Pourquoi vouloir interdire le voile à l’Université ?

11 juin 2015

«  Je ne vois pas la cohérence d’un système où on interdirait le voile à l’école, au collège, au lycée, et où on l’autoriserait à l’université.  » déclarait à TF1 quelques jours avant le premier tour des élections départementales le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy

Comme si on pouvait comparer la situation des fillettes obéissant, comme il se doit, à leurs parents et celle de femmes majeures ayant librement choisi leur tenue vestimentaire

Ayant eu plusieurs étudiantes portant le voile (pas toutes d’origine maghrébine, d’ailleurs, et parfois « françaises de souche » pour reprendre une formule fort contestable), je ne peux qu’attester que c’est bien un choix de leur part. Susceptibles de négocier leur tenue quand c’est indispensable, pour se présenter sur un poste en apprentissage ou un stage inscrit dans leur cursus, acceptant des « compromis » s’ils sont indispensables à la concrétisation de leur projet, elles manifestent tout à la fois un profond attachement à leur choix, et une ouverture au monde, leur tenue n’ayant jamais entravé une grande curiosité de leur esprit et une participation active aux débats et échanges qui constituent une part importante de l’enseignement supérieur

Au nom de quoi, alors que trois de mes tantes étaient religieuses et portaient donc un voile, pourrais-je dire à ces jeunes femmes montrant leur envie d’apprendre et leur capacité à le faire que l’Université n’est pas faite pour elles, alors qu’elle accueillerait sans problèmes d’autres jeunes filles aux jupes fort courtes et aux décolletés vertigineux ? La diversité est une des richesses de nos Universités qui n’a pas vocation à accueillir les seuls jeunes gens en costume cravate et les seules jeunes filles en tailleur. Pourquoi vouloir faire un problème alors que tous vivent ensemble sans tension sur nos campus ?

A moins que la réponse soit loin, bien loin, très loin, de la situation des Universités et ait quelques relents électoralistes, hypothèse que le calendrier de cette annonce conduirait à envisager !

Partagez ce billet !

Geneviève Fioraso redonne une actualité à Roger Baudelot et Christian Establet, qui s’en seraient bien passés

29 décembre 2014

On est à peu près certain que Roger Baudelot et Christian Establet ne s’attendaient pas à ce qu’une Secrétaire d’Etat socialiste, Geneviève Fioraso donne, plus de quarante ans après la parution de leur livre « L’école capitaliste en France » (Editions Maspero 1971), une nouvelle actualité aux thèses développées dans cet ouvrage

Mais en tous cas leur démonstration de la dualité entre une filière primaire/professionnel et une filière secondaire/supérieur prend une nouvelle jeunesse avec la proposition de création d’une filière d’enseignement supérieur réservée aux titulaires du bac professionnel, conduisant à un nouveau diplôme le « Brevet professionnel supérieur »,

Alors que le développement de filières professionnelles au niveau de plus en plus élevé avec la généralisation du bac professionnel, devenu le principal moyen de la démocratisation de l’accès au Baccalauréat, avec près de 200 000 diplômés chaque année (selon les chiffres commentés par Pierre Dubois dans son blog Histoires d’Universités) , et le développement important des Brevets de Techniciens Supérieurs aurait pu faire croire que cette analyse avait perdu de sa pertinence dans le système scolaire d’aujourd’hui, cette proposition la remet en plein cœur de l’actualité

Nous sommes en présence d’une mauvais réponse à une vraie question, l’échec massif à l’Université des jeunes issus de la filière professionnelle, montrant, avec cruauté pour eux, la complète inadéquation entre le contenu et les méthodes l’enseignement qui prépare au bac professionnel et les pratiques pédagogiques du premier cycle de l’Université, et entrainant un gaspillage financier considérable pour la collectivité, puisque seulement 3,5 % réussissent à l’issue de leur première année de licence, selon les chiffres donnés par la Secrétaire d’Etat

Plusieurs causes expliquent cet échec massif, et une partie tient dans la conception même du baccalauréat professionnel, avec une valorisation insuffisante des enseignements généraux avec de faibles coefficients attribués pour le français, les langues étrangères, les mathématiques et l’histoire-géographie, ce qui s’explique pour une large part par la réduction de la durée de la formation de quatre à trois ans pour des raisons essentiellement financières.

