Roselyne se retire. Qu’attend Valérie ?

Roselyne Bachelot vient de faire savoir officiellement qu’elle ne pourrait pas conduire, contrairement à ce qui avait été envisagé, la campagne électorale des élections régionales en Pays de la Loire, sa charge ministrielle devant mobiliser toute son énergie.

C’est une attitude raisonnable, et c’est d’ailleurs l’inverse qui ne l’était pas vraiment : une responsabilité ministérielle suppose, comme chacun le sait, une disponibilité complète et une mobilisation d’énergie constante. Elle induit des emplois du temps démentiels, que des conseillers s’ingénient à bourrer, oubliant que la conduite de l’action publique nécessite aussi  de garder un peu de temps pour réfléchir.

Il est donc possible de s’interroger sur les ministres qui envisagent toujours de garder la responsabilité de leur ministère tout en menant une campage électorale, qui est aussi exigeante, chronophage, pour aller à la rencontre des électeurs et des nombreux, très nombreux, corps constitués qui veulent saisir ce moment privilégié du débat pour dialoguer avec ceux qui sollicitent leurs suffrages.

Au premier rang de ceux-ci figure Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement  Supérieur et de la Recherche, et candidate dans la plus importante des régions, l’Ile de France, au moment même où de nombreux projets, comme ceux du Grand Paris, des transports, de la Défense… sont au coeur du débat.

Il est certain que Valérie Pécresse augmenterait sa crédibilté si elle démissionnait, sans plus attendre, de sa fonction de Ministre pour se consacrer, durant quelques mois de campagne eléctorale, à l’Ile de France. Elle prouverait ainsi à l’électorat sa motivation pour la fonction à laquelle elle aspire, et qui, si elle gagne l’obligera, de toutes façons, selon les annonces faites, à quitter sa fonction ministérielle.

Rester ministre, c’est se condamner à mal faire deux fonctions dont chacune nécessite un engagement complet. C’est surtout crédibiliser le sentiment que l’on n’y va pas pour gagner et que l’on préfère garder son poste pour après la défaite.

L’Enseignement Supérieur et la Recherche valent mieux que ce demi investissement, et ont besoin que leur situation difficile soit suivie au plus niveau. L’Ile de France aussi.

Roselyne Bachelot a eu le prétexte de la grippe, dont l’arrivée est annoncée à force battage médiatique, pour  retirer sa candidature. Valérie Pécresse serait bien inspirée de prendre une initiative qui montrerait une détermination sans faille. 

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3 Responses to “Roselyne se retire. Qu’attend Valérie ?”

  1. Rachel Says:

    Je suis d’accord avec vous, elle devrait partir. Ce n’est pas crédible de conduire les deux actions en même temps. De plus, depuis début septembre elle ne fait rien de bien. D’ailleurs elle n’a plus vraiment l’intention de travailler pour le MESR : dans son discours de rentrée, elle a bien dit que cette troisièmme année serait celle de la « consolidation » (façon polie de dire que que c’est fini …).
    Encore une histoire d’amour qui finit mal …
    http://rachelgliese.wordpress.com/2009/09/18/nous-aimes-tu-encore/

  2. audier Says:

    Bien entendu que Valérie Pécresse reste, car rester comme ministre lui permet de faire son « press-book » pour les élections. Comme ministre, elle présente tout un plan d’aménagement du supérieur et de la recherche en Ile-de-France. Elle vient de le dévoiler, au demeurant avec une programmation basée sur des milliards de l’Etat, qu’elle fera miroiter aux électeurs à condition qu’ils votent pour elle, même si ces milliards sont souvent fictifs. Pour que cela (lui) serve pour la campagne, il faut que tout soit bouclé dans les deux mois : la consultation sera totalement bâclée, si consultation il y a. Comme elle le dit dans un communiqué, elle ira ensuite négocier avec la Région. Mais qui négociera : la ministre ou la candidate ?

  3. LecteurNantes Says:

    En effet, JP Huchon a expliqué cela dans une émission de radio, récemment.

    De manière similaire, le plan anti-crise de Sarkozy a permis de construire à Nantes, un batiment universitaire… qui était déjà construit (et donc bien sûr financé, sur le CPER).

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