Les propositions des Ateliers de l’Apprentissage et de l’Alternance déçoivent

Les propositions des « Ateliers de l’Apprentissage et de l’Alternance » viennent d’être diffusées. Elles déçoivent, non, à de rares exceptions près, par ce qui est proposé, mais par le décalage entre ces propositions et ce qui serait nécessaire pour atteindre un objectfif ambitieux de développement de l’apprentissage et de l’alternance.

Probablement d’abord en raison de la non prise en compte de la tendance à la nette baisse des effectifs en 2009  (40 000 jeunes en alternance de moins qu’en 2008),  se poursuivant dans les premiers mois de 2010, pendant que sont diffusées, commentés les chiffres, en hausse de 2008 par rapport à 2007. La statistique a certes une inertie, mais il existe des chiffres publics, officiels et récents qui auraient absolument du être pris en compte afin d’aiguillonner une réflexion, qui s’est faite sur un fond de sérénité et hors de la conscience de la nécessité d’une réaction coordonnée, forte et rapide. 

Parmi les propostions aberrantes, notons celles qui consistent à vouloir

  • Rendre obligatoire un module d’aide à la recherche d’entreprises pour des jeunes en alternance, donc qui l’ont déjà trouvée !   

  • Une des propositions formulées confine à l’absurde, voire l’atteint. Alors que tout le mode regrette que l’ensemble manque de lisibilité et affirme la nécessite de simplifier, il est proposé, au contraire, de complexifier en institutionalisant une troisième force d’alternance

 

 

« Expérimenter une nouvelle voie de l’alternance dans l’enseignement supérieur en complément des cadres de l’apprentissage et des contrats de professionnalisation. »

 

 

 

 

 

 

Le « système de stages alternants » constituerait ainsi une troisième voie de l’alternance subordonnée. Les « stages alternants » dans les parcours de formation devraient alors être organisés selon la pédagogie de l’alternance (référentiel de compétences à acquérir dans un métier ou une culture professionnelle, parcours contractualisé entre l’étudiant, l’entreprise ou l’organisation d’accueil et l’institution éducative, réel accompagnement par la mise en place du tutorat, etc.). Ils se caractériseraient alors par une conception globale de la formation  intégrant des allers-retours entre l’établissement de formation et l’entreprise  avant la remise du titre ou diplôme »

Surtout que cette façon de faire existe déjà largement à l’Université, tout particulièrement dans les licences professionnelles, sans avoir besoin de cette complexification. Pourquoi simplifier quand on peut encore rendre plus complexe ? En attendant une quatrième, puis une cinquième, et pourquoi pas une sixième forme d’alternance

Par ailleurs, le marronnier habituel de tous ce type de rapports est présent : « Créer un portail sur l’alternance afin notamment de faciliter la mise en relation entre jeunes et entreprises« . Mais il fallait bien que cette proposition soit reprise puisque le portail est décidé depuis longtemps

Créer des « usines à gaz » , lourdes, coûteuses, nationales, et d’une efficacité très limitée, c’est vraiment une des grandes constantes de tous les rapports?

Notons également que pour l’apprentissage dans le secteur public, il est envisagé de mettre à contribution les collectivités locales, en créant même un taxation pour celles qui ne joueraient pas le jeu, mais qu’il n’est pas envisagé de mobiliser de la même façon les services de l’Etat, et encore moins de les pénaliser, et que personne ne se décide à arréter un programme PACTE qui, à l’évidence, n’a pas atteint ses objectifs, continue à décliner jusqu’au ridicule (5 contrats signés sur toute la France en Mars 2010 !) , mais, par son existence, gêne le développement de l’apprentissage dans le secteur public. Décidement, il est difficile d’arréter un dispositif, même quand il ne marche pas, dans ce pays.

Regrettons également que rien ne prévoie, au delà des voeux pieux, comment développer l’apprentissage dans les secteurs créateurs d’emploi où il existe peu, ce qui supposerait une concertation avec les parten,aires sociaux de ces branches, et une adapatation des aides aux spécificités de ces secteurs.

Les propositions de ce rapport ne permettent, malheureusement, pas d’atteindre l’objectif ambitieux de développement de l’apprentisasge et de l’alterance. La balle est dans le camp du Gouverneemnt qui doit, s’il veut réellemnt atteindre cet objectif tout à la fois prendre de vigoureuses mesures de soutien opérationelles très rapidement pour enrayer la tendance à la baissse de ce début d’année et reprendre une réelle concertation, non avec des comités d' »experts » soigneusement choisis, mais avec les réels décideurs que sont, en fonction des lois de décentralisation, les Conseils Régionaux. La campagne électorale est terminée, les électeurs se sont exprimés. Le temps n’est plus à polémiquer avec les Régions, polémique où le Secrétaire d’Etat à l’Emploi s’est placé en première ligne, mais à travailler avec elles. Espérons que Laurent Wauquiez le comprendra, et se positionnera, maintenant, comme porteur de l’intérêt général.

Le rapport sur http://www.ateliers-apprentissage.emploi.gouv.fr/actualites/article/ateliers-de-l-apprentissage-et-de-30

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