Mais indéniablement l’explication dominante tient dans l’orientation des élèves les moins autonomes vers la forme d’enseignement qui est construite pour les étudiants les plus autonomes. Les procédures sélectives mises en place dans les lycées pour les BTS et les IUT pour les DUT aboutissent à ce que la seule possibilité effectivement ouverte pour une grande partie des titulaires d’un baccalauréat professionnel de poursuivre des études soit de s’inscrire dans l’Université, aux filières non sélectives

Plutôt que de faire évoluer cette pratique, autrement que de façon homéopathique, il est inventé cette sous-filière, non parce que les employeurs ont exprimé un besoin, qui reste totalement virtuel, dont voit mal comment il pourra se positionner par rapport aux BTS et DUT, mais parce que le monde éducatif n’a imaginé comme solution que de créer une voie de garage, faute de la volonté politique de réfléchir à des solutions appropriées pour permettre à ces jeunes de poursuivre des études, avec un accompagnement individualisé, un soutien adapté, un renforcement de certaines matières … et d’affecter des moyens en cohérence avec l’augmentation conséquente du nombre de jeunes voulant poursuivre des études supérieures

Difficile de leur dire plus hypocritement que leur baccalauréat n’en est pas vraiment un, que les efforts qu’ils ont fait durant trois ans dans un enseignement professionnel qui a su le faire progresser, avec la perspective de pouvoir rejoindre la filière dite normale, n’ont servi à rien, et que l’orientation qu’ils ont plus souvent subi que choisi en fin de troisième a, contrairement à ce dont on les avait assuré, un caractère irrémédiable.

Décidemment, la relégation des classes populaires est au cœur de cette proposition, dont on peut se demander si elle se fonde sur la mauvaise conscience face à l’absurde situation actuelle, sur la volonté, illusoire, de faire des économies en voulant faire payer la formation en alternance par des entreprises qui ne la demandent pas, ou sur une profonde ignorance par ceux qui ont imaginé cette sous filière de la situation de relégation déjà vécue par ces jeunes, qui serait ainsi amplifiée par son institutionnalisation. Quant à leur promettre des passerelles leur permettant de rejoindre le vrai enseignement supérieur, qui peut penser qu’une telle promesse sera plus crédible que celle qui leur a été faite au moment de leur entrée dans l’enseignement professionnel ?

Partagez ce billet !

L’apprentissage, une solution, pas la solution

10 octobre 2014

En complément de l’interview qui a été sollicitée auprès de moi par France Info en tant que « spécialiste de l’apprentissage »  et doit passer sur les antennes ce week-end, en fonction de la charge de l’actualité, quelques précisions, en continuité de nos Réactions au discours présidentiel sur l’apprentissage

La campagne de promotion de l’apprentissage lancée par François Rebsamen ne se situe dans un calendrier utile pour la rentrée actuelle que  de façon marginale. Il arrive en effet bien tard quand la rentrée est faite, dans un dispositif très majoritairement construit selon le rythme de l’année scolaire, et pourra au mieux aider quelques jeunes en recherche, difficile, d’un contrat

Mais elle ne contribuera que bien peu à lever ce qui est actuellement le point de blocage au développement de l’apprentissage, l’insuffisance des postes proposés par les employeurs, qui suppose davantage de temps pour organiser dans l’entreprise le contenu des postes proposés, prévoir l’encadrement, organiser le recrutement …

La baisse du nombre de contrats, 8 % en 2013 s’est poursuivie à hauteur de 10 % pour les huit premiers mois de l’année 2014, et la valse-hésitation sur les primes, jointe au contexte économique atone, a, indéniablement une part de responsabilité dans ce recul, ce que le ministre a reconnu (voir François Rebsamen admet que la suppression de la prime à l’apprentissage était une erreur)

On peut en tous cas regretter que les mesures annoncées par le premier ministre en juillet n’aient pas été opératoires, puisque dépendant d’accords de branches pratiquement inexistants (voir Apprentissage : une prime de 1 000 euros au champ d’application limité),  et qu’il ait fallu attendre septembre pour que le tir soit retifié, probablement trop tard pour la rentrée 2014

Confirmons également  notre interrogation sur l’impact d’une politique globale de promotion d’un apprentissage qui se décompose en réalité en deux parties plus juxtaposées qu’articulées, une formation qu’on peut qualifier de façon un peu réductrice de « traditionnelle » dans des secteurs où l’implantation est ancienne, préparant des diplômes de niveau V et IV, en déclin et un secteur plus actuel préparant des diplômes de l’enseignement supérieur dans une nombre de métiers beaucoup plus diversifié.

Il s’agit pourtant bien de deux réalités très différentes, y compris pour ce qui concerne le profil dominant des jeunes qui s’y engagent, ce que beaucoup tentent de camoufler en mettant en avant quelques parcours de jeunes, dont le caractère exemplaire ne doit pas faire oublier qu’ils sont une heureuse exception

En conclusion nous confirmons que l’apprentissage est une solution, aux résultats en termes d’insertion professionnelle satisfaisants malgré la dégradation actuelle due au contexte économique, mais que ceux qui lui causent le plus grand tort sont ceux qui le présentent comme la solution universelle, à même de former tous les jeunes et d’assurer à chacun d’entre eux une insertion professionnelle de qualité dans le monde du travail

Il ne peut pas être adapté à tous les jeunes, qui sont par nature, et c’est haureux divers, et il se montre d’ailleurs, aujourd’hui, assez sélectif, au détriment des jeunes les plus éloignés de l’emploi qui ont d’importantes difficultés à accéder à l’apprentissage, pour qui il est indispensable de prévoir d’autres formules d’approche de la vie professionnelle, comme le sont les emplois d’avenir

Partagez ce billet !

