des blogs d’humeurs ou de réactions instantanées à la moindre péripétie. En cette matière, d’ailleurs, le domaine est fort riche et cela me dispense de vouloir y participer! J’essayerai donc de mettre en ligne un billet par semaine et de cerner ainsi la plupart des grandes questions qui traversent le domaine de la formation et de la recherche. Merci de votre soutien et de votre accompagnement par la lecture et le commentaire.

Effondrement – 1.

Publie par michel-lussault le décembre 11th, 2010 dans la categorie Débats  •  9 Commentaires

Ce billet en deux temps au titre à la Thomas Bernhard me permettra de traiter de deux évènements en apparence sans grand lien mais qui me paraissent tous deux témoigner, chacun à leur manière, de la fin d’une époque.

Commençons par l’enquête Pisa 2009 qui vient d’être publiée. Ce blog on le sait n’est pas consacré à l’enseignement scolaire et secondaire mais ne s’interdit pas quelques excursus. Je me l’autorise ici d’autant plus que Pisa questionne directement l’universitaire que je suis. Soulignons d’abord la grande qualité de cette enquête. L’étude Pisa est rigoureusement conçue, déployée et restituée, ce qui honore ses auteurs et ses éditeurs. En tant que telle, elle mérite d’être lue attentivement et méditée car elle est sans conteste un véritable instrument comparatif de situations nationales.

La présente livraison de Pisa n’incite guère un Français à l’optimisme.

Lire la suite »

L’effet « Pres »

Publie par michel-lussault le décembre 3rd, 2010 dans la categorie Débats  •  3 Commentaires

Sans aucun doute, les Pres, pôles de recherche et d’enseignement supérieur, créés depuis 2007, sont en passe de bouleverser le paysage universitaire français. D’abord conçus avant tout comme des instruments de coopération scientifique – ils sont nés de la loi pour la recherche de 2006 -, leur naissance a souvent suscité de l’ironie (une usine à gaz de plus !) ou/et de la méfiance. On a cru ensuite que la loi Liberté et responsabilité des universités (LRU) de 2007 allait les renvoyer rapidement au rayon des accessoires désuets avant même d’avoir servi.

Or, contre toute attente, les Pres, appuyés sur leur statut d’établissement public de coopération scintifique (EPCS), ont de l’effet.

Lire la suite »

Evaluer? Chiche!

Publie par michel-lussault le novembre 24th, 2010 dans la categorie Débats  •  2 Commentaires

Un récent appel à supprimer les notes à l’école élémentaires, lancé à l’initiative de l’AFEV le 22 septembre, à l’issue de la 3ème journée du refus de l’échec scolaire, mérite qu’on s’y attarde quelque peu, ne serait-ce que pour dépasser les réactions à l’emporte-pièce qu’il a suscité. Cet appel, je l’ai signé, avec un certain nombre de mes collègues. Il faut que j’explique la motivation de cette signature, alors que je suis assez souvent rétif à une telle pratique de pétition que je considère en général comme assez vaine. Mais là, tout en restant sans grande illusion sur l’impact de cette démarche, à la fois le pétitionnaire et le thème m’ont paru en valoir la peine, impliquer l’universitaire que je suis et rentrer dans le cadre de ce blog.

M’associer à l’appel est d’abord une manière pour moi de saluer l’AFEV et son travail. Cette Association de la Fondation Etudiante pour la Ville a été créée en 1991 (www.afev.fr). Depuis lors elle n’a pas varié dans son objectif, même si elle a fait évoluer ses actions : elle vise à lutter contre les inégalités scolaires qui minent les quartiers populaires.

Lire la suite »

Classer/penser (?) 4 : abordable et/ou accessible.

Publie par michel-lussault le novembre 18th, 2010 dans la categorie Classer/Penser  •  1 Commentaire

Un rapport récent publié en octobre par le cabinet Higher Education Strategy Associates est à signaler. Son titre : Global Higher Education Ranking 2010 pourrait laisser penser qu’il s’agit d’un classement des établissements universitaires de plus. Mais le sous-titre : Affordability and Accessibility in Comparative Perspective indique que l’objectif poursuivi par les auteurs ((Alex Usher et Jon Medow) dépasse de loin l’élaboration d’un simple palmarès.

Le document est consacré à l’analyse croisée de deux questions. En quoi un système d’enseignement supérieur national est-il « abordable » (Affordable)? Et en quoi est-il « accessible » (AccessibIe)? Pour les auteurs du texte, qui fait suite à une première édition publiée en 2005, il importe en effet d’analyser mieux et plus précisément les questions d’accès à l’enseignement supérieur. Ils estiment que la plupart des analyses s’avèrent trop schématiques et pas suffisamment appuyées sur des données fiables. Ils tentent donc de comparer « l’abordabilité » (Affordability) et l’accessibilité (Accessibility) des études supérieures dans 15 pays membres de l’OCDE.

