Défendre l’histoire sans oublier la géographie

Un appel contre la dispartion de l’histoire géographie des matières obligatoires au bac scientifique vient de paraitre.

Il est totalement fondé car rien n’est plus absurde, dans un système où le baccalauréat sert de motivation suprème (ce point pourrait évoluer, mais c’est un autre débat), que de considérer que les scientifiques n’ont besoin ni d’histoire, ni de géographie. Cette évolution va d’ailleurs à l’encontre de la volonté d’élargir la culture nécessaire pour tous les lycéens, afin de leur permettre de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et de faire, ainsi éclairés, leurs choix d’orientation dans l’enseignement supérieur.

Mais cet appel a un grave défaut : il est hémiplégique. Initié par des historiens, signé par 21 sommitées de l’Histoire ( et un démographe), il met, avec justesse, l’accent sur le rôle formateur de l’histoire, y compris pour des scientifiques. Mais il n’est signé par aucun géographe !

Le « Journal du Dimanche » en tire, logiquement, la conséquence, en titrant la page qu’il consacre au sujet « Il faut sauver l’Histoire ». Il est particulièrement regrettable que ce relais médiatique précieux soit ainsi amené à réduire la portée d’un combat.

Il eut été beaucoup plus judicieux d’organiser, face à cette menace,  une appel commun d’historiens et de géographes. Il n’est peut être pas trop tard !

Accessoirement, cet appel semble introuvable sur Internet : il semble aujourd’hui inconcevable de mener une mobilisation sans ce support

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6 Responses to “Défendre l’histoire sans oublier la géographie”

  1. Henri Says:

    Votre remarque est fondée mais pourquoi ne pas en avoir parlé lorsque les élèves de terminale technologique industrielle ne suivent aucun enseignement d’histoire géographie après avoir passé une épreuve du bac en 1ère.

  2. Viviane Micaud Says:

    Contrairement à ce qu’indique l’analyse simpliste propagée dans les média, le report de l’histoire-géographie de Terminal S en première S n’est nullement une catastrophe et permet une meilleure promotion de l’histoire-Géographie. Pourquoi ?
    D’abord, les élèves font de l’histoire depuis l’école primaire et ceux qui se dirigent vers les études scientifiques abandonneront l’histoire-géographie l’année suivante (un an de plus ou de moins n’est pas dramatique). Ensuite, l’Histoire-Géographie est reportée pour une bonne part en Première et l’épreuve du bac sera en Première (donc les élèves seront moins tentés de faire l’impasse sur cette matière car elle ne rentra plus en compétition pour le bachotage avec les matières scientifiques). Pour finir, à partir du moment où il n’y a pas d’examen c’est illusoire de rendre une matière obligatoire : dans ce cas la moitié des élèves viennent en touriste et les enseignants sont alors les premiers à demander de la rendre facultative. En le rendant l’enseignement optionnel seuls les élèves intéressés viendront.
    Par ailleurs, les tensions entre les baccalauréats généraux proviennent que la filière S ne ferme pas les portes des études supérieures littéraires alors que la filière L ferme les portes des filières scientifiques. Aussi, les bons élèves qui seraient intéressés par les études littéraires et qui n’ont rien contre la physique préfèrent généralement la filière S car elle laisse toutes les portes ouvertes. La filière S est considérée non pas comme une filière scientifique mais comme une filière généraliste qui évite de se prononcer. Ainsi, il y a, environ et en proportion, trois fois plus de mentions bien et très bien en S qu’en L et en ES. La solution est bien connue : 1) commencer la réflexion sur l’orientation dès le collège de manière qu’il y ait plus d’élèves sûrs de leur choix en fin de seconde (bien sûr le pré-choix de fin de 3ème est complètement réversible, 2) diminuer les exigences sur les matières littéraires dans la filière S (de manière à rendre plus difficiles les orientations vers les études supérieures littéraires après un bac S), 3) créer une filière spéciale accessible après un bac ES ou « L avec option Math »pour rejoindre les études scientifiques après ces bacs.
    Le report de l’histoire-géo de terminal S vers la première S va dans ce sens. Et c’est à ce prix que les bons élèves se répartiront de manière plus équilibrée entre les filières générales et qu’il sera possible de faire un travail plus approfondi en Histoire-Géo dans la filière L.

  3. Minos Says:

    Bonjour,
    Le problème est que les géographes ont depuis longtemps déserté le champ de bataille de l’enseignement secondaire ! Cela fait un moment que les nouveaux professeurs d' »histoire-géographie » sont en fait à 90% issus des filières histoire. Et dans les universités, arriver à organiser la préparation aux épreuves de géographie est acrobatique car les collègues géographes sont très peu nombreux à accepter de s’y investir. A vrai dire, peu d’entre eux sont d’ailleurs maintenant issus de la filière concours, alors que c’est le cas de presque tous les historiens.

  4. factotum37 Says:

    Bonjour, et que dire à mes filles qui plus que bachelières s’étonnent de n’avoir peu ou pas de savoir(s), de souvenir(s) de toutes ces années d’école (+fac) d’histoire et de géographie; et qu’à travers un militantisme féministe découvre qu’il a existé des femmes et des territoires et que (je suis très en colère de toute cette « histoire »)c’est le vide totale dans leurs têtes et qu’il faut, pour comprendre tout recommencer à 25ans(avec des frises comme à la primaire). Il est urgent de s’inquiéter de ce qu’il reste dans la tête de nos chers « prunelles de nos yeux », repenser tout ce foutoir, et nous proposer de l’histoire et de la géographie réellement constructrice de citoyenneté.
    Merci pour tout le travail des uns et des autres qui se préoccupent de ces matières.

  5. Irnerius Says:

    Bonjour
    votre chronique est référencée et commentée sur le Blog « Histoires d’universités » dans « Revue de blogs n°6″
    http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2009/12/13/revue-de-blogs-n%c2%b06/
    Cordialement

  6. Mileine ou la passion des cartes Says:

    « Les géographes ont depuis longtemps déserté le champ de bataille de l’enseignement secondaire ! Cela fait un moment que les nouveaux professeurs d’”histoire-géographie” sont en fait à 90% issus des filières histoire. »
    => C’est très vrai ! +1
    Je pense que les vrais géographe n’existent plus vraiment où sont perdus aux quatres coins du globe…malheureusement.

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