Bien né, travaillé dur, preuve par les études
“Cela voulait dire: désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur”
Cette phrase, prononcée par notre Président de la République lors de son discours annonçant la réforme/réformette des lycées est au coeur des questions posées par la nomination annoncée de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD.
Il n’est pas exagéré d’affirmer qu’être, à 23 ans, en deuxième année de droit ne montre pas que l’on a ”fait la preuve par ses études de sa valeur”. Surtout quand ce parcours ne résulte pas de l’obligation devant laquelle de nombreux étudiants sont placés de gagner leur vie en pratiquant divers petits boulots pour pouvoir continuer à suivre leur cursus universitaire.
Il existe plusieurs voies pour affirmer sa valeur. Les études en sont une, la réussite professionelle en est une autre. Il est aussi possible de se voir reconnaitre à travers un engagement civique, exigeant et durable.
Se faire élire dans un canton de Neuilly quand on est le seul candidat de droite relève-t-il de cette catégorie ? On peut en douter tant la sociologie de ce territoire rend naturelle l’élection du candidat dont l’appareil a dégagé le chemin de candidatures alternatives. Est cela “avoir travaillé dur “ ?
Alors ne serait-ce pas plutôt dans l’exact inverse des propos paternalo-présidentiels qu’il faut chercher les raisons de cette promotion hyper rapide ? Jean Sarkozy n’aurait-il pas surtout la chance “d’être bien né” ?
C’est d’ailleurs le point de vue qu’exprime, avec la touchante naïveté d’un “Génie des carpettes”, Thierry Solère, Vice-président UMP du Conseil Général des Hauts de Seine quand il déclare que Jean “est le fils d’un génie politique, il n’est pas étonnant qu’il soit précoce. Quand vous êtes l’enfant d’un pianiste de grand talent, ce n’est pas étonnant que vous ayez vous même des aptitudes et si vous êtes le fils de Zidane, que vous jouiez bien au foot”. Bel éloge de la royauté !
Deux remarques complémentaire. La première concerne le calendrier. Rien n’imposait d’accélérer cette désignation. Le Figaro rapporte même que Matignon avait préparé un décret reportant la limite d’âge pour exercer la fonction de Président de l’EPAD, afin de permettre à Patrick Devedjian de continuer à exercer ce mandat jusqu’en 2011, et que c’est l’Elysée qui aurait bloqué ce décret. Le Figaro mentirait-il ?
La démocratie ensuite : le Gouvernement s’apprête à fusionner l’EPAD et l’EPASA, pour constituer un seul Etablissement Public, dont l’essentiel d’intervention se situera sur le territoire de la commune de Nanterre. Si la légitimité de l’élection, évoquée pour justifier la candidature de Jean Sarkozy, n’était pas un argument à géométrie variable, ce serait aux élus par le suffrage universel de Nanterre, principale commune concernée par le développement à venir du quartier de la Défense, d’exercer les responsabilités du nouvel Etablissement Public. Mais, vous n’y pensez pas, les électeurs nanterrois ont le tort d’élire des responsables de gauche !
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