Fin de la Délégation à l’Information et à l’Orientation : requiem par Jean-Robert Pitte sur une mission impossible !

24 septembre 2014

Le départ en retraite du Délégué Interministériel à l’Orientation devenu Délégué à l’Information et à l’Orientation, le géographe Jean-Robert Pitte (voir Jean Robert Pitte, un bon géographe et un vrai réactionnaire) a permis une fn fort discrète de cette délégation en plein milieu de l’été

La publication par Orientactuel d’une interview du délégué en fin de mission nous donne l’occasion de revenir sur quelques épisodes que nous avons suivis sans avoir un certain nombre de clés qui nous sont données dans ce texte

Après avoir suivi avec bienveillance ses premiers pas (voir Le nouveau Délégué à l’Information et à l’Orientation a évité les plus grosses erreurs et Les propositions du Délégué à l’Information et à l’Orientation évoluent dans le bon sens), nous avions manifesté notre surprise face à la volonté de celui-ci d’inventer de nouvelles structures, les POM, Pôles-Orientation-Métiers, (voir Pom Pom Pom Pom ! Compote !), notre incompréhension face à la confusion entre la notion de site physique et de site virtuel (voir Orientation pour tous : confusion autour du « lieu unique » et retour du centralismeDu lieu unique au site puis au maillage territorial et Orientation : la notion de site embrouillée par circulaire),  notre désaccord avec la volonté de l’Etat de labelliser, seul, (voir Orientation : les Préfets incités à labelliser seuls), les sites « Orientation pour tous »  , notre surprise face à la très lente avancée de la procédure de labellisation (voir Plus d’un an après la vote de loi un seul site « Orientation pour tous » labellisé), et au fond exprimé notre entiment que cela faisait beaucoup de vent pour pas grand chose (voir Orientation : finalement on se contentera d’un logo et Service public de l’orientation : rien ne change)

Ce que le délégué maintenant libéré de ses responsabilités, et donc d’une certaine obligation de réserve dont certains se sont affranchis sans aucun scrupule, sans être nullement sanctionnés, (voir Christian Charpy s’asseoit sur le devoir de réserve)  nous apprend, c’est que l’ensemble des points qui ont posé problème sont liés aux incohérences de l’attitude de l’Etat, refusant de partager la responsabilté de la labellisation avec les Régions, incapable de coordonner les logiques divergentes du Ministère de l’Education et du Travail, et montrant une totale incapacité à exercer une réelle fonction d’arbitrage

Ce que résume Jean-Robert Pitte « Cela a été un gâchis monumental et l’une des causes, non pas d’échec, mais du fait que nous avons eu 144 territoires labellisés alors que l’on aurait pu couvrir toute la France en un an »… puis  « Avec un DIO rattaché au Premier ministre, on aurait normalement dû avoir des conseillers des différents ministères chargés de l’orientation qui travaillent en plein accord sous la coordination du DIO, mais honnêtement, cela n’a jamais été le cas ! »

Nous apprenons également que le Délégué Général à l’Emploi et à la Formation Professionnelle, Bertrand Martinot, qui affirme  « le poste de DIO était fondamentalement une erreur. J’ai été très clair avec lui et je lui ai dit qu’il n’avait pas les moyens de sa mission, tout simplement parce qu’il n’avait pas de véritable équipe, pas de budget et pas d’autorité politique qui le soutenait. », tout en ne prosant aucune orgnation efficiente et 

Bonne retraite pour Jean-Robert Pitte qui sera surement plus utile dans la promotion du vin, du terroir et de la gastronomie française que dans une mission dont il a du constater assez rapidement qu’elle était impossible à mener à bien. On peut toutefois regretter qu’il ait cru pouvoir la conduire à bon terme contre l’évidence dont il était certainement rapidement conscient

Partagez ce billet !

Apprentissage et emplois d’avenir : une concurrence fort limitée

9 juin 2014

Ayant été longuement interviewé par Célia Coste qui réalisait pour Centre Inffo un dossier sur Apprentissage et Emplois d’Avenir, je reproduis ici l’article dans lequel il est possible de retrouver mes positions très honnêtement retranscrites, même si je suis considéré comme un économiste, ce que je n’ai jamais prétendu être.

Un an et demi après la mise en place des emplois d’avenir par le gouvernement, le dispositif a rencontré un véritable succès sur le terrain. Dans le même temps, l’apprentissage n’a jamais autant chuté depuis des années. Simple coïncidence ou conséquence mécanique…

 L’Inffo s’est intéressé à la possible mise en concurrence des deux contrats.

