Ateliers de l’apprentissage et de l’alternance : proposition N°8 Eviter une communication idéalisante

L’apprentissage et l’altenance en général souffrent d’une difficulté à positionner leur communication, d’abord par l’usage d’un vocabulaire imprécis, lui même source de confusion. Le site des « Ateliers de l’Apprentissage et de l’Alternance » en est un remarquable exemple, puisqu’un certain nombre de témoignages réflètent cette difficulté. Il en est même un qui s’intitule « L’apprentissage, oui, l’alternance non »

La clarification de ces appellations est indispensable, mais elle ne sera pas suffisante. il est en effet nécessaire de concevoir une communication en phase avec ce que les candidats à l’apprentissage vont rencontrer.

Or les communicants qui s’occupent de ce dossier ne résistent à donner une vision magnifiée de l’apprentissage, présenté, comme la « Voie royale pour l’emploi », et autres « Sésame pour un emploi durable »

Croit-on avec des slogans simplificateurs de ce genre les jeunes vont se précipiter comme un seul homme vers l’apprentissage ? Heureusement, ceux-ci sont plus intelligents que ce que les communicants croient.

Ils savent que comme toute formation, l’apprentissage est divers, que certaines filières conduisent plus à l’emploi que d’autres, ils savent aussi que dans certaines entreprises, subsiste une tendance à faire exécuter à l’apprenti les tâches subalternes. Ils savent encore que certains patrons sont très attentifs aux progrès de leurs apprentis, pendant que d’autres abusent des heures supplémentaires non payées. Ils savent que la dualité entre le lieu du travail et le lieu de formation est riche, mais aussi source de fatigue, de déplacements, de stress, et a un coût indéniable.

 Ils mesurent le décalage entre les discours des plus hauts représentants du patronat valorisant sans nuances l’apprentissage, et les pratiques de nombre d’employeurs qui n’hésitent pas, en période difficile, à faire de l’apprentissage une des variables d’ajustement de leur compte d’exploitation, oubliant au passage  le discours ambiant sur la préparation indispensable de l’avenir.

Ils peuvent se renseigner et accéder, entre autres,  à l’étude conduite par le CEREQ, « L’apprentissage, une idée simple, des réalités diverses »  (http://www.cereq.fr/pdf/b223.pdf)  dont la synthèse est éclairante

« Jusqu’au niveau baccalauréat, ils accèdent plus aisément à l’emploi mais ne sont pas pour autant mieux rémunérés. À l’inverse, après des études supérieures, ils ont un salaire plus élevé que leurs homologues issus de la filière scolaire mais ne sont pas plus souvent en emploi« 

Alors, si la communication tenait les jeunes en réflexion sur leur avenir pour des êtres responsables, capables de peser le pour et le contre, et de choisir en connaissance de cause, plutôt que de développer une image dont le décalage avec la réalité a, immanquablement, un côté boomerang.

D’où la proposition N°8 EVITER UNE COMMUNICATION IDEALISANTE

 

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