Lire la suite »

Les humanités : pourquoi, pour qui ? 2.

Publie par michel-lussault le novembre 12th, 2010 dans la categorie Débats  •  4 Commentaires

Ce mercredi 10 novembre je suis intervenu comme grand témoin devant l’ensemble des enseignants et des dirigeants de la faculté des lettres de l’université de Neuchâtel — dans le cadre de la journée d’étude annuelle de cette faculté. Le thème de cette journée : « Etudiant-e-s en lettres et sciences humaines : quels défis, quelles attentes dans le marché de l’emploi actuel ? », exprime bien la nature des préoccupations de nos collègues suisses. Dans un contexte de forte instabilité économique (qui concerne grandement un canton comme celui de Neuchâtel), de concurrence accrue entre établissements universitaires, de remise en question des schémas classiques d’employabilité des diplômés du supérieur, de doute sur l’utilité de certains savoirs et de certaines filières, les universitaires tentent de cerner les types de réponses qu’ils pourraient apporter à une interrogation lancinante : que peut être la place des humanités dans la formation supérieure ?

Lire la suite »

Osons la licence!

Publie par michel-lussault le novembre 2nd, 2010 dans la categorie Débats  •  6 Commentaires

La Conférence des Présidents d’Université a décidé de consacrer son colloque annuel 2011 à la question de la licence. Il faut se féliciter ce ce choix. Déjà en 2007, lors de son colloque de Metz (qui se déroulait en février, juste au début de la campagne électorale pour les élections présidentielles), intitulé L’université, Une chance pour la France et dont le texte de synthèse a fixé bon nombre de stratégies poursuivies depuis par la CPU, la conférence insistait sur l’importance du premier cycle. La première des 20 propositions de réforme de l’université française était d’ailleurs ainsi formulée :

« Faire du cycle licence, à l’encadrement renforcé, le vecteur premier de la réussite à l’université ».

En ce qui me concerne, je déclarais lors de mon intervention, alors en tant que vice-président de la CPU :

« En 2006, la crise du CPE a révélé l’angoisse des Français devant le blocage de l’ascenseur social (…). Dans ce contexte, nous [les présidents d’université] demandons que le cycle de licence devienne la référence du post-bac et nous appelons à sa transformation. L’université a vocation et possède les compétences pour former la plupart des jeunes, qu’ils aspirent à préparer les concours, à suivre des études longues ou des cycles courts. » (Actes du colloque de Metz de la CPU, p. 36. http://www.cpu.fr/Actes_de_colloque.260.0.html?&no_cache=1&L=kqsxhlsxbzemlwbe&annee=2008)

Fin 2010, je ne retire rien de cette affirmation, car je me demande si nous avons vraiment progressé, depuis 3 ans, alors même que des évolutions considérables ont été sans conteste enclenchées en matière d’organisation du système d’enseignement supérieur et de recherche? A l’évidence, le plan licence lancé par la Ministre Valérie Pécresse, largement à la demande des présidents d’université, fut une action positive et a permis des initiatives. Mais le récent rapport de l’IGAENR, publié fin octobre, vient nous rappeler, à juste raison, que rien n’est acquis, loin de là.  Derrière le constat que les investissements dans les actions spécifiques du plan licence sont restés en-deçà de ce qui était attendu, le travail précis et documenté de l’inspection pointe du doigt des difficultés structurelles et  « culturelles ». En vérité, la licence n’est pas encore assez au centre de nos préoccupations et les universitaires eux-mêmes ne s’engagent pas suffisamment dans sa refonte. Bref le problème reste majeur.

Lire la suite »

Les « humanités » : pourquoi, pour qui ? 1.

Publie par michel-lussault le octobre 28th, 2010 dans la categorie Débats  •  4 Commentaires

Le 17 octobre dernier, le New York Times consacrait un forum (dans sa rubrique internet : Room of Debate) à la question suivante : Do Colleges Need French Departments ? Cela faisait suite à l’annonce de la décision de la State University of New York à Albany (SUNYA) de fermer les programmes de Français, Italien, Russe, Lettres classiques et Théâtre, au motif des coûts trop importants de ces enseignements au regard de la faiblesse du nombre d’étudiants inscrits. Cette annonce confirmait une propension : pour faire face à leurs problèmes budgétaires, des universités, certes pas encore les plus prestigieuses, (des Colleges, plus encore) s’engagent dans des procédures d’allègement de la contrainte financière — alors que la hausse des droits d’inscription ne peut plus guère être utilisée, compte tenu des niveaux records atteints par ceux-ci.

Lire la suite »