 “Il y a pu y avoir une concurrence entre les deux dispositifs, mais je ne m’en plains pas, c’est bon pour les jeunes. Ce qui m’importe, c’est qu’il y ait plus de formation pour eux.”  Interviewé sur RMC dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin, le président de la République l’admet à demi-mot. Les emplois d’avenir ont contribué à la baisse de l’apprentissage.

Pour la première fois, ce contrat d’alternance a affiché des résultats à la baisse. 385 000 bénéficiaires à la fin d’année 2013 contre 414 000 en 20121, soit une baisse de 7 % sur le “stock”. Et les chiffres du début de l’année ne sont pas très réconfortants.

La publication mensuelle de la Dares affiche un taux de 19 % de contrats d’apprentissage en moins en janvier par rapport au même mois de l’année précédente.

Dans le même temps, les emplois d’avenir ont explosé. L’objectif des 100 000 contrats fixé en 2013 par le gouvernement aurait même été atteint, comme s’en est félicité François Hollande au mois de mars devant des jeunes bénéficiaires conviés à l’Élysée. Optimisme affiché, pourtant les chiffres de la Dares relativisent ce constat : 75 000 entrées ont été recensées l’année précédente.

Continuer les efforts

Il n’en demeure pas moins que les emplois aidés pour les jeunes ont connu une forte accélération. Et pas question pour le gouvernement de relâcher ses efforts. À ce titre, François Rebsamen souhaite continuer leur déploiement. “Les emplois d’avenir sont un réel succès. La cible est de 40 000, hors renouvellement pour le premier semestre.”.  Dans un discours prononcé devant des acteurs territoriaux de l’État, le 28 avril dernier, le ministre du Travail évoquait les difficultés que rencontre l’alternance. Maintenir le cap malgré les mauvais résultats et faire preuve de lucidité dans le constat. “Je souhaite que vous vous appuyiez sur cette gouvernance État-Régionpartenairessociaux pour […]  relancer l’alternance. Ce sera une de nos priorités des prochaines semaines, pour réussir la rentrée de l’apprentissage.”

Des emplois… sans avenir ?

Le candidat Hollande avait promis de faire de l’emploi des jeunes un de ses chevaux de bataille. Les emplois d’avenir avaient été mis en place pour remplir cet objectif. Créés par la loi du 26 octobre 2012, ils s’adressent aux jeunes âgés de 16 à 25 ans peu ou pas qualifiés, à qui l’on propose une solution d’emploi et une ouverture à une qualification.

Du côté de l’opposition, ce dispositif ne fait pas l’unanimité. Gérard Cherpion, député UMP (rapporteur de la loi alternance du 28 juillet 2011), voit en lui un “écran de fumée” installé pour masquer le problème du chômage des jeunes, mais qui ne s’inscrit pas dans une dynamique durable d’insertion dans le milieu professionnel. “Les emplois d’avenir n’offrent pas d’avenir ! C’est une solution purement mécanique pour faire baisser le chômage des jeunes. Le gouvernement est obsédé par l’inversion de la courbe du chômage, c’est le seul objectif en matière d’emploi des jeunes. Cela conduit à mener une politique totalement artificielle.”

Une position également défendue par Bertrand Martinot, ancien délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle et auteur d’une note pour l’Institut Montaigne sur l’apprentissage.“On peut claquer des doigts et créer 100 000 emplois d’avenir. C’est plus compliqué pour 100 000 apprentis. Pourtant, la façon la plus intelligente d’insérer les jeunes, c’est par l’apprentissage. Les emplois d’avenir n’ont aucune efficacité sur le long terme.”

Pas les mêmes secteurs

Pourtant, peut-on réellement parler de concurrence pour des dispositifs foncièrement si différents ? “Les emplois d’avenir ne concernent pas les mêmes secteurs que l’apprentissage. Dans ce contexte, je ne suis pas sûr qu’il soit pertinent de parler d’influence de l’un sur l’autre” décrypte Michel Abhervé, économiste spécialisé dans les questions sociales.

 La majorité des contrats conclus dans le cadre des emplois d’avenir le sont avec des collectivités territoriales et des associations à but non lucratif. Le secteur non marchand est donc prédominant en la matière. L’année dernière, 59 000 jeunes en ont bénéficié à ce titre, contre 12 000 dans le secteur marchand.

 À l’inverse, l’apprentissage n’a pas la cote dans le public. Le secteur comptabilise seulement 2,5 % des contrats de ce type. Un récent rapport de la DGAFP pointait ces mauvais résultats et avançait quelques pistes pour doper l’apprentissage dans la fonction publique. Le succès n’est pas au rendez-vous, malgré les volontés politiques affichées. Nicolas Sarkozy nous avait dit que l’État devait montrer l’exemple, se souvient Michel Abhervé. Pourtant, nous voyons bien que les chiffres de l’apprentissage public ne cessent de baisser.” L’ancien président s’était engagé dans sa campagne à développerce contrat au niveau de l’État. “J’obligerai les administrations à accueillir des apprentis ! J’en ai assez d’un État qui dit aux autres ce qu’ils doivent faire et qui ne s’applique jamais à lui-même les règles !” François Hollande a préféré miser sur les emplois d’avenir, bien mieux adaptés à l’employeur public, observe l’économiste.

