Une niche fiscale et sociale injustifiée : l’aide aux devoirs à domicile

L’aide aux devoirs à domicile bénéficie d’aides fiscales et sociales considérables, en exonération de charges et en réduction d’impôts.

La justification possible de ces aides se situe sur deux plans : la justice sociale et/ou la création d’emplois. Il n’est pas utile d’insister sur le fait que ces dispositifs ne contribuent à la justice sociale, mais, bien au contraire, accentuent les écarts au profit des enfants des milieux les plus favorisés.

Quant à la création d’emplois, nous sommes loin, très loin, des résultats mirifiques annoncés, à force trompettes, dans le cadre du Plan Boorlo de développement des services à la personne. Cela n’étonne d’ailleurs que ceux qui n’ont pas regardé de près les conditions de développement de ce secteur et se sont contentés de croire les chiffres mirifiques annoncés par les promoteurs du Plan.

En effet, pour l’aide scolaire, le bilan en termes de création d’emplois ne peut qu’être insignifiant. Et pour cause : ce travail est assuré, pour l’essentiel, par des enseignants, en plus de leur service, ou par des étudiants pour contribuer à financer leurs études, et a donc un impact dérisoire sur la création d’emplois.

Alors, pourquoi continuer à financer ce soutien privé sur les fonds publics, à un niveau significatif, (estimé à 320 Millions d’Euros par an par Agnès Calvet, chercheuse à l’INRP) ?

Mais, malgré sa générosité, une telle manne n’est pas assez pour certains. On se souvient de la campagne de pub lancée à la rentrée par Acadomia, une des officines qui prospère sur ce cadeau fiscal démésuré fait par un Gouvernement qui, par ailleurs accroît sans mesure le déficit du pays.

Bachelier ou remboursé, tel était l’idée, attrayante, de la campagne de pub. A y regarder de plus près, il s’agit probablement d’une entourloupe en bonne et due forme. Le remboursement promis en porte pas sur la totalité de la somme versée, en échange du soutien miraculeux, mais seulement de la partie de cette somme qui n’est pas déductibles des impôts, « hors réduction ou crédit d’impôt » , selon la formule écrite en petit, en vraiment tout petit, sur la présentation de cette proposition.

Si cette propostion était adoptée, cela voudrait dire que l’utilisateur aurait bénéficié d’une réduction ou d’un crédit d’impôt sur une prestation qu’il n’aurait pas payée, puisqu’elle lui serait remboursée. Chacun se doute que nos services fiscaux ne se laisseront pas gruger de la sorte, et que la part du coût non remboursé par ses  petits malins d’Acadomia restera à la charge du client, parent d’un élève ayant échoué à son baccalauréat ?

Nous nous approchons de la publicité mensongère et pensons que les services de la consommation et de la répression des fraudes devraient s’intéresser de près à cette publicité, trop bien présentée pour être complètement honnête.

Les conditions de l’offre sur http://www.acadomia.fr/offre/programme-bachelier.html

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One Response to “Une niche fiscale et sociale injustifiée : l’aide aux devoirs à domicile”

  1. soutien scolaire Says:

    Face à un taux d’échec scolaire très important, le gouvernement aurait pu profiter de cette niche scolaire pour pallier aux limites des politiques d’éducation. Cette réduction d’impôts aurait mieux profité à la collectivité de la sorte.

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