La complémentarité des dispositifs

Dans le secteur marchand, si les emplois d’avenir restent à la marge, ils présentent certains intérêts dans des situations spécifiques. Ce qui leur confère, selon Michel Abhervé, une certaine complémentarité avec les contrats d’apprentissage. “Certaines entreprises peuvent se tourner vers le contrat aidé car il présente plus de souplesse. Je pense particulièrementaux nouveaux métiers qui se créent à la marge des branches. C’est pour cette raison qu’il est développé, pour le secteur marchand, dans les métiers d’avenir.” La préparation d’un diplôme, avec l’apprentissage, contribuerait à la rigidité du dispositif. Les employeurs ayant besoin de plus de souplesse peuvent se tourner vers un contrat permettant davantage de “sur-mesure”.

Mobilisation des Missions locales

Le sur-mesure, ce sont les Missions locales qui le construisent. Mobilisés par l’état, des moyens humains ont été mis à disposition pour atteindre les objectifs du gouvernement. “Il y a eu des pressions de la part des préfectures pour que nous fassions du chiffre  Elles suivaient de très près nos résultats en région. Au début de l’année, cela n’allait pas assez vite. La presse a beaucoup commenté l’incapacité du gouvernement à faire suivre d’effets les annonces faites en la matière. Nous avons donc dû mettre les bouchées doubles”, commente Philippe Jourdan, directeur de la Mission locale du bassin d’emploi de Rennes.

Et en Bretagne comme dans la majorité des territoires, les efforts ont payé. Plus de 2 500 contrats ont été signés sur l’année 2013. “Nous avons été l’une des régions les plus actives de France. Le préfet a largement contribué à cette réussite, car c’est lui qui a rendu éligibles de nombreuses branches du secteur marchand à ces emplois.”

Comme au niveau national, l’apprentissage n’a pas été épargné dans la région bretonne.“Nous sommes intervenus de manière forte sur les emplois d’avenir. Cela n’est évidemment pas sans conséquence sur la baisse de l’apprentissage. Moins de moyens ont été déployés pour l’alternance. Mais il faut préciser qu’il y avait également moins d’offres. C’est à mon sens le premier facteur qui explique la baisse.”

Assèchement du vivier des apprentis ?

Philippe Jourdan l’admet :“Oui, quelques jeunes ayant le profil pour l’apprentissage ont été orientés vers un emploi d’avenir. Mais comme je l’ai déjà dit, c’est essentiellement dû à une question d’offre.” Beaucoup de jeunes se retrouvent aujourd’hui éligibles aux deux dispositifs. Les Missions locales ont pu contribuer, par pression du chiffre, à privilégier l’un face à l’autre.

En outre, le public destinataire peut, dans une visio   plus “court-termiste”, choisir de privilégier un emploi d’avenir pour s’assurer une meilleure rémunération.  “Un jeune va toucher un Smic en emploi d’avenir, alors que la rémunération en apprentissage est moins conséquente, notamment car l’apprenti passe la moitié du temps à l’école. Cela peut contribuer à faire pencher la balance du côté des contrats aidés !”,commente Gérard Cherpion.

 Pour autant, à y regarder de plus près, les profils ne sont pas les mêmes. Si les emplois d’avenir sont réservés à une population très peu ou pas qualifiée, l’apprentissage fait son nid chez les jeunes plus diplômés. “On observe une tendance de fond dans l’apprentissage : plus on avance et plus on voit des apprentis préparant un diplôme élevé. À l’inverse, 80% des jeunes en emploi d’avenir n’ont pas le bac, et ils demeurent très nombreux à ne pas avoir de diplôme du tout.”

Quel bénéfice pour les entreprises ?

Une entreprise a-t-elle plutôt intérêt à embaucher un alternant ou un jeune en emploi d’avenir ?  Si l’on se penche de plus près sur les aides accordées dans le cadre du deuxième dispositif, on réalise assez vite que ce dernier n’a pas été mis en place pour se développer dans le privé. En effet, l’aide à l’insertion professionnelle varie de 75 % du taux horaire brut dans le public à 35 % pour le secteur marchand. Cet avantage conféré aux entreprises est sensiblement comparable à celui prévu dans le cadre de l’alternance. “Pour un jeune de plus de 21 ans, le modèle économique n’est pas très différent. En revanche, les plus jeunes coûtent moins cher à l’entreprise s’ils ont le statut d’apprenti”, explique Michel Abhervé. Les employeurs peuvent avoir tendance à préférer l’apprentissage pour un jeune de moins de 18 ans, sachant qu’ils devront le rémunérer 360 euros par mois la première année.

L’autre coup porté à l’apprentissage

Si l’apprentissage a certainement pâti de l’émergence et du large déploiement des emplois d’avenir au niveau national, la baisse des contrats pourrait bien résulter de plusieurs autres facteurs.

Jean-Michel Pottier, président de la commission formation de la CGPME, s’inquiète des conséquences des coups portés depuis l’année dernière à ce dispositif d’alternance : “On a certainement asséché le vivier de recrutement de l’apprentissage en voulant tenir les objectifs fixés d’emplois d’avenir. Mais ce n’est pas la seule explication de la baisse. L’annonce de la suppression de la prime à l’apprentissage pour les entreprises de plus de 10 salariés l’été dernier a eu l’effet d’une arme de destruction massive. D’un point de vue idéologique, c’est incompréhensible. On renforce la responsabilité des entreprises en matière de formation tout en réduisant les aides, ce qui revient à ne plus reconnaître leur caractère formateur.

 Un mauvais timing pour une annonce qui aurait effectivement contribué, selon Michel Abhervé, à la baisse des entrées en apprentissage à la rentrée 2013. “Cela a eu un effet très négatif au niveau psychologique. Cette mesure était trop abrupte. On aurait pu lui préférer l’annonce de la suppression de l’exonération de charges pour les apprentis. Qui n’aurait pas eu le même effet dissuasif.”

Partagez ce billet !

Pour développer la formation en alternance pour tous les chômeurs il est plus efficace de ne pas utiliser l’apprentissage

30 avril 2014

Reproduction d’une interview dans La Croix faite par Nathalie Birchem.

Pour l’économiste Michel Abhervé, professeur associé à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, l’idée est bonne mais le plus efficace serait de renforcer les formules qui existent déjà.

 « C’est une bonne idée. Un certain nombre de chômeurs de longue durée ont besoin de formation et, pour eux, l’alternance est une très bonne formule. Mais encore faut-il savoir ce que l’on veut faire précisément.Aujourd’hui, il existe déjà deux formules qui permettent de faire de l’alternance pour les demandeurs d’emploi. La première, ce sont les contrats de professionnalisation, ouverts aux demandeurs d’emploi de plus de 26 ans. Ils durent entre quelques mois et deux ans, avec au minimum 25 % du temps en entreprise, et débouchent sur un diplôme ou un certificat de qualification. Ils sont financés par les fonds de la formation professionnelle et ne coûtent rien à l’État. Et ils ont plutôt de bons résultats en matière de retour à l’emploi, même si on manque cruellement de statistiques sur ce dispositif, preuve qu’il n’est pas jugé prioritaire. 

Il plafonne d’ailleurs à moins de 30 000 bénéficiaires, dont environ 3 000 personnes de plus de 45 ans. La difficulté, dans un contexte de crise, est de trouver des employeurs qui acceptent de recruter via ce contrat. Car non seulement la rémunération est au smic, sans exonération ou aide particulière (hormis pour les plus de 45 ans), mais, en plus, la personne devient salariée de l’entreprise.

« Je suis partisan d’une solution s’appuyant sur ces deux formules »

La seconde formule, ce sont les stages de formation professionnelle qui, chaque année, sont proposés à plusieurs centaines de milliers de demandeurs d’emploi. Quand ils sont d’une durée suffisante, le résultat en matière d’insertion professionnelle est honnête. Malheureusement, on est passé d’une durée moyenne de huit ou neuf mois à six ou sept mois.

Personnellement, je suis partisan d’une solution s’appuyant sur ces deux formules. Il faut d’abord mettre le paquet sur le contrat de professionnalisation et, pour cela, en alléger le coût pour les employeurs, ce qui peut être fait par décret. Il faut ensuite allonger la durée de formation des stages proposés aux demandeurs d’emploi, ce qui est aussi faisable rapidement.

Le président de la République a, lui, évoqué le recours au statut d’apprenti, un dispositif très cadré qui relève de la formation initiale. Pour faire cela, il faut passer par la loi, ce qui veut dire, compte tenu que l’apprentissage est calé sur le calendrier scolaire, que l’on n’aura rien avant la rentrée de septembre 2015. Pour le moins, ce n’est pas rapide. »

Partagez ce billet !

Réactions aux articles de Jean Saavreda sur l’apprentissage dans l’enseignement supérieur

22 mars 2014

Jean Saavedra vient de publier dans Educpros une série d’articles sur l’apprentissage dans l’enseignement supérieur, fondés sur une longue expérience du secteur, en particulier à travers son travail pour développer l’apprentissage à l’ESSEC, faisant preuve d une ouverture d’esprit qui l’avait, entre autres, conduit à m’interviewer

Ces trois articles 25 ans d’évolution de l’apprentissage (1/3) : le rôle de l’enseignement supérieur , 25 ans d’évolution de l’apprentissage (2/3) : vers l’ère du soupçon et  25 ans d’évolution de l’apprentissage (3/3) : l’apprentissage au futur éclairent ne histoire cahotique et rejoignent un certain nombre de nos écrits où nous irritons du décalage entre les discours sur l’apprentissage et les réalités, de l’incapacité à avoir sur ce sujet un débat serain sur les avantages et les limites, et même à fonder les discours et politiques sur des chiffres pourtant connus (voir Démagogie de fin de campagne à propos de l’apprentissage)

Comment ne pas partager sa conclusion  mettant en évidence une réalité qu’on aurait tendance à oublier face aux mirifiques déclarations sur des objectifs tellementa ambitieux qu’ils n’ont aucun rapport avec la réalité « Après tant d’années d’existence, 1,6 % des étudiants sont en apprentissage. »

Pour partager avec Jean Saavedra l’objectif de développement de l’apprentissage de l’enseignement supérieur, j’ajouterai à son analyse une condition indispensable concernant les Universités : il est indispensable que les aspects financiers (re) deviennent seconds derrière les aspects pédagogiques, que la grille d’analyse privilégie  l’interêt de l’apprentissage pour les étudiants apprentis et non l’apport financier au fonctionnement de l’Université

Et je conforterai son combat pour ne pas donner « des pouvoirs magiques » à l’apprentissage, souhaitant que puisse s’engager un débat serein sur les vertus et les limites de l’apprentissage, sans que l’expression de la moindre  réserve sur un point vous voit qualifier d’ennemi, et que cesse la dictature des thuriféraires (voir Apprentissage : protégez le de ses thuriféraires) qui font de l’apprentissage la solution à toutes les difficultés : faire accéder tous les  jeunes à l’emploi, valoriser les métiers manuels, permettre aux jeunes de progresser du CAP au diplôme d’ingénieur, faciliter la création et la reprise d’entreprises, réduire à néant l’échec scolaire, répondre aux pénuries de main d’oeuvre, faciliter l’accès aux plus hauts diplômes des étudiants de milieux populaires…

Au plaisir de poursuivre le débat

Partagez ce billet !

Blog associé ou dissocié ?

6 mars 2014

Devenu bloggeur d’Educpros parce que Pierre Dubois m’a sollicité, j’apprécie tout particulièrement l’approche de Pierre, qui porte sur l’Université, son fonctionnement et ses dysfonctionnements, un regard lucide, fondé sur l’expérience, indépendant, parfois excessif, toujours pertinent, parfois contestable, toujours intéressant.

Je déplore le conflit entre celui-ci et Emmanuel Davidenkoff qui me semble fondé sur une divergence de conception de ce que doit être l’expression d’un bloggeur. Celui-ci n’est pas un journaliste qui est, logiquement, soumis à un certain nombre de règles : donner la parole aux tenants des différentes thèses, tendre vers l’exhaustivité…

Un bloggeur a le choix des sujets qu’il traite, et peut ne pas traiter un sujet dont il ne sent pas la pertinence par rapport à son blog. Il n’est pas tenu lorsqu’il traite un sujet de solliciter la diversité des points de vue : pour ma part lorsque je traite un sujet, je n’appelle jamais les personnes dont je reproduis les points de vue, prises de position, déclarations… considérant que leur expression publique m’autorise à reproduire et à analyser leur point de vue.

Bien sur si cette liberté doit s’accompagner d’une grande rigueur : les citations doivent être honnêtes et pas manipulatrices,  les chiffres cités doivent être non seulement exacts mais aussi signifiants, les sources indiquées (si possible avec des liens), les modifications autres que de pure forme (il m’arrive de corriger des fautes !) après parution explicitement indiquées… Et bien sur les commentaires doivent être publiés (sauf s’ils sont de la pub plus ou moins déguisée, s’ils n’ont aucun rapport avec l’article ou s’ils sont diffamatoires) et pour ceux qui interpellent faire l’objet d’une réponse

C’est dans la diversité des expressions, et donc dans le choix des blogs accueillis que se conçoit le rôle d’un responsable de plate-forme, au delà d’une responsabilité légale bien sûr si les textes publiés mettent en cause une responsabilité juridique, ce qui ne me semble pas le cas dans ce qui est reproché à Pierre.

Bien que n’ayant jamais subi sur le contenu de mes articles la moindre pression, je ne peux pour autant accepter que le blog de Pierre ait été « dissocié » de la plateforme et ait disparu de la liste des bloggeurs (d’autant plus qu’y demeure au moins un blog qui, contrairement à la charte, se contente d’utiliser ce moyen d’expression pour promouvoir un dispositif)

Je demande donc à devenir également un « bloggeur dissocié » tant que le blog de Pierre n’a pas retrouvé sa place dans la diversité des expressions qui doit fonder une telle plate-forme.

Partagez ce billet !

Une remarquable étude sur la santé des apprentis en Poitou-Charentes

14 février 2014

Nous avons pris connaissance avec intérêt d’une remarquable étude sur La santé des apprentis en Poitou-Charentes

Réalisée par  l’ORS, Observatoire Régional de la Santé, l’IREPS, Instance Régionale d’Education et de Promotion de la Santé, et l’ARFTLV , Agence Régionale de la Formation Tout au Long de la vie, signée par Stéphane Robin et Véronique Bounaud, cette étude nous donne de nombreux informations sur la santé des jeunes apprentis picto-charentais Lire la suite »

Partagez ce billet !

Une nouvelle mission pour développer l’apprentissage dans la fonction publique

14 février 2014

La « feuille de route » du Gouvernement pour une politique d’égalité républicaine et d’intégration publiée par le premier ministre Jean-Marc Ayrault comprend 28 mesures. Nous relevons la mesure 25 : développer l’apprentissage dans la fonction publique, présentée en ces termes. Lire la suite »

Partagez ce billet !

Ce ne sont pas les emplois d’avenir qui sont la cause de la baisse de l’apprentissage

13 février 2014

Editorialiste sur Europe 1, dont il est possible à chacune de ses interventions quotidiennes dans son Zoom eco de constater le  libéralisme sans nuances, Axel de Tarlé, a enfourché un nouveau cheval de bataille, en liant la baisse du nombre des contrats d’apprentissage au développement du programme des emplois d’avenir Lire la suite »

Partagez ce billet !

L’Education Nationale partenaire de l’industrie du sucre !

9 février 2014

On peut se demander s’il est bien raisonnable que l’Education nationale ait signé un protocole d’accord avec le CEDUS pour que cet organisme diffuse auprès des élèves et des enseignants des informations sur la nutrition et la santé Lire la suite »

Partagez ce billet !

L’image s’améliore, les effectifs baissent. Comprenne qui pourra !

1 février 2014

La puissante CCI de Paris publie une enquête sur la perception de l’apprentiisage. 2200 répondants après filtrage répartis en 1175 étudiants, lycéens, collégiens, 487 parents d’élèves et 538 professionnels en entreprise condtitutent un échantillon significatif Lire la suite »

Partagez ce billet !

Contrats d’apprentissage : un recul de 8,14 % sur 2013

28 janvier 2014

Selon les derniers chiffres publiés par la DARES, une quasi stabilité du nombre de contrats d’apprentissage signés en décembre 2013, soit 25 421, alors qu’en décembre 2012, il y avait 25 261,  conduit à une baisse de 8,14 % sur l’année

273 094 contrats ont été signés en 2013, soit 24 201 de moins que l’an dernier. Si on y ajoute (voir Contrats de professionnalisation pour les jeunes : baisse de 5,7 % en 2013) le recul de 7 098 contrats de professionnalisation pour les jeunes, nous en sommes à un recul significatif, de 31 299 contrats en alternance signés par des jeunes pour l’ensemble de l’année 2013 Lire la suite »

Partagez ce billet !

Net recul de l’insertion professionnelle des apprentis de niveau V en Haute-Normandie

28 janvier 2014

A l’heure où Vincent Peillon met en place un Conseil national d’évaluation du système scolaire, dont la compétence et l’indépendance de sa présidente, une universitaire, Nathalie Mons créent les conditions pour une approche joignat objectivité et implication des différents acteurs, en limitant le risque d’instrumentation, on reste en matière d’apprentissage à une appréciation propche de la pensée magique par ceux que nous avons qualifiés de thurifréaires (voir Apprentissage : protégez le de ses thuriféraires) Lire la suite »

Partagez ce billet !

Compte Personnel de Formation : Geneviève Fioraso veut l’utiliser avant qu’il ne soit en place

27 janvier 2014

Dans son discours de voeux la Ministre de l’Esneignement Supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, affirme un objectif ambitieux pour ce qui concerne le développement de la formation continue pour l’enseignement supérieur Lire la suite »

Partagez ce billet !

Contrats de professionnalisation pour les jeunes : baisse de 5,7 % en 2013

21 janvier 2014

Les chiffres globaux de la politique de l’emploi pour l’année 2013 commencent à être rendus publics par la DARES. Pour ce qui est des contrats de professionnalisation pour les jeunes, la baisse par rapport à 2012 est de 5,7 % Lire la suite »

Partagez ce billet !

Alternance pour les jeunes : recul de 31 779 contrats fin novembre

1 janvier 2014

Avec la parution des chiffres du nombre de contrats d’apprentissage signés fin novembre nous avons maintenant la certitude que 2013 sera marquée par un important recul de l’alternance, particulièrement marqué pour l’apprentissage Lire la suite »

Partagez ce billet !